Répartition des joueurs de Ligue Magnus 2017-2018 par lieu de naissance (1ere partie)

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Alors que le championnat est entré dans sa deuxième phase avec les play-offs et la poule de maintien, l’issue de la saison régulière de Ligue Magnus permet de vous proposer la version 2017-2018 de notre analyse de la répartition des joueurs par lieu de naissance. Ce travail est réalisé depuis quelques saisons à présent, dans l’optique d’étudier les évolutions dans le temps et de réfléchir aux raisons pouvant expliquer les tendances ou les changements notoires.

Pour cette nouvelle enquête, Hockey Archives a souhaité renforcer la lisibilité avec des nouveautés mises à disposition des passionné(e)s. En effet, nous vous proposons pour la première fois cette année l’intégration d’une carte interactive présentant géographiquement la répartition par ville de naissance sur l’ensemble de la planète. N’hésitez pas à naviguer sur cette carte en directionnel, et à utiliser le zoom  » + / –  » pour un meilleur suivi. Tout au long de la publication, nous vous donnerons des consignes pour adapter les informations de la carte au sujet évoqué.
Enfin sachez que cette année, une même analyse sera proposée pour les joueurs évoluant en Division 1. Cet article sera à retrouver dans quelques jours.

Note : Pour rappel, sont référencés dans ce travail les joueurs ayant statistiquement pris part à la saison régulière de Ligue Magnus. Cela concerne les joueurs de champ comptant au minimum une présence sur une feuille de match. Quant aux gardiens, ils sont comptabilisés à partir du moment où ils sont entrés en jeu au moins une fois lors de cette saison régulière.

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RÉPARTITION INTERNATIONALE

(Pour suivre ces données sur la carte, je vous invite à cliquer sur la dernière icône « calques », puis l’icône « œil », afin d’activer la visibilité du calque « 2- Données par zones internationales ou régions » en plus du calque « 1- Lieux de naissance Ligue Magnus – données« .
Pour retrouver les totaux internationaux sur la carte, cliquer sur les boutons rouges présents sur les pays [jaune pour la France]).

Cette saison ce sont 346 joueurs qui auront foulé les glaces de l’élite française, soit 5 joueurs de plus que la saison dernière. Le contingent français se porte à 193, soit 55.8%. Élément important, ce pourcentage perd 2.3 points de pourcentage par rapport à la saison passée, et subit en réalité sa quatrième baisse consécutive avec un différentiel de 7,3 points de pourcentage par rapport à la saison 2013-2014.

Il n’est pas simple d’expliquer cette tendance qui, clairement, ne relève plus du simple hasard. On aurait imaginé que la mise en place, durant cette période, de la législation en matière de JFL (Joueurs Formés Localement) permette d’augmenter le pourcentage de joueurs français par rapport à des saisons jugées moins « contraignantes » sur ces questions, entendu que si JFL n’est certes pas synonyme de « joueurs français », on ne peut nier la forte corrélation entre lieu de naissance et lieu de formation. Pourtant on ne retrouve pas « d’effet JFL », ou alors ce dernier produit le scénario inverse.
L’une des conséquences de cette réglementation a clairement été de donner une valeur supplémentaire aux joueurs français sur le marché, au regard des besoins de constituer des effectifs à la fois compétitifs et sains structurellement. A partir de là, les meilleurs joueurs français se sont retrouvés dans une situation privilégiée, ce qui a un peu figé le marché francophone : une fois ces joueurs engagés (souvent le premier dossier pour les équipes), les clubs se sont ensuite tournés vers l’étranger dans une logique un peu plus ouverte à la concurrence, considérant en dernière strate certains juniors comme des compléments disponibles de suite, pour « faire le nombre » au besoin. La variable la plus importante s’est donc retrouvée hors de nos frontières, avec une plus grande flexibilité (marché plus dense quantitativement, plus forte hétérogénéité des salaires…) que ce que ne permet le réservoir des joueurs hexagonaux. Pour autant, cela suffit-il à expliquer cette baisse constante ?

Si le Canada demeure sans surprise la deuxième provenance des joueurs de Magnus avec 58 représentants et 16.8% des joueurs du championnat, ce pourcentage baisse de manière assez significative (- 3.7 points de pourcentage par rapport à la saison dernière).
En avril dernier, le championnat Élite britannique (EIHL) a redéfini sa réglementation en matière de constitution des équipes pour la saison 2017-2018. Parmi les nouvelles règles, les franchises EIHL disposent à présent de la possibilité d’aligner 14 joueurs d’importation sur des effectifs de 19 (+ 3 joueurs britanniques de moins de 23 ans). Surtout, elles disposent à présent d’une totale liberté sur ces 14 joueurs d’importation, supprimant certaines obligations qui couraient jusqu’alors en matière de passeports. Cette ligue, déjà très ouverte à l’Amérique du Nord, a ainsi renforcé un peu plus les possibilités de recrutement outre-Atlantique, et c’est pourquoi 53% des joueurs d’EIHL cette saison sont nés en Amérique du Nord, dont 42.3% au Canada !
Les marchés français et britanniques ont toujours été en concurrence, pour deux ligues de niveau équivalent. Surtout elles exploitent exactement les mêmes filières de recrutement à l’étranger, et nous sommes en droit d’imaginer que si elle se pérennise, la baisse de la part des joueurs canadiens dans notre championnat pourrait être directement liée à une ouverture renforcée côté Grande-Bretagne.

Avec 17 représentants, la République Tchèque représente cette année la troisième provenance (4.9% des joueurs, une augmentation de 0.5 point de pourcentage). Cela continue de se jouer dans un mouchoir de poche avec la Slovaquie et les États-Unis (16 représentants), ces derniers connaissant une augmentation de 1,7 point de pourcentage. Mais la plus grande augmentation concerne les ressortissants finlandais, qui sont deux fois plus nombreux cette saison qu’ils ne l’ont été la saison passée (4 % des joueurs du championnat, une augmentation de 2,2 points de pourcentage). Chamonix, Strasbourg et Mulhouse comptent 9 joueurs sur les 14 Finlandais ayant joué en France cette saison.

 

 

RÉPARTITION RÉGIONALE

(Conservez le même calque « 2- Données par zones internationales ou régions » sur la carte).
Légende :
– 0 joueur = couleur blanche
– de 1 à 9 joueur(s) = couleur jaune
– de 10 à 19 joueurs = couleur rose
– de 20 à 29 joueurs = couleur orange
– 30 joueurs et plus = couleur rouge

Sans surprise Auvergne-Rhône Alpes est toujours largement, et sans nul doute pour de nombreuses années encore, la principale région de provenance des joueurs français de la Ligue Magnus : sur les 192 joueurs français, 49 y sont nés, soit 25.4%. Pourtant ce pourcentage subit une baisse assez importante, avec une perte de 2.4 points de pourcentage par rapport à l’exercice précédent. Il y a plusieurs raisons pouvant expliquer cette diminution. Nous le verrons ultérieurement, mais les données semblent sensiblement se « nationaliser » (répartition plus importante sur le territoire, même si ce processus demeure extrêmement lent), ce qui en proportion fait mécaniquement baisser les chiffres des plus grands axes. Par ailleurs, il n’est pas exclu que l’absence en élite d’une place historique comme Morzine (ou même Dijon qui demeure géographiquement proche), couplé à une augmentation des équipes régionales dans les divisions inférieures (Vaujany, Morzine…) ait finalement eu une incidence sur cette évolution à échelle de la Magnus.

Nous le pressentions la saison passée, la deuxième région d’origine est à présent la région Grand-Est, avec 28 joueurs (14.5% des joueurs français, augmentation de 0.9 point de pourcentage par rapport à 2016-2017). Lors de notre dernière analyse, nous faisions état des raisons amenant à penser que ce secteur s’installerait durablement comme une forte région d’origine des joueurs français. Entre temps l’accession en élite de Mulhouse est venue renforcer ce phénomène, même si finalement ce ne sont guère que 6 joueurs des Scorpions qui sont natifs de la région.
La région Grand-Est est passée devant l’Île de France qui occupe à présent la troisième position, avec 25 joueurs et 12.9% des joueurs nés en France. La diminution de la filière se poursuit ( – 1.2 point de pourcentage par rapport à la saison dernière), pour autant cela demeure une région importante pour le hockey français, avec une donnée parlante : la région Île de France est la seule région française qui voit l’ensemble de ses départements représentés dans la répartition des lieux de naissance.

A l’instar de 2016-2017, les deux régions à ne compter aucun joueur sont la Corse et la Bretagne. L’île de beauté demeure l’unique région française à ne posséder aucune patinoire permanente. Ceci pourrait bien être prochainement de l’histoire ancienne car des projets évoqués lors de la précédente analyse, un dossier a particulièrement retenu l’attention (projet de patinoire à construire en marge d’un nouveau centre commercial), ayant amené Gérald Guennelon, DTN de la FFHG, à se déplacer à Ajaccio en juin 2017 (source : Corse-Matin).
Quant à la Bretagne, au faible nombre de licenciés, elle ne possède plus de représentants en élite depuis la relégation des Albatros de Brest en 2016.

Retrouvez demain, la suite de l’analyse avec l’échelon départemental et l’échelon local.

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