La jeune équipe des États-Unis a fait une entame de tournoi probante samedi contre l’Autriche. Alors qu’une zone d’ombre planée au-dessus de son attaque, les cinq buts inscrits par la bannière étoilée ont rassuré sur ses capacités à faire mouche. Pour leur duel face à la Norvège, les Américains reçoivent même le renfort de Paul Gaustad, des Buffalo Sabres, laissé encore au repos sur le match d’ouverture mais venu s’incruster au centre de la deuxième ligne en compagnie de Jack Skille et Chris Porter. Alors que l’affiche États-Unis/Suède mercredi soir devrait sonner le paroxysme du premier tour à Košice (le match devrait se dérouler à guichets fermés), c’est peut-être aujourd’hui finalement que se joue la première place du groupe C. La Norvège, qui a eu la tête de la Tre Kronor en prolongation, a le parfait profil du trouble-fête.

Les États-Unis ont dû mal à évacuer leur zone. Ils sont trop tendres face à des Norvégiens décomplexés par la victoire samedi contre le voisin suédois, succès qui s’était fait attendre 61 ans. Jonas Holøs frappe sur la « bleue » et Montoya repousse du bras (5’50). Dans le coin gauche, Ken-Andre Olimb gagne son duel et se dirige vers les buts avant de tenter sa chance au poteau gauche. Montoya s’interpose devant un tas de joueurs des deux camps. Le jeu est arrêté. Les arbitres font appel à vidéo et accordent l’ouverture du score au Norvégien. Le ralenti montre effectivement que le palet, lentement mais surement, a dépassé la ligne d’une dizaine de centimètres après s’est frayée un étroit passage entre les bottes du gardien étatsunien (0-1, 08’09).

Le match s’emballe enfin. Les États-Unis maintiennent une pression dans le camp adverse et les Norvégiens agissent en contre. Ces derniers replacent le jeu vers l’avant grâce à la supériorité numérique provoquée par la sortie de Ryan McDonagh (15’44). Les défenseurs américains resserrent les rangs et montrent les crocs ; les Scandinaves sont obligés d’agir dans l’urgence et leurs tentatives sont trop approximatives. La fin de période est équilibrée mais redevient pauvre en mouvements. Juste avant de filer en prison (19’57), Jonas Holøs remonte à droite mais Lars Erik Spets, seul au second poteau, est en retard pour reprendre son centre (19’27).

L’engagement monte en intensité. Les Américains redressent la barre et squattent durablement la zone norvégienne. Roy-Einar Johansen sent le vent tourner et demande un temps-mort pour recadrer ses troupes (31’44). Sauf que, empreints d’une saisissante nonchalance, les États-Unis n’arrivent toujours pas à déboussoler la défense opposée. Manque de vitesse dans le geste, manque de conviction. Ils donnent l’impression de ne pas vouloir trop en faire. Ainsi, sans être contrarié dans son entreprise, Stepan slalome du cercle droit à l’enclave mais ne frappe pas, alors que toutes les conditions étaient réunies pour inquiéter Haugen (32’05).
Ils bénéficient encore de deux power-plays jusqu’au terme du deuxième acte (Hansen à 32’33, puis Ask à 38’39). Blake Wheeler attire sur lui l’intention de Haugen au poteau droit mais le palet qu’il arrive à pousser du bout de la crosse longe la ligne sans trouver preneur (39’20). Sur un énième assaut, Cam Fowler tape sur le poteau gauche (39’43). Les Américains seront montés en puissance tout au long de cette période mais malgré un nombre de tentatives éloquent (20 contre 5 pour la Norvège), ils ont toujours deux longueurs de retard.

La bande à Mark Stuart est en pleine confiance. L’infériorité numérique (Kreider, 48’51) n’apporte aucune menace. La Norvège ne sait plus où donner de la tête et Tollefsen, pas réputé pour sa tendresse, fait une grosse charge sur Wheeler qui finit sa chute dans le but de Haugen. Le capitaine doit alors se calmer en prison (52’03). Le gardien scandinave est exceptionnel ce soir. Mais il ne peut pas réparer l’indiscipline de ses camarades. Dans l’axe sur la « bleue », Shattenkirk passe à Shannon, dans le cercle gauche, qui en fait de même à Palmieri, situé sur la ligne de but. L’angle est serré mais l’attaquant du New Jersey met quand même le caoutchouc au fond (3-2, 53’44, photo ci-dessous).

Toutefois, les vingt dernières minutes de la rencontre ne doivent pas faire oublier que la performance collective aura été dans l’ensemble relativement médiocre. Toujours est-il que les États-Unis, invaincus, sont d’ores et déjà qualifiés pour le deuxième tour.
Désignés joueurs du match : Nick Palmieri (États-Unis) et Ole-Kristian Tollefsen (Norvège).
Commentaires d’après-match
Scott Gordon (entraîneur des États-Unis) : « On savait que ça serait très difficile de jouer les Norvégiens, surtout en zone neutre où ils savent déployer un jeu dur. On a travaillé ça à l’entraînement hier mais on a quand même eu beaucoup de difficultés ce soir, surtout dans le premier tiers-temps. On est revenus progressivement dans la deuxième période, grâce aux power-plays. La Norvège a fait beaucoup de fautes encore dans la dernière partie du match et on a profité pour marquer. »
Roy Einar Johansen (entraîneur de la Norvège) : « Je suis très déçu, bien entendu. On a beaucoup tiré au but en première période, on a très bien patiné. Je suis très triste que l’on ait encaissé quatre buts dans la dernière période. Les joueurs commençaient à être épuisés. Malheureusement, il nous manque des défenseurs, absents pour cause de blessures. On doit composer avec ce qu’on a. »
États-Unis – Norvège 4-2 (0-2, 0-0, 4-0)
Lundi 2 mai 2011 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 4149 spectateurs.
Arbitres : Antonín Jeřábek (TCH) et Jyri Petteri Rönn (FIN) assistés de Milan Novak (SVK) et Jussi Terho (FIN).
Pénalités : États-Unis 10’ (4’, 4’, 2’) ; Norvège 14’ (4’, 4’, 6’)
Tirs : États-Unis 49 (11, 20, 18) ; Norvège 12 (7, 5, 3)
Évolution du score :
0-1 à 08’09” : K.A. Olimb assisté de Holtet
0-2 à 09’22” : Bastiansen (inf. num.)
1-2 à 41’16” : Palmieri assisté de Kreider et Shannon
2-2 à 44’59” : Skille assisté de Stapleton et McDonagh
3-2 à 53’44” : Palmieri assisté de Shannon et Shattenkirk (sup. num.)
4-2 à 58’34” : Smith assisté de Stepan et Johnson (sup. num.)
États-Unis (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Craig Smith (-1) – Derek Stepan (2’, -1) – Blake Wheeler (-1)
Chris Porter – Paul Gaustad (A, 2’, -1) – Jack Skille
Chris Kreider (2’, +1) – Ryan Shannon (+1) – Nick Palmieri (+1)
Yan Stastny – Tim Stapleton (+1) – Mike Brown
Défenseurs :
Jack Johnson (A, -2) – Mark Fayne (-1)
Mark Stuart (C) – Cam Fowler (-1)
Ryan McDonagh (2’, +2) – Kevin Shattenkirk (+2)
Clay Wilson – Mike Komisarek (A)
Gardien :
Al Montoya
Remplaçant : Ty Conklin (G).
Norvège
Attaquants :
Per-Åge Skrøder (-1) – Anders Fredriksen – Martin Røymark (2’, -1)
Mathis Olimb (-1) – Anders Bastiansen (A) – Lars Erik Spets (-1)
Ken Andre Olimb (+1) – Mads Hansen (A, 2’, +1) – Marius Holtet (+2)
Peter Lorentzen (2’) – Kristian Forsberg (2’, -1) – Martin Laumann Ylven
Défenseurs :
Alexander Bonsaksen – Ole-Kristian Tollefsen (C, 2’)
Morten Ask (2’, +1) – Jonas Holøs (2’, +1)
Eerikki Koivu (-2)
Gardien :
Lars Haugen
Remplaçants : Pål Grotnes (G), Brede Csiszar, Andreas Martinsen. En réserve : Robert Hestmann (G), Lars Løkken Østli (D).






































