Les Bleus entrent dans le tournoi d’une manière inédite. Les bons résultats des années précédentes leur ont offert une place ou deux dans la hiérarchie, et le quart de finale l’an passé les a fait changer de statut.
Dans ces conditions, le calendrier a largement évolué également : la France commence par affronter trois adversaires directs pour le maintien et/ou les quarts de finale, selon les ambitions… Le maintien reste la priorité, ce Mondial étant par ailleurs important pour obtenir l’organisation d’un tournoi pré-olympique. Il ne faut donc pas se rater contre une équipe d’Allemagne qui a battu la France à deux reprises en préparation.
L’Allemagne, justement, n’est pas au mieux. Les blessures se sont accumulées au fil des semaines. La défense a été particulièrement touchée, avec les absences de Frank Hördler, Sinan Akdag, Denis Reul, Dennis Seidenberg, Christian Ehrhoff… Cela commence à faire beaucoup. L’effectif ne compte qu’un seul joueur NHL, le jeune Tobias Rieder, auteur d’une saison prometteuse avec les Arizona Coyotes. Il faudra à l’Allemagne un jeu plus ambitieux que l’an dernier pour venir concurrencer les meilleurs.
Un départ poussif

Le deuxième bloc est encore plus dangereux : Teddy Da Costa, Charles Bertrand, Damien Fleury mettent le feu. Stéphane Da Costa s’offre aussi une chance à la dernière seconde, trouvant le poteau.
L’Allemagne a sérieusement plié sur cette situation, mais l’élan est brisé par une pénalité contre Antonin Manavian. La défense bleue est plutôt bien en place, Huet n’ayant qu’un tir de Daniel Pietta à la fin de l’infériorité. Dave Henderson n’a pas hésité à lancer Charles Bertrand, Florian Chakiachvili et Benjamin Dieudé-Fauvel dans cet exercice. Huet enchaîne avec un bel arrêt de la botte sur la présence suivante, face à Yasin Ehliz.
Après douze minutes, l’Allemagne finit par ouvrir le score. Tobias Rieder gagne un duel dans le coin devant Auvitu, attaque la cage et le rebond est pris par Michael Wolf derrière un Huet masqué (0-1).

La ligne Fleury-Teddy Da Costa-Guttig tente de remettre les Bleus dans le bon sens, avec quelques présences intéressantes. Mais chaque attaque allemande fait tourner la défense en bourrique et Huet doit sortir une superbe mitaine sur un tir d’Oppenheimer.
Les Bleus subissent puis se relancent
La France revient sur la glace et tente de revenir vite au score. Nicolas Besch monte aux avant-postes et trouve Charles Bertrand dans le dos d’un défenseur… mais la passe arrive dans les patins et l’attaquant de Vaasa ne peut reprendre.
La partie est extrêmement serrée et les duels accrochés. La France peine à emballer le match, devant travailler très fort pour se créer le moindre espace. Les occasions se font rares, et elles sont plutôt allemandes : après dix minutes, les joueurs de Dave Henderson n’ont lancé qu’une fois dans ce tiers. Brent Raedeke a même eu une très grosse occasion, planté devant Huet, mais voit le rebond lui échapper du mauvais côté du poteau.
L’occasion de revenir arrive sur une crosse haute de Nikolai Goc sur Sacha Treille. Le jeu de puissance avait brillé au premier tiers et il commence fort, mené par Antoine Roussel et Yohann Auvitu. Teddy Da Costa enchaîne en débordant à droite et en tentant de piéger Dennis Endras ras glace au premier poteau. Roussel continue en pivot au poteau, se heurtant à la jambière sur deux tirs de suite. Stéphane Da Costa clôture le jeu de puissance avec un lancer mi-hauteur, bien bloqué par le gardien allemand.

Un final cruel
La France démarre fort au troisième tiers-temps avec un 2-contre-1 et un lancer de Roussel, sorti par Endras. Puis, Bertrand démarre dans le dos de la défense, mais son lancer est contré par le dernier défenseur. Huet n’est pas en reste avec un double arrêt sur un débordement venu sur sa gauche.
L’Allemagne se retrouve finalement en supériorité, Bertrand ayant retenu une crosse adverse. Patrick Reimer lance une première volée, bloquée par Huet. L’équipe spéciale française s’en sort très bien et Stéphane Da Costa envoie Bertrand sur l’aile droite en sortie de prison, pour un bon tir. L’Allemagne se fait plus insistante et Rieder tente un tour de cage, sans succès. Côté bleu, Yohann Auvitu puis Julien Desrosiers testent Endras de loin, sans réussite.
La France n’arrive plus à élever son rythme et concède à nouveau deux minutes, par Besch. Cristobal se montre décisif sur quelques tirs dangereux et la France part en contre au retour de Besch. Laurent Meunier lance en force et Endras dévie à côté.

La France respire, mais n’a pas gagné pour autant et l’Allemagne trouve le poteau sur un tir de la bleue. Dans la continuité, Sacha Treille est libéré sur la gauche et trouve Endras sur sa route.
Le match s’emballe et Yorick Treille et ses compères de ligne continuent à appuyer. Les Bleus confisquent le palet en fin de match et font le jeu. Malheureusement, Sacha Treille concède un accrochage à 1’12 » de la fin, en venant à l’aide d’Hecquefeuille sur un palet bondissant. L’Allemagne reste en zone offensive, gagne un duel et centre à travers l’enclave. Patrick Reimer ne manque pas cette occasion de reprendre de volée. Huet est battu, à 59 secondes et 5 dixièmes de la fin (1-2).
Huet a beau sortir pour un attaquant, c’est trop tard : l’Allemagne prend 3 points précieux.
Désignés joueurs du match : Damien Fleury (France) et Dennis Endras (Allemagne)
Commentaires d’après-match :

Kévin Hecquefeuille (défenseur de la France) : « C’est frustrant de perdre à une minute de la fin. Nous avons manqué de réalisme devant la cage, notre power-play n’a pas été efficace. Il faudra rectifier demain, trouver le moyen de mettre la Suisse derrière nous au classement. La Suisse a une équipe rapide, il faudra monter notre niveau de jeu, avoir plus de succès en zone offensive et mieux protéger Cristo. Aujourd’hui, passé le cap des dix premières minutes, nous avons été meilleurs puis nous avons eu des soucis de discipline. Il faudra régler ces petits détails car à haut niveau, cela se joue à peu de choses. L’objectif reste le maintien, car le niveau du Championnat du monde est plus relevé que l’an dernier. »
Yorick Treille (attaquant de la France) : « Déçu du résultat, ce but à la fin… Tout se joue sur des détails. Après un bon début de match, il y a du flottement en fin de premier tiers, puis nous avons dominer la partie. Il faut garder la tête haute, le chemin est encore long. »
Cristobal Huet (gardien de la France) : « On a fait un super match du début à la fin et en troisième période, nous avons eu la possession du palet et pas mal de chances de marquer. Ils ont trois power-plays en troisième période, nous aucun ; je m’en veux un peu sur le deuxième but, je le touche de la crosse et ça rentre. Nous avons bien joué à partir du deuxième tiers, il y a des choses encourageantes. Le forecheck était bon, les sorties de zone aussi, ce qui a limité leurs chances. La Suisse, ce sera un match spécial, ils ont aussi besoin de points. C’est une équipe supérieure à l’Allemagne. C’est bien de rejouer tout de suite comme cela. »

Dennis Endras (gardien de l’Allemagne) : « Trois gros points aujourd’hui, nous sommes très contents. L’autre équipe a mis plus de pression, mais qu’importe, nous avons les points. C’était un match correct, mais nous pouvons progresser en contrôle de palet, en patinage. C’était un match plaisant, j’ai reçu beaucoup de tirs mais c’est ça le hockey, j’aime ça et c’est mon travail ! »
Pat Cortina (entraîneur de l’Allemagne) : « Félicitations à la France pour cet effort d’équipe. Ils ont travaillé fort et méritaient sans doute de gagner. Nous avons plutôt bien réussi à les contenir sur les extérieurs, Endras a sorti un gros match et notre jeu de puissance a marqué au meilleur moment. C’est ça le hockey. Nous étions nerveux au départ, nous ne patinions pas comme d’habitude. Mais à l’arrivée, ce sont trois points grâce à notre gardien. »
Dave Henderson (entraîneur de la France) : « C’est décevant, mais nous avons bien bataillé. Nous avons gâché trop d’occasions, avec trois échappées ou semi-échappées par exemple, trop de tirs dans l’équipement du gardien ou à côté. Le but que l’on met est un rebond, pour une fois nous l’avons bien pris car nous en avons manqué beaucoup plus qu’en préparation. De toute façon, c’est une équipe de combattants, qui ne va pas s’arrêter quand ça devient difficile. Elle ne baisse ni la tête, ni les bras. Ils ont travaillé fort et manqué de réussite, et aux Championnats du monde, cela se joue toujours à une ou deux chances. Les joueurs ont su garder leur calme et gérer leurs émotions à une ou deux minutes près. Au début, nous avons eu du mal, puis notre forecheck s’est bien mis en place, le temps de trouver ses marques. Nous pensons avant tout à nous, il y a sept matchs pour tous et chacun aura des hauts et des bas. Si on s’attarde aux autres, on perd le fil. Yorick avait des jambes, il était physique et récupérait des palets. C’est ce qui manquait à Teddy Da Costa et Damien Fleury, nous l’avons donc aligné avec eux vers le milieu du deuxième tiers. Nous avons bâti une équipe de joueurs qui se battent toujours, quelles que soient les conditions. Nous avons un dicton : When it’s going tough, the toughs are going [Quand ça devient dur, les durs y vont]. C’est la mentalité de l’équipe et elle se battra jusqu’au bout. »
France – Allemagne 1-2 (0-1, 0-0, 1-1)
Samedi 2 mai 2015, 16h15. O2 Arena de Prague, République Tchèque. 14903 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Fraser McIntyre (USA)
Pénalités : France 10′ (4′, 0′, 6′), Allemagne 14′ (2′, 2’+10′, 0′)
Tirs : France 25 (7, 9, 9), Allemagne 26 (10, 6, 10)
Récapitulatif du score
0-1 à 12’10 » : Wolf assisté de Rieder et Hager
1-1 à 50’44 » : Fleury assisté de S. Da Costa et Janil
1-2 à 59’00 » : Reimer assisté de Hager (sup. num.)
France
Attaquants :
Antoine Roussel (+1) – Stéphane Da Costa (+1) – Julien Desrosiers
Sacha Treille (2′) – Laurent Meunier (C) – Charles Bertrand (2′)
Anthony Guttig (puis Yorick Treille) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (+1)
Yorick Treille (A, -1) – Damien Raux – Valentin Claireaux (-1)
Loïc Lampérier (-1)
Défenseurs :
Yoann Auvitu (-1) – Antonin Manavian (4′)
Kévin Hecquefeuille (A, -1) – Nicolas Besch (2′)
Benjamin Dieudé-Fauvel – Jonathan Janil (+1) – Florian Chakiachvili (+1) (les trois en alternance)
Gardien : Cristobal Huet (sorti de sa cage à 59’30 »)
Remplaçant : Florian Hardy (G). En réserve : Ronan Quemener (G), Teddy Trabichet (D), Anthony Rech (A).
Allemagne
Attaquants :
Yasin Ehliz – Daniel Pietta (2′) – Patrick Reimer (A)
Yannic Seidenberg (-1) – Brent Raedeke (-1) – Marcus Kink (A, -1)
Tobias Rieder (+1) – Patrick Hager (+1, 10′) – Michael Wolf (C, +1)
Matthias Plachta – Kai Hospelt – Thomas Oppenheimer
Christoph Ullmann
Défenseurs :
Justin Krueger – Moritz Müller
Jens Baxmann – Oliver Mebus
Benedikt Kohl – Nikolai Goc (2′)
Björn Krupp
Gardien : Dennis Endras
Remplaçant : Timo Pielmeier (G).











































