Démonstration russe devant 71381 spectateurs

A general view taken on December 16, 2018 shows the Channel One Cup of the Euro Hockey Tour ice hockey match between Russia and Finland at the football Zenit Arena in Saint Petersburg. / AFP / OLGA MALTSEVA
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La Russie ne voulait pas rester en retard des organisations de matches de hockey dans des stades. Après tout, elle avait été pionnière en la matière en rassemblant plus de cinquante mille personnes à Moscou lors des championnats du monde 1957.  Elle a examiné la nouvelle mode du XXIe siècle et souhaite déjà se distinguer en organisant deux rencontres de suite : l’équipe nationale tout d’abord, puis un match de KHL du SKA Saint-Pétersbourg six jours plus tard (la glace sera refaite dans l’intervalle pour remplacer les sponsors). Les stades de Russie présentent un grand avantage, ils sont libres en cette saison : la trêve hivernale y est longue en football pour d’évidentes raisons climatiques.

La météo est peu clémente sur Saint-Pétersbourg (-7°C avec beaucoup de vent), mais la Gazprom Arena de Saint-Pétersbourg est un stade fermé. Cela change beaucoup de choses. On peut y régler des températures différentes selon les zones pour maintenir des conditions suffisamment froides au niveau de glace mais plus agréables en haut des tribunes.

La capacité de la Gazprom Arena est de 68 000 places, mais des sièges supplémentaires ont été installés par dessus la « pelouse » habituelle, autour de la surface de jeu, là où il fait froid et où on voit le moins bien… Les organisateurs visaient initialement 80 000 personnes, mais après discussions avec les autorités, ils se sont contentés d’une affluence officielle de 71 381 spectateurs, ce qui en fait le cinquième match le plus fréquenté dans l’histoire. Mais sur les écrans, deux chiffres ont été diffusés : 81 000, c’est le nombre total de visiteurs durant la journée, dont ceux qui ont vu le concert préalable du groupe « Mumyi Troll » et ont cédé leur place ensuite !

L’équipe de Finlande était enthousiaste à l’idée de jouer ce match dans un stade et entre sur la glace tout aussi motivée que les Russes. Ceux-ci se montrent nerveux dans cette ambiance assourdissante, à l’instar de Prokhorkin qui rate sa passe sur un 2 contre 1. Mais la libération arrive à une minute de la fin de la première période. Après un puissant tir à mi-distance d’Aleksandr Yelesin, Mikhaïl Grigorenko récupère le palet et passe du revers à Kirill Kaprizov qui ouvre le score. Les drapeaux russes flottent au vent et la célébration est euphorique, avec une ola qui fait trois fois le tour des tribunes.

Au deuxième tiers-temps, les Russes font marquer par trois fois leurs défenseurs. C’est tout d’abord le cas en supériorité numérique, quand Gusev remet en retrait pour le slap de Vassili Tokranov lancé. Le jeu de puissance frappe de nouveau par un lancer axial de la bleue de Nikita Nesterov. Mais les arrières russes ne font pas que rester à la ligne bleue. Vladislav Gavrikov monte ainsi à toute vitesse pour recevoir la passe transversale d’Aleksandr Barabanov placé le long de la bande.

Cette capacité du joueur russe à l’opposée de l’action à monter dans le dos des joueurs adverses est aussi illustrée dans le dernier but, sur lequel Grigorenko reprend le centre au second poteau de Maksim Shalunov. 5-0, la démonstration est parfaite, sur la glace et dans l’organisation d’évènement.

Commentaires d’après-match

Roman Rotenberg (directeur de l’équipe nationale et vice-président du SKA Saint-Pétersbourg) : « L’année prochaine nous améliorerons ce nombre. Nous parlerons avec les autorités, car la demande a excédé l’offre. Si nous avions un stade pour 120 000 personnes, nous aurions battu le record du monde du Michigan. Cela n’aurait pas été difficile. La Gazprom Arena a des tribunes très confortables, tout est clairement visible. Cela n’a rien à voir avec les stades de baseball américains. Mais nous avons réussi à trouver une place pour des tribunes temporaires. J’étais au match du Mondial 2010 à Gelsenkirchen, où le record européen d’affluence avait été établi, on ne voyait pas le palet. Nous avons un stade fantastique, tout le monde l’a noté, même René Fasel. Chacun pouvait tout voir. Nous sommes prêts à y jouer plus souvent. Les Finlandais ont proposé de jouer tout le tournoi à la Gazprom Arena. Nous avons lancé ce projet il y a deux mois et tout organisé en un temps court. Peut-être que ça aussi, c’est un record du monde. La qualité de la glace était très élevée. »

Ilya Vorobyov (entraîneur de la Russie) : « En première période, ce n’était pas encore net, mais ensuite nous avons pris le match entre nos mains. Un grand merci au public pour cette fête merveilleuse. Tous les participants de ce match vont s’en souvenir à vie. De grands sentiments… Nous, entraîneurs, nous nous concentrons toujours sur le travail, et c’est difficile pour nous de voir et de ressentir les choses, mais c’était fantastique. Toute personne normale veut jouer devant le plus de public possible. »

 

Russie – Finlande 5-0 (1-0, 3-0, 1-0)
Dimanche 16 décembre 2018 à 17h00 à la Gazprom Arena de Saint-Pétersbourg. 71381 spectateurs.
Arbitrage de René Hradil et Pavel Hodek (TCH) assistés de Nikita Shalagin et Dmitry Shishlo (RUS).
Pénalités : Russie 6′ (2′, 2′, 2′) ; Finlande 8′ (2′, 6′, 0′).
Tirs : Russie 37 (10, 16, 11) ; Finlande 24 (10, 6, 8).

Évolution du score :
1-0 à 19’02 : Kaprizov assisté de Grigorenko et Yelesin
2-0 à 25’28 : Tokranov assisté de Gusev et Plotnikov (sup. num.)
3-0 à 29’21 : Nesterov assisté de Kuzmenko et Gusev (sup. num.)
4-0 à 30’10 : Gavrikov assisté de Barabanov et Tokranov
5-0 à 54’39 : Grigorenko assisté de Shalunov et Vlazhiyevsky

Russie

Attaquants :
Kirill Kaprizov (+2) – Andrei Loktionov [sorti blessé] – Mikhail Grigorenko (+2)
Aleksandr Barabanov (+1) – Nikolai Prokhorkin (+1) – Nikita Gusev (+1)
Sergei Plotnikov (A, 2′) – Sergei Andronov (A, +1) – Aleksandr Kadeykin
Yegeni Ketov (C) – Ilya Kablukov – Andrei Kuzmenko
Maksim Shalunov (+1)

Défenseurs :
Artem Blazhievsky (+1) – Nikita Nesterov (+1)
Vasily Tokranov (+1, 2′) – Vladislav Gavrikov (+1)
Aleksandr Yelesin (+1) – Viktor Antipin (+1)
Aleksei Vasilevskiy – Andrei Pedan (2′)

Gardien :
Igor Shestyorkin

Remplaçant : Ilya Sorokin (G).

Finlande

Attaquants :
Julius Junttila (-1) – Jere Sallinen (-1) – Jukka Peltola (A, -1)
Toni Rajala (-1) – Antti Kalapudas (-1) – Juuso Puustinen (-1)
Mika Partanen (-1) – Eetu Luostarinen (-1) – Teemu Turunen (-1)
Niko Ojamäki (2′) – Jani Lajunen (A) – Anrei Hakulinen (2′)

Défenseurs :
Otto Leskinen (-1) – Jani Hakanpää (-2, 2′)
Niklas Friman – Jesse Virtanen (-1)
Casimir Jürgens – Juuso Hietanen (C, -1)
Jyrki Jokipakka (-1) – Juuso Vainio

Gardien :
Joni Ortio

Remplaçants : Rasmus Tirronen (G), Petteri Lindbohm. En réserve : Santeri Lukka, Oula Palve, Arttu Ruotsalainen, Henri Ikonen.

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