Brest – Tours (Division 1, 22e journée)

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Les Albatros intermittents 

Belle affiche de Division 1 ce soir au Rïnkla Stadium où Brest (2e) affronte Tours (4e). L’enjeu est clair pour les Bretons : retrouver la victoire dans le temps réglementaire et pourquoi pas se rapprocher de la première place détenue par Anglet à cinq points devant. Pour Tours, il s’agit de se relancer après deux défaites consécutives qui ont permis aux poursuivants Neuilly-sur-Marne et Nantes de se rapprocher dangereusement.

Les Tourangeaux ne sont pas venus tous seuls avec un gros contingent de supporters dans les gradins (les « Remparts Keepers »). En revanche les joueurs de Touraine ont laissé leurs jambes dans le car pour cette entame de match… Après avoir tourné à deux blocs sur les trois premières minutes, le troisième bloc visiteur effectue sa première présence sur la glace. Cela tourne vite au vinaigre. Un tour de cage crée un beau cafouillage dans l’enclave. L’infortuné gardien slovaque Matej Kristin est gêné par Alexis Crosnier et Thimothée Franck complètement vautrés devant lui. Bryan Kolodziejczyk ne se fait pas prier pour en profiter et ouvrir la marque (1-0 à 3’19’’).

Un but gaguesque suivi deux minutes plus tard d’une pénalité de Michael Phillips pour retenir (5’35’’). Le jeu de puissance n’est pas des plus brillant jusqu’à un bon mouvement de Kolodziejczyk, toujours lui, qui décale à gauche en pleine course pour Rusnák qui double la marque (2-0 à 7’). Tours réagit un peu par un revers du Norvégien Olsen-Sylversen mais c’est bien tout (12’55’’).

Brest a le dessus sur quasiment tous les duels le long de la bande en ce début de match. Sur un énorme travail des frères Avenel dans ce domaine en zone offensive, le palet atterrit sur la palette de Alexandre Lubin devant le but. Ce dernier s’y reprend à deux fois pour tromper Kristin (3-0 à 13’39’’). Un beau but qui est le fruit d’un effort fourni par la fratrie Avenel pour prendre complètement le dessus sur l’adversaire au niveau physique.

Ce but déclenche l’ire d’un supporter tourangeau qui harangue son équipe d’un cinglant « battez-vous ». Il est vrai que jusqu’à présent, ses protégés offrent un spectacle plutôt médiocre pour une équipe de haut de tableau. Mais les choses vont petit à petit évoluer. La faute tout d’abord à des Brestois qui vont peu à peu se reposer sur leurs lauriers et baisser en intensité et dans leur travail. Ensuite, les jambes tourangelles trouvent peu à peu le bon rythme, comme en témoigne la bonne tentative de Buonincontri arrêtée de justesse par Ruby qui s’assoit sur le palet (18’46’’).

Attendant tranquillement la sirène de la fin du premier tiers, les Brestois jouent la montre et un dégagement interdit est sifflé à leur encontre. L’un des points noirs de la soirée pour les locaux est le nombre important de mises au jeu perdues en zone offensive. Celle emportée par Crosnier coûte cher car elle permet à Thomas Giorgi de marquer de loin d’un slap rageur (3-1 à 19’31’’).

La dynamique de fin du premier tiers se poursuit à la période suivante. Tours patine davantage tandis que Brest est clairement en dilettante et joue le contre. Un cinglage de Franck est sanctionné par Julien Peyre, arbitre-chef du match (24’42’’). Un poteau de Kristek (25’10’’) est suivi par une bonne action de Kluuskeri (25’40’’) en infériorité. Le jeu de puissance brestois est clairement en réussite avec ce tir de Gréverend astucieusement dévié et « cassé » par l’incontournable Kolodziejczyk (4-1 à 26’22’’).

100% de réussite en supériorité pour les Albatros. Voila une stat flatteuse face au deuxième meilleur box-play de la division avant ce match. Elle conforte malheureusement les Bretons dans l’idée qu’il n’y a pas besoin de trop se décarcasser puisque l’écart de trois buts est rétabli en travaillant a minima.

Un sentiment qui leur coûte cher et qui relance la partie. Sur un bon travail de Judicaël, Crosnier se retrouve en bonne position mais Ruby stoppe le revers de l’attaquant des Remparts (27’38’’). Le cerbère brestois est encore sérieusement sollicité par Downey qu’il dégoûte à bout portant d’un arrêt sans rebond après une nouvelle mise en jeu perdue en zone défensive par Brest (31’10’’).

La réussite aurait-elle changé de camp ? Adam Stuart dévie un bon centre de Kristek sur le poteau de Kristin (33’09’’). Peu après Philips mystifie Colombin d’une belle feinte de tir qui permet à l’Américain de contourner le défenseur local. Le Tourangeau poursuit sa course et décale sur sa gauche pour une déviation magistrale de Gabaj (4-2 à 34’36’’). Dans la minute suivante, Ruby est encore obligé de jouer les pompiers de service face à Downey et Buonincontri (35’11’’). Le gardien brestois n’est plus assez protégé par sa défense.

La fin de tiers est difficile pour Brest qui termine en infériorité après avoir subit le jeu. C’est simple, les Albatros n’ont adressé que deux tirs sur Kristin dans période contre douze pour les visiteurs. Le score de parité est flatteur car clairement les Bretons ont arrêté de jouer et sont passés en mode gestion en attendant tranquillement la fin de match.

Le problème est qu’il reste encore une période au minimum à jouer. Le prochain but s’avère déterminant pour confirmer ou infirmer un retour des Remparts. Les locaux ont l’occasion de tuer le match avec deux prisons successives adverses (41’47’’ et 44’08’’) mais cette fois le box-play visiteur tient bon.

On rentre dans les dix dernières minutes de jeu dans le temps réglementaire. Rusnák a fait trébucher un adversaire, et sur la pénalité différée, Adam Stuart joue trop avec sa crosse et commet un énorme cinglage. Les deux joueurs sont envoyés en prison pour un 3 contre 5 de tous les dangers pour les Bretons. Robert Millette ne s’y trompe pas d’ailleurs et pose son temps mort (50’48).

Brest aborde cette situation de double infériorités numérique avec deux attaquants et un défenseur. Une tactique qui ne paie pas car Altidor parvient à trouver Downey seul devant l’enclave pour un lancer-frappé sur réception imparable (4-3 à 51’28’’). Et voilà les Remparts à un petit but derrière et il reste une pénalité en cours. Sur une action confuse les Tourangeaux jouent le bluff et lèvent les bras au ciel mais l’arbitre ne mord pas à l’hameçon et siffle une simple remise en jeu (52’41’’).

Cette avance ramenée à un but est enfin le réveil déclencheur pour Brest qui repasse la marche en avant. Une perte de palet visiteuse est exploitée et permet à Benjamin Lagarde d’hériter d’un beau service d’un coéquipier pour un tir ras glace qui passe sous Kristin (5-3 à 55’14’’). Robert Millette était furieux peu avant cette action pour un dégagement interdit non-sifflé. Il n’a pourtant rien dit lorsque le palet a tapé le banc brestois pour revenir sur la surface de jeu sans coup de sifflet juste avant.

Ce but assomme les Tourangeaux qui ne parviennent pas à être véritablement dangereux. Cette fois le succès est bel et bien dans la poche des Bretons. C’est donc une victoire par intermittences obtenue par les Albatros. Leur départ canon ne doit pas excuser le semi-effort qui a suivi. Un effort constant les aurait mis bien plus tôt à l’abri d’un retour des Remparts qui eux y ont cru au fur et à mesure que le match avançait après une entame de match atroce.

Il faudra être plus rigoureux la semaine prochaine pour le choc de la 23e journée face à Anglet. En cas de victoire, les Albatros récupèreront la première place. En cas de défaite, cette place s’éloignerait un peu plus. Et si Briançon gagne dans le même temps, leur deuxième place serait plus que jamais menacée.

Joueurs du match : Ondrej Rusnák (Brest) et Kévin Altidor (Tours).

 

Brest – Tours 5-3 (3-1, 1-1, 1-1)
Samedi 10 février 2018 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 897 spectateurs.
Arbitrage de Julien Peyre assisté de Maxime Laboulais et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Brest 8′ (0’, 2’, 6’), Tours 10′ (2’, 2’, 6‘).
Tirs : Brest 23 (13, 2, 8), Tours 28 (8, 12, 8).

Évolution du score :
1-0 à 03’19’’ : Kolodziejczyk assisté de Greverend et Rusnák
2-0 à 07’00’’ : Rusnák assisté de Kolodziejczyk et G. Avenel (sup. num)
3-0 à 13’39’’ : Lubin assisté de G. Avenel et J. Avenel
3-1 à 19’31’’ : Giorgi assisté de Crosnier
4-1 à 26’22’’ : Kolodziejczyk assisté de Greverend et G. Avenel
4-2 à 34’36’’ : Gabaj assisté de Phillips et Kluuskeri
4-3 à 51’28’’ : Downey assisté de Altidor et Kluuskeri (double sup. num.)
5-3 à 55’14’’ : Lagarde assisté de Rusnák et Kolodziejczyk

Brest
Attaquants :
Jaroslav Kristek – Cullen Bradshaw – Adam Stuart
Alexandre Lubin – Graham Avenel – Jonathan Avenel (C)
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Ondrej Rusnák

Défenseurs :
Aleksi Laine – Niko Suoraniemi
Michal Dobron – Clément Colombin
Aurélien Gréverend (A) – Alan Dana

Gardien :
Jordan Ruby

Remplaçants : Quentin Dubos (G), Maël Letort, Jérémy Cormier, Antonin Marcelle, Bastien Lardière. Absents : Gaëtan Cannizzo (rupture du tendon d’Achille), Erwan Pain.

Tours
Attaquants :
Kévin Altidor – Colin Downey – Michael Buonincontri
Dominik Gabaj – Robin Olsen-Sylversen – Michael Phillips
Xavier Judicaël – Alexis Crosnier – Thimothée Franck (A)
Maxime Dordet – [Franck] – David Camy-Sartty

Défenseurs :
Eric David (C) – Aleksi Honka
Jussi Laine – Toni Kluuskeri
Thomas Giorgi – Lionel Simon

Gardien :
Matej Kristin

Remplaçants : Jean-Philippe Fontaine (G), Valentin Morais, Yoann Coubret, Martin Plat. Absents : Jan Safar, Maximilien Gravelaine