Un cinquantenaire fêté dans la douleur…

Mais si ce match a les apparences d’une rencontre de gala, il n’en a pas moins un enjeu sportif. Les Brûleurs de Loups, battus à Angers mardi (1-4), espèrent rebondir dès ce soir en allant chercher une victoire impérative face au dernier de la classe. Pour cela, il faudra mettre les émotions de côté et se concentrer sur la glace sans trop regarder les tribunes. Après une défaite mercredi contre Rouen (3-5), les Drakkars effectuent eux leur déplacement sans réelle pression, une victoire à Grenoble ne serait en effet que du bonus pour une équipe qui file tout droit vers les play-down. Pour cette rencontre, les Brûleurs de Loups sont toujours privés de Luc Tardif Jr et Nicolas Antonoff tandis que Caen doit faire face au forfait de Miro Rahkola.

Caen essaie de procéder par contre-attaque, notamment sous l’impulsion du duo Gauthier-Poudrier. Les Drakkars profitent d’une période de flottement de la défense grenobloise pour inquiéter Raibon à plusieurs reprises. Et sur un engagement semble-t-il anodin, Poudrier gagne l’engagement et sert en retrait Jean-Christophe Gauthier dont le tir instantané trompe Raibon entre les jambes (0-1, 11’40 »). Ce but des visiteurs jette un froid à Pôle Sud d’autant que Ouimet se fait pénaliser dans la foulée pour un cinglage. Même s’ils parviennent à tuer cette pénalité sans difficulté, les Brûleurs de Loups continuent de courir après le score sans se montrer réellement dangereux, excepté sur une dernière accélération de Vaskivuo, mais Normandon, sans doute motivé par son retour à Grenoble et son duel à distance avec son ancien coéquipier en Espoirs, réalise un sans-faute dans ce premier tiers-temps.

Les Drakkars se mettent à y croire et multiplient les occasions devant la cage grenobloise. Tartari est poussé à la faute et c’est une nouvelle infériorité numérique pour une équipe grenobloise à l’agonie. Il s’en faut de peu pour que les Drakkars doublent la mise mais le box-play grenoblois tient quand même le choc. Après avoir beaucoup souffert, les Brûleurs de Loups finissent par sortir la tête de l’eau et remettent le patin dans la zone caennaise. Et sur un palet ressorti par Ouimet, Joris Bedin sert parfaitement en retrait Ed McGrane dont la reprise à ras de glace trompe Normandon (1-1, 29’03 »).

Dans la foulée, Vaskivuo peut s’avancer tout seul mais cette fois Normandon fait l’arrêt. À la lutte le long de la bande, Le Blond et Poudrier se font pénaliser pour s’être accrochés mutuellement. À quatre contre quatre, les Brûleurs de Loups, enfin rentrés dans la partie, tentent de creuser l’écart. Un bon pressing de Baylacq en zone offensive force Gomane à commettre une faute, offrant ainsi une dernière supériorité numérique. Mais malgré une bonne circulation du palet et un bon tir de Dusseau notamment, plus rien ne sera marqué jusqu’au retour au vestiaire.

Caen semble accuser le coup après ce troisième but. Repliés en défense, les Drakkars se contentent d’attendre et repousser les offensives grenobloises. Desrosiers puis McGrane manque d’un cheveu de marquer le quatrième but. Une pénalité de McGrane leur permet de souffler un peu même s’ils manquent de se faire surprendre sur un contre de Le Blond qui manque de peu le doublé.
Les Caennais n’ont plus grand-chose dans le moteur et Grenoble revient à cinq contre cinq sans avoir été réellement inquiété. Sur une contre-attaque rondement menée, Le Blond s’échappe sur l’aile droite passe derrière la cage et centre pour Ouimet qui reprend instantanément la rondelle et la loge sous la barre (4-1, 51’51 »). Le match tourne désormais à la démonstration et l’issue ne fait plus guère de doute mais les pénalités s’enchaînent : Dusseau retient Romand et part en prison, mais sur une contre-attaque de Vaskivuo, Poudrier met la main sur le palet en se jetant sur la glace et se fait sanctionner pour retard de jeu. Puis c’est Maks Selan qui se fait pénaliser à la place de Bennett pour une charge avec la crosse sur Amar. Et quelques secondes plus tard, les Brûleurs de Loups passent de l’infériorité à la supériorité numérique à quatre contre trois. Une situation de jeu exploitée à merveille par Vaskivuo qui transperce Normandon sur un one timer consécutif à un bon décalage de Baptiste Amar (5-1, 56’20 »).

Ce score fleuve est trompeur pour une équipe caennaise qui n’accusait un retard que de deux buts à dix minutes de la fin. Les Drakkars ont fait mieux que résister, ils ont mené au score et ont semblé pendant longtemps pouvoir accrocher un point sur cette glace de Pôle Sud. Grâce à un très bon Normandon, la défense tenait le choc et l’opportunisme de Gauthier et Poudrier en attaque faisait le reste. Regroupés en défense, rapides en contre-attaque, les Caennais ont fait leur match avant de semble-t-il craquer physiquement dans le troisième tiers, à l’image du match aller où ils étaient longtemps restés au contact avant de lâcher prise sur la fin. Dommage mais la ténacité affichée (à l’image d’un dernier but marqué à neuf secondes de la fin) est de bon augure pour la suite de la saison des Drakkars.
Les Brûleurs de Loups n’ont pas gâché la fête et remportent une victoire logique pour cette soirée du cinquantenaire du club. Mais qu’elle fut longue à se dessiner ! Très en deçà du niveau requis pour gagner ce match pendant plus de trente minutes, les Grenoblois se sont montrés très poussifs ce soir face au dernier de la classe. Manque d’intensité, manque de percussion offensive, approximations défensives : tout y est passé pendant trente minutes, à croire que l’environnement spécial de cette soirée a plus mis sous pression les Brûleurs de Loups qu’elle ne les a libérés. Encore une fois, Grenoble a concédé l’ouverture du score et il a fallu un très bon Raibon pour que les Drakkars ne s’échappent pas au score. Ensuite, la machine s’est peu à peu mise en marche sous l’impulsion d’un très bon Le Blond (deux buts et deux assistances) qui a pallié le manque de réussite de Vaskivuo, pas vraiment inspiré ce soir jusqu’à son but en power-play dans les dernières minutes. Une prestation d’ensemble pas forcément rassurante avant un derby chaud bouillant dimanche sur le plateau.
Désignés meilleurs joueurs du match : Matthieu Le Blond (Grenoble) et Jean-Christophe Gauthier (Caen)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré et TéléGrenoble) :
Matthieu Le Blond (attaquant de Grenoble) : « À titre personnel, j’ai pris énormément de plaisir même si on a vraiment eu du mal à débuter. Là, j’ai eu peur. Avec le recul, c’était lié je pense à l’envie de bien faire dans ce contexte particulier. On ne voulait pas gâcher la fête. Cela m’a donné encore plus d’envie de montrer l’exemple. Il y avait mon père mais aussi mon oncle. Je crois que c’est la première fois qu’il venait me voir jouer en professionnel. Les plus anciens sont des amis de mon père, et les plus jeunes, je les connais bien pour les avoir côtoyés. Quand je vois tous ces gens, je me sens vraiment grenoblois. »
Maxime Suzzarini (défenseur de Grenoble) : « On a eu un début de match compliqué. On était un peu mou, on n’avait pas trop d’énergie. En arrivant au vestiaire à la fin du premier tiers, on s’est dit qu’il fallait réagir. Il y avait trop de choses liées à ce match pour passer à côté. »
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « Les premières quarante minutes n’étaient pas les meilleures, on manquait d’émotion et d’énergie. On était mous, on n’avait pas de vie, c’est dur à expliquer. Mais le point positif, c’est les deux points et la belle performance au troisième tiers. Les joueurs se sont regroupés et sont allés chercher la victoire. À 2-1, le match peut tourner d’un côté ou de l’autre, c’était important de faire un bon troisième tiers. Il faut continuer sur cette lancée en allant jouer dimanche soir contre Villard. »
Grenoble – Caen 6-2 (0-1, 2-0, 4-1)
Vendredi 18 janvier 2013 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Nicolas Cregut et Guillaume Florentin
Pénalités : Grenoble 14′ (2′, 4′, 8′), Caen 16′ (2′, 6′, 8′)
Tirs cadrés : Grenoble 40 (8, 17, 15), Caen 22 (6, 8, 8)
Évolution du score :
0-1 à 11’40 » : Gauthier assisté de Poudrier
1-1 à 29’03 » : McGrane assisté de Bedin et Ouimet
2-1 à 33’13 » : Le Blond assisté de Amar et Tartari (sup. num.)
3-1 à 44’23 » : Dusseau assisté de Le Blond et Tartari (sup. num.)
4-1 à 51’51 » : Ouimet assisté de Le Blond et Suzzarini
5-1 à 56’20 » : Vaskivuo assisté de Amar et McGrane
6-1 à 57’42 » : Le Blond assisté de Baylacq
6-2 à 59’51 » : Chauvel assisté de Cosgrove et Poudrier (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon.
Défenseurs : Baptiste Amar (A) – Kévin Dusseau (2′) ; Jason Crossman (A) (2′) – Sylvain Dufresne ; Maxime Suzzarini (2′) ; Kévin Martenon.
Attaquants : Mathieu Le Blond (2′) – Christophe Tartari (2′) – François Ouimet (2′) ; Mike Vaskivuo – Ed McGrane (2′) – Nicolas Arrossamena ; Julien Baylacq (C) – Francis Desrosiers – Joris Bedin ; César Joffre – Mathieu Briand – Lou Bogdanoff ; Sébastien Delemps.
Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Jordan Perret (fracture du pied), Luc Tardif Jr (déchirure musculaire à la cuisse), Nicolas Antonoff (déchirure musculaire).
Caen
Gardien : Lucas Normandon.
Défenseurs : Blake Cosgrove – Maks Selan (2′) ; Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (2′) ; Alexis Birolini.
Attaquants : Charles Geslain – Thierry Poudrier (4′) – Jean-Christophe Gauthier (2′) ; Brice Chauvel – Kévin Da Costa (4′) – Jeremie Romand ; Timothée Franck (2′) – Thibault Geffroy – Pierre Bennett.
Remplaçants : Lucas Savoye (G), Damien Grendka, Yohann Robert, Hugo Damy, Martin Ropert. Absents : Miro Rahkola, Alexandre Palis.





































