Deux défaites et une victoire historique pour les Bleues

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Cette semaine, l’équipe de France féminine s’est envolée pour Príbram en Tchéquie à l’occasion d’un tournoi particulièrement relevé. Il s’agissait de la troisième étape préparatoire pour la sélection entraînée par Grégory Tarlé après Albertville en août (et une quadruple confrontation contre la Suisse) et Budapest en novembre (où les Bleues sont demeurées invaincues dans le temps réglementaire).

Logique respectée dictée par les Tchèques

Mais le menu en Bohême-Centrale s’annonçait particulièrement corsé : la Tchéquie (qui souhaite s’installer durablement en élite),  la Norvège (que connaissent sur le bout des doigts les Françaises), et au milieu de ce repas, la Russie.

Jeudi, les Bleues s’attaquaient à l’équipe locale, la Tchéquie, qu’elles avaient rencontrée en 2015.

À l’époque, les Slaves l’avaient emporté 4-0 et avaient rejoint l’élite mondiale, qu’elles n’ont plus quittée depuis. Sur la glace de Príbram, les Tchèques ont encore dominé les Tricolores, 3-1, avec notamment 2 points de Tereza Vanišová, élue meilleure joueuse côté tchèque. Dans le camp français, cette distinction est revenue à Caroline Baldin (photo ci-contre), la gardienne de Zurich arrêtant 44 des 47 lancers adverses, Emmanuelle Passard marquant le but de la France.

Une Russie « B » mais une Russie quand même

Le lendemain, la France affrontait la Russie. Ou plutôt la Russie olympique, comme la nomme sa fédération, sélection olympique qui existe également au masculin. L’équipe première ne pouvait être présente en Tchéquie puisqu’elle a déjà participé au début du mois à une série très relevée de matchs préparatoires à Buffalo pour y rencontrer à quatre reprises les Beauts, formation qui évolue sur le circuit nord-américain de la NWHL.

Face aux joueuses de Grégory Tarlé, point d’Olga Sosina, Anna Shokhina, Elena Dergachyova ou Maria Balatova, qui constituent le fleuron du hockey féminin russe. Mais une équipe « B » dans laquelle seules trois joueuses ont disputé le dernier tournoi olympique de PyeongChang. Avant le tournoi de Príbram, cette sélection russe entraînée par Denis Afinogenov restait tout de même sur deux matchs encourageants disputés en Chine. Elles y ont rencontré les KRS Vanke Rays, club affilié au Kunlun Red Star de la KHL et qui évolue en CWHL, l’autre ligue majeure d’Amérique du Nord. Deux matchs très équilibrés face à une équipe chinoise qui possède quelques pointures internationales : une défaite d’un but et une autre à l’issue de la séance des tirs au but.

Déjouée la veille par la Norvège, cette Russie olympique a ouvert le score contre la France en deuxième période, par Tatyana Chizhova. Les Bleues ont toutefois réagi de belle manière dans le troisième tiers-temps. D’abord par celle qui a le vent en poupe en cartonnant en NCAA, Chloé Aurard, qui a inscrit un doublé. Betty Jouanny a quant à elle scellé le score à 3-1, alors que Caroline Baldin, qui obtenait un deuxième départ consécutif, a réalisé 27 arrêts.

Qu’importe qu’il puisse s’agir de la Russie olympique. Les Françaises ont réalisé une performance historique en battant une sélection rattachée à la quatrième nation mondiale, face à des joueuses qui évoluent toutes en ZHL, l’élite russe du hockey féminin, et dont certaines auront leur mot à dire pour une place pour les Mondiaux 2019. La performance demeure donc remarquable et indiscutable.

Un mur nommé Ena Nystrøm

L’équipe de France féminine terminait ce tournoi en Tchéquie samedi, face à une nation qu’elle a systématiquement croisée ces dernières années aux Mondiaux Division 1A : la Norvège, un adversaire que les Bleues avaient déjà affronté le mois dernier en Hongrie. Les Scandinaves l’avaient emporté en prolongation à l’issue d’un match très disputé.

Mais cette fois-ci, les Bleues se sont cassé les dents sur Ena Nystrøm, jeune gardienne de 18 ans qui avait déjà blanchi la France aux Mondiaux D1A 2017. Ce samedi, la gardienne de Stavanger a réalisé une prestation éblouissante en stoppant les 51 tentatives (!) des Françaises. Muettes, les Bleues ont donc manqué de réalisme face au mur Nystrøm, en dépit de l’indiscipline des Norvégiennes. La France n’a d’ailleurs pas profité d’une supériorité numérique de cinq minutes en seconde période, Maren Knudsen se faisant sanctionner pour un coup de genou. Côté norvégien, Andrea Dalen a ouvert le score à la 8e minute, et Stine Kjellesvik a ensuite doublé la mise en fin de seconde période, victoire 2-0 de la Norvège, malgré les 29 sauvetages de Caroline Lambert devant la cage tricolore.

Une défaite logique, une autre beaucoup moins, et une victoire historique, les Françaises quittent Príbram avec des points de satisfaction. Prochaine étape : le tournoi des quatre nations à Épinal en février 2019. À domicile dans les Vosges, la France affrontera la Hongrie, la Norvège et la Slovaquie. Il restera ensuite une dernière phase préparatoire en mars, avant de s’envoler début avril pour Espoo et le premier championnat du monde élite de l’histoire de l’équipe de France féminine.

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