Pour la journée « Boxing Day » de la ligue Magnus, placée après Noël et à 24 heures seulement de la Saint-Sylvestre, Rouen, leader du championnat, accueille Cergy, bon dernier, dans un choc des extrêmes.
Le RHE peut de nouveau aligner les attaquants qui étaient blessés au dernier match à Nice, Rolands Vigners (12 pts en 12 matches) et Chase Gresock (13 pts en 22). Simonsen, l’homme en forme du moment du côté normand, co-meilleur buteur des Dragons, longtemps incertain, est bien présent. L’ailier a inscrit au moins un point à chacun de ses 5 derniers matches.
Cergy est en forme (2 victoires à ses trois derniers matches) et se présente avec ses deux dernières recrues offensives. Le premier, Tomas Pardo, a fait son retour après un semestre d’échange académique passé à Stockholm dans le cadre de son parcours d’études à l’ESSEC tout en jouant au 3e niveau suédois. Le second, Bobby MacIntyre, est moins connu. Le Canadien de 29 ans, formé en Ontario, présente un parcours solide en Amérique du Nord (OHL puis ECHL/AHL). C’est un créateur de jeu gaucher, qui semble responsable défensivement. Il dispose de plusieurs expériences européennes dans des ligues équivalentes à la Magnus. Pourtant, il n’avait plus de contrat depuis avril 2025 et la finale de play-off perdue en ligue asiatique avec son équipe japonaise de Tomakomai, les Red Eagles Hokkaido (NDLR : bien connue des lecteurs du manga « DogsRed »). Il prend le rôle de Jarrett Lee blessé chez les Jokers. Un mal pour un bien (?) car la production de l’Américain est nettement en dessous des projections les plus pessimistes.
Une fois l’arbitre, M. Debuche, coiffé d’un casque de remplacement, en l’occurrence celui d’un joueur rouennais absent (Avonde) prêté par le RHE, Sebastian Ylönen a donné le momentum à ses coéquipiers dès le début de la partie. Le gardien de Cergy a d’abord exécuté un arrêt mitaine spectaculaire sur un lancer pris par Regush dans le slot (1’35). Ensuite, le portier des visiteurs a été vigilant lors d’un mini break face à Lafrance (2’16). Ylönen était aussi présent sur un tir sans réception de Rech qui passait tout juste à côté (4’26). L’assurance de l’enfant du pays s’est propagée à l’ensemble des hommes de Philippe Horsky. Leur vitesse et leurs projections rapides en transition gênaient désormais les constructions offensives des Rouennais. Ainsi, Limtong à quatre contre trois (3’28), Petit (3’53), Perrenoud (7’57), Coulombe (8’18), Melin (10’29), MacIntyre (10’31) et Shalei (11’13) ont eu une opportunité d’ouvrir ou de faire ouvrir la marque. À l’exception du tir, non cadré, du capitaine francilien, Mac Carruth a été solide devant la cage normande en ne permettant aucun but.
Ensuite, les Valdoisiens ont eu énormément de difficulté à sortir le palet de leur territoire. L’échec-avant des Seino-Marins les a asphyxiés. Une interversion de Petit en sortie de zone a permis une échappée de Lafrance qui perdait encore son duel avec Ylönen (11’59). Le gardien a également été gros sur un tir de Vigners en bas du cercle gauche après une passe en retrait de Lafrance dans le « bureau de Gretzky » (12’18). Le Lem a commis un revirement brusque dans sa zone face à Tessier. Cela a finalement profité à Tommy Perret. Après un court relais de Phelan, le jeune droitier a trouvé le trou entre les jambières du cerbère des visiteurs (1-0 à 13’30). Après l’ouverture du score, les joueurs de Carl Mallette sont en plein contrôle du jeu. Le travail sur l’échec-avant de Perret, Phelan et Tessier face à la 4e ligne adverse (encore) est toujours productif. Le trio aplatit le carré d’en face dans la bande et ressort la rondelle pour Holway qui est chirurgical en haut du slot (2-0 à 17’17).
Le deuxième acte a repris là où le premier s’était arrêté : sur une infériorité rouennaise à cheval sur les deux premiers tiers. Cergy, à l’exception d’un tir de Limtong (19’34), n’a pas été réellement dangereux. Rouen non plus n’a pas profité d’un avantage d’un homme à cause de la barre atteinte par Simonsen (22’05). L’ex-Picard n’a pas de chance ce soir car c’est son second tir de la soirée qui finit sur un montant après celui du premier vingt (17’53). Si les locaux ont échoué dans l’exercice c’est aussi parce qu’Ylönen a fait un arrêt de la mitaine après un envoi de Gresock (23’13). Comme précédemment devant Lampérier trop altruiste (21’02) et en duel face à Yeo (21’57), le gardien des Jokers n’a fait que retarder l’échéance. Il devait de nouveau s’incliner sur un tir dévié devant lui par Tessier. Un but encaissé à parité, quelques secondes après la fin de la pénalité de Coulombe qui explique l’aisance de l’attaque en ligne qui a précédé le troisième but des pensionnaires de l’île Lacroix (3-0 à 24’09).
L’abattement ne s’est pas installé chez les locataires de l’Aren’Ice. Ils sont revenus au score rapidement. Le trio Gustafsson – Perrenoud – Petit a mieux travaillé dans la bande que ses vis-à-vis. Le travail a provoqué la perte de son homme (Perrenoud) par Lafrance poussant Chakiachvili à couvrir Perrenoud en dehors de la zone dominante défensive de l’international français. Le Suédois a alors profité que Lafrance n’était ni agressif ni un défenseur de métier pour être devant lui sur un retour de la bande et travailler la cage en force auprès du poteau gauche (3-1 à 25’39).
Ensuite, les deux équipes se sont partagé les temps forts et les pénalités. Regush (25’58) et Colomban (26’36) pour Rouen, Philip (27’25) et Sokay (30’52) pour Cergy ont eu les meilleures chances à cinq contre cinq. Dans l’ensemble, les deux équipes n’ont pas semblé très inspirées en supériorité. À trois contre cinq pendant 1’26, les trios rouennais Holway-Regush-Roy et Yeo-Colomban-Chakiachvili ont tenu. Avec du recul, c’est en partie là que les coéquipiers de Coulombe ont laissé passer la chance de renverser la tendance et ramener quelque chose des bords de Seine. La fin du deuxième tiers est un peu folle. Les transitions rapides se succèdent l’une derrière l’autre. Les défenseurs à l’image de Bouramman (38’43) ou de Melin (39’21) brillent par leurs interventions salvatrices.
Dans la dernière période, Rouen, fort de deux buts d’avance, maîtrise souvent des Jokers. Mais joue avec le feu face à des attaquants adverse en manque de conviction ou de lucidité dans la dernière passe. Grâce à leur patinage toujours très soutenu, les Franciliens ont disposé de plusieurs cartouches. Avant de remplacer leur gardien par un attaquant, ils ont obtenu trois contres surnuméraires (mené par Philip à 44’20, par McIntyre à 52’01 et par Bratt à 52’54). Cergy a disposé d’une dernière supériorité numérique (de 45’37 à 47’37). Les arbitres ne lui ont pas fait de cadeau. M. Debuche n’a pas validé un filet de Muller sans lire de reprise vidéo (53’25). Finalement, au bout des assauts franciliens Tommy Perret s’offre un doublé en cage vide (4-1 à 57’53). Puis, au cours d’un nouveau revirement au pauvre repli rouennais, Petit trouve, du haut du cercle droit, une jolie lucarne peu réconfortante si tard dans le match (4-2 à 59’16).
Rouen a rempli sa mission, sans forcément séduire. Les Dragons, moins disciplinés qu’à l’habitude, se sont imposés 4-2 face à Cergy, au terme d’un match à l’entame sérieuse, appliquée, qui a fait la différence. Mais la suite a été moins fluide. Cergy n’a jamais lâché. Les Jokers sont restés dans le match, profitant d’un certain relâchement rouennais plus flagrant en troisième période. Les visiteurs ont toujours cru pouvoir renverser la vapeur. Mac Carruth a tenu la baraque. Mais l’essentiel est ailleurs. Avec un effectif enfin au complet cette victoire lance idéalement la grande série de matchs de janvier. Sans briller, Rouen avance. Place à la Saint-Sylvestre avant d’aller défier Grenoble dans un match à six points dans 72 heures.
Cergy repart de Rouen sans point, mais pas sans regrets. Les Franciliens ont payé cher leur absence de second souffle au premier tiers. Pour autant, les visiteurs n’ont jamais renoncé. Plus constant dans la 2e période, ils ont trouvé la faille pour rester dans le match. À partir de là, Cergy a cru en ses chances, mais a manqué de réalisme face à la solidité de Carruth qui a privé les Jokers d’un possible retour. Malgré la défaite, la prestation confirme que Cergy est une équipe compétitive, capable de rivaliser et de poser des problèmes, même sur la glace d’un favori. Une défaite frustrante, certes, mais aussi porteuse de motifs d’encouragement pour la suite de la saison qui se poursuit vendredi soir à l’Aren’Ice face à Briançon Les Jokers devront stopper la série de 5 victoires consécutives des Diables Rouges, huitièmes au classement.
Commentaires (dans Paris-Normandie):
Carl Mallette (coach de Rouen) : « Ce n’était pas le match parfait mais nous avons fait une bonne entame de match et un bon premier tiers. On était prêt et les joueurs ont respecté le plan de match. Il fallait jouer vite sans donner le temps à Cergy de mettre sa structure défensive en place. Cergy est une équipe qui n’abandonne pas. Elle mérite d’être mieux classée. C’était important de marquer les deux premiers buts. En troisième période on a fait trop de revirement. On leur a donné des chances de qualités. Notre gardien a été solide. Leur deuxième but ne me plait pas. On aurait aimé finir à quatre à un. On a joué un bon match de hockey. On a fait ce qui fallait faire. On a pris les devants. C’est ce qui nous a permis de gagner le match. On a eu des occasions en or. Avec un 3-0 cela aurait pu finir à 6 ou 7-0. À partir du 2-1, ils y ont cru. Ils ont créé de l’offensive avec beaucoup de vitesse. On doit être plus rapide sur les avantages numériques. On a eu de bonnes séquences à Nice alors je n’ai pas changer mes unités spéciales. On avait des joueurs qui revenaient de blessure ce soir. Cela fait longtemps que nous étions pas au complet. Ce soir nous l’étions. Je suis satisfait de la fin du game. C’est une bonne manière de commencer la séquence de matches qui se présente. Un match à la fois. On connaît l’enjeu du 2 janvier. Grenoble sera prêt et nous attendront de pied ferme. Après ça on revient à la maison pour jouer le derby. Ensuite c’est la qualification pour la coupe de France. Si on regarde le calendrier c’est quelque chose de gros qui nous attend. On voulait les trois points, on l’a fait, maintenant il faut tourner la page rapidement et être prêt pour le 2 janvier. »
Rouen – Cergy Pontoise: 4-2 (2-0, 1-1, 1-1)
Mardi 29 décembre 2025 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat.
Arbitres : Cyril Debuche et Maxime Laboulais assistés de Johan Fauvel et Joffrey Yssembourg
Tirs : Rouen 36 (17, 14, 5) ; Cergy Pontoise 29 (10, 9, 10)
Pénalités : Rouen 2′ (2′, 4′, 2′) ; Cergy Pontoise 4′ (0′, 4′, 0′)
Supériorités : Rouen 0/2 ; Cergy Pontoise 0/4
Évolution du score :
1-0 à 13’30 : Perret assisté de Phelan et Tessier
2-0 à 17’17 : Holway assisté de Perret et Chakiachvili
3-0 à 24’09 : Tessier assisté de Roy et Rech
3-1 à 25’39 : Gustafsson assisté de Bratt et Perrenoud
4-1 à 57’53 : Perret assisté de Phelan et Yeo (cage vide)
4-2 à 59’16 : Petit assisté de Perrenoud et Shalei
Rouen
Attaquants :
Julien Tessier – James Phelan – Tommy Perret
Anthony Rech – Michael Regush – Tomas Simonsen
Loïc Lampérier (C) – Simon Lafrance – Rolands Vigners
Vincent Nesa – Robin Colomban – Chase Gresock
Arrières:
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Dylan Yeo (A) – Charles Schmitt
Gardien:
Mac Carruth (27 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absent : Johannes Avonde (choix)
Cergy-Pontoise
Attaquants :
Colin Delatour – Jake Stella (A) – Louis Petit (A)
Oscar Gustafsson – Phileas Perrenoud – Sayam Limtong
Lucas Girre ou Paul Le Lem – Tomas Pardo – Arthur Hostein
Matthew Philip – Ben Sokay – Bobby MacIntyre
Arrières :
Vincent Melin – Nikita Shalei
Patrick Coulombe (C) – Filip Bratt
Paulin Hostein – Jakub Muller
Gardien :
Sebastian Ylönen (32 arrêts)
Remplaçant : Olivier Richard (G). Absents : Jarrett Lee (blessé) et Antoine Addamo (départ).















































