Après neufs mois d’exil forcé, les Corsaires de Nantes étaient de retour au Petit Port samedi soir pour le compte de la neuvième journée de D1. Avant-derniers avec trois points et une seule victoire en banque, les coéquipiers de Cédric Custosse se devaient de livrer une prestation à la hauteur face à un adversaire en quête de régularité : les Drakkars de Caen. Dans une patinoire à guichet fermé, les locaux avaient à cœur de faire plaisir à leur public, mais également de se rassurer.

Les visiteurs remportent l’engagement et s’offrent la première possession. Mis sous pression par une défense agressive des Corsaires, les joueurs de Jaroslav Prosvic sont les premiers à tester le gardien adverse suite à une attaque assez désorganisée (0’25). Sur la contre-attaque, l’ancien Niçois Julien Msumbu fait parler ses qualités d’attaquant en remontant toute la glace et en délivrant un très bon palet pour Charles Farmer juste devant la cage. Mais l’ancien gardien de l’équipe de France, Ronan Quemener, veillait sur ses filets et ne se laisse pas tromper (0’36). Dominants dans le jeu, les locaux se créent le plus d’occasions, avec en tête de proue le trio Farmer-Ross-Jakovljevic (0’47 et 2’15). Malmenés lors de leurs attaques, les Drakkars sont obligés de céder le puck et s’exposent aux contres des bleus et noirs, à l’image du lancer puissant de Mathieu André. Excentré sur la droite du but adverse, l’attaquant français décoche un palet puissant, mais qui fuit le cadre (3’21). Peu après, c’est à Hugo Damy de s’essayer face au portier des Drakkars. Sur une passe déviée d’Eliot Ardouin, l’attaquant se présente sur la droite du gardien et essaye de glisser le puck au raz du poteau, mais cette tentative finit dans la botte de Quemener (3’38). Tandis que les assauts caennais se perdent dans l’entre jeu, la faute à des passes imprécises, les offensives nantaises se font plus précises (4’25 et 4’45). C’est sur ce siège du but caennais que les Corsaires signent la meilleure occasion du premier tiers. Seul, Sean Ross à le temps d’ajuster un lancer qui finit sur le plastron du gardien. Le puck rebondi et se retrouve en position parfaite pour un attaquant positionné juste devant le but, désormais vide. Malheureusement, aucun Nantais ne réussit à le reprendre tandis que l’ancien international le dégage comme il peut de la crosse (4’59).
La suite du tiers tourne à l’avantage des Corsaires. Plus agressifs et plus précis dans les transmissions, les hommes de Sylvain Roy continuent leur travail de sape de la défense adverse. La percée sur la droite de Devyn Mayea se transforme en véritable occasion lorsqu’il trouve Valier dans l’axe. Celui-ci laisse le puck à son aîné Mathieu André qui arrive lancé juste derrière lui. Malgré cette bonne position, l’assistant nantais manque le cadre, mais crée une énième alerte dans la défense adverse (8’00). Les premières minutes de pénalité sont partagées après un accrochage entre Remi Thomas et Samy Paré (9’39). Sur l’attaque qui suit, les Corsaires s’offrent une nouvelle chance d’ouvrir le score. Ronan Quemener manque sa sortie derrière son but et se fait surprendre par Julien Msumbu qui récupère le palet. Il essaye de transmettre à Mathieu André, seul devant le but vide, mais un sauvetage miraculeux de Romain Bermond Gonnet laisse les Drakkars au même score que leurs adversaires (10’19). Même si ce sont les locaux qui dominent, ce sont eux qui subissent la première infériorité suite à une obstruction d’Eliot Ardouin (11’12). La supériorité numérique permet aux Drakkars d’enfin s’installer dans le camp nantais, sans pour autant se montrer dangereux sur les cages gardées par Albert Bosch. La fin du tiers est marquée par la domination des Corsaires même si les Drakkars mettent de plus en plus la crosse sur le puck, infiltrant la défense adverse lors de quelques tentatives. Cependant, même si les équipes trouvent de plus en plus de faille chez leurs adversaires, aucune n’arrive à concrétiser (0-0).
Dès les premiers instants du second tiers, la tendance reste la même. Les Corsaires, avec le puck, mettent la pression sur le but adverse et dictent le rythme de la rencontre. Partis en solitaire à travers les joueurs caennais, Charles Farmer décale pour Ross qui effectue un lancer vers la cage, bien suivi par Quemener qui dévie de l’épaule (21’22). Une relance manquée de Bermond Gonnet permet à Julien Msumbu de récupérer le palet dans une position favorable. Après quelques dribbles, il le passe à Sean Ross, face au gardien. Sur un lancer subtil, le Canadien glisse le puck entre les jambes d’un gardien impuissant (1-0, 24’11).
L’ouverture du score réveille les Drakkars qui manquent de revenir très rapidement. La passe Titouan Lanes arrivant directement dans la crosse de Radek Vesely qui enchaîne avec un lancer direct. Celui-ci vient s’écraser sur la transversale d’un Albert Bosch impuissant. Les Corsaires sont prévenus (24’33). Après deux attaques nantaises dangereuses (24’43 et 25’13), les joueurs de Caen profitent d’un face-off en zone neutre pour développer leur attaque. Servis par Titouan Lanes derrière la cage, Ilya Altybarmakian tire en direction de la cage, trouve la botte du gardien et profite d’un rebond favorable pour reprendre le puck et égalise d’un tir croisé (1-1, 26’17).
Après un début de match poussif, celui-ci s’emballe enfin. Le palet va d’un but à l’autre et chaque équipe semble jouer de manière plus libérée. Profitant d’un tir contré par le gardien, Valérian Mathieu adresse un palet en retrait pour Benjamin Wozney. Son lancer juste devant la ligne bleue prenait la direction du plexiglas derrière Quemener, Mathieu André en profite pour rabattre le puck et trouve un angle compliqué au-dessus de l’épaule droite du gardien français (2-1, 27’10). Cette courte avance ne suffit pas aux joueurs de Nantes qui décident de continuer leur plan d’attaque, quitte à laisser des trous en défense. Des trous dans lesquels les attaquants caennais vont venir s’infiltrer, à l’image de Yoan Colomban qui répond à Mathieu André en plaçant le palet entre le gant et la botte d’Albert Bosch, directement dans le petit filet (2-2, 28’27). Biens revenus dans le match, les Drakkars vont alourdir le score en la personne de Ville Rautiala. Servis dans l’axe par Samy Paré, le défenseur finlandais s’aide du poteau droit nantais pour amener le palet jusqu’au fond des filets (2-3, 29’46). Menés, les Corsaires continuent dans une stratégie agressive en défense et très offensive, donnant une fin de tiers très équilibrée. Drakkars et Corsaires se rendent coup pour coup et rentrent au vestiaire sur le score de 2 à 3 avec une infériorité numérique pour les Drakkars.
C’est avec la même envie que les deux équipes reviennent sur la glace. Si d’un côté l’objectif est de garder ce bon résultat à l’extérieur, de l’autre, il faut à tout prix revenir dans le match pour espérer décrocher cette première victoire (hors prolongations). Les chocs se font plus rudes à l’image de la mise en échec d’Ardouin par Berthon et celle de Lieffer sur Tassery (41’40). Pour les Nantais, la délivrance intervient rapidement après le début du tiers. En manque de réussite pendant près de 20 minutes, les bleus et noir reviennent au score grâce à l’erreur de Ville Rautiala. Peu inspiré, le défenseur finlandais manque le palet et laisse le cadet des frères Valier s’échapper seul au but. Légèrement excentré, celui-ci ne se fait pas prier pour adresser un lancer puissant dans la lucarne opposée de Quemener (3-3, 43’51). Sentant que le vent est en train de changer, les locaux font bloc en défense afin de se laisser les meilleures chances pour décrocher leur première victoire à domicile. En supériorité numérique, les Drakkars tentent de reprendre l’avantage. Samy Pare teste Albert Bosch de loin. Un tir contré qui manque d’être repris par le capitaine caennais, Alexandre Mulle, en embuscade devant la cage (45’54).
Au complet, les Corsaires continuent de dominer. La déviation d’Hugo Damy manque de peu le cadre sur un centre du défenseur canadien Raphaël Brites (48’17). Sur l’action suivante, les Drakkars sont réduits à quatre après la faute de Kevin Tassery sur Valérian Mathieu (49:58). C’est d’ailleurs l’attaquant français qui va profiter de la supériorité numérique pour faire repasser les siens devant. Sur un face-off gagné en zone offensive, Charles Farmer récupère le puck et le transmet à l’ancien joueur des Comète, laissé seul au milieu du terrain. Sans se faire prier, celui-ci effectue un lancer précis que Quemener, gêné par Lieffers, ne peut stopper (4-3, 51’17). Une avance qui aura une très courte durée puisque Titouan Lanes n’a besoin que de 40 secondes pour égaliser. Décalé par Radek Vesely, l’attaquant français s’aide du poteau de Bosch pour faire trembler les filets nantais (4-4, 51’57). La suite du tiers est un jeu d’attaque-défense, chaque équipe se créant des occasions franches sans faire la différence. Grand acteur de cette fin de match serrée, le jeune gardien nantais Albert Bosch s’illustre avec de nombreux arrêts (44’04 – 44’39). Mais le réel exploit revient à l’ancien portier de l’équipe de France qui stoppe deux tirs à bout portant de Mathieu André (44’53). Petite frayeur en fin de tiers pour les Corsaires. Sur un contact avec Radek Vasely, Albert Bosch semble souffrir de la main. Un événement qui aurait pu agir comme un coup de massue pour une équipe déjà privée de son gardien titulaire, William Desmarais, sorti blessé lors de la victoire contre Courchevel. Heureusement pour les bleus et noir, le joueur espagnol reprendre le jeu et la défense des filets.
L’égalité amène les deux équipes à jouer des prolongations. Du côté nantais Ross, Mayea et Msumbu débutent face à Pepin, Mulle et Altybarmakian. Privés de palet, les Corsaires sont contraints à la défense, et après une attaque raté de peu, Radek Vasely fixe parfaitement le gardien nantais avant de trouver son partenaire, Evgenii Nikiforov, seul devant le but qui n’a plus qu’à finaliser (4-5, 61’21).
Joueurs du match : Benoît Valier pour Nantes et Radek Vesely pour Caen
Nantes – Caen 4-5 après prolongation (0-0, 2-3, 2-1, 0-1)
Samedi 15 novembre 2025 à 18h00 au Petit Port. 1234 spectateurs.
Arbitres : Leevan Thiebault et Romain Herrault assistés Maxime Suzzarini et Romain Honoré.
Pénalités : Nantes 6’ (4’, 0’, 2’, 0’) ; Caen 6’ (2’, 2’, 2’, 0’).
Tirs : Nantes 36 (16, 10, 10, 0) ; Caen 36 (7, 18, 10, 1).
Évolution du score :
1-0 à 24’11 : Ross assisté de Msumbu et Valier
1-1 à 26’17 : Altybarmakian assisté de Lanes et Mulle
2-1 à 27’10 : André assisté de Wozney et Mathieu
2-2 à 28’27 : Colomban assisté de Tassery et Berthon
2-3 à 29’46 : Rautiala assisté de Pare et Vasely
3-3 à 43’54 : Valier assisté de Mathieu
4-3 à 51’17 : Mathieu assisté de Farmer
4-4 à 51’57 : Lanes assisté de Altybarmakian et Hrebenyk
4-5 à 61’21 : Nikiforov assisté de Vesely et Hrebenyk
Nantes
Attaquants :
Hugo Damy – Elias Lieffers – Rémi Thomas
Sean Ross (A) – Charles Farmer – Julien Msumbu
Benoît Valier – Valérian Mathieu – Mathieu André (A)
Thomas Dogémont – Gautier Alvau – Evan Chauvel
Défenseurs :
Benjamin Wozney – Raphaël Brites
Marko Jakovljevic – Devyn Mayea
Eliot Ardouin – Cédric Custosse (C)
Esteban Weber
Gardien :
Albert Bosch Creus
Remplaçant : Mathis Fortin (G). Absents : Matthieu Rouxel, William Desmarais (blessés).
Caen
Attaquants :
Titouan Lanes – Alexandre Mulle (C) – Ilya Altybarmakian
Evgenii Nikiforov – Samy Paré – Romain Bermond-Gonnet
Kevin Tassery – Quentin Berthon (A) – Yoan Colomban
Paul Montean – Thibault Claireaux – Matias Pognant
Défenseurs :
Gabriel Lehmann – Marc-Antoine Pépin (A)
Artem Hrebenyk – Radek Vesely
Alban Chabanet – Ville Rautiala
Gardien :
Ronan Quemener
Remplaçant : Eliot Reigner (G)











































