La saison de hockey a débuté dans toute l’Europe. Et déjà, certains sont en alerte rouge.

Sauf que les vieux démons ont semble-t-il envoûté toute l’équipe. Depuis la rentrée, c’est un fiasco à tout point de vue. Si le LIF n’a inscrit que 6 buts en 6 rencontres, les Dalécarliens ont également pris 25 pions dans leurs propres filets.
Brillant l’année dernière, Oscar Alsenfelt, gardien le plus mobilisé de SHL avec déjà plus de 200 lancers reçus, a difficilement limité les dégâts. Hormis le Finlandais Tomi Sallinen, personne pour prendre la relève en offensive. Y compris l’Américain Jack Connolly, rejoint depuis par son frère Chris. Interrogé sur les ambitions de Leksand avant le début de la saison, ce cher Jack n’avait pas hésité à parler de finale. Sauf qu’après six journées de championnat, son compteur, comme celui de son équipe, est à 0.
En début de semaine dernière, le LIF se dirigeait tout droit vers un désastre puisque son directeur sportif Tommy Salo… claquait la porte ! La raison de sa démission venait d’un profond désaccord avec le nouveau directeur général – et ancienne gloire du bandy – Kjell Kruse qu’il jugeait trop envahissant. Finalement, le lendemain, on vit Salo tout sourire avec Kruse, « grands amis », après une réunion qui fit tout de même office de mise au point. Redevenu l’organe de décision, Tommy Salo a rapidement procédé à quelques ajustements derrière le banc en redéfinissant le rôle de chacun avant de faire quelques manœuvres au sein de l’effectif.
La concurrence devant les filets a été renforcée. Joel Gistedt n’ayant pu empêcher la catastrophe lors de la visite de Luleå (0-8), il a été prié de plier bagage. L’arrivée de Joakim Lundström, qui a connu une dernière année entre la KHL et la Liiga, aura pour vocation d’installer une réelle compétition avec Alsenfelt dont le poste de numéro 1 était jusqu’à maintenant protégé. Et pour consolider une défense trop perméable, l’expérimenté Daniel Josefsson vient également en renfort. Le Leksands IF va t-il enfin s’éveiller ?

Outre Luleå et Växjö, on retrouve sur le podium Skellefteå dont les performances sont particulièrement scrutées en raison de l’important renouvellement de l’intersaison. Si les jeunes s’illustrent particulièrement chez le rival de Luleå, les débuts d’une pépite ont été retardés du côté du SAIK. Après avoir marqué les esprits sous les couleurs des Remparts de Québec en LHJMQ, Nick Sörensen était dernièrement contrarié par une blessure au poignet. Le 16 septembre dernier, son entraîneur Hans Wallson annonçait que son jeune surdoué serait opérationnel une semaine après. Une annonce trop hâtive puisque, quelques heures après (!), Karin Rundblad, médecin du club, intervenait en révélant un pronostic plus pessimiste : 4 à 5 semaines de convalescence et plâtre obligatoire !

Quitter pour briller
Terminons cette première chronique suédoise de la nouvelle saison par une histoire poignante.
Nous sommes à la mi-mars 2014. Örebro bataille en Kvalserien afin d’assurer sa place en élite suédoise. Mais Jared Aulin, un des meilleurs joueurs de l’ÖHK, apprend une très mauvaise nouvelle alors qu’il vient tout juste de fêter ses 32 ans. Au Canada, on révèle en effet à sa mère, Patricia, un cancer. Forcément, le choc est rude pour Aulin. Mais, même éloigné, il n’est pas seul. Très reconnaissant envers ce joueur exemplaire, présent dans l’équipe depuis 2011, les supporteurs d’Örebro brandirent, le 19 mars à l’occasion du match (gagné) face à l’AIK, une banderole « Remportez ce combat, Mme Aulin ».

Malheureusement, ces derniers mois, le cancer a pris de l’ampleur, touchant l’estomac, les glandes surrénales et le pancréas. Une ampleur qui a décidé Patricia de faire l’impasse sur la chimiothérapie. C’est donc désormais une affaire de semaines, de mois tout au plus. Diminuée, sa famille fait bloc autour d’elle. Une famille qui permit à Patricia de célébrer le mariage de son autre fils, Bryce, dans sa chambre d’hôpital.
Resté à son chevet à Calgary, Jared a manqué le début de saison d’Örebro mais sa maman insista pour qu’il reparte en Suède, avec des mots évidemment très forts que son fils fit partager sur les réseaux sociaux. Sa mère, encadrée au quotidien par une infirmière et le reste de la famille, souhaite plus que tout le voir jouer, qu’il la rende fière, encore et encore.
En partance pour la Suède, Jared est bien conscient qu’il s’agit probablement de la dernière fois qu’il voit sa mère. Incapable de lui dire tout face à elle, il lui écrivit une lettre avant de s’en aller. Avant de retrouver Örebro où Jared Aulin aura à coeur de briller pour celle qui restera sa plus grande supportrice.









































