Dès le premier soir à Zurich, juste après la cérémonie d’ouverture, ce championnat du monde offre le remake de la finale de l’an passé. La Suisse présente 15 joueurs avides de revanche, les États-Unis n’ont aucun joueur qui était sur la glace.
La motivation semble plus grande dans les rangs locaux. On vient d’apprendre que la star de l’équipe Matthew Tkachuk ne viendrait pas avant mardi ! Comme il a une petite fille âgée d’un mois, il a eu une autorisation pour un congé prolongé. Mais pas sûr que cela envoie un message de sérieux sur le début du tournoi, comme si les trois premières rencontres avaient peu d’importance.
Deuxième surprise devant les filets : on n’y voit pas Devin Cooley – neuvième meilleur gardien de NHL et premier Américain au pourcentage d’arrêts cette saison – mais Joseph Woll, peut-être grâce à sa moitié de match sans faille lors du match de préparation en Allemagne. Les Suisses, eux, alignent bien évidemment le MVP du dernier Mondial (et deuxième meilleur gardien des JO derrière Hellebuyck), Leonardo Genoni.
Les Américains dominent la première présence mais reçoivent des mises en échec de Roman Josi et de Damien Riat qui leur donnent leur ton. Après deux minutes de jeu, la Suisse s’installe en zone offensive. Janis Moser dribble à travers la défense et sert Sven Andrighetto à droite de la cage. Le joueur de Zurich, à domicile dans ces Mondiaux, est derrière la ligne de fond mais trouve un moyen de glisser le palet sous Joseph Woll pour le donner à Pius Suter, qui n’a plus qu’à terminer le travail en cage vide (1-0). Les « Hopp Schwiiz » qui descendent des gradins n’en sont que plus joyeux.
Les Suisses continuent de mettre plus l’intensité. Après onze minutes, Sven Andrighetto déboule sur l’aile gauche et envoie un lancer excentré qui fait mal paraître Woll en passant entre ses jambes (2-0).
Les Américains mettent la pression sur la cage de Genoni en fin de tiers. Un revers dans le slot de Maosn Lohrei est capté sans mal par Genoni qui bloque au-dessus du cœur, mais il donne lieu aux premières échauffourées, qui se répètent à l’arrêt de jeu suivant. On continue le jeu à 5 contre 5, et quand la mitaine de Genoni avale le dernier tir de Max Sasson, une grande clameur monte pour célébrer l’arrêt. Comme à chaque action suisse…
On attend une réaction des États-Unis au deuxième tiers-temps, mais leur capitaine Justin Faulk perd le palet d’entrée en passant sa ligne bleue, sous la pression de Théo Rochette. L’action aboutit à deux occasions de Nico Hischier, qui manque le cadre une première fois puis voit son tour de cage bloqué par Woll.
Les Américains répliquent. Max Plante attaque la cage en force et Matt Coronato semble avoir le but grand ouvert au rebond… mais il n’arrive pas à tirer, en partie à cause de la jambière ferme tendue par Genoni, en partie à cause du bon retour d’Andrighetto (photo ci-dessous). Dans la continuité de l’action, Josi fait trébucher Coronato. Genoni détourne les deux bons lancer de Faulk, du gant pour celui venu du cercle gauche, des bottes pour l’envoi de la ligne bleue de Faulk : cette première pénalité est tuée.
En tribune, les supporters chantent fort. Sur la glace, les joueurs à croix blanche patinent fort. En contre-attaque, Timo Meier décale idéalement Nino Niederreiter… qui rate totalement la cible. Les bleus ont plus le palet en fin en tiers mais les Suisses leur bloquent l’accès au centre de la zone.
Le troisième tiers-temps débute. Ryan Lindgren propulse Rochette dans la bande par un cross-check dans le dos. Pendant les deux minutes d’avantage numérique qui s’ensuivent, Malgin a une cage ouverte sur un rebond en angle mais Woll se déplace pour refermer la porte.
Même s’ils sont premiers sur le palet grâce à leur patinage, les Suisses sont plus approximatifs dans leurs transmissions que leurs adversaires. Ces petites erreurs peuvent les mettre en danger. Dominik Egli n’arrive pas à réceptionner la petite passe en zone neutre d’Andrighetto qu’il laisse passer sous sa crosse. Après ce revirement, les Américains s’installent et un tir en angle fermé d’Alex Steeves se loge dans le haut du filet de Genoni (2-1).
Théo Rochette réagit en fonçant vers la cage, mais bute sur Joseph Woll. Le gardien américain s’est bien ressaisi après son début de match difficile. Leonardo Genoni, lui, est toujours souverain : sa mitaine splendide sur un one-timer en angle d’Isaac Howard, bien décalé par Sasson, fait rugir le public autant qu’elle dégoûte le tireur.
La victoire est finalement assurée par l’homme qu’on n’attendait pas, l’attaquant suisse aux statistiques les plus faibles Ken Jäger. À trois minutes de la fin, le joueur de Lausanne dévie subtilement dans les airs le puck envoyé de la ligne bleue par son coéquipier de club Damien Riat (3-1). Alors qu’il reste 33 secondes à jouer, Sven Andrighetto s’échappe seul, mais son tir file droit dans la mitaine de Woll (photo ci-dessus).
Les bourre-pif entre Ryan Leonard et Damien Riat sur la sirène annoncent peut-être des retrouvailles ultérieures. Ajoutons-y les sifflets du public de Zurich contre l’ambassadrice américaine Callista Gingrich (épouse de Newt Gingrich qui est aussi en tribune et qui était le leader de l’aile la plus à droite du Parti républicain avant que Trump ne repousse toutes les limites vers les extrêmes) lors de la remise de prix de joueur du match à Justin Faulk, car on a vu le capitaine des États-Unis tiquer…
En attendant, sur le plan sportif, la Suisse a réussi son entrée dans le tournoi, idéal pour soulager la pression inhérente au fait de jouer devant son public. Les Américains, quant à eux, seraient avisés de noter que le tournoi ne débute pas quand Tkachuk l’a décidé. Dans le règlement, il faut aussi prendre des points de poule pour accéder aux phases finales.
Désignés joueurs du match : Justin Faulk pour les États-Unis et Leonardo Genoni pour la Suisse.

États-Unis – Suisse 1-3 (0-2, 0-0, 1-1)
Vendredi 15 mai 2026 à 20h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 10 000 spectateurs.
Arbitres : Tobias Björk (SUE) et Jiří Ondráček (TCH) assistés de Mitchell Gibbs (CAN) et Lukáš Rampír (TCH).
Pénalités : États-Unis 12’ (2’, 0’, 10’) ; Suisse 10′ (2’, 2’, 6’).
Tirs : États-Unis 20 (5, 4, 11) ; Suisse 19 (9, 3, 7).
Évolution du score :
0-1 à 02’03” : Suter assisté d’Andrighetto et Moser
0-2 à 11’19” : Andrighetto assisté de Malgin et Suter
1-2 à 48’45” : Steeves assisté de Lindgren et Borgen
1-3 à 56’21” : Jäger assisté de Knak et Kukan
États-Unis
Attaquants :
Max Plante (-1) – Matt Coronato (-1, 2’) – Ryan Leonard (-1, 4’)
Oliver Moore (-1) – Tommy Novak (-1) – Isaac Howard (-1)
Alex Steeves – Max Sasson – Mathieu Olivier (A)
James Hagens (2’) – Sam Lafferty (2’) – Paul Cotter
Danny Nelson
Défenseurs :
Mason Lohrei – Justin Faulk (C)
Ryan Lindgren (A, +1, 2’) – Will Borgen (+1)
Wyatt Kaiser (-3) – Connor Clifton (-1)
Ryan Ufko (-2)
Gardien :
Joseph Woll
Remplaçant : Devin Cooley (G). Non aligné : Drew Commesso (G).
Suisse
Attaquants :
Théo Rochette – Nico Hischier – Timo Meier
Christoph Bertschy – Calvin Thürkauf – Nino Niederreiter (A, 2’)
Sven Andrighetto (+1) – Denis Malgin (+1, 2’) – Pius Suter (+1)
Simon Knak (+1) – Ken Jäger (+1) – Damien Riat (+1, 2’)
Défenseurs :
Roman Josi (C, +1, 2’) – Dominik Egli
Christian Marti (+1) – Dean Kukan (+1)
Tim Berni (+1) – Janis Moser (A)
Sven Jung
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçants : Sandro Aeschlimann (G, 2’), Attilio Biasca.








































