Grenoble redresse la tête
Les Brûleurs de Loups sont tombés de haut hier soir, s’inclinant lors de la première manche de cette série de quarts de finale au meilleur des 7 matchs. Une défaite inattendue pour le deuxième de la saison régulière, qui compte parmi les favoris à la victoire finale. Ils ont donc beaucoup à se faire pardonner ce soir, notamment sur le plan de l’attitude pendant les 60 minutes du match. Difficilement entrés dans la rencontre, ils ont connu un incroyable relâchement au troisième tiers. Amiens a profité de l’aubaine et l’interminable séance de tirs au but a été favorable aux Gothiques qui prennent donc l’avantage dans cette série tout en récupérant l’avantage de la glace. Avec déjà l’objectif de ramener une victoire de Grenoble atteint, quelle attitude auront-ils sur la glace ce soir ?

Plus énergiques, les Grenoblois monopolisent le palet. Kuralt, encore lui, manque de peu l’ouverture du score sur une déviation devant la cage. Mais Horak doit être vigilant aussi car les Gothiques semblent prêts à jouer à fond la moindre occasion en contre-attaque.
La volonté grenobloise est récompensée lorsque Baylacq parvient à pousser le palet derrière la ligne sur une grosse mêlée devant la cage amiénoise suite à un bon travail de Texier (1-0, 06’33 »). Un but à l’image du travail de sape effectué par les attaquants grenoblois autour de la cage des visiteurs. Dans la foulée, Chouinard essaie de doubler la mise mais son tir passe de peu à côté. Un petit relâchement défensif avec deux dégagements ratés permet à Nechala de tester Horak de loin. Mais les réactions amiénoises sont sporadiques en ce début de rencontre.

Les Gothiques ne se découragent pas. Un petit brassage devant la cage après une chute de Champagne sur Horak montre l’âpreté des débats. Quelques instants plus tard, Riendeau effectue le tour de la cage et centre pour Berzins bien placé devant le slot. L’attaquant letton ajuste facilement Horak (2-1, 11’59 »). Cette réduction rapide du score remet la pression sur les épaules grenobloises.
Les frictions se multiplient. Riendeau et Gervais s’accrochent et partent se calmer en prison en s’échangeant quelques mots doux. O’Keefe se fait peur avec un palet relâché devant lui. Texier et Legault s’embrouillent sur un engagement et l’Amiénois est pénalisé pour un retard de jeu. La tension est palpable dans une rencontre aussi incertaine que la veille. Cette fois la supériorité numérique ne sourit pas à Grenoble pourtant bien installé. Goličič, présent au rebond, est tout près de surprendre O’Keefe. Mais Horak de son côté est secoué par un arrêt du casque…. Tartari a une dernière opportunité avant la sirène mais il ne cadre pas son tir…. Grenoble, dominateur, a pris l’ascendant mais ne mène que d’un but face à des Gothiques toujours aussi accrocheurs.

Les compteurs sont remis à zéro et le capital confiance bâti au cours des dix premières minutes par les Brûleurs de Loups s’est envolé. Ces derniers tentent de reprendre l’initiative mais ils se montrent souvent imprécis dans la transmission du palet ou dans la finition à l’image de Hardy qui ne cadre pas son tir. Puis ils jouent de malchance avec un tir de Texier sur le poteau.
Les Gothiques ont aussi l’opportunité de prendre les devants dans la rencontre avec plusieurs situations dangereuses, notamment celle de West repoussée par Horak. Les attaquants amiénois font un gros travail derrière la cage grenobloise ce qui leur permet de trouver des situations intéressantes.

Amiens a craqué et se retrouve à quatre contre cinq dans la foulée lorsque Maxime Legault est envoyé en prison suite à une faute en zone offensive. Les Brûleurs de Loups installent leur power-play et passent la plupart de leur temps en zone offensive jusqu’à la pause. Quelques bonnes occasions, à l’image de celle d’Alexandre Texier à bout portant, auraient pu leur permettre d’accroître leur avance. Mais Amiens reste menaçant à l’instar de Bourgeois qui fait passer le frisson dans la défense grenobloise par une déviation devant la cage.

Les Brûleurs de Loups tiennent bon et parviennent parfois à sortir de leur zone à l’image de Texier qui ne cadre pas son tir. Les esprits s’échauffent lorsque Crowder fait trébucher Trabichet ce qui provoque un brassage avec Narbonne. Puis c’est au tour de Bault et Hardy d’en découdre alors que Jass est pénalisé pour une charge. L’avantage numérique grenoblois n’est pas mis à profit malgré une bonne circulation du palet. Mais aucun tir dangereux n’est déclenché. À cinq contre cinq, le forecheck efficace des Grenoblois maintient les Gothiques à distance respectable.

À trois minutes de la fin, ce but semble sonner le glas des espoirs amiénois. Mais un relâchement grenoblois difficilement compréhensible va permettre aux Gothiques de revenir : Nicolas Leclerc gagne son duel derrière la cage grenobloise et il parvient à ressortir le palet pour Matima qui ajuste Horak à bout portant (5-3, 57’51 »). Et un peu plus d’une minute plus tard, alors que Mario Richer venait de sortir son gardien, un gros pressing des attaquants amiénois sur la cage permet à Riendeau de ramener les siens à un but (5-4, 59’02 »). La dernière minute est irrespirable autour de la cage grenobloise. Horak perd sa crosse, le palet flirte à plusieurs reprises avec les montants et il ne s’en faut que d’un cheveu pour que le palet ne franchisse la ligne, envoyant les deux équipes en prolongation. Mais le coup de sirène libérateur retentit et permet à Grenoble d’égaliser dans la série. Non sans mal.

Alors qu’on pouvait penser que les Gothiques allaient se relâcher suite à la victoire de la veille, ils sont en fait passés tout près d’une nouvelle prolongation. Signe que leur niveau actuel, avec une équipe quasi au complet, vaut bien mieux qu’une septième place en saison régulière. Avec deux matchs à venir dans leur antre du Coliseum, ils ont désormais les cartes en main pour prendre les devants dans la série et leur fin de match leur donne un petit avantage psychologique. Le suspense est de mise dans une série à l’issue pour l’instant très incertaine.
Désignés meilleurs joueurs du match : Kyle Hardy (Grenoble) et Joël Champagne (Amiens)
(Photos Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :

Mathias Arnaud (attaquant de Grenoble) : « C’est les play-offs, il faut s’attendre à tout. Chaque occasion peut finir au fond. On en a un peu arraché à la fin mais le résultat est là. 1-1, on oublie le match, on repart samedi. On sait que leur jeu est physique, c’est les play-offs, il y a des sales coups des deux côtés, c’est très bien. C’est l’atmosphère que tous les joueurs recherchent pour les play-offs. Ça va être comme ça à Amiens samedi et dimanche, ça va être comme ça mercredi, on est en mode guerrier, on n’a pas le temps d’y aller avec la fleur au fusil. S’il faut dézinguer tout le monde, on dézingue tout le monde. Il y a des bonnes individualités en face, ce n’est pas parce qu’il reste une minute que c’est fini. Ils sortent leur gardien, ils mettent un joueur en plus. C’est comme ça. On s’est relâché sur le dernier tiers hier, mais on s’est dit que ça, c’était fini. On a les capacités pour patiner plus vite qu’eux, jouer physique comme eux. En play-off, ce n’est pas parce qu’une équipe termine première ou huitième du championnat qu’on sait forcément qui va gagner le titre. C’est une autre saison qui commence. »
Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On est venu ici pour travailler très fort, compétitionner contre eux. C’est la meilleure équipe de la ligue. On veut être sûr qu’on travaille 60 minutes, aujourd’hui il y eu une baisse de régime pendant trente secondes, ils ont profité pour marquer deux buts. Par la suite, on a continué à espérer et travailler fort. À la fin, on est à un lancer d’égaliser. Ils ont mieux joué que nous, ils ont une meilleure équipe. Nous on travaille et on va continuer à travailler jusqu’à la fin de la série comme ça. L’envie était là, on n’a pas abandonné. On aurait pu être comme hier à égalité après soixante minutes. L’objectif était de faire les play-offs, maintenant c’est de créer un upset. Nous on est les underdogs, s’ils veulent nous battre, il va falloir qu’ils paient le prix, qu’ils travaillent fort. Comme ça s’est passé lors des deux derniers matchs. Il faut continuer comme ça, on retourne à domicile, on va avoir notre foule derrière nous. J’espère que ça va influencer l’allure du match. Il nous manque encore un gros morceau, Eric Johansson qui malheureusement s’est blessé hier à l’échauffement. C’est comme ça cette saison. On a des blessures, des blessures…. On a eu deux fois l’effectif au complet, c’était contre Nice et Grenoble à la maison, on était prêt pour partir avec notre effectif plein. Et puis Johansson se blesse le matin du match… Ça revient… Il y a des années comme ça mais on croise les doigts pour que ça arrête. »
Grenoble – Amiens 5-4 (2-1, 2-1, 1-2)
Mercredi 1er mars 2017 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2400 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Jimmy Bergamelli assistés de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 12′ (2’, 2’, 8’), Amiens 20’ (6’, 4’, 10’)
Tirs : Grenoble 47 (19, 16, 12), Amiens 32 (10, 11, 11)
Évolution du score :
1-0 à 06’33 » : Baylacq assisté de Hardy et Texier
2-0 à 09’14 » : Chouinard assisté de Rodman et Goličič (sup. num.)
2-1 à 11’59 » : Berzins assisté de Riendeau et Brisebois
2-2 à 22’11 » : Champagne assisté de Crowder et Nechala
3-2 à 30’14 » : Hardy assisté de Bisaillon et Gauthier
4-2 à 31’13 » : Bly assisté de Hardy et Baylacq
5-2 à 57’00 » : Goličič assisté de Hardy et Bisaillon (sup. num.)
5-3 à 57’51 » : Matima assisté de Leclerc et Offret
5-4 à 59’02 » : Riendeau assisté de Champagne et Legault
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Boštjan Goličič (2’) – David Rodman (2’)
Norbert Abramov – Sébastien Gauthier – Anže Kuralt
Julien Baylacq – Christophe Tartari (A) – Rhett Bly
Sébastien Rohat – Alexandre Texier – Mathias Arnaud
Défenseurs :
Kyle Hardy (2’) – Sébastien Bisaillon (2’)
Teddy Trabichet (A) (2’) – Nicolas Favarin
Aziz Baazzi – Stéphane Gervais (2’)
Quentin Scolari
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Antoine Torres. Absent : Camilo Miettinen (blessé)
Amiens
Attaquants :
Grégory Béron (A) – Joël Champagne (C) – Tim Crowder (2’)
Yanick Riendeau (2’) – Armands Berzins – Mathieu Brisebois
Rémi Thomas – Joey West – Maxime Legault (A) (4’)
Fabien Kazarine – Rudy Matima – Loïc Coulaud
Quentin Fauchon (2’) – Yannick Offret
Défenseurs :
Maris Jass (2’) – Jonathan Narbonne (2’)
Tomas Nechala – Fabien Bourgeois (2’)
Romain Bault (2’) – Nicolas Leclerc
Gardien :
Mitch O’Keefe [sorti de 58’59 » à 60’00 »]
Remplaçant : Corentin Cunsolo (G). Absents : Eric Johansson, Thomas Suire, Axel Prissaint.








































