Pour la 17e journée de la phase régulière du championnat, Rouen accueille Chamonix, un mercredi soir car la CHL a privatisé en Europe la soirée de la veille pour favoriser ses huitièmes de finale, où on a apprécié la victoire, vaine pour la qualification en quart de finale, de Grenoble à Göteborg (Frölunda).
Les deux pensionnaires de la ligue sont actuellement en pleine forme, fortes de quatre et cinq victoires consécutives, elles se retrouve pour un duel assez attendu. En défense, malgré le retour de Koponen absent depuis plus de six semaines, les Pionniers ont rappelé Lauric Convert pour suppléer cette fois l’absence de Penz. En attaque, Kivinen fait pour une seconde fois de suite défaut aux visiteurs. C’est Raphaël Garnier qui est a été préféré au titulaire néo-international Tom Aubrun, pour garder la cage chamoniarde. À Rouen, Regush est annoncé manquant jusqu’au début de l’année prochaine.
Il est exceptionnellement 19h00 (pour permettre aux scolaires de se coucher tôt mais pas aux salariés d’arriver à l’heure) lorsque le match commence. Dans le premier tiers tout c’est joué lors des jeux spéciaux. Les locaux ont débuté avec une étonnante faiblesse. Probablement l’une de leurs périodes les moins abouties de la saison. Les Dragons ont moins bloqué de tirs que d’habitude, signe d’un engagement limité, largement en dessous du niveau attendu.
Chamonix en a profité et a ouvert le score en infériorité. Gabin Ville a, justement, bloqué un lancer de la pointe qui a permis une échappée de Tugnut (0-1 à 09’07). Les Normands ont égalisé en supériorité. Le tir sur réception de Lafrance dans le cercle droit n’a laissé aucune chance à Garnier (1-1 à 14’03). Mais ils n’ont jamais donner l’impression d’envie. Sans l’investissement nécessaire, ils n’allaient pas loin. Le carré rouennais ne bougeait pas les pâtins lorsque Albin Thyni contrôlait un jeu installé, et réglait la mire d’un tir balayé de loin (1-2 à 18’01).
À la pause, l’entraîneur rouennais Carl Mallette a dû faire passer un message clair et (très) appuyé à ses joueurs pour provoquer une réaction indispensable.
La réponse est venue principalement d’une ligne qui a littéralement sauvé la soirée rouennaise : Rech–Phelan–Perret. Ce trio a inscrit trois des quatre buts de Rouen dans ce deuxième acte, et généré deux des cinq occasions normandes du tiers médian, soit la moitié de la production offensive de l’équipe dans cette période. C’est également cette ligne qui scellera le score en marquant en cage vide.
En moins de cinq minutes, l’église était remise au centre du village grâce d’abord à un classique palet mis à la cage. Perret a pris le retour (2-2 à 22’44). Le one-timer de la ligne bleue frappé par Chakiachvili à tout transpercé (3-2 à 23’07). De derrière la ligne de but, lors d’un tir rapproché, Anthony Rech s’est aidé de la lame du patin de Garnier pourtant collé à son poteau gauche (4-2 à 26’57). Sans l’énergie de ce trio Chamonix l’emportait 2-4. Les Pionniers sont revenus au score. Entre les oreilles, lors d’une offre à trois contre trois, Axel Tarabusi a, de sang-froid, fusillé Mac Carruth (4-3 à 33’39). Ce but n’a pas galvanisé les visiteurs. Le capitaine rouennais Loïc Lampérier a pris un retour de tir du revers dans une défensive un peu perdue (5-3 à 34’43).
Chamonix n’a pas renversé la table dans le dernier acte. Ils ont trop accepté de subir. Ils n’avaient pas encore obtenu d’occasion depuis le second retour sur la glace quand on laissait Koponen lancer de loin (5-4 à 47’05). Mais encore une fois, les Chamoniards n’étaient pas capable de saisir le momentum. Même à cinq contre quatre lors de la prison de Dylan Yeo (50’49). Lorsque c’était l’urgence, un attaquant haut-savoyard supplémentaire montait sur la glace à la place de Garnier qui laissait sa cage vide… Anthony Rech a profité de l’aubaine (6-4 à 58’45).
Chamonix avait choisi d’aligner devant la cage son numéro 2. Rodolphe Garnier n’a pas démérité. Le suppléant a fait échouer Vigners en power-play (9’46), un tour de cage de Simonsen (32’24), Gresock (35’30), deux contres surnuméraires (39’15 & 52’28), un lancer de Lafrance dans le slot (44’38) et une échappée de Tessier (54’18). Gabin Ville s’est distingué avec trois points (1 but, 2 passes). Tim Wahlgren a ajouté deux assistances. En revanche, la série d’au moins un point de Salituro, active sur les trois derniers matchs, a pris fin ce soir.
Malgré plusieurs retours dans le match, les Pionniers ont finalement cédé face à une équipe rouennaise irrégulière mais capable de coups d’accélérateur décisifs. Les neuf buts encaissés par les gardiens ne démontrent pas leur travail ce soir. En effet la tâche des joueurs de Carl Mallette aurait pu être beaucoup plus compliqué sans les arrêts du deuxième tiers – là où le match des Normands s’est joué – de Carruth face à Grinbergs (21’47), Broutin (26’07) et Wahlgren (32’05).
Rouen s’impose 6–4, une victoire importante mais loin d’être rassurante sur le plan du contenu avant d’aller à Cergy la lanterne rouge. Un autre défi attend Chamonix qui recevra le leader Angers au pied du Mont-Blanc.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Carl Mallette (entraîneur de Rouen) : « C’est un de nos moins bons matches de la saison mais une bonne équipe trouve le moyen de gagner ces matches-là. Tu ne peux pas jouer 44 bonnes parties. C’était un match bizarre. Je n’ai pas aimé le premier tiers mais la ligne Phelan-Perret-Rech nous a permis de récolter trois points. C’est ce que je vais retenir. On aurait pu avoir 50 lancers au but, avoir joué un bon match et perdre 3-2 puis se réveiller demain matin avec trois points de retard en plus sur Angers. Là, on reste dans la course. On n’était pas prêt au premier tiers. On dirait qu’on a commencé à jouer à 20 heures. Ce n’est pas mon style [de brasser les joueurs]. Mais, pour autant, il faut dire les choses. Je trouvais que moi-même je devais apporter des solutions à l’équipe. C’est ce que j’ai essayé de faire en modifiant un peu mes systèmes notamment. Je voulais trouver un moyen pour aider l’équipe à être plus engagée. »
Rouen – Chamonix 6-4 (1-2, 4-1, 1-1)
Mercredi 19 novembre 2025 à 19h00 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3012 spectateurs.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Maxime Laboulais assistés de Quentin Cady et Achille Lefevre
Tirs : Rouen 38 (8, 15, 15) ; Chamonix 33 (8, 11, 14)
Pénalités : Rouen 4′ (2′, 0′, 2′) ; Chamonix 10′ (4′, 2′, 4′)
Supériorités : Rouen 1/4 ; Chamonix 1/2
Évolution du score :
0-1 à 09’07” : Tugnutt assisté de G. Ville (inf. num.)
1-1 à 14’03” : Lafrance assisté de Chakiachvili et Simonsen (sup. num.)
1-2 à 18’01” : G. Ville assisté de Thyni et Wahlgren (sup. num.)
2-2 à 22’44” : Perret assisté de Chakiachvili et Rech
3-2 à 23’07” : Chakiachvili assisté de Rech et Perret
4-2 à 26’57” : Rech assisté de Perret et Phelan
4-3 à 33’39” : Tarabusi assisté de Pantzare et M. Ville
5-3 à 34’43” : Lampérier assisté de Chakiachvili et Lafrance
5-4 à 47’05” : Koponen assisté de Wahlgren et G. Ville
6-4 à 58’45” : Rech assisté de Perret et Holway (cage vide)
Rouen
Attaquants :
Anthony Rech – James Phelan – Tommy Perret
Loïc Lampérier (C) – Simon Lafrance – Chase Gresock
Tomas Simonsen – Julien Tessier – Rolands Vigners
Vincent Nesa – Robin Colomban – Johanès Avonde
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Dylan Yeo (A) – Charles Schmitt
Gardien :
Mac Carruth (29 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absent : Michael Regush (fracture du péroné)
Chamonix
Attaquants :
Stanislav Lopachuk – Tim Wahlgren – Gabin Ville (A)
Matt Tugnutt – Adam Raska – Dante Salituro
Ricards Grinbergs – Joseph Broutin – Malo Ville
Lucas Colombin – Jeremy Fortin – Axel Tarabusi
Arrières :
Albin Thyni – Isak Pantzare
Santeri Koponen (A) – Quentin Delmas
Camil Durand (C) – Lauric Convert
Gardien :
Raphaël Garnier (32 arrêts)
Remplaçant : Tom Aubrun (G). Absents : Jérémie Penz, Saku Kivinen et Charlie Simond.













































