Présentation de la NHL 2021 – la division Centrale (4/4)

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Division Centrale « Discover »

Logo Carolina petitCarolina Hurricanes
Départs : D Trevor van Riemsdyk, G Anton Forsberg, A Justin Williams, D Joel Edmundson
Arrivées : C Jesper Fast, D Joakim Ryan

Favorite des amateurs de statistiques avancées, les Hurricanes de Carolina font figure de favoris pour une place dans le top-4 de cette division Centrale bricolée. On y trouve en effet des équipes de la Métropolitaine, de l’Atlantique et de la Centrale.

Les joueurs de Rob Brind’Amour affichent il est vrai de très belles références au chapitre de la possession de palet. L’attaque dispose de nombreuses armes, la défense reçoit nombre d’éloges pour la qualité de sa relance. Et le poste de gardien, longtemps talon d’achille de l’équipe, s’appuie sur un duo Petr Mrazek – James Reimer correct l’an dernier. Normalement, Davis Ayres, le conducteur de Zamboni, ne devrait pas avoir à rejouer !

Alors, prétendant au titre ? Après neuf ans sans playoffs, les Hurricanes ont connu de meilleurs résultats : finale de conférence 2019 (battu sèchement en quatre manches par Boston), mais sans confirmer en 2020 : Boston, encore, s’est cette fois imposé en cinq matchs dès le premier tour.

Il semble manquer un petit « truc » à cette équipe, pour passer l’épaule face à des formations d’expérience. Le duo de gardiens est-il suffisant ? On peut se poser la question, car aucun des deux ne s’appuie sur de grosses références en phase finale. Cependant, nombre d’équipes ont brillé, voire gagné, avec un gardien rookie : ce poste si crucial peut parfois se contenter d’un gardien en feu pendant deux mois, qui ne reverra jamais un tel état de grâce. Malgré tout, si les deux portiers ont tenu leur rang l’an dernier, leur carrière est parsemée d’inconstance et ils peuvent tout à fait échouer cette fois-ci. Le jeune Alex Nedeljkovic sera-t-il la carte cachée ?

La défense ? Jaccob Slavin est l’un des meilleurs arrières de la ligue, et Dougie Hamilton combine un potentiel offensif et défensif rares. Cette paire exceptionnelle consomme l’essentiel du temps de jeu. La vraie question, c’est l’état de la profondeur. En perdant l’expérimenté Edmundson à l’intersaison, le staff a décidé de faire confiance à Brady Skjei, Brett Pesce, Jake Gardiner et Haydn Fleury. Ce quatuor témoigne d’une certaine fragilité. Peut productif devant, pas toujours bien placé derrière, ces arrières peuvent s’exposer. Cela devrait suffire en saison régulière, mais en playoffs, face aux deux finalistes 2020, Tampa et Dallas, qui se trouveront probablement sur leur route, ce n’est pas sûr.

L’attaque heureusement a l’habitude de confisquer le palet. Quelle meilleure défense que de garder le disque loin de son propre but ? Et sur ce plan, les armes sont là. Le premier trio surtout a toutes les aptitudes pour dominer. Andrei Svechnikov, à peine 20 ans, continue sa trajectoire vers un profil de superstar, à la fois buteur créatif (deux buts en « Michigan », ce mouvement où l’on soulève le palet de derrière le but) et passeur accompli, rapide et explosif… Le Russe est déjà dominant. Ses compères nordiques Sebastian Aho et Teuvo Teräväinen le sont tout autant, même si ce dernier apparaît comme le bénéficiaire du côté exceptionnel des deux autres. Mais maintenant, il va falloir prouver ce talent en playoffs.

Pour la profondeur, on trouve moins de certitudes que le Lightning. Vincent Trocheck a connu des hauts et des bas dans sa carrière, mais, dans une bonne saison, constitue un excellent centre n°2. Jordan Staal, centre expérimenté, déjà titré avec les Penguins, dirigera la troisième ligne pour former une colonne vertébrale de haut calibre. Sur les ailes, on attend de voir quel Nino Niederreiter jouera, tant le Suisse fait preuve d’inconstance. Ryan Dzingel est capable de marquer vingt buts [NDLR : il est finalement échangé mi février à Ottawa contre Alex Galchenyuk, placé au ballotage, et Cédric Paquette]. Warren Foegele et Jesper Fast sont d’excellents ailiers de soutien. Martin Necas, ex-premier choix de draft, peut tout à fait progresser. Brock McGinn, Morgan Geekie, Jordan Martinook complètent l’alignement et peuvent aussi contribuer en attaque.

Carolina a largement les armes pour écarter suffisamment d’équipes pour atteindre le top-4. Et en playoffs, tout est possible.

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Logo Chicago petitChicago Blackhawks
Départs : G Corey Crawford, C Brandon Saad, D Olli Maatta, A Drake Caggiula, A Dylan Sikura
Arrivées : D Nikita Zadorov, C Carl Soderberg, A Lukas Wallmark, A Mattias Janmark, A Brandon Pirri

« Reconstruction » : le mot a été lâché, cet été, par le staff. Dans un message aux supporters, Stan Bowman a presque surpris son « cœur » de vétérans multi-titrés en concédant officiellement que les beaux jours étaient derrière eux. Un aveu lucide, en dépit de playoffs 2020 exceptionnels. Qualifiés dans la « bulle » estivale à la faveur de l’extension à 24 équipes, les Blackhawks, 23e, ont bonifié cette invitation en piégeant Edmonton. Corey Crawford a joué comme à son apogée et l’équipe portée par Patrick Kane a dominé à 5 contre 5. Suffisant contre des Oilers empruntés, mais à des années lumières de Vegas au premier tour officiel…

Reconstruction donc, et d’autant plus que, avant même le début de saison, les Hawks ont perdu trois attaquants à long terme. Le capitaine Jonathan Toews et l’ailier Alex Nylander ont été suivis à l’infirmerie par Kirby Dach, le plus gros potentiel de l’équipe. Spectaculaire rookie, Dach devait être capitaine du Canada au mondial junior, mais s’est blessé sur le seul match de préparation, la veille du début du tournoi.

Le plus grosse reconstruction se situe dans les cages. Corey Crawford a fini en apothéose après quelques années perturbées par des pépins physiques. Sa fin de contrat l’a laissé libre, et il a signé aux Devils avant de finalement renoncer : retraite pour l’ex-gloire de Chicago. Le staff a décidé de faire confiance à ses trois jeunes gardiens en espérant que l’un parmi Malcolm Subban, Collin Delia ou le champion du monde 2019 finlandais, Kevin Lankinen, finisse par s’imposer. Un pari risqué, mais « reconstruction », n’est-ce pas ?

Le souci, ces que ces trois gardiens sans référence vont devoir rattraper les erreurs probables d’une défense particulièrement friable. Derrière Duncan Keith, qui est loin d’être aussi bon que ses années récompensées d’un trophée Norris, on trouve en effet trois défenseurs purs – Connor Murphy, Calvin De Haan, Nikita Zadorov. Les trois ont un impact limité offensivement, et manquent de mobilité derrière. Bref, pas suffisant pour tenir le jeu loin de leur propre but… Chicago reconstruit, on l’a dit, et les « trous » seront forcément bouchés par des jeunes. Adam Boqvist semble disposer du meilleur potentiel offensif. Mais il ne faudra pas négliger Ian Mitchell, auteur d’une belle carrière universitaire, ou l’ancien premier choix Nicolas Beaudin. Chicago n’a plus qu’à espérer que ces trois talents s’installent en NHL.

En l’absence de tous ces blessés, et avec un énième départ de Brandon Saad, qui reste-t-il en attaque ? Patrick Kane, déjà. À lui tout seul, l’ailier américain va avaler tout le temps de jeu que le coach Jeremy Colliton lui donnera, quitte à jouer sur deux lignes. Et il produira, tant sa supériorité technique est incroyable. À ses côtés, Dylan Strome prendra le poste de centre n°1 par défaut. Dominant en junior, Dylan Strome a peiné à s’installer en NHL mais est devenu un bon joueur de soutien. Il aura cette saison bien plus de responsabilités. Enfin, sur l’aile, Alex DeBrincat, pur sniper. Peu en réussite en 2019-2020, DeBrincat a travaillé d’autres aspects du jeu mais, s’il retrouve un meilleur pourcentage au tir, les 25-30 buts sont accessibles.

Et c’est à peu près tout… Dominik Kubalik a terminé finaliste du trophée Calder, mais l’ailier tchèque n’aura pas vraiment de centre pour lui donner le palet. Carl Söderberg, vétéran signé à l’intersaison, semble trop loin de ses heures de gloire. Ryan Carpenter a le profil du 4e ligne. Sinon, ce sont des purs ailiers : le teigneux Andrew Shaw, Lucas Wallmark, le sous-estimé Mattias Janmark, excellent avec Dallas en playoffs, ou le travailleur David Kämpf.

Chicago va devoir puiser dans son réservoir de jeunes, et dans ces cas-là, c’est quitte ou double. On trouve les deux attaquants suisses Philipp Kurashev et Pius Suter, qui ont dominé la LNA et tentent l’aventure nord-américaine. Brandon Hagel et Reese Johnson, qui ont excellé en WHL. Matthew Highmore, profil travailleur énergique, aperçu l’an dernier. Cela manque de références.

Chicago est en reconstruction, clairement, et la 7e place semble probable. Cependant, le jeu pratiqué dans la bulle estivale fut celui d’une équipe accrocheuse, au patinage intense, particulièrement casse-pieds à jouer, et capable de punir son adversaire par le talent hors-norme de Kane, qui rend n’importe qui meilleur à côté de lui. Entre les gardiens, les défenseurs et les attaquants, la pléthore de rookies rend peu lisible cet effectif : si ces jeunes s’installent plus vite que prévu, Chicago peut être le poil à gratter de la division. Sinon, un haut choix de draft pour compléter un panel déjà intéressant, ce serait l’idéal en attendant le retour des blessés.

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Blue JacketsColumbus Blue Jackets
Départs : C Alex Wennberg, C Marko Dano, A Josh Anderson, D Markus Nutivaara, D Ryan Murray
Arrivées : C Max Domi, C Mikko Koivu, C Mikhail Grigorenko, A Cliff Pu

La saison 2020 des Blue Jackets aura été meilleure qu’attendue. En dépit des départs des superstars Sergey Bobrovsky et Artemi Panarin, les joueurs de John Tortorella sont restés compétitifs dans la division Métropolitaine. Mieux, grâce aux exploits de leurs gardiens Joonas Korpisalo et Elvis Merzlikins, ils ont sorti Toronto en cinq manches lors du tour préliminaire, avant de pousser Tampa Bay dans ses retranchements, notamment dans un match 1 dantesque perdu en cinquième mort subite.

Le staff a tenté de gagner en expérience et de renforcer son poste de centre, mais le début de saison 2021 aura mis à mal cet objectif. Le vétéran Mikko Koivu a finalement jeté l’éponge après quelques matchs sans relief et pris sa retraite. Quant à Pierre-Luc Dubois, il a réclamé un échange, sans doute suite à des désaccords avec Tortorella – le coach l’avait puni sur le banc au cours de l’été. Le Québécois a été exaucé et rejoint Winnipeg, contre le sniper Patrik Laine, mécontent de son usage chez les Jets. Il faudra voir si l’exigeant coach de Columbus et le mercurial finlandais s’entendront…

Les départs ont été nombreux, à commencer par la défense : Murray et Nutivaara ne sont plus là. La défense repose de toute façon sur les deux monstres Zach Werenski et Seth Jones, deux hommes qui figurent parmi les outsiders du trophée Norris. On a plus de mal à s’enthousiasmer pour la profondeur de banc. Les deux vedettes mangeront l’essentiel du temps de jeu, mais derrière ? Vladislav Gavrikov, Dean Kukan et le jeune Andrew Peeke obtiendront les miettes, alors que le vétéran David Savard sera lui un soutien précieux, notamment en infériorité. Enfin, les réservistes Scott Harrington et Gabriel Carlsson devraient se mêler à la lutte pour du temps de jeu.

Côté offensif, la blessure de Gustav Nyquist, qui devrait manquer presque toute la saison, ouvre la porte aux jeunes. Le Français Alexandre Texier pourrait même évoluer en centre n°1, faute de centre majeur dans cette équipe. En plus de Laine, Columbus a reçu Jack Roslovic : natif de l’Ohio, le local de l’étape était un peu bloqué chez les Jets, mais dispose sans aucun doute de qualités pouvant lui permettre de piloter un des deux premiers trios. Sur les ailes, le top-6 compte sur deux snipers : Laine et Cam Atkinson, et deux profils plus travailleurs, le capitaine Nick Foligno et Boone Jenner. On ne négligera surtout par Oliver Bjorkstrand, qui a été très en vue l’an dernier, et a de bonnes chances de finir en première ligne…

Le recrutement de Max Domi est le vrai joker de la saison : quel Domi verrons-nous ? Inconstant, capable de saisons à 30 buts comme de ne pas trouver la cible pendant des mois, il peut être une bonne carte… ou non. Le reste, des profils besogneux comme Kevin Stenlund, Riley Nash et Eric Robinson, ainsi que Mikhail Grigorenko, revenu de KHL. Les jeunes Liam Foudy et Emil Bemström se battront enfin pour une place de titulaire.

Dans tous les cas, les deux gardiens vont devoir reproduire leurs performances de l’an dernier. Les deux derniers playoffs ont vu l’équipe jouer les coupeurs de tête et, désormais, tout le monde est prévenu : les Blue Jackets rendent la tâche difficile à n’importe quelle équipe, grâce à leur jeu physique et leur ténacité. Une place en playoffs est tout à fait dans leurs cordes dans cette division.

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dallasDallas Stars
Départs : D Roman Polak, C Martin Hanzal (retraite), A Corey Perry, A Mattias Janmark
Arrivées : D Mark Pysyk, D Julius Honka

Quelle année 2020 ! Dallas aura tout vécu : 8 défaites sur les 9 premiers matchs puis 14 victoires sur 16 matchs, un coach, Jim Montgoméry, viré en décembre pour conduite non-professionnelle (il avoua lutter contre l’alcoolisme)… Mais son remplaçant Rick Bowness, un vétéran des bancs des coachs, aura trouvé les bonnes ficelles, conduisant son équipe tout droit en finale de la coupe Stanley en dépit de la blessure de son gardien titulaire Ben Bishop.
La saison 2021 commence de manière tout aussi mouvementée : Bishop et le centre Tyler Seguin seront absents jusqu’à avril, blessés. L’équipe a ensuite été touchée par la pandémie de Covid-19, retardant le camp d’entrainement et le début de saison. Puis en février, c’est la terrible vague de froid qui frappe le Texas… Le responsable du calendrier NHL s’arrache les cheveux pour les Stars !

Dallas peut-il reproduire son exploit ? Pas sûr. Dans les cages, Anton Khudobin, héros du spectaculaire parcours en playoffs, est de retour, et servira de mentor au jeune talent Jake Oettinger.

En défense, Dallas compte deux jeunes talents hors-norme : Miro Heiskanen et John Klingberg, possibles candidats au Norris. Mobiles, actifs vers l’avant, ils disposent de deux défenseurs au profil plus en retrait pour les couvrir, Jamie Oleksiak et Esa Lindell. La troisième paire sera dirigée par le vétéran Andrej Sekera, Mark Pysyk et Taylor Fedun, des profils assez sûrs à défaut d’être spectaculaires. Encore une fois, la défense de Dallas devrait figurer en bonne place dans les classements.

La grande question vient de l’attaque. Au centre, l’ancien Joe Pavelski a montré cet été qu’il n’avait pas baissé de pied. Il centrera Jamie Benn et Alex Radulov, deux profils vieillissants et un peu inconstants, mais malgré tout encore compétitifs. On retrouve ensuite Radek Faksa, en pleine progression, et le jeune buteur russe Denis Gurianov, lui aussi émergeant. Les Finlandais Roope Hintz et Joel Kiviranta ont explosé en playoffs, ce dernier signant par exemple un triplé, dont le but gagnant en prolongations, pour éliminer Colorado. On complète avec des profils variés avec un certain potentiel comme Ty Dellandrea, Jason Dickinson et Jason Robertson, tous assez jeunes, et qui montrent que les Stars sont loin d’être une maison de retraite… même si Blake Comeau et Andrew Cogliano remontent la moyenne d’âge. Autre arrivée pour compléter le banc, Tanner Kero, entrevu à Chicago.

Dallas peut donc prétendre à reproduire son parcours, mais va « découvrir » une division inédite : Tampa, Carolina, Columbus, Florida et Detroit sont habituellement à l’Est, et les quatre premiers s’annoncent des morceaux compliqués. Toutefois, l’équipe, handicapée par son calendrier serré, va devoir impérativement éviter un parcours « montagnes russes » comme l’an dernier. Il n’y a cette fois que 56 matchs et peu de temps pour se rattraper.

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Logo_Detroit_petitDetroit Red Wings
Départs : G Jimmy Howard, D Trevor Daley (retraite), A Justin Abdelkader, D Jonathan Ericsson, D Madison Bowey, Christian Ehn, A Dmitryo Timashov
Arrivées : C Vladislav Namestnikov, A Bobby Ryan, G Thomas Greiss, D Marc Staal, D Christian Djoos, D Troy Stecher, D Jon Merrill

Cataloguée pire équipe de la ligue depuis plusieurs saisons maintenant, Detroit n’a pas obtenu la compensation du premier choix de la draft, piégé par un tirage au sort malchanceux. Ils ont seulement pioché quatrième. Mais le manager général Steve Yzerman s’est efforcé tout l’été de pousser le maximum de leviers afin de liquider l’héritage pesant de son prédécesseur, tout en préparant l’avenir. Et il y a du travail : Detroit était parti sur un rythme de seulement 45 pts en 82 matchs l’an dernier avant la pause, le pire bilan pour une équipe depuis la franchise d’expansion d’Atlanta en 2000. Detroit a fini 31e à 23 points du 30e, Ottawa ! Le seul point positif, c’est qu’il y a peu de chances de faire pire…

Plusieurs vétérans en bout de course sont partis, à la faveur de fins de contrats ou de retraites, notamment le gardien Jimmy Howard et le défenseur Trevor Daley. Le staff a aussi racheté le contrat de Justin Abdelkader, à l’apport négatif et coûteux depuis un bon moment. Yzerman est allé chercher plusieurs joueurs d’expérience sur des contrats courts, afin de « boucher les trous » en attendant que les jeunes arrières soient prêts. Marc Staal, Troy Stecher, Jon Merrill et Christian Djoos forment donc une brigade « new look », rejoignant Danny DeKeyser, le grand espoir Filip Hronek et Patrick Nemeth. Hormis Hronek, on n’imagine pas vraiment que ces joueurs soient là à long terme. Le géant allemand Moritz Seider sera sans aucun doute le n°1 plus tard ; cependant, il va mûrir une saison de plus en Suède.

Derrière cette défense très limitée offensivement et dans sa qualité de relance, Thomas Greiss s’est engagé après de très bons résultats avec les Islanders. Jonathan Bernier sera son binôme et les deux portiers devraient alterner.

Ces deux secteurs sans grand relief vont devoir compenser les inévitables erreurs d’une attaque un peu de bric et de broc, manquant d’armes offensives. Une seule ligne semble compétitive : le nouveau capitaine Dylan Larkin centrera le buteur pur Anthony Mantha et le teigneux Tyler Bertuzzi. Pour renforcer la deuxième ligne, Yzerman est allé chercher Vladislav Namestnikov, qu’il avait drafté au premier tour à Tampa Bay, et le vétéran Bobby Ryan, revenu à un niveau correct à Ottawa après avoir vaincu ses démons intérieurs. Le grand espoir Filip Zadina devrait s’installer à leurs côtés.

Reste à voir ce qui vont donner les autres lignes… Yzerman a du travail à faire, avec des profils en fin de carrière et aux salaires pesants : Valteri Filppula, Sam Gagner, Frans Nielsen et Darren Helm ne font pas partie du projet à long terme. Robby Fabbri, si, et, une fois ses soucis de blessures derrière lui, devrait s’imposer en troisième ligne. Luke Glendenning et les jeunes Adam Erne et Mathias Brome complètent l’alignement, avec assez peu de références pour ce dernier.

La saison s’annonce longue pour les Red Wings. On peut même se dire que jouer à huis clos est un mal pour un bien, car cela va éviter de voir une aréna désertée par des fans en dépression. Face aux grosses écuries de cette division bricolée, Detroit n’a aucune chance de jouer les playoffs. Yzerman devra juste espérer liquider les derniers pans du désastre, et lancer dans le grand bain quelques jeunes, rester à l’affût de transactions. Grâce à ses premiers mouvements, le manager général dispose désormais de près de 15 millions libres dans sa masse salariale, ce qui lui permettra d’obtenir quelques avantages chez des équipes plus en difficulté… et continuer à rebâtir.

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Florida Panthers
Départs : D Mike Matheson, A Colton Sceviour, A Mike Hoffman, A Evgenii Dadonov
Arrivées : C Patric Hornqvist, C Alexander Wennberg, A Anthony Duclair, A Vinnie Hinostroza, D Radko Gudas, A Carter Verhaeghe, D Markus Nutivaara

La saison 2019-2020 devait être celle de l’ascension des Panthers, avec un entraîneur d’expérience, Joel Quenneville, et un gardien d’envergure, Sergei Bobrovsky. Malheureusement, il n’en aura pas été ainsi. L’équipe a certes produit offensivement, notamment le duo Huberdeau-Barkov, mais la fragilité défensive et les prestations moyennes de son portier russe n’ont pas aidé Florida. Il n’aura fallu que quatre matchs aux Islanders pour les éliminer au tour préliminaire.

L’intersaison aura vu d’énièmes remaniements de staff, traduisant une direction erratique depuis des décennies, et pléthore de mouvements de joueurs. Renforcer la défense avec deux experts, Gudas et Nutivaara. Renforcer le poste de centre avec le vétéran Hornqvist, l’essai de relance de Wennberg, et deux ailiers, Duclair et Veraeghe, pour remplacer le départ des 29 buts de Hoffman et de l’apport de Dadonov.

Beaucoup reposera sur Bobrosky, qui va entamer la deuxième saison de son contrat de 7 ans et 70 millions. Son remplaçant sera Chris Driedger, qui compte fort peu d’expérience NHL mais a plutôt bien paru sur ses rares apparitions.

Devant eux, Aaron Ekblad, étonnamment peu buteur l’an dernier, a le potentiel pour produire comme un vrai numéro 1. Pour le couvrir, le méconnu MacKenzie Weegar, aux prestations très positives l’an dernier. De l’expérience sur les deux autres paires, avec Keith Yandle, Anton Strålman, et donc Gudas et Nutivaara. Les profils ont peu de composantes offensives ou de grandes qualités de relance, globalement, mais à ce stade, Florida espère juste éviter que le palet ne traîne trop dans son camp. Gustav Forsling, aperçu à Chicago, sera le réserviste.

Si le gardien joue un peu mieux et que la défense nettoie un peu mieux son enclave, cela jouera un grand rôle dans le succès de l’équipe. Car devant, l’armada offensive est bien garnie. Jonathan Huberdeau et Alexander Barkov sont tout simplement deux joueurs d’élite, et seraient acclamées comme des superstars dans n’importe quel autre marché. Le fait qu’ils jouent dans une équipe aussi peu considérée que Florida les laisse bien trop dans l’ombre. Barkov aurait déjà du recevoir un Selke, et Huberdeau dispose d’une vision du jeu digne des tous meilleurs pointeurs.

Côté compagnons de jeu, on trouve le vétéran Patric Hornqvist, bien déçu d’avoir été échangé par Pittsburgh où il a tout gagné. À lui de retrouver la motivation. Alex Wennberg a connu une grosse saison à Columbus avant de disparaitre des radars : va-t-il retrouver son niveau ? Que dire d’Anthony Duclair, inexplicablement laissé libre par Ottawa après avoir représenté les Senators au All-Star Game ? Les joueurs de soutien comme Brett Connolly et Franck Vatrano peuvent atteindre les 20 buts. Quant à Carter Verhaeghe, il vient de gagner la coupe Stanley avec Tampa, équipe où il peinait à trouver du temps de jeu. Mais son potentiel est très intéressant.

On ajoutera en bout de banc Juho Lammiko et Eetu Luostarinen, deux Finlandais qui vont découvrir la ligue, l’ailier d’appoint Vinnie Hinostroza, ou le rookie Ryan Lomberg et l’ancien premier tour de draft Owen Tippett. Noel Acciari, efficace à Boston, est lui aussi dans le coup.

Deux participations aux playoffs en 20 ans : Florida espère avoir enfin les éléments pour rivaliser dans une division assez ouverte. L’attaque compte sur des armes majeures et variées, et devrait faire le travail. Tout reposera donc sur la défense et les gardiens.

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Nashville Predators
Départs : C Craig Smith, A Kyle Turris, C Nick Bonino, A Austin Watson
Arrivées : A Luke Kunin, A Mikael Granlund, A Erik Haula, D Mark Borowiecki, A Nick Cousins, D Matt Benning, A Brad Richardson

Après une saison catastrophique, Nashville espère profiter d’un rebond et d’une division chamboulée. L’arrivée l’an dernier de Matt Duchene n’a pas vraiment pesé plus que cela (42 pts), surtout parce que le reste de l’effectif a été pris dans une sécheresse offensive rare, à l’exception de la saison « trophée Norris » de Roman Josi (65 pts !). Il faut dire que l’équipe est tombée sur le mur Darcy Kuemper pendant le tour préliminaire des playoffs estivaux, dans une série que les Predators ont copieusement dominé…

L’entraîneur John Hynes, ex-coach des Devils où ses résultats sont plus que moyens, dispose d’un effectif déséquilibré, porté par une défense tout à fait convenable, mais des gardiens hésitants et une attaque anémique. Car depuis la finale perdue en 2017, les Predators sont avant tout une équipe moyenne, plombée par quelques gros contrats sur des joueurs qui arrivent à la trentaine, sans vraie relève valable…

Dans les buts, d’abord : le relais entre Juuse Saros et l’ancien Pekka Rinne est en cours. Le second n’a pas été bon l’an dernier, mais le petit gabarit du premier commet encore trop d’erreurs aux moments clés. Sur le papier, le duo est cependant… dans la moyenne.

La défense compte sur deux profils exceptionnels, Josi et Ryan Ellis. Derrière eux, le vétéran Mattias Ekholm attise les convoitises, au vu de sa fin de contrat en 2022. Le jeune Dante Fabbro complète le top-4. Le bout du banc sera occupé par l’ancien Senator Mark Borowiecki, un profil assez fiable bien que sans relief, et Matt Benning, plus offensif mais un peu moins fiable. Ben Harpur sera le réserviste : une défense… dans la moyenne donc, en dépit du duo magique.

Historiquement, Nashville n’a jamais connu de vrai pointeur. Depuis la création de l’équipe en 1998, seul Paul Kariya a dépassé la barre des 75 pts, un total bien faible au vu des artilleurs des autres équipes. C’est même souvent un défenseur qui mène l’équipe en points ! Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir récupéré des attaquants… Filip Forsberg, d’abord, meilleur buteur l’an dernier, a tous les attributs d’un all-star. Victor Arvidsson a lui aussi de grandes qualités de buteur. Matt Duchene est capable de bien plus. Et Ryan Johansen également, transformé en centre défensif alors qu’il a déjà tourné à un point par match…

Mais c’est à peu près tout. Les ailes sont peuplés de joueurs de soutien aux productions limitées ou inconstantes. Rocco Grimaldi, Calle Jarnkrok, Erik Haula, Colton Scissons et Luke Kunin dépassent à peine les 10-15 buts, dans le meilleur des cas. Enfin, le cas d’Eeli Tolvanen interroge. Le joueur de 21 ans a brillé en KHL, mais peine à franchir le cap nord-américain depuis deux ans maintenant. Il est la carte inconnue de l’alignement. On le voit, l’effectif est donc… dans la moyenne.

Nashville a donc toutes les chances de finir dans la moyenne (on se répète), mais la différence entre 4e et 5e est immense : une place en playoffs ou les vacances. Un échec cette saison sonnerait le glas de cet effectif limité, avec des choix terribles à faire avant la draft d’expansion de Seattle.

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Tampa Bay Lightning
Départs : A Cédric Paquette, D Braydon Coburn, D Zach Bogosian, D Kevin Shattenkirk, A Carter Verhaeghe, G Scott Wedgewood
Arrivées : aucune

Tampa a enfin atteint son but : le titre ! Cela faisait plusieurs années que l’équipe tournait autour : une finale perdue en 2015, deux finales de conférence… La saison 2018-2019, historique (62 victoires) s’était finie en queue de poisson avec ce fiasco contre Columbus. Mais en 2020, l’équipe, plus homogène, a su renforcer judicieusement son alignement avec des profils comme Patrick Maroon, Blake Coleman, Barclay Goodrow, Kevin Shattenkirk, Zach Bogosian. Tous ont joué un rôle clé dans les « bulles » estivales. Le Lightning a assumé son statut, joué en patron et su garder ses nerfs même lors des nombreuses prolongations à rallonge, presque toutes gagnées. Tampa a gagné et c’était bien logique. Aucune équipe n’a gagné autant, marqué autant depuis six ans.

Comme souvent, le plus dur, c’est de digérer ce titre. Retrouver la motivation de se lancer dans une nouvelle saison de batailles, avec l’étiquette de favori. Le Lightning est une cible à plus d’un titre : la masse salariale est scrutée et tout le monde se demandait comment le manager général Julien BriseBois allait se dépatouiller de l’inextricable… Il a tout d’abord laissé partir les fins de contrat : Shattenkirk, Verhaeghe, Bogosian. Ils seront remplacés en interne. Puis, il a cédé Paquette et Coburn à Ottawa, expulsant leurs salaires gênants. En retour ? Marian Gaborik et Anders Nilsson, blessés de longue durée qui ne reviendront jamais au jeu, histoire de tanker leurs salaires hors du plafond réglementaire. Un tour de passe-passe avec la complicité d’Ottawa, qui avait besoin à l’inverse d’atteindre le plancher salarial !

Enfin, il y a eu la mauvaise nouvelle. Nikita Kucherov devait se faire opérer et devrait manquer toute la saison. se priver de son meilleur buteur (33 buts) et pointeur (85 pts), d’un des plus prolifiques en playoffs aussi, est un coup dur. Certains y ont vu une blessure commode pour la masse salariale, mais ne soyons pas complotistes. Personne ne se passe d’un tel joueur de gaieté de cœur, surtout dans une division pas si simple que cela.

Pour autant, si une équipe peut gagner deux titres de suite, c’est bien cette formation de Tampa Bay, qui aligne tous les ingrédients du succès. Jugeons plutôt :
– Gardien d’élite ? Oui, Andrei Vasilevskiy, fort d’un trophée Vezina, est exceptionnel.
– Défenseur d’élite ? Oui, Victor Hedman, trophée Norris, monstrueux en playoffs.
– Attaquants d’élite ? Oui, Brayden Point, l’un des meilleurs pivots de la ligue, dominant comme jamais en playoffs ; Steven Stamkos, ex-meilleur buteur de la ligue, dont l’équipe a su se passer tous les playoffs – sauf deux présences, et un but déjà légendaire ; et pléthore de seconds couteaux.

Tampa est sans doute la seule équipe capable de compenser la perte d’un joueur comme Kucherov. En attaque, Point et Stamkos ont un parfait acolyte, Ondrej Palat, gratteur de palet, habile en déviations. La 2e ligne ? Anthony Cirelli, 4e au vote du trophée Selke, entouré du vétéran Alex Killorn et de Tyler Johnson. Ce dernier a été exposé au ballotage pour raisons salariales et beaucoup l’imaginent bientôt à Seattle (il est originaire des environs) cet été. Mais il reste un bon profil de soutien.

En troisième ligne, le trio le plus dominant des derniers playoffs. Une machine de guerre en possession de palet, en habileté défensive, capable de garder le palet en attaque de manière interminable, avec du physique et de la qualité devant le but : Blake Coleman, Yanni Gourde, Barclay Goodrow. Ces trois-là ont piétiné leurs adversaires cet été. Maroon est encore là en bout de banc, pour encadrer Mitchell Stephens et Mathieu Joseph (ce dernier n’a pas joué des playoffs, mais est tout a fait capable de produire). Alex Volkov et les rookies Alex Barré-Boulet et Ross Colton sont les prochains à s’intégrer.

Si l’on pinaillait, on dirait que la défense a quand même perdu du monde à l’intersaison. Mais avec Hedman, Ryan McDonagh, Mikhail Sergachev et Erik Cernak, on trouve encore quatre défenseurs élite, mélange de physique et de relance, pas maladroits au tir. Jan Rutta et Luke Schenn joueront les utilités, avec le rookie Cal Foote en intégration.

Personne n’imagine Tampa Bay hors du top-4 dans cette division. Pour cette équipe, il s’agira de faire le service minimum pour cela, en montant progressivement en puissance. L’objectif, ce sont les playoffs. L’expérience, simplement savoir qu’ils ont déjà gagné et savent faire, leur donnent un avantage certain. Ce sera sans aucun doute le dernier baroud de cet effectif, qui éclatera forcément l’été prochain, avec la draft d’expansion et un casse-tête financier. Attention toutefois : depuis 1990, seules trois équipes ont su conserver leur titre…

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