Après l’intermède d’Angers l’an passé, Rouen a réussi à regagner sa place en finale de la Ligue Magnus. La dernière datait de 2019, avant les annulations de play-offs par la pandémie de Covid-19 et avant le titre attribué à l’issue de la saison régulière aux Dragons en 2021. Cette décision n’avait fait que renforcer la rivalité avec Grenoble et son président Jacques Reboh qui avait fait tout fait pour la contester. Aujourd’hui, les deux clubs majeurs s’expliqueront sur la glace pour la suprématie. Pour les Dragons, c’est aussi un accès en Coupe d’Europe qui est en jeu, leurs succès sur la scène européenne étant toujours un secteur sur lequel ils gardent une prépondérance historique sur Grenoble.
Rouen compte aussi deux fois plus de titres (16 contre 8), mais les Brûleurs de Loups comptent bien refaire ce retard. Ils sont aujourd’hui la puissance économique majeure de la Ligue Magnus et alignent l’effectif le plus impressionnant (avec un étranger surnuméraire qui est ce soir Janne Jalasvaara). Les trophées de la saison régulière, révélés en début de soirée, ont couronné les Grenoblois en sacrant Sacha Treille meilleur joueur français et Dylan Fabre meilleur espoir. En plus, les Dragons sont affaiblis par l’absence de leur joker automnal Valentin Claireaux, blessé à l’entraînement mardi dernier. Mais face à la meilleure attaque du pays, ils espèrent faire valoir leur meilleure défense.
Même sans l’avantage de la glace, c’est Rouen qui prend immédiatement le jeu à son compte et s’adjuge la possession pendant les deux premières minutes. Les Grenoblois sont un peu timorés en ce début de match, à l’instar d’un public que le speaker est quelque peu obligé de réveiller en suscitant ses encouragements.
Mais on sait que leur profondeur offensive est le meilleur atout des Brûleurs de Loups, avec les meilleurs jeunes Français dans leurs rangs. C’est leur quatrième ligne, en grande forme dans ces play-offs, qui ouvre le score par une action individuelle de son centre Adel Koudri : il déborde Aleksi Elorinne en zone neutre, dribble magnifiquement en un contre Dylan Yeo – qui avait pris un risque à la ligne bleue au début de l’action – puis lève le palet dans la lucarne de Matija Pintaric (1-0, 06’19, photo ci-dessous).
Une minute plus tard, Rouen se met encore plus en difficulté par un coup de crosse de Charlie Dodero sur Dylan Fabre. Les Grenoblois prennent franchement l’ascendant sur le match, sans que leur élan ne soit interrompu par la réparation d’une liaison entre deux plaques de plexiglas, au cours de laquelle le speaker meuble utilement en maintenant l’ambiance. La défense rouennaise perd des palets et est parfois hors de position, tel Dodero qui laisse un tour de cage à Crinon.
À la onzième minute, les Dragons se procurent leur première grosse occasion : un lancer de la bleue de Dylan Yeo, dévié par François Beauchemin seul devant la cage, est dévié de justesse par la botte de Stepanek. Mais à ce court intermède succède une pluie d’occasions grenobloises : Aubin persévère pour regagner le palet au milieu de plusieurs adversaires, Sacha Treille centre pour Damien Fleury dont la reprise entre les cercles passe au-dessus de la transversale, puis Fleury lance sur le poteau en s’infiltrant entre deux joueurs pendant une pénalité différée. Cette action s’est déroulée après une grosse charge à retardement d’Alexandre Mallet sur Dylan Fabre, qui provoque des altercations.
Si Fleury et Lucenius prennent chacun une pénalité majeure, Pierre Crinon prend pour sa part 2’+5’+20′ en tant qu’instigateur de la bagarre. Au lieu d’être en avantage numérique, Grenoble doit donc jouer cinq minutes à 4 contre 5. Son gardien tchèque Jakub Stepanek réussit à dévier de la mitaine un lancer masqué de François Beauchemin qu’il n’a pas vu partir, et s’interpose aussi sur un tir de Bedin dans le slot. Mais il ne peut plus rien faire sur un jeu en triangle magnifique qui voit Christophe Boivin, servi dans le cercle droit par une passe transversale de Tessier, trouver la déviation de Rolands Vigners au poteau opposé (1-1, 17’51). La longue infériorité numérique s’achève et Grenoble essaie de repartir de l’avant, mais une charge incorrecte de Maxim Lamarche est encore sanctionnée à 32 secondes de la sirène.
Le vent pourrait donc avoir tourné à la pause, mais les Brûleurs de Loups tuent la pénalité au début du deuxième tiers-temps. Ils reprennent alors le dessus et bénéficient à leur tour d’une pénalité évitable de Vincent Nesa (faire trébucher). Alors que la défense rouennaise est désorganisée par une crosse perdue, un but de Sacha Treille récompense la poussée grenobloise (2-1, 24’52).
Rouen essaie alors de réagir et d’égaliser, mais Kyle Hardy vole le palet et l’envoie directement à la ligne bleue opposée pour Aurélien Dair. C’est une échappée idéale… arrêtée d’une mitaine impeccable par Pintaric. Un arrêt capital alors qu’on approche de la mi-match.
À une charge contre la bande de Tessier sur Poukkula répond une autre de Brent Aubin, deux mètres plus loin dans le même coin. À nouveau, comme dans le cas de Mallet/Crinon, les Grenoblois semblent se priver d’un avantage numérique en « compensant » une charge douteuse par une mauvaise pénalité. Mais le jeu à 4 contre 4 leur est très favorable, au point qu’ils arrivent à s’installer en zone offensive dans cette configuration. Masqué par la présence de Koudri dans le slot, Matija Pintaric ne voit pas partir le lancer de la ligne bleue de Maxim Lamarche (3-1, 32’10).
On est tout proche du KO. Rouen encaisse les coups mais Grenoble n’arrive pas à porter l’uppercut décisif. Pintaric frustre Aubin en bonne position, Koudri manque le cadre sur un rebond. À force de subir, les Dragons se mettent à la faute, en l’occurrence un cinglage de Dodero dont ce n’est pas le premier mauvais coup. Mais même en avantage numérique, Markus Poukkula, servi tout seul juste devant le gardien, n’arrive pas à conclure. Les Brûleurs de Loups gèrent ensuite les deux dernières minutes du tiers pour rejoindre les vestiaires avec deux buts d’avance. Le RHE, longtemps asphyxié par l’intensité iséroise, ne s’en sort pas si mal avec cet écart.
Après ces vingt minutes à sens unique, Rouen peut-il encore garder espoir à l’orée du troisième tiers-temps ? On peut encore le croire pendant la pause… mais beaucoup moins 19 secondes plus tard. Aurélien Dair récupère le palet au forechecking et sert Sacha Treille qui fait une passe du patin pour Joël Champagne dans son dos et embarque la défense. Déjà au départ de l’action, Dair est alors démarqué pour la conclure (4-1, 40’19).
Alors que Rouen est en zone offensive pour tente de répliquer, Kyle Hardy récupère un rebond dans l’enclave et relance via la balustrade. Dylan Fabre réceptionne en zone neutre, accélère et réussit, derrière le défenseur à battre Pintaric d’un tir à mi-hauteur côté plaque (5-1, 43’10). Ce but au premier poteau est assez faible et inhabituel pour Pintaric… Dans ce match où il n’y a plus rien à espérer, Tonin Caubet met son masque et se prépare.
Une faute en zone offensive de Boivin sur Hardy retarde le changement de gardien, pour ne pas faire entrer le jeune gardien basque pendant une infériorité numérique. Du coup, c’est l’international slovène qui encaisse un but supplémentaire, à la toute dernière seconde de la pénalité ! Dans le cercle gauche, Damien Fleury a le temps de contrôler la passe transversale de Deschamps et d’ajuster la lucarne (6-1, 47’23).
L’entrée retardée n’accorde pourtant aucun répit pour Tonin Caubet, qui concède le premier tir subi. Brent Aubin file en contre-attaque, se décale aisément d’un coup de patin face à Vigners en dernier défenseur et vise la lucarne côté mitaine (7-1, 48’31 »).
Rouen sauve l’honneur par un but de Kelsey Tessier qui ne fait pas dans la dentelle : après un cross-check (non sifflé) dans le dos du défenseur, il est plus facile d’avoir la cage grande ouverte sur le rebond. Anecdotique, d’autant que l’attaquant canadien ne célèbre même pas son but de toute façon. Et face au quatrième trio rouennais qui a plus de temps de jeu dans cette fin de match sans enjeu, le dernier mot revient à Bobby Raymond, de la ligne bleue alors que Flavian Dair passe devant le champ de vision de Caubet (8-2).
Si la machine grenobloise a mis du temps à se mettre en route, elle a été impressionnante une fois lancée. Plus rien ne lui a résisté et les huit buteurs différents témoignent d’une véritable démonstration collective. Rouen a été totalement pris de vitesse au fil du match face à une équipe plus rapide et surtout dotée d’une belle rapidité dans son exécution technique. Sa ligne Air Québec vole bien moins haut qu’en saison régulière et n’a pas pesé sur cette partie. Les Dragons vont devoir se remettre moralement de cette gifle historique en repartant au combat dès demain, et en essayant de capitaliser sur leur début de match qui était bon et qui est le seul motif d’espoir.
Désignés joueurs du match : Jakub Stepanek pour Grenoble et Rolands Vigners pour Rouen.
Commentaires d’après-match :
Jyrki Aho (entraîneur de Grenoble) : « Je suis content du résultat. La finale va vraiment commencer après le premier match donc on verra. Au premier match, les deux équipes se jaugent, regardent ce qui se passe. Et ensuite on prépare le prochain. Ce sera un match complètement nouveau. Aujourd’hui le résultat a été en notre faveur, mais demain on recommence à 0-0. On a eu une longue semaine, même plus qu’une semaine. Ce n’était pas facile d’attendre de connaître notre adversaire et ensuite d’être prêt pour le premier match de la finale. On a réalisé un travail solide ces derniers jours et voilà le résultat. »
Sacha Treille (attaquant de Grenoble) : « On a eu beaucoup de réussite offensive. Après il faut être bien conscient qu’au final ça ne sert pas à grand-chose. C’est mieux d’être dans notre cas que dans le leur mais ça ne reste qu’un point dans cette série. On a réussi à mettre la main sur le palet si on peut dire, à bien jouer offensivement et ça nous a réussi ce soir donc tant mieux, mais demain est un autre jour. Les play-offs, c’est un marathon, on sait que la route est encore longue. On a aussi fait quelques erreurs, on va regarder ça aussi à la vidéo. Et il va falloir se remettre au boulot dès demain soir. On s’attend à ce qu’ils arrivent beaucoup plus fort… On va se contenter d’essayer de jouer le même hockey, d’être prêt dès le premier face-off. Ce sont les erreurs qui à chaque fois nous font du mal. Si on arrive à limiter nos erreurs sur 60 minutes, c’est l’objectif. Ce match peut faire douter leur gardien pour demain mais je pense que Matija [Pintaric] est un très grand professionnel, il est capable de se remettre en question et de revenir très fort demain. »
Brent Aubin (attaquant de Grenoble) : « C’est juste un match. C’était important pour nous de prendre le jeu à notre compte, l’objectif c’était de commencer fort le match. Je pense qu’on a répondu à l’appel. Ce que j’aime dans notre équipe, c’est que ce n’est pas forcément une ligne, on a les quatre lignes qui produisent. C’est la preuve de l’équipe qu’on est dans le vestiaire, sur la glace… On a une bonne chimie. Le gardien de Rouen a été MVP plusieurs fois depuis qu’il est ici en France donc on sait qu’ils vont sortir fort demain. C’est une équipe qui va travailler extrêmement fort. Si on croit que ça va être facile, on est dans le tort. Comme je dis, les séries il ne faut pas que ça soit trop haut, trop bas. Il faut garder un effort constant et c’est à nous d’être aussi prêt sinon meilleurs qu’aujourd’hui. Que tu gagnes 62 à 0 ou 1 à 0, c’est une victoire, il faut que tu tournes la page le lendemain et puis ce qui est fun en France c’est qu’on joue tout de suite le lendemain donc c’est à nous à tout de suite se concentrer. Depuis le 1er août, on travaille fort pour ça. On a qu’un seul objectif, c’est de gagner. On est focus sur notre tâche, peu importe ce qui se dit à droite ou à gauche, ce qu’on veut c’est la victoire à chaque match. Stepanek nous a mis dans le match aussi, il a été sensationnel. Je pense que c’était notre meilleur joueur. On sera soulagé quand on aura quatre victoires, pas avant… Le match le plus dur, c’est tout le temps le prochain. »
Loïc Lampérier (capitaine de Rouen) : « On a eu ce qu’on méritait, on ne s’est pas présenté ce soir. On n’a pas joué avec notre identité. C’est une bonne claque. La bonne nouvelle c’est qu’on perde 8-2 ou 2-1, ce n’est que 1-0 dans la série et il faut qu’on se mettre la tête à l’endroit pour demain. À chaud comme ça, c’est mieux de garder ça entre nous dans le vestiaire, il faut qu’on garde la tête haute. Ce soir on a fait un non match. On n’était pas là, on était en retard partout. La bonne nouvelle c’est qu’on a gardé de l’énergie et que demain ça va être un match différent. On a hâte d’être demain soir pour revenir. C’est une finale de Ligue Magnus, on ne peut pas montrer ce visage-là de notre équipe. Contre n’importe quelle équipe, si on joue comme ça, on ne gagne pas le match. On n’était pas à la hauteur de l’événement ce soir et voilà. À minuit cette journée est finie et demain on va montrer notre vrai visage donc ça va changer. »
Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « Je pense qu’on n’est pas sorti du bus tout simplement. On a vu qu’on était en retard partout. Il y a eu une petite illusion au premier tiers parce qu’on a eu cinq minutes de power-play qui ont fait qu’on était qu’à 1-1 sur le premier tiers mais on n’était déjà pas content de cette période-là. Et on n’a pas su réagir, je pense que je n’ai jamais vu mon équipe comme ça, aussi peu travailleuse, aussi peu en jambes avec très peu d’inspiration, beaucoup de déchet technique donc le résultat est logique. Grenoble a amplement mérité ce premier match mais comme j’ai dit aux joueurs, à minuit on tourne la page, et demain il y a un deuxième match. Il va falloir réagir et jouer autrement parce que sinon ça va être long cette finale. Physiquement je pense qu’on n’a pas travaillé assez fort et mentalement pour tout ce qui est bataille, sacrifice, tout ça, il faut être prêt à aller jouer une finale et ce soir on ne l’était pas. Il faut recommencer à aller sur nos bases. On sait jouer avec le palet mais ce soir tout le monde avait peur de le conserver. Techniquement, il y a eu beaucoup de déchets, de turnovers, on donnait beaucoup d’occasions à Grenoble. On leur a laissé énormément de temps de construire leur jeu parce qu’on était assez passifs. Il faut savoir être beaucoup plus actif. Et surtout on sait que c’est une bonne équipe qui patine très vite mais nous on peut au moins patiner plus vite que ce soir, c’est sûr. C’est vrai qu’on a bien commencé mais Grenoble n’était pas dans le rythme au début, heureusement qu’ils ont commencé doucement aussi. Donc c’était peut-être trompeur. Quand ils ont commencé à jouer leur jeu à leur niveau, on n’a pas su élever notre niveau. Dans le sport, il faut se remettre en question après une victoire, dans ce cas-là, Grenoble pourrait dire que ça va être facile demain. Ou après une défaite comme on a eue, j’espère qu’on va réagir positivement demain, qu’on va montrer un autre visage dès le début du match. »
(photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Grenoble – Rouen 8-2 (1-1, 2-0, 5-1)
Mardi 4 avril 2023 à 20h30 à Pôle Sud. 4013 spectateurs.
Arbitres : Damien Bliek et Pierre Dehaen assistés de Quentin Ugolini et Nicolas Constantineau
Pénalités : Grenoble 38′ (4’+5’+5’+20′, 2′, 2′) ; Rouen 21′ (4’+5′, 6′, 6′).
Tirs : Grenoble 38 (10, 14, 14) ; Rouen 26 (7, 8, 11).
Évolution du score :
1-0 à 06’19 : Koudri assisté de F. Dair et Raymond
1-1 à 17’51 : Vigners assisté de Tessier et Boivin (sup. num.)
2-1 à 24’52 : Treille assisté de Fleury et A. Dair (sup. num.)
3-1 à 32’10 : Lamarche assisté de Hardy et Fleury
4-1 à 40’19 : A. Dair assisté de Champagne et Treille
5-1 à 43’10 : Fabre assisté de Hardy et Stepanek
6-1 à 47’23 : Fleury assisté de Deschamps et Howden (sup. num.)
7-1 à 48’31 : Aubin assisté de Poukkula
7-2 à 54’00 : Tessier assisté de Yeo et Lampérier
8-2 à 55’05 : Raymond assisté de F. Dair et Koudri
Grenoble
Attaquants :
Sacha Treille (+1) – Joël Champagne (C, +1) – Aurélien Dair (+1)
Dylan Fabre – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A, +1, 5′)
Markus Poukkula (+1, 2′) – Quinton Howden (+1) – Brent Aubin (+1, 2′)
Flavian Dair (+2) – Adel Koudri (+3) – Julien Munoz (+2)
Défenseurs :
Kyle Hardy (+4) – Maxim Lamarche (+2, 2′)
Bobby Raymond (+2) – Jere Rouhiainen (+2)
Pierre Crinon (2’+5’+20′) – Lucien Onno
Gardien :
Jakub Stepanek
Remplaçants : Raphaël Garnier (G), Alexandre Pascal. Absents : Janne Jalasvaara (étranger surnuméraire), Timothé Quattrone.
Rouen
Attaquants :
Christophe Boivin (-2, 2′) – François Beauchemin (-2) – Alexandre Mallet (-3, 2′)
Loïc Lampérier (C, -1) – Kelsey Tessier (A, -1, 2′) – Rolands Vigners (-2)
Niclas Lucenius (5′) – Vincent Nesa (2′) – Bastien Maïa
Joris Bedin (-1) – Kaylian Leborgne (-1) – Tommy Perret (-1)
Quentin Tomasino
Défenseurs :
Sacha Guimond – Charlie Dodero (-1, 6′)
Florian Chakiachvili (A, -2, 2′) – Aleksi Elorinne (-2)
Dylan Yeo (-3) – Enzo Cantagallo (-2)
Gardien :
Matija Pintaric puis Tonin Caubet à 47’23
Absent : Valentin Claireaux (déchirure des muscles fessiers).


















































