Grenoble – Dijon (Ligue Magnus, 37e journée)

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Grenoble dans la douleur

Sévèrement battus (0-4) à Bordeaux, il y a une semaine, les Brûleurs de Loups ont vite redressé la tête. En s’imposant d’abord vendredi dans un match sérieux face aux Pionniers (4-1) puis en allant chercher une victoire marquante à Rouen (2-0). Une victoire face à une équipe du Top 5 qui fait du bien au classement et dans les têtes après les défaites face à Gap puis Bordeaux. Désormais replacé à la quatrième place, Grenoble ne peut plus laisser filer des points en route surtout face à des équipes du bas de tableau alors que le sprint final de la saison régulière est lancé.

2017 01 24 Grenoble Dijon1Jusqu’à présent, Dijon, actuelle lanterne rouge de la Ligue Magnus est un adversaire qui n’a pas posé beaucoup de problèmes aux Brûleurs de Loups. Vainqueurs à deux reprises à Pôle Sud avec plus de dix buts marqués (11-2 en coupe de France et 10-3 en championnat), ils ont connu à peine plus de difficulté à Dijon (victoires 6-2 et 2-1 après prol.). Les Ducs restent sur une série de trois défaites consécutives face à Gap (1-3), Angers (2-3 après prol.) et Amiens (1-2). A chaque fois, l’écart au score est faible, preuve que Dijon est capable d’accrocher toutes les équipes de la SaxoPrint Ligue Magnus. Pour cette rencontre, Grenoble récupère Texier mais doit se passer de Tartari alors que la défense dijonnaise doit déplorer les absences de Nyren et Lazzaroni notamment ce qui oblige Edwards à jouer en défense.

Visiblement les Brûleurs de Loups ne se sont pas encore remis de leur fructueux déplacement à Rouen. Bonvalot, titularisé dans la cage grenobloise ce soir après le gros match de Horak à Rouen, se retrouve sous pression d’entrée. Fébriles en défense, les Grenoblois ne facilitent pas la tâche de leur « back-up », obligé de s’interposer suite à une mauvaise relance. Kuralt ne trouve pas le cadre sur une des premières actions offensive grenobloise. Grenoble est plus présent en attaque au fil des minutes et finit par obtenir une pénalité de Patrick White. Une première supériorité numérique pour les locaux qui installent leur power-play mais ne se montrent dangereux que sur un tir de Bisaillon de la bleue qui ne surprend pas Buysse. Les Brûleurs de Loups ne capitalisent pas à cinq contre quatre mais Chouinard oblige Buysse à s’interposer. C’est le sauve qui peut devant la cage de Dijon mais Buysse reste impeccable.

2017 01 24 Grenoble Dijon2Les Ducs plient mais résistent et se permettent même quelques incursions dans le camp grenoblois à l’image d’un deux contre un emmené par Métais et Goncalves sur lequel Bonvalot se montre solide. Il doit aussi repousser un lancer de Maher en bonne position. Les débats s’équilibrent dans la deuxième partie du tiers et aucune équipe ne semble en mesure de prendre l’ascendant. Tour à tour Baylacq qui voit son tir en bonne position dévié par Buysse puis Stefishen qui butte sur Bonvalot ont l’occasion de donner l’avantage à leur équipe. En vain. Une pénalité contre Lamboley en toute fin de tiers permet à Grenoble de bénéficier d’une deuxième supériorité numérique. En essayant de contrer le palet, Stefishen se fait une grosse frayeur mais il parviendra à reprendre le jeu par la suite.

2017 01 24 Grenoble Dijon3En supériorité numérique au début de la seconde période, les Brûleurs de Loups poussent d’entrée dans la zone dijonnaise. Rodman teste Buysse qui effectue ensuite une déviation involontaire du… casque ! Rodman de nouveau puis Baazzi lancent sur la cage mais ne parviennent pas tromper la vigilance de Buysse, excellent depuis le début du match. Après avoir tué cette deuxième pénalité, les Dijonnais montrent de nouveau le bout de la crosse en zone offensive. Et sur un contre rapidement joué, Silvennoinen centre devant la cage pour Laplace qui dévie habilement le palet dans la lucarne de Bonvalot (0-1, 24’32 »). Les Grenoblois paient leurs approximations répétées depuis le début de la rencontre et semblent incapables d’accélérer. Bonvalot sauve encore les siens face à White sur un contre dijonnais consécutif à une perte de palet grenobloise. Puis il sort un gros arrêt face à Marek Kolba. Alors que le sort des Brûleurs de Loups semble reposer uniquement sur les épaules de leur gardien, Miettinen parvient à marquer sur un tir anodin contré : le palet retombe en cloche dans la cage dijonnaise au grand dam de Buysse, impeccable jusque-là (1-1, 28’12 »).

2017 01 24 Grenoble Dijon4Ce but extrêmement chanceux redonne une réelle chance aux Grenoblois, bien mal partis dans cette rencontre. Quelques frictions entre Quessandier et Arnaud envoient les deux joueurs en prison. Mais à quatre contre quatre, les Brûleurs de Loups multiplient les imprécisions. Les Ducs s’en sortent bien lorsque le sifflet de l’arbitre vient arrêter une action chaude dans le slot alors que Buysse n’avait pas gelé le palet. Mais les hommes de Terglav ne sont pas inspirés offensivement à l’image d’un trois contre un vendangé par Arnaud dont le tir est trop mou pour tromper Buysse. Rohat aurait pu donner l’avantage à son équipe sur une déviation devant la cage mais Grenoble subit souvent dans sa zone et ne parvient pas à mettre suffisamment de pression sur la cage dijonnaise. Tour à tour Rodman et Mansson ont l’occasion de faire passer leur équipe devant avant la pause mais Buysse comme Bonvalot s’interposent. Les deux équipes sont toujours à égalité après quarante minutes.

Les Brûleurs de Loups ont du mal à passer la vitesse supérieure dans cette rencontre. Une pénalité d’Andersson en début de troisième tiers pour un cinglage sur Kuralt leur donne pourtant l’occasion de prendre les devants. Sur le power-play, Kyle Hardy multiplie les tirs sur Buysse mais ce dernier ne laisse rien passer. Les Grenoblois continuent de manquer de précision dans la transmission du palet et ce surplus de déchet permet aux Dijonnais de se montrer dangereux en contre-attaque. Lorsque Favarin part en prison, la tension est palpable sur le banc grenoblois d’autant que les Ducs mettent une grosse pression sur la cage grenobloise. Bonvalot doit encore s’employer face à White notamment. Finalement Dijon laisse passer l’occasion. Un regret pour Jonathan Paredes et ses joueurs car Grenoble bénéficie à son tour d’une supériorité numérique lorsque Miettinen est accroché par Melin.

2017 01 24 Grenoble Dijon5Avec dix minutes de jeu restantes, le timing est idéal pour les Brûleurs de Loups. Et le sauveur s’appelle évidemment Eric Chouinard dont le lancer limpide en lucarne crucifie Buysse (2-1, 50’02 »). Cruel pour les Ducs qui y croyaient encore. Ils pensent tenir quand même une chance de revenir tout de suite au score lorsque Trabichet est pénalisé pour une faute sur Guttig. Mais Mansson réagit un peu trop durement et accompagne le Grenoblois en prison. A quatre contre quatre, les Ducs fléchissent. La cage de Buysse est prise d’assaut. Le portier dijonnais doit repousser successivement les lancers de Baazzi et Hardy. Il repousse l’échéance mais finit par s’incliner lorsque Chouinard récupère un palet dans la zone défensive de Dijon et sert Goličič dont la reprise libère Pôle Sud (3-1, 53’31 »). Désormais la messe est dite et une nouvelle pénalité contre Trabichet ne change rien à l’affaire. Bonvalot rassure ses coéquipiers face à Jensen alors que Baylacq aurait pu ajouter un quatrième but sur une contre-attaque. La dernière pénalité contre Kolba est anecdotique, les Brûleurs de Loups finissent par valider un succès qui a mis très longtemps à se dessiner.

2017 01 24 Grenoble Dijon6Les Grenoblois ont semble-t-il eu beaucoup de mal à récupérer après leur succès à Rouen. En multipliant les approximations et les imprécisions en défense comme en attaque, ils se sont mis en danger face à une équipe de Dijon très accrocheuse. Ils doivent leur succès à un Antoine Bonvalot impeccable qui a réussi à maintenir son équipe à flot pendant 50 minutes alors que Dijon aurait pu reprendre les devants après l’égalisation chanceuse de Miettinen. Et au final, c’est le capitaine Eric Chouinard qui a débloqué la situation avec en marquant le deuxième but et en offrant le troisième à Goličič. Une victoire minimaliste qui permet à Grenoble de rester dans la course au podium. Il faudra tout de même montrer d’autres dispositions vendredi à Strasbourg.

Du côté des Ducs, on peut nourrir beaucoup de regrets ce soir car Dijon aurait mérité au moins un point ce soir. Nettement plus combatifs que lors de leurs précédentes sorties à Pôle Sud, ils ont affiché l’image d’une équipe qui veut sauver sa peau. Protégés par un Buysse excellent ce soir, il ne leur a manqué finalement qu’un soupçon de réalisme en attaque pour créer une grosse surprise. Décevant comptablement mais encourageant moralement pour la lanterne rouge de la Ligue Magnus.

Désignés meilleurs joueurs du match : Antoine Bonvalot (Grenoble) et Julien Laplace (Dijon)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

2017 01 24 Grenoble Dijon7Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Si on regarde les derniers cinq matchs, Dijon n’a pas beaucoup de victoires mais c’est une équipe qui est très bien en place avec un très bon gardien. On a beaucoup parlé, regardé la vidéo de leur dernier matchs contre Amiens, c’est une équipe qui travaille fort, ils n’ont pas beaucoup de réussite offensivement mais c’est une équipe qui allait nous donner une grosse adversité aujourd’hui et c’était le cas. On a tué le match tard en troisième période mais on s’est mis en difficulté parce qu’on a cherché des choses un peu trop compliquées, fait trop de jeu, les joueurs restaient sur la glace un peu plus longtemps que prévu, j’ai pas beaucoup aimé ça mais après en troisième période, j’ai trouvé que c’était meilleur et quand on joue tous sur la même page, avec beaucoup d’intensité, c’est là qu’on en est bon. A Rouen, on a joué simple pendant soixante minutes, on s’est battu mais après on joue Dijon, on ne doit pas changer d’attitude. On doit jouer contre n’importe qui de la même façon et je veux qu’on continue de cette manière-là jusqu’à la fin. »

Jonathan Paredes (entraîneur de Dijon) : « Par rapport à la dernière rencontre ici, ce n’est pas la même équipe, on a récupéré une bonne partie de nos attaquants. Aujourd’hui, c’était trois défenseurs qui nous manquaient, quatre avec Alex Rindall qui est blessé depuis le début de la saison. On est arrivé ici un peu affaiblis défensivement, pourtant le match a été plutôt correct de notre part défensivement. On a été plus propres même si on prend un but sur une infériorité numérique suite à une pénalité de fainéant un peu, on n’a pas à se lâcher comme ça dans le troisième tiers… ça faisait quatre pénalités d’affilée qu’ils avaient donc forcément ça craque. Leur premier but est heureux, on peut sortir à 1-0 voire un peu plus puisqu’on a eu des chances de marquer intéressantes… Antoine Bonvalot a fait une bonne prestation, il ne faut pas lui retirer, mais c’est un peu notre mal, de provoquer, de marquer plus de buts en ce moment. Il faut qu’on continue à travailler fort, la confiance va revenir en travaillant. La différence en fin de saison se fera en se sacrifiant, en bloquant des lancers, en payant le prix. Les matchs de fin de classement ça se joue comme ça. Les équipes de haut de tableau ont un potentiel technique supérieur, nous on a une meilleure homogénéité cette année. On a des joueurs techniquement meilleurs, ce soir on a vu des joueurs se sacrifier, notamment Stefishen en fin de première période qui nous a fait un peu peur. On est sur la bonne voie, c’est dur mentalement parce qu’on enchaîne les défaites d’un but mais il faut relever la tête. »

Eric Chouinard (capitaine de Grenoble) : « A ce moment de l’année, tous les points sont importants vu le classement. On savait que c’était un match piège après une grosse victoire émotive à Rouen. Ce soir c’était important d’aller chercher ces trois points-là, on est content de l’avoir fait. On savait qu’il leur manquait des défenseurs, donc si on leur mettait la pression tout au long du match, vers la fin du match ça allait être un peu plus compliqué pour eux et c’est ce qui est arrivé ce soir, on a bien joué en troisième période pour l’emporter. Je suis très chanceux de jouer avec Bostjan qui travaille très fort sur la glace, est toujours bon sur l’échec avant et fort sur la rondelle, et avec David qui est un gars très intelligent sur la glace, posé, il essaie toujours de faire les bons choix sur la glace. »

 

Grenoble – Dijon 3-1 (0-0, 1-1, 2-0).

Mardi 24 janvier 2017 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3 013 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Matthieu Barbez et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 8′ (0’, 2’, 6’), Dijon 14’ (4’, 2’, 8’)
Tirs : Grenoble 32 (8, 15, 9), Dijon 23 (8, 7, 8)

Évolution du score :
0-1 à 24’32 » : Laplace assisté de Silvennoinen et White
1-1 à 28’12 » : Miettinen assisté de Scolari et Gautier
2-1 à 50’02 » : Chouinard assisté de Gauthier et Rodman (sup. num.)
3-1 à 53’31 » : Goličič assisté de Chouinard

Grenoble

Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Boštjan Goličič – David Rodman
Camilo Miettinen – Sébastien Gauthier – Anže Kuralt
Quentin Scolari [puis Mathias Arnaud] – Alexandre Texier – Norbert Abramov
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud (2’) [puis Antoine Torres]

Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Nicolas Favarin (2’) – Aziz Baazzi
Teddy Trabichet (A) (4’) – Stéphane Gervais

Gardien :
Antoine Bonvalot

Remplaçants : Lukáš Horák (G), Pierre Robert. Absents : Christophe Tartari, Rhett Bly (ligaments du genou)

Dijon

Attaquants :
Anthony Guttig – Mathias Månsson (A) (2’) – Taylor Stefishen
Robin Lamboley (2’) – Patrick White (2’) – Mike Fallon
Jimmy Jensen – Johan Andersson (2’) – Julien Laplace
Fabien Métais – Anthony Goncalves

Défenseurs :
Riku Silvennoinen – Matthew Maher
Benoît Quessandier (C) (2’) – Spencer Edwards (A)
Vincent Mélin (2’) – Marek Kolba (2’)

Gardien :
Henri-Correntin Buysse

Remplaçants: Pierre Pawelek (G), César Joffre, Alois Franzino. Absents: Giffen Nyren, Arnaud Lazzaroni, Aleksander Rindal (blessés), Maxime Ritz, Flavien Fondadouze.

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