La Slovaquie est loin de montrer le meilleur d’elle-même depuis le début du tournoi. Une victoire poussive contre les Français, une défaite contre l’Allemagne en concurrence directe pour la course aux quarts de finale, puis deux défaites face aux deux favoris du groupe. Autant dire qu’elle est maintenant dans l’obligation de faire le plein de points contre les Kazakhs et les Italiens, afin de se présenter face aux Danois pour l’ultime journée avec toutes ses chances pour atteindre le tour suivant.
La situation est bien plus compliquée encore pour le Kazakhstan. Seule équipe du tournoi à n’avoir encore marqué aucun point, son destin ressemble un peu à son très beau drapeau : le spectre de la relégation plane doucement au-dessus de la tête des joueurs d’Asie centrale. Pour l’éviter, ils devront engranger des points contre les Slovaques, les Allemands ou surtout les Italiens pour leurs trois dernières rencontres. Pour cela, l’équipe peut compter sur le retour de son meilleur joueur : le défenseur naturalisé Darren Dietz, qui prend la place d’un autre naturalisé, Viktor Svedberg, blessé contre le Canada.
Les Slovaques aussi ont un défenseur qui tient une place capitale dans l’équipe depuis son arrivée récente de Washington, c’est Martin Fehervary. Il ouvre les hostilités avec un magnifique slap qui prend la direction de la lucarne droite de Shutov mais frappe le métal de la cage. Les arbitres préfèrent même vérifier sur le ralenti vidéo que le palet a bien rebondi sur le montant du but et non à l’intérieur.
Un autre Slovaque a été ajouté à la sélection officielle encore plus récemment. Le jeune (23 ans) Andrej Kollar joue son premier match du Mondial. La vivacité du très jeune (17 ans) Adam Sykora permet à sa ligne de récupérer le palet en échec-avant, puis l’expérience de l’ancien joueur de Magnus Samuel Takac permet à Kollar d’être idéalement servi au deuxième poteau pour ouvrir le score (0-1 à 12’12).
Pospisil est pénalisé pour une charge avec la crosse. Sur le jeu de puissance kazakh, le gardien Adam Huska laisse un rebond énorme sur une frappe de Jesse Blacker et Panyukov a tout loisir de le reprendre avant que le gardien de Hartford ne se replace (1-1 à 15’17).
Pospisil ne semble pas avoir compris la leçon. Il récidive juste après avec une mauvaise charge dans le dos de Valeri Orekhov, l’un des meilleurs défenseurs depuis le début du tournoi. Et c’est encore du fond de son cachot qu’il ne peut qu’assister impuissant à la sentence : Shevchenko marque du revers en pleine lucarne (2-1 à 17’52).
Le powerplay jusque-là moribond des kazakhs (1 but sur 12 pénalités) reprend des couleurs et a atteint 100% sur cette période. Quant à la Slovaquie, elle paye au prix fort l’indiscipline de son attaquant du HC Davos.
En deuxième période, elle est à nouveau pénalisée du fait de Grman (non, non, il ne manque pas de lettre) qui ne doit pas se sentir trop dépaysé puisqu’il a joué cette saison en Finlande. Mais cette fois la Slovaquie tue bien mieux la pénalité et se procure même des meilleures occasions que les Kazakhs sur des contre-attaques.
Akolzin avait déjà fait parler son physique avec une charge monstrueuse derrière le but au premier tiers-temps. Mais lorsqu’il réitère devant son banc sur Jakub Minarik, les arbitres décident de le sanctionner de 5 minutes. Moins d’une minute suffit aux Slovaques pour égaliser : Fehervary dévie un lancer d’Adam Liska (2-2 à 29’47). Pas de retour du condamné sur une pénalité majeure après un but. La Slovaquie en profite donc pour enfoncer le clou. Adam Liska parvient à prendre de vitesse la défense et s’en va battre Shutov en duel (2-3 à 33’18).
De retour à 5 contre 5, la vitesse slovaque continue de gêner très fort le Kazakhstan. Depuis le début de la partie, le meilleur attaquant des derniers JO, Juraj Slafkovsky – photo ci-dessus – parvient régulièrement à mener des incursions pour affronter le cerbère kazakh. Craig Ramsay a remanié ses lignes et Juraj Slafkovsky est associé à Tomas Tatar, lui aussi spécialiste du genre. Sur l’une de ces incursions, Slafkovsky parvient si ce n’est à marquer du moins à provoquer un tir de pénalité quand Sagadayev laisse traîner un patin pour le déséquilibrer. Le Slovaque s’est peut-être souvenu de son récent succès dans cette même patinoire quand son équipe de TPS Turku a éliminé en play-off de Liiga l’équipe qui y joue d’habitude, HIFK. En tout cas, il convertit sans hésiter son tir de pénalité (2-4 à 34’26).
Avec une avance de deux buts, le plus dur semble fait pour que la Slovaquie aborde la troisième période sereinement. Elle continue à se procurer les situations les plus dangereuses, mais les Kazakhs ne baissent pas les bras. C’est encore Orekhov qui montre l’exemple. Son tir excentré est dévié par Panyukov (3-4 à 43’32).
Mais les Slovaques continuent sereinement à attaquer sans prendre trop de risques durant le dernier quart d’heure. Et même lorsque Shutov quitte sa cage, les Kazakhs ne peuvent égaliser et perdent à nouveau d’un seul but, comme contre les Français et les Allemands. Leur compteur reste bloqué à 0 point et l’arrivée de Darren Dietz n’a pas changé la donne. Même menée, la Slovaquie n’a pas flanché et s’impose logiquement. Kollar a bien réussi son entrée en matière.
Désignés joueurs du match : Kirill Panyukov (Kazakhstan) et Juraj Slafkovsky (Slovaquie).
Commentaires d’après-match
Andrej Kollar (attaquant de la Slovaquie) : « Je prends du plaisir. Même dans les tribunes, j’appréciais l’ambiance et le fait de pouvoir être là avec les gars. Mais bien sûr c’est mieux de jouer que d’être assis en tribune. Le but est la cerise sur le gâteau, j’en suis très heureux. Tout le monde me parle de mon père, j’essaie de le prendre en exemple. Il a participé à deux championnats du monde, mais je veux être meilleur que lui. Il m’a dit que tout le monde regarde les Mondiaux, mais que je dois jouer en paix et apprécier. J’essaie de suivre son conseil. »
Kazakhstan – Slovaquie 3-4 (2-1, 0-3, 1-0)
Championnats du monde élite 2022.
Vendredi 20 mai 2022, 20h20. Helsingin jäähälli, 3068 spectateurs.
Arbitres : Roy Stian Hansen (NOR) et Robin Sir (TCH) assistés de Jake Davis (USA) et Davis Zunde (LET)
Pénalités : Kazakhstan 5′ (0′, 5′, 0′), Slovaquie 6′ (4′, 2′, 0′)
Tirs : Kazakhstan 17 (7, 4, 6), Slovaquie 34 (12, 15, 7)
Récapitulatif du score
0-1 à 12’12 : Kollar assisté Takac
1-1 à 15’17 : Panyukov assisté de Blacker et Orekhov (sup. num.)
2-1 à 17’52 : Shevchenko assisté de Starchenko et Valk (sup. num.)
2-2 à 29’47 : Fehervary assisté de Liska et Slafkovsky (sup. num.)
2-3 à 33’18 : Liska assisté de Kristof (sup. num.)
2-4 à 34’26 : Slafkovsky (tir de pénalité)
3-4 à 43’32 : Panyukov assisté de Orekhov
Kazakhstan
Attaquants :
Roman Starchenko (C) – Anton Sagadeyev – Pavel Azolkin (5′)
Dmitri Shevchenko – Arkadi Shestakov – Kirill Panyukov
Kirill Savitski (+1) – Curtis Valk (A, +1) – Nikita Mikhailis (A, +1)
Alikhan Asetov (-1) – Dmitri Gurkov (-1) – Yegor Petukhov (-1)
Mikhail Rakhmanov [2 présences]
Défenseurs :
Valeri Orekhov (+1) – Jesse Blacker (+1)
Leonid Metalnikov – Darren Dietz
Adil Beketayev (-1) – Yegor Shalapov (-1)
Samat Daniyar
Gardien :
Andrei Shutov [sorti de 58’30 à 60’00]
Remplaçant : Sergei Kudryavtsev (G). En réserve : Ilya Rumyantsev (G), Viktor Svedberg (D, blessé), Sayan Daniyar (A).
Slovaquie
Attaquants :
Tomáš Tatar (C) – Michal Krištof (A) – Juraj Slafkovský
Kristián Pospíšil (4′) puis à 20’00 Jakub Minarik – Miloš Roman – Pavol Regenda
Adam Liška – Alex Tamáši – Róbert Lántoši
Samuel Takáč – Andrej Kollar – Adam Sýkora
Défenseurs :
Peter Čerešňák (A, +1) – Martin Fehérváry (+1)
Michal Ivan – Šimon Nemec (-1)
Mislav Rosandić (-1) – Mário Grman (2′)
Adam Jánošík
Gardien :
Adam Huska
Remplaçant : Matěj Tomek (G). En réserve : Patrik Rybár (G), Daniel Gachulinec (D), Mário Lunter (A)