Les Brûleurs de Loups ont fait le « job » en gagnant assez largement hier soir sur la glace de Chamonix (6-1), signant ainsi une quatrième victoire dans cette folle semaine qui avait commencé à Amiens vendredi dernier (4-2) et qui a connu son apothéose à Bercy dimanche face à Gap (3-2). Les victoires face à Nice (4-0) et à Chamonix ont permis aux Grenoblois de creuser l’écart en tête de la Ligue Magnus car dans le même temps, les Dragons de Rouen, adversaires du soir pour ce choc entre le leader et son dauphin, ont perdu des points à Anglet mardi (3-5).
Aujourd’hui l’écart entre les deux équipes est de 9 points mais le suspense pourrait être relancé en cas de victoire rouennaise ce soir. Les Dragons n’ont pas le choix s’ils veulent avoir encore une chance d’aller chercher la première place de la saison régulière. Rouen a remporté ses deux matchs face à Grenoble à l’Ile Lacroix (7-4 et 5-3) alors les Brûleurs de Loups avait gagné le premier match à Pôle Sud aux tirs au but (3-2). Jyrki Aho peut compter sur quasiment l’intégralité de son effectif puisque seul Janne Jalasvaara est toujours absent. Du côté des Dragons, la défaite à Anglet a laissé des traces, Joris Bedin et Bastien Maia ont été laissés au repos par Fabrice Lhenry qui fait confiance à Kaylian Leborgne et Tommy Perret.

Dopés par cette ouverture du score, les Dragons campent dans la zone offensive, Lucenius prend un lancer bloqué de la mitaine par Stepanek. Puis c’est au tour de Tomasino de tenter sa chance. Grenoble essaie de remettre la pression en zone offensive avec un lancer de Crinon puis un tir de Champagne bien détourné par Pintaric. Yeo fait trébucher Howden mais Grenoble n’arrive pas à se mettre en position de tir face à un boxplay rouennais très efficace. De retour à cinq, les Brûleurs de Loups essaient d’insister en zone offensive, Raymond, bien servi par Fleury, manque le cadre sur un tir du revers.
Sur un engagement gagné en zone offensive, Boivin et Mallet insistent près du slot pour un double arrêt de Stepanek. Sur un palet perdu par Hardy, Vigners récupère le palet et vient défier Stepanek qui évite le pire. À force d’insister, les Dragons trouvent de nouveau la faille sur un très beau mouvement collectif : Nesa donne le palet à Chakiachvili qui centre fort devant le slot pour une déviation opportune de Tessier à bout portant (0-2, 12’57). Les Brûleurs de Loups doivent réagir avec Munoz puis Koudri qui se heurtent à Pintaric. Le portier rouennais sort aussi un gros lancer de Treille, mis sur orbite par Champagne. Claireaux et Vigners donnent le tournis à la défense locale. Pour compliquer les affaires grenobloises, Onno reçoit un 2’+2’ pour une crosse haute sur Beauchemin. Très rapidement, les Dragons s’installent en zone offensive, Tessier décale Vigners qui est tout près de déjouer Stepanek juste devant le slot. Mais sur une contre-attaque rapidement jouée entre Raymond et Poukkula, Pintaric bouge sa cage au moment où Deschamps allait recevoir le palet, ce qui lui vaut une pénalité pour retard de jeu. Les deux équipes se retrouvent donc à quatre contre quatre à la fin du tiers-temps.

Après un début de période totalement débridé, les deux défenses reprennent le dessus. Dylan Fabre vient défier Pintaric de près mais le portier rouennais a encore l’ascendant. Sur un engagement gagné en zone offensive, Champagne se dirige vers la cage et n’arrive pas à pousser le palet au fond, ce qui provoque un premier brassage. Les Dragons ont moins d’opportunités dans ce deuxième tiers, Dodero tente sa chance de loin mais Stepanek est bien présent. Les Brûleurs de Loups sont dominateurs dans cette période mais une grosse charge de Pierre Crinon sur Vigners conduit à l’expulsion du grand défenseur. Les Grenoblois vont devoir repousser les offensives rouennaises. Ils se défendent bien pendant deux minutes et peuvent souffler lorsque Boivin charge Hardy dans la zone rouennaise. Les deux équipes vont donc jouer deux minutes à 4 contre 4, un moindre mal pour les Brûleurs de Loups. La situation est tout près de basculer en leur faveur lorsque Champagne lance Treille qui arrive en bonne position face à la cage mais il bute sur Pintaric.

Grenoble a fini par craquer après de très longues minutes en infériorité numérique. Mais les Brûleurs de Loups ne sont pas abattus pour autant : Munoz effectue un gros travail pour récupérer le palet en zone offensive et sert en retrait Lamarche qui s’est avancé devant le slot et fusille Pintaric à bout portant en lucarne (2-3, 37’01). Grenoble recolle immédiatement et aurait même pu aller chercher l’égalisation avec Deschamps qui bute sur Pintaric. Les Isérois campent dans la zone rouennaise en fin de période mais n’arrivent pas à revenir à hauteur de leurs hôtes malgré une nette domination sur l’ensemble du tiers en dépit des très nombreuses pénalités reçues.

Fabrice Lhenry demande un temps mort puisqu’en cinq minutes son équipe s’est faite doubler au tableau d’affichage. Mais l’effet n’est pas immédiat puisque Tessier est pénalisé dans un duel le long de la bande. C’est une des rares supériorités numériques dans ce match pour les Grenoblois qui se font rapidement peur sur un palet perdu en zone offensive : Tomasino part en break mais échoue sur Stepanek qui réalise là l’arrêt du match. Malgré des tentatives de Fleury et Hardy, les Brûleurs de Loups n’arrivent pas à profiter de la supériorité numérique.

Les affaires des visiteurs ne s’arrangent pas avec un cinglage de Chakiachvili pendant un accrochage avec Poukkula. Celui-ci décale parfaitement Joël Champagne qui voit son tir repoussé par Pintaric. Mais encore une fois Grenoble se fait peur en supériorité numérique lorsque Lamarche se fait prendre le palet à la ligne bleue par Tomasino qui arrive à s’échapper pour défier Stepanek encore une fois impérial. Rouen aura eu la meilleure occasion pendant ces deux minutes. À moins de quatre minutes de la fin, Vigners sollicite Stepanek qui ne laisse plus rien passer. Il bloque un bon lancer à mi-distance de Tessier. Lhenry sort Pintaric à plus de trois minutes de la fin pour créer le surnombre. Aurélien Dair manque la cage vide sur un tir lointain. Les esprits s’échauffent entre Raymond et Mallet après une faute du défenseur grenoblois. Les deux joueurs partent en prison mais c’est une supériorité numérique pour Rouen qui va jouer à six contre quatre. Sur l’engagement, Tessier se retrouve face à une cage ouverte mais Stepanek revient de justesse. Vigners face à la cage voit Stepanek de nouveau sur la trajectoire de son tir. La tension est à son comble dans les deux dernières minutes avec plusieurs occasions rouennaises mais Grenoble tue la pénalité et Flavian Dair met fin au suspense en marquant dans la cage vide après un bel effort (6-3, 59’24).

Du côté des Dragons, on pensait bien avoir fait le plus dur en menant 2-0, puis 3-1 mais cette avance ne s’est pas avérée suffisante face à une équipe grenobloise qui comme à son habitude est montée en puissance tout au long du match. À l’inverse, les Dragons ont semblé marquer le pas au troisième tiers en subissant de plus en plus les attaques adverses et en faisant preuve de certaines approximations en défense. Rouen n’a surtout pas su profiter des nombreuses pénalités grenobloises au deuxième tiers pour vraiment creuser un écart significatif au tableau d’affichage. Les Dragons encaissent une deuxième défaite cette semaine après celle face à Anglet et il leur faudra désormais penser à défendre leur deuxième place après la trêve face à Angers.
Désignés meilleurs joueurs du match : Dylan Fabre (Grenoble) et Kelsey Tessier (Rouen)
(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Sacha Treille (attaquant de Grenoble) : « On a eu une entame de match difficile, souvent Rouen commence ses matchs très forts. C’était la même chose déjà chez eux. Ce sont des scénarios dans le hockey qu’on a déjà vécu donc il ne faut pas se décourager. On s’est dit assez rapidement qu’il faut 60 minutes pour finir le match donc on était plutôt confiants, après ça s’est bien goupillé. C’est parfait parce que cela nous tenait vraiment à cœur de prendre les trois points pour essayer de conserver cette première place. Mathématiquement c’est pas encore fait mais on a pris une bonne option, c’est exactement le week-end rêvé qu’on a fait. Finir premiers, ça nous permet d’éviter une demi-finale où on peut laisser des plumes, je ne dis pas que les autres adversaires en demi-finale seront faciles, c’est loin d’être le cas mais cela peut permettre d’éviter une des grosses équipes. Être invaincu à domicile est important, les équipes qui viennent à Grenoble savent qu’il n’y a pas grand monde qui est venu chercher des points ici donc c’est de bon augure pour les play-offs. Maintenant il va falloir se concentrer sur le peu de matchs qu’il nous reste pour arriver le plus en forme possible pour le début des play-offs. Après, c’est une autre saison qui commence.».
Joël Champagne (capitaine de Grenoble) : « On a l’habitude d’être mené 2-0 au premier tiers et ce que j’aime de ce groupe, c’est qu’on ne panique pas. On sait qu’on est capable de revenir, on se concentre sur les choses qu’on contrôle vraiment. C’est un peu le même scénario en finale de la coupe de France. Être mené 2-0 et puis revenir, ça prend du caractère. C’est de la confiance mais avec humilité, ce n’est pas qu’on se pense meilleur et qu’on est sûr de revenir, mais on s’accroche, on a une équipe qui travaille fort et qui est capable de revenir dans le match. Le premier match là-bas on menait 2 ou 3-0 et ils sont revenus. Il ne faut pas se le cacher, Rouen est une très bonne équipe aussi, ils ont aussi du caractère, ils sont capables de revenir dans le match. C’est une équipe complète. Les quatre matchs c’était quatre belles batailles. Si on les rencontre en play-offs, ça va être une très belle série. Rester invaincu à domicile, ce n’est pas quelque chose dont on parle ou sur lesquelles on se concentre mais ce sont de très belles statistiques, je crois que je n’ai jamais vécu cela dans ma carrière jusqu’à maintenant. Les jeunes ne sont plus jeunes, on est vraiment un groupe mature, cela crée une ambiance où tout le monde pousse dans la même direction. Tout le monde se comprend, c’est une belle chimie. Dylan [Fabre] apporte beaucoup à l’équipe, c’est un joueur que j’ai vu progresser depuis que je suis ici. On parle de Dylan mais il y a d’autres jeunes qui progressent bien et c’est beau de les voir jouer. »
Grenoble – Rouen 6-3 (0-2, 2-1, 4-0)
Samedi 4 février 2023 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitrage de Yann Furet et Julien Peyre assistés de Cyril Debuche et Quentin Ugolini
Pénalités : Grenoble 39’ (4’, 29’, 6’), Rouen 14’ (4’, 2’, 8’)
Tirs : Grenoble 40 (11, 17, 12), Rouen 34 (9, 12, 13)
Engagements : Grenoble 41 (14, 11, 16), Rouen 31 (10, 12, 9)
Évolution du score :
0-1 à 04’14 : Vigners assisté de Claireaux et Lucenius
0-2 à 12’57 : Tessier assisté de Chakiachvili et Nesa
1-2 à 31’15 : Fabre assisté de Munoz et Onno (inf. num.)
1-3 à 36’28 : Boivin assisté de Beauchemin et Claireaux (sup. num,)
2-3 à 37’01 : Lamarche assisté de Munoz et Koudri
3-3 à 42’05 : Fabre assisté de Munoz
4-3 à 45’37 : Fleury assisté de Poukkula et Deschamps
5-3 à 51’36 : Hardy assisté de Fleury (inf. num.)
6-3 à 59’24 : F.Dair assisté de Treille (cage vide)
Grenoble
Attaquants
Markus Poukkula (2’) – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A)
Sacha Treille – Joël Champagne (C) (2’) – Aurélien Dair
Flavian Dair – Quinton Howden – Brent Aubin
Dylan Fabre – Adel Koudri – Julien Munoz
Défenseurs :
Bobby Raymond (4’) – Jere Rouhiainen
Kyle Hardy (2’) – Maxim Lamarche
Pierre Crinon (25’) – Lucien Onno (4’)
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçant : Raphaël Garnier (G). Absents : Janne Jalasvaara (genou), Timothée Quattrone, Alexandre Pascal.
Rouen
Attaquants :
Christophe Boivin (2’) – François Beauchemin – Alexandre Mallet (4’)
Niclas Lucenius – Valentin Claireaux – Rolands Vigners
Loic Lampérier (C) – Kelsey Tessier (A) (2’) – Vincent Nesa
Quentin Tomasino – Kaylian Leborgne – Tommy Perret
Défenseurs :
Florian Chakiachvili (A) (2’) – Aleksi Elorinne
Sacha Guimond – Charlie Dodero
Dylan Yeo (2’) – Enzo Cantagallo
Gardien :
Matija Pintaric (2’) [sorti de 56’39 à 59’24]
Remplaçant : Tonin Caubet (G). Absents : Joris Bedin, Jordan Hervé, Bastien Maia











































