Le Winter Game et un record pour les Brûleurs de Loups !
Ce match au sommet de la SaxoPrint Ligue Magnus entre Lyon (1er) et Grenoble (3e) a lieu dans un cadre tout particulier : celui du Parc OL, stade flambant neuf de 57 000 places. Il s’agit donc du deuxième Winter Game de l’histoire du hockey français après celui organisé le 22 décembre 2013 au Stade des Alpes à Grenoble (rencontre remportée par Briançon 5-4). À l’époque, le record du nombre de spectateurs pour un match de hockey en France avait été battu (19 767). Le record est donc de nouveau tombé ce soir puisque 25 182 billets ont été vendusr. Visuellement, l’impression est différente du Winter Game organisé à Grenoble puisque le stade n’est qu’à moitié rempli avec des spectateurs disséminés dans tout le stade, ce qui rend l’ambiance assez timide d’autant que la température extérieure flirte avec le zéro degré. Mais le cadre est tout de même impressionnant pour une rencontre de hockey-sur-glace avec tout le « show » qui l’accompagne puisqu’à la fin du match, un show de drift sur glace est opéré par un pilote du Trophée Andros avant qu’un feu d’artifice ne clôture la soirée.

Les Brûleurs de Loups viennent pour leur part de remporter une dix-huitième victoire consécutive contre Strasbourg (3-0), égalant ainsi un record du club datant de la saison 1997-98. Avec quinze succès consécutifs en SaxoPrint Ligue Magnus, ils abordent donc cette rencontre avec le plein de confiance. Lors des deux premiers affrontements entre les deux équipes cette saison, en novembre, il avait fallu recourir à la prolongation mais à chaque fois Grenoble s’était imposé (3-2). L’ombre de la demi-finale de coupe de France qui doit opposer les deux équipes, mardi prochain à Charlemagne, planera évidemment sur cette rencontre.
C’est Artūrs Mickēvičs qui lance la première flèche, mais Lukáš Horák est présent pour fermer la porte. Boštjan Goličič lui répond immédiatement, obligeant Matija Pintarič à se coucher sur le palet. Le ton est donné au cours de cette première minute de jeu mais les Brûleurs de Loups se retrouvent rapidement en infériorité numérique lorsqu’Aziz Bazzi reçoit la première pénalité du match pour avoir accroché To-Landry lancé vers la cage. Sur le power-play installé par Lyon, To-Landry décale Scott Fleming derrière le but. Le centre Lyonnais parvient à revenir devant la cage, efface son vis-à-vis et trompe Lukáš Horák d’un tir du poignet en lucarne opposée (1-0, 02’22).
Menés au score, les Grenoblois se mettent un peu plus en difficulté lors Kyle Hardy rejoint à son tour la prison pour être entré au contact de Pintaric après un arrêt. L’occasion est belle pour Lyon de faire le trou au tableau d’affichage mais les Lions se montrent un peu trop gourmands : une passe en retrait de Mickēvičs est contrée par Tartari qui récupère le palet, part en breakaway et remporte son duel avec Pintarič en glissant le palet dans un trou de souris sous la botte du gardien lyonnais (1-1, 05’42).

Les pénalités s’enchaînent puisque les Lions se font sanctionner à leur tour pour un surnombre. Nouvelle supériorité numérique pour Grenoble qui ne parvient pas en profiter et Eric Chouinard finit pas commettre une faute mettant son équipe en infériorité numérique. Les conditions de jeu et la succession de pénalités hachent le jeu qui ne s’est encore quasiment jamais déroulé à cinq contre cinq depuis le coup d’envoi. Les deux équipes semblent bien parties pour rejoindre le vestiaire sur un score de parité mais dans l’ultime minute, Pintarič laisse un rebond étrange sur un tir anodin de Favarin : le palet arrive dans la crosse de Rohat qui marque dans la cage grande ouverte (1-2, 19’07). Les Brûleurs de Loups virent en tête à la pause.

Les débuts de tiers sont décidément favorables aux Lyonnais qui recollent cette fois au score et se relancent à leur tour dans la partie. Takac essaie d’enchaîner mais il voit son tir dévié par Horak. Le momentum est bel et bien lyonnais en ce début de deuxième période d’autant que les pénalités s’accumulent côté grenoblois : en un peu plus d’une minute Miettinen (qui accroche Michel) puis Favarin (qui dégage le palet du gant au-dessus du plexiglas) se retrouvent en prison. Lyon bénéficie de trente-cinq secondes de double supériorité numérique, met une grosse pression avec Milovanovic et To Landry mais laisse passer l’occasion. Une situation qui étonnamment va se reproduire quelques minutes plus tard mais avec les rôles inversés.

Ce but permet à Grenoble de reprendre la main et oblige Lyon à continuer de courir après le score… Lyon gâche un 3 contre 1 avec un tir de Mahier non cadré mais Eric Chouinard, un peu plus nerveux qu’à l’habitude dans ce match, se fait de sanctionner pour la deuxième fois du match, redonnant une chance à Lyon d’égaliser. Encore une fois le box play grenoblois va faire un gros travail pour perturber le power-play lyonnais, décidemment pas à son aise ce soir. À l’image d’une belle intervention de Favarin devant Takac, les Brûleurs de Loups s’accrochent à leur maigre avance jusqu’à la fin de la deuxième période qu’ils terminent même en supériorité numérique grâce à une pénalité de Domink Kramar à quinze secondes de la sirène.

Les pénalités s’enchaînent en ce début de tiers, ce qui a tendance à casser le rythme dans la partie. Finalement en supériorité numérique, les Lions n’arrivent pas à inquiéter Horak et Rodman se permet un tour de cage mais heureusement Pintaric veille. Lyon domine au niveau de la possession du palet mais Grenoble joue rapidement le contre à l’image de Kuralt et Miettinen qui remontent rapidement le palet, obligeant de nouveau Pintaric à dévier la rondelle. Une belle combinaison entre Takac et Fleming échoue de très peu.

Ce but permet à Grenoble de prendre une belle option sur la victoire mais le palet continue d’aller d’une cage à l’autre avec le « show » To Landry d’un côté et deux grosses occasions coup sur coup de Goličič et Kuralt qui nécessitent deux interventions de Pintaric. Chouinard en break a le palet du cinquième but dans la crosse mais Pintaric remporte le duel. Finalement Sivic décide de sortir son gardien pour tenter le tout pour le tout mais le palet finit par échapper aux Lyonnais et revient en zone neutre : Chouinard est le plus prompt à s’en saisir, il résiste au retour de Milovanovič et marque dans la cage vide (2-5, 58’37 »). La dernière pénalité contre Kyle Hardy ne changera rien au résultat, acquis depuis longtemps en faveur des Brûleurs de Loups.

La confiance accumulée au fil des matchs a certainement joué un grand rôle dans cette rencontre pas comme les autres. Menés rapidement au score, les Grenoblois se sont appuyés sur les recettes qui ont fait leurs récents succès : une défensive redoutable notamment dans les situations d’infériorité numérique (à l’image de Tartari double buteur ce soir), un gardien Lukáš Horák très solide et une offensive capable d’appuyer au moment où ça fait mal avec deux buts inscrits en supériorité numérique. Car c’est bel est bien sur les unités spéciales que les Brûleurs de Loups gagnent ce match.

Le Lyon HC a gagné son pari en battant le record du nombre de spectateurs pour un match de hockey en France mais les Lions n’ont pas réussi à gagner le match sur la glace, tout comme Grenoble il y a 3 ans. De là à parler de « malédiction » pour l’organisateur du Winter Game, il y a un pas qu’il est un peu trop facile de franchir. Le leader de la Ligue Magnus n’a pas eu son efficacité habituelle dans cette rencontre à l’image de Takac, meilleur compteur de la SaxoPrint Ligue Magnus, bien discret ce soir. C’est surtout en supériorité numérique (1/10) que les Lions peuvent avoir des regrets même si tout avait bien commencé avec le but de Fleming. N’arrivant pas à contourner le box play grenoblois, ils se sont usés sur la défensive grenobloise, concédant même un but en infériorité numérique. Désormais rejoint par Bordeaux en tête du classement, Lyon jouera gros mardi à Charlemagne en demi-finale de la coupe de France face à ces mêmes Grenoblois. Un premier virage à bien négocier pour valider l’excellente première moitié de saison des Lyonnais, tout juste terni par cette défaite dans le Winter Game du Parc OL.
Désignés meilleurs joueurs du match : Scott Fleming (Lyon) et Christophe Tartari (Grenoble)
(Photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :

On ne peut pas demander mieux, battre le record du club, c’est vraiment quelque chose de spécial. On n’a pas trop pensé à ça depuis deux mois et demi mais maintenant c’est là… Ce sont des choses spéciales qui arrivent, on joue devant une foule record en France et on bat le record de victoires consécutives pour les BDL, c’est bien. On est venu ce matin, j’ai dit aux joueurs, vous avez 45 minutes pour faire les photos et les vidéos, quand on arrive c’est vraiment impressionnant de jouer au hockey dans un stade comme ça. Ça arrive pas souvent, il n’y a que quelques événements comme ça chaque année. Aujourd’hui, c’était un privilège d’être ici, de vivre ce moment-là. Et c’était un honneur de représenter l’équipe, le hockey, c’est vraiment super. On parle de la demi-finale depuis la semaine dernière, pour nous c’est une finale, c’est soixante minutes, on donnera tout ce qu’on a, on connait l’adversaire, ça va être un autre match serré. Ça va pas se jouer à grand-chose, on va profiter de ce moment-là mais déjà demain on revient le couteau sur la glace pour gagner ce match-là. »

Eric Chouinard (capitaine de Grenoble) : « C’est toujours plaisant, j’avais eu la chance de faire un Winter Game en Allemagne, à Nuremberg, je m’en rappelle comme si c’était hier, une belle expérience et encore ce soir j’ai la chance d’en jouer un deuxième, c’est une belle soirée pour le hockey et pour tous les partisans qui sont venus. Il ne faut pas s’emballer trop, même si on a 19 victoires d’affilée. Si on perd le match mardi, on sera hyper déçu, alors il faut garder la tête froide, savourer la victoire ce soir et demain on retourne au travail. C’est le genre d’attitude qu’on doit avoir dans cette équipe. »
Teddy Trabichet (défenseur de Grenoble) : « On va savourer cette victoire avec cette ambiance, ce moment, mais maintenant on va vite penser au 3, là il y a un enjeu, une finale au bout donc il faut qu’on soit pro pour le 31 décembre et qu’on ait dans la tête ce match du 3. Quand on rentre à l’échauffement, on regarde autour, on est moins concentré qu’à l’habitude. Mais après on est dedans, il n’y a qu’à la fin, où on a mis le quatrième but, qu’on a commencé à regarder un peu, on savait que c’était fini. C’est une fierté, on espère que ce n’est pas fini, tout le monde a envie de continuer, de travailler. On pense match après match, celui-là est passé, maintenant on va penser au prochain, on fonctionne comme ça, on joue tous nos matchs à 100%. On veut aller à cette finale, eux aussi donc ça va être un gros match mardi, avec beaucoup de pression et d’enjeu. »
Lyon – Grenoble 2-5 (1-2, 1-1, 0-2).
Vendredi 30 décembre 2016 à 19h au Parc OL (Décines). 25 182 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Jimmy Bergamelli assistés de Joris Barcelo et Yann Furet
Pénalités : Lyon 14′ (4’, 6’, 4’), Grenoble 20′ (8’, 6’, 6’)
Tirs cadrés : Lyon 25 (10, 10, 5), Grenoble 38 (8, 8, 22)
Évolution du score :
1-0 à 02’22 : Fleming assisté de To Landry et Kaspitz (sup. num.)
1-1 à 05’42 : Tartari assisté de Baylacq (inf. num.)
1-2 à 19’07 : Rohat assisté d’Arnaud et Favarin
2-2 à 22’30 : Michel assisté de Correia
2-3 à 33’30 : Rodman assisté de Trabichet et Goličič (double sup. num.)
2-4 à 51’39 : Tartari assisté de Baazzi et Kuralt (sup. num.)
2-5 à 58’37 : Chouinard assisté de Goličič et Rodman (cage vide)
Lyon
Attaquants :
Samuel Takac (2’) – Scott Fleming – Artūrs Mickēvičs
Gregor Koblar (2’) – Roland Kaspitz – Vikhael To-Landry (2’)
Julien Correia (2’) – Valentin Michel – Miks Lipsberg
Sébastien Delemps – Quentin Berthon – Kevyn Richard
Défenseurs :
Thomas Roussel (A) – Matic Podlipnik [puis Cédric Custosse à 20’]
Jakob Milovanovič (C) – Dominic Kramar (4’)
Jules Breton (A) – Quentin Mahier
Gardien :
Matija Pintarič [sorti de 57’51 » à 58’37 »]
Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Maxime Favre-Félix. Absents : Aubin Lamirault, Sébastien Valade.
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) (4’) – Boštjan Goličič (2’) – David Rodman
Camilo Miettinen (2’) – Alexandre Texier (2’) – Anže Kuralt
Antoine Torres – Christophe Tartari (A) – Norbert Abramov (2’)
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Défenseurs :
Kyle Hardy (4’) – Sébastien Bisaillon
Nicolas Favarin (2’) – Aziz Baazzi (2’)
Teddy Trabichet (A) – Stéphane Gervais
Quentin Scolari
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Sébastien Gauthier (paternité), Rhett Bly (ligaments du genou)







































