Le Kazakhstan a-t-il laissé passer sa chance historique ?

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Il reste un match à gagner pour le Kazakhstan pour accéder aux quarts de finale (et réduire encore les chances du Canada d’y parvenir). Mais ce n’est pas une partie de plaisir. La Norvège a joué de plus en plus son rôle de trouble-fête, elle a fait perdre deux points précieux à la Lettonie et a fait trembler les Américains jusqu’à la fin. Ce match n’a pour elle aucun enjeu, même pas au classement IIHF. Si elle le gagne, elle finira treizième de ce Mondial, et si elle le perd… elle sera probablement treizième aussi ! Pour autant, Petter Thoresen joue le jeu et aligne ses meilleurs joueurs et son gardien titulaire Henrik Haukeland.

Pour le Kazakhstan, c’est peut-être le jour le plus important de l’histoire sportive du pays. Tant de pression peut être nuisible. Après une minute de jeu, Sondre Olden remonte toute la glace, déborde la défense et, avant de passer derrière la cage, passe du revers au premier poteau pour la reprise de Trettenes. Premier avertissement. Le Kazakhstan reprend le contrôle… mais c’est sur une action norvégienne installée qu’il va marquer. La passe transversale de Stefan Espeland est interceptée par Viktor Svedberg qui relance aussitôt vers Dmitri Shevchenko, parti en contre-attaque, qui fusille Haukeland côté plaque (0-1). Juste avant la pause, le défenseur norvégien Max Krogdahl sauve le 0-2 en contrant le palet dans la crosse d’Asetov qui était à deux doigts de conclure du revers après avoir contourné le gardien.

kaz nor2La Norvège joue mieux en deuxième période avec de bonnes séquences en zone offensive. Chaque équipe bénéficie d’une supériorité numérique. Lorsque c’est le Kazakhstan, une passe transversale d’Anton Sagadeev est déviée par Tobias Lindström qui est tout proche de marquer contre son camp. C’est un petit miracle que ce palet passe à côté du filet. Puis c’est au tour de la Norvège, et elle égalise alors quand Thomas Valkvæ Olsen dévie en cage ouverte un service parfait de Mathias Trettenes (1-1, image de droite).

Le vent semble tourner. Le gardien Henrik Haukeland est en réussite juste avant la mi-match quand il récupère avec son gant, dans son dos, un palet passé entre ses jambes ! Il refera le même coup une seconde fois. Une minute avant la seconde pause, Nikita Mikhailis donne en retrait à Evgeni Rymarev entre les cercles, mais un Haukeland déchaîné fait une parade in extremis du bras droit.

Après une minute au troisième tiers-temps, Mathias Trettenes prend tellement de vitesse depuis sa zone qu’il déborde le géant Viktor Svedberg le long de la bande, freine devant le second défenseur Jesse Blacker et sert une superbe passe à Stefan Espeland (2-1). Ces deux passes décisives couronnent le Mondial superbe de Trettenes, l’attaquant de La Chaux-de-Fonds devenu également essentiel en équipe de Norvège. Le Kazakhstan est alors proche de sombrer. Deux minutes plus tard, Nikita Boyarkin, après avoir lâché délibérément son bâton (apparemment une habitude quand celui-ci l’encombre avant une parade), fait un arrêt-réflexe de la jambière devant Mathis Olimb. Les joueurs d’Asie centrale retournent peu à peu à l’avant, mais leur domination est stérile.

kaz norÀ cinq minutes de la fin, Martin Røymark lève le coude à la tête d’Akolzin et prend 2’+10′. Cela ressemble au powerplay de la dernière chance. Sur l’engagement, la rondelle bondit en cloche, Mikhailis se jette sur elle et se projette devant le but, sans pouvoir conclure du revers. Mais le Kazakhstan peine à installer son jeu de puissance. La passe le long de la ligne bleue de Darren Dietz est même interceptée par Mats Rosselli Olsen. Le joueur de Frölunda part en échappée et sa main est accrochée par Starchenko avant qu’il ne se présente devant la cage. Le banc norvégien est fou furieux, il réclame un tir de pénalité mais l’arbitre – placé de l’autre côté – ne donne même pas deux minutes pour cette faute nette.

Une fois l’infériorité numérique achevée, Petter Thoresen envoie les frères Olimb sur la glace. Ils y restent plus d’une minute pour une très forte présence. Quand Shevchenko croit enfin sortir de sa zone, Mathis Olimb revient l’intercepter en zone neutre. Ken Andre garde la possession du palet et va derrière la cage, où il sert une passe décisive à son frère (3-1). Ce dernier but est le premier qui soit imputable au jeune gardien Boyarkin, qui craque un peu sur la fin. Le coach Yuri Mikhailis accuse le coup, et ne sortira pas son gardien quand son équipe travaille en fond de zone avec 50 secondes à jouer.

Le Kazakhstan n’a pas encore tout perdu, mais ça ne dépend plus de lui : si la Finlande bat le Canada dans le temps réglementaire mardi midi, il sera bel et bien qualifié en quart de finale. Mais en attendant cet éventuel coup de pouce du destin, il va passer une mauvaise nuit avec le sentiment d’avoir laissé passer une opportunité historique.

Désignés joueurs du match : Sondre Olden pour la Norvège et Jesse Blacker pour le Kazakhstan.

Les trois meilleurs Norvégiens du tournoi selon leur coach : Jonas Holøs, Mathias Trettenes et Henrik Haukeland.

Commentaires d’après-match :

yuri mikhailis
Yuri Mikhailis

Yuri Mikhailis (entraîneur du Kazakhstan) : « Aujourd’hui, nous avons manqué de réussite, nous avons eu des occasions. Les gars ont essayé, ils ont joué jusqu’à la fin. C’est une sorte de dévastation. En première période, nous avons joué activement, mais dans la deuxième, nos adveraires avaient déjà pris l’initiative. Nous menions au score, nous aurions dû résister, ne pas laisser l’adversaire prendre possession du palet, jouer plus serré. Les Norvégiens ont bloqué nos tirs, c’était leur héroïsme, leur engagement. »

Dmitri Shevchenko (attaquant du Kazakhstan) : « C’est entièrement notre faute. Nous avons raté le match, pas seulement la troisième période. Je crois que les deux autres n’étaient pas les meilleures. C’est ainsi. Peut-être étaient-ils un peu plus libérés que nous, ils n’avaient pas de pression. Mais tout était dans nos mains. Notre but était d’atteindre les play-offs. Nous ne l’avons pas encore atteint. Si Dieu le veut, demain tout tournera bien et nous aurons accompli notre mission. Sinon, nous aurons échoué. Oui, s’ils nous laissent aller en tribune, nous irons voir Finlande-Canada. »

 

Norvège – Kazakhstan 3-1 (0-1, 1-0, 2-0)
Lundi 31 mai 2021 à 20h15 à l’Arena Riga. Huis clos.
Arbitres : Martin Frano et Robin Šír (TCH) assistés de Daniel Hynek (TCH) et Šimon Synek (SVK)
Pénalités : Norvège 16′ (0′, 2′, 4’+10′) ; Kazakhstan 2′ (0′, 2′, 0′).
Tirs : Norvège 27 (7, 10, 10) ; Kazakhstan 27 (9, 6, 12).

Évolution du score :
0-1 à 16’00 : Shevchenko assisté de Svedberg
1-1 à 27’57 : Valkvæ Olsen assisté de Trettenes et Holøs (sup. num.)
2-1 à 41’08 : Espeland assisté de Trettenes et Rosselli Olsen
3-1 à 59’00 : M. Olimb assisté de K.A. Olimb

Norvège

Attaquants :
Mats Rosseli Olsen – Mathis Olimb (A) – Ken Andre Olimb (2′)
Sondre Olden – Mathias Trettenes (A, +1) – Tobias Lindström (+1)
Emilio Pettersen – Michael Haga – Thomas Valkvæ Olsen (+1)
Martin Røymark (4’+10′) – Eirik Salsten – Tommy Kristiansen (+1)

Défenseurs :
Emil Lilleberg (+1) – Jonas Holøs (C, +1)
Erlend Lesund – Stefan Espeland
Christian Kåsastul – Max Krogdahl

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçants : Henrik Holm (G), Christian Bull, Andreas Heier. En réserve : Jonas Arntzen (G), Ole Julian Holm, Kristian Østby (D), Magnus Brekke Henriksen, Samuel Solem, Ludvig Hoff (A).

Kazakhstan

Attaquants :
Pavel Akolzin (-1) – Anton Sagadeev (+1) – Dmitri Shevchenko
Nikita Mikhailis (-1) – Curtis Valk (-1) – Roman Starchenko (C, -1)
Aleksandr Shin – Arkady Shestakov – Evgeni Rymarev
Kirill Panyukov (+1) ou Alikhan Asetov (A) – Artyom Likhotnikov (-1) – Egor Petukhov ou Dmitry Gurkov

Défenseurs :
Aleksei Maklyukov (-1) – Darren Dietz (A, -1)
Viktor Svedberg – Jesse Blacker
Egor Shalapov – Ivan Stepanenko (2′)

Gardien :
Nikita Boyarkin

Remplaçant : Andrei Shutov (G). En réserve : David Eremeev (G), Samat Daniyar, Valeri Orekhov (D), Kirill Polokhov (D), Kirill Savitski, Sayan Daniyar (A).

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