Un premier acte laborieux et physique
La Nati ne dispute clairement pas son meilleur tiers-temps pour entamer ce derby face aux Allemands. Entre de nombreuses pertes de palet en transition et des pénalités terriblement naïves — à l’image des deux fautes coup sur coup de Timo Meier —, les Helvètes bafouillent leur hockey. Jan Cadieux a probablement de quoi se montrer mécontent durant la première pause.
Malgré quelques banderilles plantées par Denis Malgin, Timo Meier ou Théo Rochette, le niveau de jeu global n’est pas à la hauteur des deux premières sorties. En face, l’Allemagne s’appuie sur une assise physique et sur son jeune gardien Jonas Stettmer (24 ans, double champion de DEL avec les Eisbären Berlin), particulièrement rassurant pour ses débuts. Portés par un Moritz Seider patron de la défense, les visiteurs bloquent parfaitement les lignes de tir. Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un score nul et vierge (0-0).
L’ouragan helvétique : 3 buts en 153 secondes
Le début de la deuxième période voit la Suisse vivre un moment très chaud. Suite à une nouvelle faute de frustration de Timo Meier, l’Allemagne s’installe en supériorité numérique et accentue la pression sur la cage suisse. Sur un tir puissant de Moritz Seider, Leonardo Genoni doit sortir le grand jeu pour éviter l’ouverture du score allemande. Le portier de Zoug, déjà impérial face aux Américains, maintient les siens à flot au cœur de la tempête.
Le tournant du match intervient alors que la seconde pénalité suisse touche à sa fin : après un tir de Lukas Reichel qui secoue l’extérieur du filet helvétique, le jeune attaquant allemand tente une passe transversale hautement risquée dans la zone suisse. C’est le revirement. Mené à l’adresse par Roman Josi et Nico Hischier, le contre de la Nati est fulgurant. Hischier sert Denis Malgin excentré qui fait parler son talent pour crucifier Stettmer en infériorité numérique (1-0, 25’56”).
Ce but agit comme un déclencheur et fait totalement imploser l’Allemagne. Moins de trois minutes plus tard, le défenseur allemand Kai Wissmann commet une énorme bévue lors d’une relance devant sa cage en ratant le palet. La Suisse se projette dans un contre irréel à 3 contre 0. Jouant avec les nerfs de la défense adverse, Malgin et Meier combinent pour offrir le palet du break à Sven Andrighetto (2-0, 28’54”).
La chanson de célébration résonne à peine dans la Swiss Life Arena que le DJ doit déjà remettre le couvert : Nino Niederreiter effectue un gros travail devant le filet pour arracher un palet et le glisser à Christoph Bertschy, qui conclut de près (3-0, 29’29”). En l’espace de 153 secondes, le match vient de basculer définitivement.
La déroute allemande se poursuit
Privée de ses stars de NHL comme Leon Draisaitl ou John-Jason Peterka, l’Allemagne manque cruellement de répondant offensif et finit par craquer sous les pénalités. Totalement à la rue, les hommes de Harold Kreis regardent la Nati dérouler son jeu de puissance. Josi orchestre depuis la bleue, Meier trouve Hischier installé entre les lignes de tir, et le capitaine ajuste Stettmer d’un tir chirurgical (4-0, 37’23”).
Moins d’une minute plus tard, Josi décide de faire le spectacle tout seul : le capitaine de la Nati s’offre un slalom géant d’anthologie à travers une défense adverse statique avant de nettoyer la lucarne (5-0, 38’19”). Simon Knak passe même à un cheveu d’alourdir la note lors d’un face-à-face, mais Jonas Stettmer évite un naufrage encore plus retentissant avant la sirène.
Andrighetto enfonce le clou, Genoni privé de record
Au cours du troisième tiers, Jan Cadieux en profite pour procéder à quelques rotations, envoyant notamment Attilio Biasca sur la première ligne à la place de Théo Rochette afin de répondre au défi physique. Le festival suisse n’est pas tout à fait clos. Suite à une récupération de Pius Suter, ce dernier alerte Malgin dont le lancer repoussé profite à Sven Andrighetto, qui inscrit le but du 6-0 d’un tir malin en angle fermé (6-0, 45’16”). L’ailier des ZSC Lions confirme son statut de bourreau officiel des Allemands, lui qui leur avait déjà planté un quadruplé l’an dernier au Danemark.
La seule véritable incertitude de cette fin de rencontre réside alors dans la quête du record du monde historique de blanchissages pour Leonardo Genoni. Codétenteur de la marque de 12 clean-sheets aux Mondiaux, le gardien suisse touche du doigt la gloire absolue. Malheureusement pour l’histoire, un exploit individuel de Lukas Reichel à la ligne bleue permet à Frederik Tiffels de sauver l’honneur allemand à moins de cinq minutes du terme (6-1, 55’47”).
Un but anecdotique pour le résultat, mais cruel pour « Leo ». Qu’importe, après cette démonstration collective particulièrement convaincante, la Suisse s’empare de la tête de son groupe à égalité avec la Finlande. La Nati va pouvoir savourer une journée de repos bien méritée avant d’affronter l’Autriche mercredi.
Désignés joueurs du match : Roman Josi pour la Suisse et Moritz Seider pour l’Allemagne

Suisse – Allemagne 6-1 (0-0, 5-0, 1-1)
Lundi 18 mai 2026 à 20h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 10 000 spectateurs.
Arbitres : Christoffer Holm (SUE) et Jiří Ondráček (TCH) assistés de Mitchell Gibbs (CAN) et Lukáš Rampír (TCH).
Pénalités : Suisse 10’ (4’, 2’, 4’) ; Allemagne 12’ (2’, 4’, 6’).
Tirs : Suisse 31 (10, 9, 12) ; Allemagne 17 (7, 4, 6).
Évolution du score :
1-0 à 25’56” : Malgin assisté de Hischier (inf. num.)
2-0 à 28’54” : Andrighetto assisté de Josi et Malgin
3-0 à 29’29” : Bertschy assisté de Meier et Niederreiter
4-0 à 37’23” : Hischier assisté de Meier et Josi (sup. num.)
5-0 à 38’19” : Josi assisté de Niederreiter et Jäger (sup. num.)
6-0 à 45’16” : Andrighetto assisté de Malgin et Suter
6-1 à 55’47” : Tiffels assisté de Reichel et Samanski
Suisse
Attaquants :
Théo Rochette – Nico Hischier (+1) – Timo Meier (+1, 4’)
Christoph Bertschy (+1) – Nino Niederreiter (A, +1) – Calvin Thürkauf (+1)
Sven Andrighetto (+2, 2’) – Denis Malgin (+3) – Pius Suter (+1, 2’)
Simon Knak (-1) – Ken Jäger (-1) – Damien Riat (-1)
Attilio Biasca
Défenseurs :
Dominik Egli – Roman Josi (C, +3)
Dean Kukan – Christian Marti (+1)
Tim Berni (+1) – Janis Moser (A, +1, 2’)
Sven Jung (+2)
Gardien :
Leonardo Genoni
Remplaçant : Sandro Aeschlimann (G). Non équipé : Reto Berra (G).
Allemagne
Attaquants :
Samuel Dove-McFalls (2’) – Marc Michaelis (A) – Daniel Fischbuch (2’)
Joshua Samanski (-2) – Lukas Reichel (-1) – Frederik Tiffels (-1)
Stefan Loibl – Dominik Kahun (A, -1) – Alexander Ehl
Nicolas Krammer (-1, 2’) – Andreas Eder (-1, 2’) – Parker Tuomie (-2)
Maximilian Kastner (-1)
Défenseurs :
Fabio Wagner – Moritz Seider (C, -1)
Kai Wissmann (-2) – Eric Mik (-1, 2’)
Leon Gawanke (-1, 2’) – Leon Hüttl (-1)
Phillip Sinn (+1)
Gardien :
Jonas Stettmer
Remplaçant : Maximilian Franzreb (G). Non équipés : Philipp Grubauer (G), Manuel Wiederer, Marcus Weber.













































