Grenoble s’envole vers la finale !
Après un match à rebondissement hier, Grenoble mène 2-1 dans la série et n’est plus qu’à une victoire de la finale… Un scénario encore inespéré il y a quelques semaines. Pour cela, il faudra terminer à domicile et éviter de retourner à Chamonix pour un cinquième match à haut risques. Du côté des Chamois, troisièmes de la saison régulière et favoris de cette série, la donne est simple : gagner ce soir pour éviter l’élimination et les vacances. La récupération des organismes après la difficile rencontre d’hier sera également un élément clé pour ce match. Enfin bonne nouvelle côté grenoblois : Alexandre Rouleau, expulsé hier, ne sera pas suspendu pour cette rencontre et est bien présent au coup d’envoi.
Signe qui ne trompe pas, la ligne #11 (E.Raibon) – #12 (Benoît) – #13 (Baylacq) est sur la glace pour le coup d’envoi. Cette ligne défensive est une des révélations de ces play-offs et a l’habitude d’évoluer contre les meilleurs trios adverses. Hier, elle a même été récompensée avec un beau but de Loup Benoît. Le début de match est intense avec deux équipes qui s’engagent à fond mais sont très présentes défensivement. François Desrosiers parvient à trouver une première brèche mais il bute sur Hardy. Pendant que Tartari part en prison, Raibon se fait bombarder par les tirs chamoniards mais répond présent. Malgré ces frayeurs, les Grenoblois tiennent jusqu’au bout.
Les dix premières minutes très équilibrées ne laissent pas présager de la suite. Aquino, bien servi par Sivic, se retrouve seul devant Hardy mais le portier chamoniard fait l’arrêt. Ce dernier est de plus en plus sollicité au fil des minutes et s’impose encore face à Rouleau. La pression grenobloise est récompensée par une première pénalité chamoniarde d’Aimonetto qui accroche Arrossamena. Le power-play grenoblois s’installe et Rouleau tire de la bleue : Hardy repousse mais laisse un rebond que peut reprendre facilement Aquino qui marque à bout portant (1-0, 14’27).
Ce but galvanise les Grenoblois qui multiplient les occasions avec notamment Le Blond qui se présente seul face à Hardy mais ne trouve pas le cadre. Chamonix finit par réagir en fin de tiers mais voit son élan stoppé par une double pénalité mineure de Patry qui met sa crosse dans le visage de Matthieu Le Blond. En power-play pendant quatre minutes, les Grenoblois essaient de faire la différence mais Dufresne ne trouve pas d’ouverture de près à bout portant. Les Chamois résistent et rentrent au vestiaire avec seulement un but de retard.

Et c’est au moment où les Chamois semblent revenir s’installer dans la zone grenobloise que Le Blond et Desrosiers s’échappent en deux contre un. Ils le jouent à merveille avec une passe de Le Blond pour Desrosiers qui remet à son coéquipier au lieu de tirer : Hardy est battu et Le Blond contrôle le palet avant de le pousser dans la cage vide (2-0, 31’33). Ce but remet en confiance les Grenoblois et après un gros travail de Ouimet derrière la cage, Aquino récupère le palet et sert Sivic qui feinte Hardy puis place le palet sous la barre (3-0, 32’52). Mais le « momentum » grenoblois retombe vite avec une pénalité évitable de Tartari en zone défensive. Cette supériorité numérique relance tout de suite Chamonix qui s’installe avec Masson à la manœuvre pour Kara démarqué près du poteau et qui bat Sébastien Raibon entre les jambes (3-1, 33’58).

Avec trois buts d’avance au début du troisième tiers-temps, les Brûleurs de Loups ont déjà un patin en finale, il leur reste à mettre le deuxième et à ne pas se déconcentrer alors que Chamonix va mettre toutes forces pour éviter les vacances. En supériorité numérique pour débuter, Dufresne bute sur Hardy. De retour à cinq, les Chamois reprennent logiquement l’initiative du jeu pour revenir au score. Un collision entre Vincent Kara, le genou en avant, et Sébastien Raibon fait monter la température dans Pôle Sud mais à la surprise générale, aucune pénalité n’est appelée sur cette action. Grenoble fait le dos rond pendant que Laurent Gras et les Chamoniards jouent leur va-tout. Mais à force d’attaquer, ces derniers laissent partir des contres et celui emmené par Aquino est foudroyant. L’attaquant canadien sert dans un tempo parfait François Ouimet qui fusille Hardy à bout portant (5-1, 46’49).

La frustration commence à envahir les Chamoniards qui accumulent les pénalités à l’image de Veydarier, auteur d’un gros coup de coude sur Baylacq, bientôt suivi d’un cinglage de Gras sur Arrossamena. Ces deux pénalités provoquent la fureur de Stéphane Gros qui demande un temps mort pour calmer ses joueurs. À cinq contre trois, les Brûleurs de Loups se contentent de faire circuler le palet et faire défiler le chronomètre. Dans les dernières minutes, Dufour fait tourner son effectif et lance Suzzarini et Colotti sur la glace pour participer à la fête. Suzzarini se fera même pénaliser mais cela sera sans conséquence pour Grenoble qui va rajouter un septième but par Joris Bedin, d’une superbe tir en lucarne en angle fermé, son premier marqué à Pôle Sud (7-1, 57’19) ! Une dernière bagarre éclate après une grosse mise en échec de Colotti sur Charland qui multipliait les provocations. Une simple péripétie avant l’explosion de joie finale qui accompagne la qualification pour la finale des Brûleurs de Loups…

Au terme d’une rencontre parfaitement maîtrisée, les Brûleurs de Loups reviennent de très loin et rejoignent la finale de la Ligue Magnus. Il y avait tout ce dont ils ont manqué une bonne partie de la saison dans ce match : de l’efficacité offensive avec deux doublés de Aquino et Ouimet, de la solidité défensive avec seulement un but encaissé et un gardien impérial avec Sébastien Raibon qui a tenu son équipe alors qu’elle n’avait qu’un but d’avance. Par leur fougue et leur combativité, les Grenoblois ont dégoûté les Chamoniards.
Les Brûleurs de Loups ont tout connu dans ces play-offs… une qualification aux tirs au but du cinquième match lors du premier tour face à Épinal, une remontée extraordinaire après avoir été mené deux matchs à zéro lors des quarts de finale contre Dijon… En comparaison, cette série de demi-finale a presque paru facile avec un scénario parfait : une victoire à l’extérieur d’entrée et deux victoires à domicile pour valider la qualification. En sept matchs de play-offs disputés à domicile, les Grenoblois comptent sept victoires ! Un bilan qui peut faire sourire si on se remémore le bilan catastrophique des Grenoblois à Pôle Sud lors de la saison régulière. Mais cette solidité retrouvée à domicile symbolise à elle seule le renouveau de cette équipe qui s’est trouvé une cohésion et un mental à toute épreuve à défaut d’un collectif bien huilé. Après cette qualification tant inattendue pour la finale, il reste maintenant à récupérer car les organismes ont été très sollicités au cours de ces quatorze matchs de play-offs. Et garder le même état d’esprit face à l’ogre rouennais dans une série de sept matchs qui s’annonce très prometteuse.
Désignés meilleurs joueurs du match : Anthony Aquino (Grenoble) et Laurent Gras (Chamonix)
(photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Anthony Aquino (attaquant de Grenoble) : « C’est génial mais ce n’est pas fini. Pour moi, c’est un sentiment étrange. En revenant de blessure, je voulais marquer mais ça ne rentrait pas. Je reviens bien au meilleur moment. »
Julien Baylacq (capitaine de Grenoble) : « On a eu une saison particulière mais on a toujours cru en notre équipe. Là, ce sont des émotions énormes dans une ambiance de fou. On est dans une pente ascendante et j’espère que ça va continuer. »
Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : « Une équipe de play-off, c’est une équipe qui gagne à la fin. Il y a eu des moments de remise en cause mais tout cela a construit le groupe. Cette saison a une saveur particulière. Mais c’est ce qui rend ce succès si beau. »
Rémi Colotti (défenseur de Grenoble) : « Peu de gars croyaient en nous. On en a ch… pendant deux ans mais c’est génial. Pourquoi ne pas aller chercher Rouen ? On en est capable. »
Stéphane Gros (entraîneur de Chamonix) : « Là, mes joueurs sont en larmes car la saison se termine. Dans trois ou quatre jours, nous pourrons savourer cette troisième place finale qui n’était pas notre objectif initial. Mais à chaud, la déception est trop grande pour s’en rendre compte. On se serait fait sortir en quart de finale, je pense que la déception aurait été beaucoup moins forte. Aux portes de la finale, c’est cruel. C’est la seconde fois que je vis un moment comme ça en tant que coach et au même endroit. Ça commence à faire beaucoup ! Le temps mort ? Oh, c’était tout simple, je ne voulais pas qu’ils laissent une mauvaise image du club. Le match était plié et rentrer dans des règlements de compte individuels n’aurait rien amené de plus. »
Grenoble – Chamonix 7-1 (1-0, 3-1, 3-0)
Mercredi 21 mars 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3300 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Alexandre Hauchart assistés de Matthieu Barbez et David Courgeon.
Pénalités : Grenoble 10′ (2′, 2′, 6′), Chamonix 20′ (6′, 4′, 10′).
Tirs cadrés : Grenoble 37 (13, 13, 11) , Chamonix 27 (9, 11, 7).
Évolution du score :
1-0 à 14’27 : Aquino assisté de Rouleau et Dufresne (sup. num.)
2-0 à 31’33 : Le Blond assisté de Desrosiers et Tartari
3-0 à 32’52 : Sivic assisté de Aquino et Ouimet
3-1 à 33’58 : Kara assisté de Gras et Charland (sup. num.)
4-1 à 35’50 : Aquino assisté de Rouleau
5-1 à 46’49 : Ouimet assisté de Aquino et Desrosiers
6-1 à 48’43 : Ouimet assisté de Rouleau et Amar (sup. num.)
7-1 à 57’19 : Bedin assisté de Dusseau
Grenoble
Attaquants :
Francis Desrosiers – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond
Mitja Sivic – François Ouimet – Anthony Aquino
Joris Bedin – Nicolas Arrossamena – Graham Avenel
Elie Raibon – Loup Benoît – Julien Baylacq (C)
Maxime Suzzarini
Défenseurs :
Alexandre Rouleau (A) – Sylvain Dufresne
Baptiste Amar (A) – Michael Steiner
Jason Crossman – Kévin Dusseau
Rémi Colotti
Gardien :
Sébastien Raibon
Remplaçant : Ronan Quemener (G).
Chamonix
Attaquants :
Francis Charland – Richard Aimonetto (A) – Simon Lambert
Arnaud Hascoët – Laurent Gras (C) – Carl Lauzon
Matthias Terrier – Clément Masson – Vincent Kara
Alexandre Audibert (A) – Mathieu Séguy
Défenseurs :
Fabien Veydarier – Kai Öhberg
Brent Patry – Damien Torfou
Arthur Cocar – Michal Korenko
Gardien :
Florian Hardy
Remplaçants : Tom Charton (G), Florian Cantele, Clément Colombin.








































