Le match de ce soir oppose deux équipes en mal de résultats après trois parties jouées. Qui aurait pu croire que les États-Unis, cinquièmes de ce groupe A, seraient un jour derrière la Hongrie au classement ? Pire encore, l’Allemagne a zéro point et s’est fait gifler 1-6 par la Suisse. Si elle sort encore bredouille ce soir contre des Américains qui l’ont battue au dernier match de préparation, les quarts de finale pourraient devenir inaccessibles, même si la petite porte d’une égalité à trois s’est ouverte hier soir par la défaite de la Lettonie devant l’Autriche.
L’attaque allemande anémique, qui n’a marqué que deux buts, se réveille immédiatement. Frederik Tiffels – qui fête ses 31 ans aujourd’hui – signe le premier tir, Moritz Seider récupère le rebond et donne derrière la cage à Tiffels qui rend le palet à son capitaine pour un lancer lointain, sans doute masqué par Dove McFalls. 0-1 après une minute ! Les Américains réagissent par Max Sasson qui gagne une mise au jeu en zone offensive et cherche le rebond d’un lancer de la bleue de Ryan Lindgren, mais les bottes actives de Philipp Grubauer sont le terminus.
Les Allemands ont retrouvé de la vitesse dans leur jeu. En témoigne cette splendide attaque collective partant d’une entrée de zone de Stefan Loibl et d’un relais de Kahun, Leon Gawanke sert Loibl au poteau droit pour une déviation en cage vide… qui passe à côté. Ils mettent aussi de l’impact physique, tel Seider qui envoie Lohrei par dessus la balustrade sur le banc allemand. Les États-Unis cherchent le même type de conclusion, mais en phase installée : Oliver Moore ne parvient pas non plus à cadrer cette déviation difficile sur un palet arrivant à pleine vitesse au poteau droit.
Le bon départ allemand est arrêté par une grossière erreur. Tiffels relance dans l’enclave où Fabio Wagner rate son contrôle. Alex Steevers en profite pour laisser le palet pour Isaac Howard qui arrive lancé dans l’axe pour fusiller Grubauer à bout portant (1-1, photo ci-dessus).
Sam Lafferty charge McFalls dans le dos près de la bande. Le powerplay allemand, qui a gâché 9 opportunités et a même encaissé un but depuis le début de la compétition, met près d’une minute et demie à s’installer et le one-timer de Gawanke est contré par le patin de Connor Clifton qui s’est bien jeté.
Et Matthew Tkachuk alors ? On n’en a pas encore parlé. Ah oui, la star américaine est bien là. Longtemps invisible, l’attaquant des Florida Panthers récupère un palet dans la bande grâce au pressing de ses équipiers et se retourne pour une passe soudaine vers le but… où Grubauer devance Coronato d’un poke-check capital.
Au deuxième tiers-temps, les Américains commencent à installer de la possession et Manuel Wiederer fait trébucher Tkachuk dans le slot (photo ci-dessus). Les stats allemandes en infériorité numérique sont catastrophiques : 37,5%, vous lisez bien. Tuer cette pénalité avec une bonne agressivité sur le porteur du palet devrait donc être rassurant… mais 17 secondes après le retour au complet, un lancer lointain de Ryan Ufko provoque un rebond dont Max Sasson finit par profiter dans la mêlée (2-1).
Menés, les Allemands risquent-ils de retomber dans le doute ? Non, ils installent leur jeu offensif et Josh Samanski décale dans le cercle gauche Kai Wissmann qui reprend de volée côté plaque. La réalisation est très rapide à remarquer que le palet est ressorti derrière la ligne bleue. Le hors-jeu est évident, le challenge des États-Unis facile. Fausse joie allemande et but annulé.
Le jeu est ensuite équilibré, très direct d’une cage à l’autre, avec de bons pressings en fond de zone. Dans ce duel de style assez nord-américain, c’est le « Geburtstagskind » (la personne dont c’est l’anniversaire) Frederik Tiffels qui récupère la rondelle dans l’enclave dans la crosse de Lafferty et l’envoie sous le bras gauche de Devin Cooley (2-2).
Après une mise au jeu dans la zone allemande, Matt Coronato manque sa reprise dans l’axe sur centre de Faulk, le puck parvient à Alexander Ehl qui fonce immédiatement dans le sens opposée et fait une passe transversale en zone neutre. Marc Michaelis conclut ce contre-éclair en plaçant un tir croisé à hauteur parfaite au-dessus de la botte gauche de Cooley (2-3, photo ci-dessus).
Les États-Unis dominent la fin de période mais Philipp Grubauer dégage cet élément si important chez un gardien : de la confiance. Les meilleures occasions sont finalement pour l’Allemagne : Parker Tuomie – remplaçant de Daniel Fischbuch discrètement rentré à la douche après une blessure – sur passe de derrière la cage de Dominik Kahun, Maxi Kastner déviant face au but le centre de Krämmer sur une contre-attaque rapide menée par Kahun, et enfin une reprise de Lukas Reichel après deux passes rapides de Tiffels et Samanski. Tout ça dans les trois dernières minutes. En retournant vers leur vestiaire, les Allemands regretteraient presque de ne pas avoir accru leur avance.
Le rythme reste très élevé au troisième tiers-temps avec des attaques et contre-attaques incessantes d’une cage à l’autre. Nicolas Krämmer voit la ligne de passe bloquée à 2 contre 1 et son tir est bloqué par Cooley. De l’autre côté, un lancer deux fois dévié de Ryan Ufko ricoche sur le haut de la transversale.
À sept minutes de la fin, Cooley dévie de justesse du bras droit un slap de Kai Wissmann, puis Eric Mik tente un tour de cage dans la continuité de l’action. Une minute plus tard, Philipp Grubauer semble avoir le gant posé sur la rondelle mais Declan Carlile insiste trois, quatre fois avec son bâton et elle finit par ressortir jusqu’à Tommy Nowak qui l’envoie en cage ouverte (photo ci-dessous). Grubauer se plaint mais les arbitres n’ont jamais sifflé et déclarent que le palet a toujours été libre. Harold Kreis ne prend donc pas le risque de demander un challenge. Les commentateurs allemands débattent à n’en plus finir de ce choix. Toujours est-il que leur équipe se contente pour le moment de son premier point dans ce championnat du monde. C’est déjà ça.
En prolongation, l’Allemagne a le palet mais les Américains pratiquent un marquage individuel très serré. Frederik Tiffels met le turbo pour aller derrière la cage et passe en retrait à Dominik Kahun. Comme le tir est contré, le risque de contre-attaque est maximal mais Eric Mik rattrape Nowak dans un fantastique effort de patinage ! La rondelle est toujours blanche et un tir dévié de Seider est bloqué de justesse par la botte droite de Cooley pour le seul arrêt de jeu.
Une relance de Justin Faulk depuis l’arrière de son but envoie ensuite en échappée Matt Coronato, pour une parade. Encore une passe de derrière la cage de Marc Michaelis pour Parker Tuomie… et encore un 2 contre 1 américain à la suite car ces actions sont à double tranchant à 3 contre 3. Encore une parade de la botte de Cooley devant Michaelis, puis une de Grubauer sur un tir en pivot. Oh, les cinq minutes sont déjà achevées ? Dommage…
Place aux tirs au but. Le premier est réussi : le tir de Josh Samanski roule sur la plaque de Cooley et retombe dans son dos. Grubauer ferme les jambes devant Matthew Tkachuk, et Cooley devant Reichel. La feinte droite-gauche de Cotter est très belle mais la botte de Grubauer est très ferme contre son poteau. Le mouvement du revers de Kahun n’est pas conclu non plus. Le revers d’Isaac Howard est taré et passe loin du but.
Marc Michaelis échoue à son tour sur Cooley. Matt Coronato tire côté mitaine et ramène l’égalité. Nico Krämmer exécute un mouvement vif mais Cooley pare de la jambière gauche (photo ci-dessous). L’anti-héros du dernier match, Ryan Leonard, marque finalement le pénalty décisif avec un tir précis entre la mitaine et la botte de Grubauer. Son coach le désignera pour recevoir la montre du meilleur joueur en récompense.
L’Allemagne était proche des trois points, elle peut être frustré de n’en avoir qu’un dans ce match qui aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. La bonne opération comptable est pour les Américains. Ils auront deux jours de repos avant un match-clé contre la Lettonie.
Désignés joueurs du match : Frederik Tiffels pour l’Allemagne et Ryan Leonard pour les États-Unis.
Commentaires d’après-match :
Frederik Tiffels (attaquant de l’Allemagne) : « Nous avons joué de façon très solide, nous sommes bien sortis. Même à 2-1, nous sommes restés intelligents, nous sommes restés dedans, et nous avons été récompensés. Le but à la fin était malheureux. Je pense que Grubi avait le palet, mais l’arbitre ne l’a pas vu. Aux tirs au but, les États-Unis ont eu plus de chance. Un tel résultat contre les USA, c’est bien surtout après le match contre la Suisse. Nous avons un point, nous avons marqué plus d’un but, on doit prendre le positif et continuer. »
Harold Kreis (entraîneur de l’Allemagne) : « L’équipe s’est battue sans conditions aujourd’hui et est restée soudée. Avant le match, nous avions insisté sur le fait que chaque action comptait. Nous avons bien appliqué ce principe et créé beaucoup de bonnes scènes devant le but. Malheureusement, nous n’avons pris qu’un point, qui peut néanmoins être précieux. Nous avons tiré de nombreux enseignements positifs pour les prochains matchs et nous allons construire là-dessus. »

États-Unis – Allemagne 3-3 (1-1, 1-2, 1-0, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Mercredi 20 mai 2026 à 20h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 9731 spectateurs.
Arbitres : Taylor Burzminski (CAN) et Jiří Ondráček (TCH) assistés de Mitchell Gibbs (CAN) et Lukáš Rampír (TCH).
Pénalités : États-Unis 2’ (2’, 0’, 0’, 0’) ; Allemagne 2’ (0’, 2’, 0’, 0’).
Tirs : États-Unis 39 (12, 14, 10, 3) ; Allemagne 34 (6, 10, 14 4).
Évolution du score :
0-1 à 01’00” : Seider assisté de Tiffels et Samanski
1-1 à 14’33” : Howard assisté de Steeves
2-1 à 25’06” : Sasson assisté de Howard et Ufko
2-2 à 29’53” : Tiffels assisté de Reichel et Gawanke
2-3 à 32’42” : Michaelis assisté d’Ehl
3-3 à 54’13” : Nowak assisté de Carlile
Tirs au but :
Allemagne : Samanski (réussi), Reichel (arrêté), Kahun (arrêté), Michaelis (arrêté), Krämmer (arrêté).
États-Unis : M. Tkachuk (arrêté), Cotter (arrêté), Howard (manqué), Coronato (réussi), Leonard (réussi).
États-Unis
Attaquants :
Ryan Leonard (+1) – Tommy Novak (+2) – Matthew Tkachuk (A, -1)
Alex Steeves (+1) – Isaac Howard (+2) – Matt Coronato (-1)
Paul Cotter (-2) – Sam Lafferty (-2, 2’) – Mathieu Olivier (A, -2)
Oliver Moore – Max Sasson (+1) – Max Plante
Danny Nelson (+1)
Défenseurs :
Mason Lohrei (-1) – Justin Faulk (C, -2)
Ryan Lindgren (+1) – Will Borgen
Declan Carlile – Connor Clifton (+1)
Ryan Ufko (+1)
Gardien :
Devin Cooley
Remplaçant : Joseph Woll (G). Non équipés : Drew Commesso (G), Wyatt Kaiser (D), James Hagens (A).
Allemagne
Attaquants :
Lukas Reichel – Joshua Samanski – Frederik Tiffels (A, +1)
Dominik Kahun (-1) – Stefan Loibl (-1) – Daniel Fischbuch puis Parker Tuomie (-1)
Samuel Dove-McFalls (+1) – Marc Michaelis (+1) – Alexander Ehl (+1)
Maximilian Kastner – Manuel Wiederer (-1, 2’) – Nico Krämmer
Défenseurs :
Fabio Wagner – Moritz Seider (C, +1)
Eric Mik (+1) – Kai Wissmann (A)
Leon Gawanke (-1) – Leon Hüttl (-1)
Gardien :
Philipp Grubauer
Remplaçants : Jonas Stettmer (G), Phillip Sinn (D). Non alignés : Maximilian Franzreb (G), Marcus Weber, Andreas Eder (A).









































