Grenoble assure le minimum
Les Brûleurs de Loups ont connu un sérieux coup d’arrêt dimanche à Amiens (2-6). Alors que la victoire arrachée de haute lutte face à Angers vendredi (4-3) leur avait permis de monter sur le podium, ils en sont redescendus aussitôt après cette défaite nette qui vient mettre un terme à une belle série de trois victoires consécutives (Rouen, Morzine et Angers). Mais les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là… Petr Kalus, touché à la tête par un palet, est en effet resté en observation à l’hôpital d’Amiens. Il souffre d’une commotion cérébrale avec un hématome et sa fin de saison semble compromise. Sébastien Thinel a reçu une pénalité de match pour un coup de crosse sur Bourgeois. Il est automatiquement suspendu en attendant le verdict de la commission de discipline vendredi. Enfin Hebar, un temps incertain, tient finalement sa place ce soir.

Du côté de Dijon, on n’attend pas grand-chose de cette rencontre tant les Ducs sont désormais focalisés sur les play-downs. Alors qu’ils avaient été les bourreaux de Grenoble en play-offs l’an dernier à l’issue d’une série épique, ils ont eu beaucoup plus de mal cette saison face aux Brûleurs de Loups (défaites 6-1 à l’aller en Bourgogne et 4-0 en coupe de France à Pôle Sud). Après des résultats en demi-teinte face à des concurrents directs de la poule de maintien (défaites face à Lyon, Bordeaux et Morzine, victoire contre Briançon), les Ducs vont surtout essayer de préparer au mieux la rencontre de samedi face à Chamonix qui comptera pour les play-downs.
Les deux équipes ne mettent pas une grosse intensité, avec peu d’occasions de part et d’autre au cours des cinq premières minutes. Une pénalité de Milovanovic permet à Dijon de s’installer en zone offensive. Lukáš Horák doit alors réaliser ses premiers arrêts, ce qu’il fait avec application, notamment sur un lancer de la ligne bleue de Marek Kolba. Sébastien Gauthier rate une belle occasion pour Grenoble sur une contre-attaque avec Bouchard. Filip Björk part à son tour en prison et c’est Grenoble qui est maintenant en supériorité numérique. Harty, à bout portant, a l’occasion d’ouvrir le score mais Pintaric s’y oppose. Sur l’action suivante, le même Harty se rate sur une reprise sans contrôle et se retrouve assis sur la glace. Il parvient tant bien que mal à glisser le palet pour Chouinard qui ouvre le score d’un tir en lucarne (1-0, 10’21 »).

Dès le début du deuxième tiers, Horák montre toute son habileté crosse en main avec un poke-check devant Romain Gutierrez. Mathias Arnaud a l’occasion de porter le score à 2-0 sur un break mais il se heurte à Pintaric, au propre comme au figuré. Il sera d’ailleurs pénalisé sur l’action pour avoir laissé traîner sa crosse. En supériorité numérique, les Ducs s’installent en zone offensive et il faut un bon arrêt de Horák face à Jeslinek pour préserver l’avance grenobloise.
Les Brûleurs de Loups ont pourtant de multiples occasions de prendre deux buts d’avance : Arnaud, Bouchard et Chapuis ne cadrent pas leurs tirs. Dijon laisse passer l’orage et on en revient à un jeu plus calme en zone neutre… jusqu’à ce que Benoît Valier se fasse pénaliser. L’occasion pour Grenoble d’accroître son avance au score, mais Riendeau parvient à s’échapper le long de la bande et, après une succession de dribbles, il surprend Horák d’une feinte superbe (1-1, 29’55 »).

À défaut d’être brillants offensivement, les Brûleurs de Loups sont sérieux défensivement. Malgré leur jeu assez imprécis, ils parviennent à écarter le palet vers la bande, ce qui limite les chances de marquer dijonnaises. Bisaillon manque le cadre en fin de tiers alors que Barlock se fait pénaliser juste avant le coup de sirène. Un retour au vestiaire mouvementé avec un brassage entre Harty et Gutierrez.

Dijon essaie de mettre plus de pression sur la cage mais les meilleures occasions sont iséroises avec l’intenable Bouchard. Pintaric retarde l’échéance et fait encore le spectacle avec un arrêt décisif sur un nouveau break de Perret, décidément pas en réussite face à la cage. Les débats s’équilibrent et Briand sollicite Horák, encore solide. Perret, toujours actif, échoue sur un tour de cage.
Finalement la libération pour Grenoble vient de Danick Bouchard qui fait preuve d’opportunisme devant la cage après une très belle action de Julien Guillaume (3-1, 55’31 »). Bouchard reçoit un coup de poing de Lazzaroni juste après le but et explique sa façon de penser au défenseur dijonnais. Harty vient s’en mêler, ce qui provoque un début d’échauffourée. Finalement, les Brûleurs de Loups évolueront en supériorité numérique au coup d’envoi. Une supériorité qu’ils utiliseront essentiellement pour préserver leur avance au score. Jonathan Paredes sort Pintaric dans les dernières secondes pour tenter le surnombre. Chouinard aura une occasion de marquer en cage vide mais il est contré par un défenseur dijonnais. Grenoble préserve ainsi ses deux buts d’avance jusqu’à la fin.

Du côté dijonnais, on retiendra évidemment l’excellent match de Matija Pintaric qui a longtemps permis à son équipe de rester dans le match. Défensivement, les Dijonnais ont été appliqués à l’image de Marek Kolba auteur un bon match. En attaque, les Ducs n’ont pas réussi à peser sur la défense grenobloise malgré le talent individuel de Yanick Riendeau, capable de marquer à tout moment sur un coup de génie. Après un dernier match de saison régulière contre Chamonix samedi, Dijon s’apprête maintenant à lutter pour le maintien dans les play-downs. Ils auront besoin de beaucoup de cœur et d’un grand Pintaric pour préserver leur place en Ligue Magnus.
Désignés meilleurs joueurs du match : Danick Bouchard (Grenoble) et Yanick Riendeau (Dijon)
(Photos Philippe Crouzet : http://www.ipernity.com/doc/182273/album/868286)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On cherchait trop les jeux parfaits offensivement. On s’est compliqué un peu la tête, on a eu beaucoup d’occasions, le gardien était très bon. Il ne faut pas changer notre identité parce qu’on joue des équipes différentes. On a eu beaucoup de difficulté à marquer mais on était très bien défensivement, c’est ce qui est le plus important aujourd’hui. Derrière, Bouchard nous marque deux beaux buts. Quand on met l’adversaire en difficulté, qu’on met du trafic devant le gardien, qu’on lance beaucoup, c’est là qu’on est efficace. On est un peu sorti de ce schéma-là. En troisième période, c’était beaucoup mieux. On a eu quand même trois breaks aujourd’hui, il faut donner beaucoup de crédit à leur gardien et à leur équipe. Notre gardien était en place, il a fait ce qu’il avait à faire, ce n’est jamais facile de débuter devant le public. Il reste un match, Strasbourg joue très bien à la maison, on n’a pas eu beaucoup de succès contre eux. Ce sera à nous de faire notre match. Après, au classement, arrivera ce qui arrivera… Labrecque passe ses tests demain, il devrait retourner sur la glace au plus tard jeudi. Il poursuit sa préparation pour les play-offs. Kalus je lui ai parlé avant le match, il avait le résultat de ses examens, les choses vont bien. On attend son retour sur Grenoble en fin de semaine. »
Jakob Milovanovic (défenseur de Grenoble) : « Nous avons joué beaucoup de matchs en janvier donc on était peut-être un peu fatigué. Mais on a persévéré, l’adversaire était très bon, il y avait un très bon gardien. Nous devons nous battre à chaque match de toute façon. Il y avait des changements dans les lignes à cause des absents, donc on se cherchait un peu au début, mais on doit être professionnel et s’adapter rapidement. Pour le dernier match, on ne calculera pas, on ira à Strasbourg pour gagner pour espérer être dans les quatre premiers. On ne craint pas de jouer Rouen en quarts de finale, on a déjà montré qu’on pouvait battre toutes les équipes, on a déjà gagné à Rouen cette saison. C’est bien sûr une très bonne équipe avec beaucoup de bons joueurs, mais de notre côté on a aussi une bonne équipe. On a quelques blessés en ce moment mais on ne doit pas avoir peur de qui que ce soit. Si on veut être champion, il faut battre tout le monde. »
Grenoble – Dijon 3-1 (1-0, 1-1, 1-0).
Mardi 2 février 2016 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2900 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Guillaume Gielly et Anne-Sophie Boniface
Pénalités : Grenoble 12′ (2’, 8’, 2’), Dijon 14′ (2’, 8’, 4’)
Tirs cadrés : Grenoble 41 (12, 14, 15), Dijon 18 (6, 5, 7)
Évolution du score :
1-0 à 10’21 » : Chouinard assisté de Harty et Gauthier (sup. num.)
1-1 à 29’55 » : Riendeau (inf. num.)
2-1 à 35’21 » : Bouchard assisté de Tartari et Hebar (sup. num.)
3-1 à 55’31 » : Bouchard assisté de Harty et Chouinard
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Sébastien Gauthier – Danick Bouchard (2’)
Romain Chapuis – Christophe Tartari (A) – Jordann Perret
Andrej Hebar – Julien Guillaume – Mathias Arnaud (2’)
Robin Lamboley – Julien Baylacq – Hugo Blum
Défenseurs :
Jonathan Harty (4’) – Sébastien Bisaillon (A)
Jakob Milovanovic (2’) – Nicolas Favarin
Ryan Barlock (2’) – Quentin Scolari
Stéphane Gervais
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçants : Corentin Noré (G), Arthur Montenoise. Absents : Sébastien Thinel (suspendu), Petr Kalus (blessure à la tête), Ervīns Muštukovs (genou), Dave Labrecque (blessure haut du corps), Victor Goy (hanche).
Dijon
Attaquants :
Romain Gutierrez (A) (6’) – Brian McMillin – Yanick Riendeau (A)
Marek Maslonka – Michal Jeslinek – William Wallén
Loïc Charbert – Mathieu Briand – Benoît Valier (2’)
Timo Kuuluvainen – Alexandre Mulle – Bastien Lardière
Défenseurs :
Arnaud Lazzaroni (4’) – Filip Björk (2’)
Quentin Mahier – Marek Kolba
Benoît Quessandier (C)
Gardien :
Matija Pintaric (sorti de 59’25’’ à 60’00’’)
Remplaçants : Pierre Pawelek (G), Thomas Roussel. Absents : Dallas Ehrhardt, Aram Kevorkian









































