Rouen – Nice (Ligue Magnus, 1re journée)

Encore En Travaux

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Encore En Travaux

C’est dans une patinoire de l’île Lacroix en travaux – pendant encore 5 mois minimum – que s’est effectuée la rentrée des glaces (dans le brouillard) pour les Dragons de Rouen et les Aigles de Nice. Les Rouennais, dont l’effectif a peu bougé (3 recrues / 4 départs) à l’intersaison, ne pouvant compter sur leur glace durant la période de préparation, se sont exilés à Caen, à Cergy, en Suisse et enfin à Dunkerque, pour glaner 8 victoires (dont 3 en prolongation) et subir 2 défaites, un parcours régulier et encourageant. Ils sont privés ce soir de Kévin Dusseau et Juha Koivisto, remplacés par Enzo Cantagallo et Quentin Tomasino. Ce dernier arrive à 17 ans et demi du hockey mineur grenoblois et joue son premier match dans une compétition sénior.

Les Azuréens, eux, ont troqué plus de 50% de leur groupe depuis le printemps, avec neuf joueurs en dehors de la ligue Magnus dont le nouveau gardien tchèque Patrik Nechvatal, 27 ans. Il est donc difficile d’évaluer ces Niçois 2020 qui succèdent à une troupe ayant atteint les play-offs de ligue Magnus pour la première fois depuis son accession en 2016 ! Durant l’été, les protégés de Stanislav Sutor ont disputé 5 rencontres amicales, remportant 3 matches lorsqu’ils ont inscrit plus de deux buts. Cela fut plus compliqué lorsque le NHE en inscrivait moins.

Durant la première période, à l’exception de leurs infériorités (où ils obtiennent deux chances via Maïa et Bedin), les Normands ont été très approximatifs. Ils ont eu des difficultés en transitions et dans leur positionnement sur la glace. Plus préjudiciable, ils ont laissé des boulevards aux Niçois agressifs. Ainsi, entre des coups d’éclat de Joël Caron (0’58), Lampérier (10’37) et Maïa (12’20) à la finition d’offensives dangereuses du RHE, ce sont les coéquipiers d’Olivier Dame-Malka qui ouvrent la marque sans que cela puisse vraiment prêter à discuter. C’est une passe hasardeuse et a priori sans issue du Slovaque et « JFL » Boris Brincko, dans le rond central, qui prend à revers la défensive rouennaise au repli défensif rapide mais au placement médiocre. Mike Aviani s’est très bien placé au second poteau et enfile, sans réception, dans une cage ouverte, la très bonne passe de Heizer qui, grâce à sa vitesse, a saisi l’opportunité de saillir à droite (0-1 à 11’51). Auparavant, après un débordement suivi d’un tir de Yoanne Lacheny dans le cercle droit, l’arrière-garde locale avait été laxiste avec Louis Petit reprenant deux rebonds consécutifs du revers devant Pintaric solide (10’09). Après le but niçois, le trio Lacheny-Petit-Vaclav, encore lui, se procurait un contre surnuméraire, un peu avorté car l’ailier tchèque de 21 ans, n’a pas choisi de lancer (14’03). En fin de tiers, Nice ne saisira pas sa chance de doubler son avance en supériorité malgré les frappes d’Ondrej Kopta (16’48 & 17’08) et Matejicek.

La première pause a remis de l’ordre dans le schéma de jeu rouennais. Les Dragons se sont alors montrés plus régulièrement dangereux. Joël Caron (20’36) et Maïa (22’06 & 22’17) se sont heurtés au gardien azuréen Patrik Nechvatal, très appliqué. Joris Bedin, lui, a tiré au-dessus, en se retournant de près, devant la cage (22’43). Les joueurs de Fabrice Lhenry ont obtenu un power-play sans parvenir à égaliser malgré les chances de Mathieu Roy (23’35) et Nicolas Ritz (25’11). Désormais à quatre-contre-quatre, ce sont les Niçois qui réagissent en contre surnuméraire par Ondrej Kopta (26’38). Le NHE est dans le bon timing, un nouveau deux-contre-un (Aviani-Abramov) lui procure sa huitième occasion (29’27). Alors que Rouen, à mi-match, cherche son second souffle, Aurélien Dorey va cirer le banc de la geôle. Sur ce jeu de puissance, le RHE76 parvient à égaliser par Anthony Guttig qui, se saisissant d’un retour de tir lors d’un jeu installé, soulève le palet au-dessus de la jambière du portier grâce à un solide jeu des poignets (1-1 à 30’33). Les Seino-Marins persévèrent. Bastien Maïa n’est pas récompensé de sa nouvelle tentative car Nechvatal joue très bien de son bouclier (30’38).

Néanmoins, les joueurs du président Ropart bénéficient de leur troisième power-play. Norbert Abramov et Aviani se montrent menaçants (32’32), tout comme Loïc Chabert en déviation (33’13), mais sans retrouver les filets. Les Normands vont finir par trouver la solution. Marc-André Thinel a remarqué la défense à plat. De la gauche, le vétéran peut servir Caron dans l’axe. Entre les oreilles, le joueur de centre ajuste une lucarne (2-1 à 34’10). Les Dragons capitalisent sur le momentum. Nice n’y est plus et tient grâce à son remarquable gardien devant Julien Msumbu (avec Bedin en contre surnuméraire à 36’21), solide face à Deschamps (en duel à 37’09) et miraculeux sur Caron (en duel à 39’00). Le portier s’avoue (enfin) vaincu, juste avant la seconde pause, lorsque Joël Caron accélère à bâbord, se recentre en protégeant sa rondelle et joue de patience en forçant le gardien à se déplacer de gauche à droite (3-1 à 39’14).

En avance de deux buts, Rouen, après une occasion de Marc-André Thinel (40’40), est plus prudent car la meilleure arme des visiteurs semble être la projection offensive. Un peu plus tard, Nice pourra profiter d’un avantage numérique. Statistiquement, la quatrième attaque à cinq des hommes du duo Sator-Babka doit être la bonne. Mais ni Norbert Abramov (47’18), ni Heizer (48’44) ne trouvent la solution. Huit secondes après le retour à parité de joueurs, la passe de Rémi Thomas, qui avait récupéré le palet en profitant d’un mauvais contrôle du puck de la défense, à destination de Carpentier, était déviée par la crosse de Chakiachvili dans son propre but (3-2 à 48’49).

Revenus à une courte longueur de leurs hôtes, les Aigles vont manquer de chance lorsqu’Olivier Dame-Malka est pressé derrière sa cage par Nesa et Msumbu. Le disque dégagé par l’international niçois, contré par la crosse du natif de Nantes, passe au-dessus de la cage, rebondit sur le râble de Nechvatal et finit sa course dans le but (4-2 à 51’22). Ce but très chanceux devrait mettre fin à la possibilité de hold-up des Azuréens qui, depuis le début du deuxième tiers, ne sont dangereux qu’en supériorité numérique. Ce soir, la discipline n’a pas été le fort des Normands. Les joueurs des bords de Seine offrent une nouvelle attaque à cinq aux visiteurs. Heureusement pour les locaux que Mike Aviani du revers ne trouve pas le cadre (52’24). Trois minutes plus tard, Marc-André Thinel prouve qu’à 38 ans on conserve toutes ses mains. De près, l’ailier dévie une passe de Nicolas Deschamps derrière la botte de Nechvatal (5-2 à 54’54) (photo ci-dessous). Pour clore cette première victoire à son premier match de championnat, le RHE76 annihilera une septième pénalité.

Rouen s’est fait peur mais a récolté l’essentiel, la victoire. Après un premier tiers par à-coups, l’équipe rouennaise a su réagir, en améliorant notamment son placement, réussissant à capitaliser en power-play et restant inflexible en infériorité. Après, les Dragons, qui devront faire preuve de plus de discipline, ont trouvé le buteur de la soirée en la personne de Joël Caron.

Nice n’était sans doute pas loin du hold-up face à des Rouennais encore en travaux. Les Aigles se sont appuyés sur de l’agressivité et de la vitesse en projection offensive. Ils ont aussi pu compter sur leur gardien pour paraître plus solides qu’ils ne l’étaient sans doute réellement. Après avoir été dangereux au premier tiers, ils n’ont pas trouvé la solution en supériorité et c’est aussi pour cela qu’ils rentrent bredouilles de leur visite sur l’île Lacroix.

 

Prochain match pour Rouen, à Angers, dimanche 15 septembre 2019.

Prochain match pour Nice, à Jean Bouin face à Grenoble, mardi 17 septembre 2019.

 

Commentaires (dans Paris-Normandie) :

Nicolas Deschamps (attaquant de Rouen) : « On a vu ce soir qu’on a encore quelques trucs à travailler mais l’important, sur ce match, c’était vraiment la victoire. C’est fait et, pour un premier match, ce n’était pas si mal. Surtout qu’il a fallu s’adapter à plein de nouvelles choses et, ce soir, la surface de jeu était compliquée. L’éclairage, la buée, la glace, tout ça nous a demandé un peu de temps pour trouver nos marques même si ça ne doit pas être une excuse pour nos revirements pour autant. On sait qu’il faudra être meilleur dimanche à Angers. »

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « [Sur Quentin Tomasino] Il a d’énormes qualités. Il est bon techniquement, voit bien le jeu et déclenche rapidement son shoot. Ce que j’aime aussi, c’est que c’est quelqu’un qui ne s’échappe pas. Même si physiquement, et notamment dans les duels, il est encore un peu léger et doit progresser, ce qui est normal à 17 ans, il fait les efforts défensifs. Il a les intentions qu’il faut. Je préfère ça à quelqu’un de passif. Il avait débarqué [à Amiens en amical] sans jamais avoir pu s’entraîner avec nous avant (NDLR : il rentrait tout juste de stage avec l’équipe de France U20), sans trop connaître personne et sans jamais avoir joué à ce niveau mais il s’est adapté et aurait même pu marquer deux buts. C’est quelqu’un qui ne se pose pas trop de questions. Il est porté par l’insouciance de la jeunesse. »

Quentin Tomasino (attaquant de Rouen) : « La première fois où je me suis retrouvé sur la même ligne qu’Anthony (Guttig) et Nicolas (Ritz), j’étais quand même un peu impressionné. J’avais un peu peur de faire de la merde (sic). Ils ont su me mettre à l’aise, me mettre en confiance. Ils me parlent beaucoup et me donnent beaucoup de conseils. Cette décision [quitter Grenoble], je l’ai prise car je pense que c’est ici que j’ai le plus de chances de progresser. C’est le projet qui me semble le plus intéressant pour moi et puis j’ai vu la saison dernière qu’ici, les jeunes ont leur chance. »

 

Rouen – Nice 5-2 (0-1, 3-0, 2-1)
Vendredi 13 septembre 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2173 spectateurs.
Arbitrage de Julien Peyre et Jérémie Rauline assistés de Charles-Édouard Salmon et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Rouen 14′ (4′, 4’, 6’) ; Nice 10′ (2′, 6′, 2’)
Tirs : Rouen 28 (8, 10, 10) ; Nice 25 (10, 8, 7)
Chances : Rouen 17 (6, 9, 2) ; Nice 14 (7, 4, 3)
Supériorités : Rouen 1/5, Nice 0/7

Évolution du score :
0-1 à 11’51 : Aviani assisté d’Abramov et Brincko
1-1 à 30’33 : Guttig assisté de Bedin et Thinel (sup.num.)
2-1 à 34’10 : Caron assisté de Thinel
3-1 à 39’10 : Caron assisté de Crinon et Cantagallo
3-2 à 48’49 : Carpentier assisté de Thomas
4-2 à 51’22 : Msumbu
5-2 à 54’54 : Thinel assisté de Deschamps

 

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Joël Caron – Marc-André Thinel
Anthony Guttig (A) – Nicolas Ritz – Quentin Tomasino
Nicolas Deschamps – Maurin Bouvet – Bastien Maïa
Joris Bedin – Vincent Nesa – Julien Msumbu

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Chad Langlais – Atte Mäkinen
Pierre Crinon – Enzo Cantagallo

Gardien :
Matija Pintaric (23 arrêts)

Remplaçant : Gaétan Richard (G). Absents : Kévin Dusseau (choix) et Juha Koivisto (entorse du genou).

Nice

Attaquants :
Norbert Abramov – Antonin Dusek – Mike Aviani
Loïc Chabert – Ondrej Kopta – Jakub Illes
Rémi Thomas – Radomir Heizer (A) – Romain Carpentier
Ratislav Vaclav – Louis Petit – Yoanne Lacheny

Défenseurs :
Olivier Dame-Malka (C) – Aurélien Dorey (A)
Boris Brincko – Martin Matejicek
Quentin Scolari – Radek Deyl

Gardien :
Patrik Nechvatal (23 arrêts)

Remplaçant : Julian Barrier-Heyligen (G).

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