C’est LE choc au sommet de la Ligue Magnus ce soir à Pôle Sud entre le leader grenoblois et son dauphin angevin. Question de suprématie entre deux équipes qui ont jusqu’à présent eu beaucoup de mal à se départager puisqu’il a fallu chaque fois recourir à la prolongation, Grenoble s’imposant à deux reprises, d’abord en prolongatios lors du premier match à Angers (4-3) puis à l’issue de la séance de tirs au but (5-4) à Pôle Sud. Mais c’est surtout la réaction grenobloise qui sera scrutée ce soir. Après une série de six victoires consécutives en Ligue Magnus depuis la trêve, les Brûleurs de Loups se sont inexplicablement inclinés il y a une semaine en huitièmes de finale de la coupe de France face à Anglet (1-2). Une défaite que personne n’a vu venir du côté de Pôle Sud et qui n’a pas été digérée puisque Grenoble s’est incliné dimanche à Rouen (2-5). Il s’agit donc de retrouver le chemin de la victoire face à des Angevins qui ont eux aussi connu une grosse déconvenue en coupe de France du côté de Nice avant de rectifier le tir face à Mulhouse vendredi (4-0) puis de s’incliner face à Bordeaux dimanche (3-4). Fabre, Koudri et Tartari sont absents côté grenoblois, Gaborit, Levêque et Serer côté angevin. À noter également la présence dans les rangs des Ducs de deux champions de France grenoblois qui font leur retour à Pôle Sud : Olivier Latendresse, qui avait manqué la première rencontre, et Connor Hardowa, récemment embauché comme joker.

Les Brûleurs de Loups sont bien en place en ce début de match avec un jeu de transition rapide qui permet à Champagne de se trouver en bonne position face à la cage mais Hardy bloque avec sa mitaine. Puis c’est Aurélien Dair qui tente sa chance de près. À cinq contre cinq, Grenoble a le plus souvent la maîtrise du palet alors qu’Angers essaie plutôt de jouer en contre-attaque. Au fil des minutes, le jeu est plus cadenassé par les défenses et les occasions se font moins franches. Aleardi manque le palet du revers, seul face à la cage, suite à un très bon centre de Kearney.
Les Grenoblois essaient de pousser avec Champagne qui frappe à la porte de Hardy puis sur une belle accélération de Trabichet dont le lancer est dévié par Hardy avec un rebond que Fleury manque de peu. Finalement sur une accélération côté droit, Rohat parvient à se démarquer pour lancer sur Hardy. Le palet est relâché par le portier angevin puis exploité par Dair qui marque du revers sur le rebond (2-0, 12’28). Avec une avance de deux buts, les champions de France sont parfaitement entrés dans cette partie. La quatrième ligne grenobloise fait la différence alors qu’Angers joue essentiellement à trois lignes depuis le début de la rencontre.
Les Ducs tentent leur chance sur des lancers lointains comme sur ceux de Llorca ou Latendresse, détournés sans difficulté par Horak. Un premier accrochage entre Manning et Aleardi montre une première montée d’adrénaline dans cette rencontre jusqu’ici assez calme. Les deux joueurs partent en prison mais à peine sont-ils revenus sur la glace qu’un nouveau brassage oppose cette fois Coulombe à Sauvé. Horak, gêné par Latendresse, effectue un bel arrêt sur un lancer lointain de Llorca. En fin de tiers, une charge avec la crosse de Dair devant le slot angevin conduit à la première supériorité numérique, en faveur des visiteurs. Mais ces derniers se font bêtement prendre pour un surnombre qui remet les deux équipes à quatre contre quatre jusqu’à la fin du tiers. À l’issue d’une première période maîtrisée, les Brûleurs de Loups, plus réalistes, rentrent au vestiaire avec une avance confortable de deux buts.

Les débats s’équilibrent dans ce second tiers mais les locaux semblent gérer tranquillement le score tout en proposant un pressing haut qui gêne les défenseurs angevins. Champagne, en bonne position face à la cage, se fait contrer. Peu d’occasions malgré tout à se mettre sous la dent entre deux équipes bien en place sur le plan défensif et qui ne laissent pas beaucoup d’espace. Aleardi trouve tout de même une belle passe au milieu de la défense pour servir Champagne qui se présente face à Hardy mais n’arrive pas à déjouer le portier angevin encore une fois très solide.

Sur une action angevine, Trabichet se fait sanctionner pour un petit retenir le long de la bande. Petite cause, grands effets puisque, la supériorité qui suit est concrétisée par un missile de la bleue de Danick Bouchard parfaitement placé (2-1, 38’38). Sur le coup de sirène, Treille a l’occasion de redonner deux buts d’avance aux locaux mais Hardy détourne in extremis. En contrôle tout au long du tiers, les Brûleurs de Loups peuvent regrettent leurs occasions manquées.

Désormais complètement relancés, les Ducs tentent plus offensivement. Leur travail dans les bandes paie lorsque Champagne fait trébucher Di Dio Balsamo. Mais le boxplay grenoblois prend le dessus pendant les deux minutes en arrivant régulièrement à dégager le palet hors de la zone défensive. À peine les deux équipes revenues à cinq contre cinq que Trabichet s’infiltre dans la zone offensive mais prend la crosse d’Hardowa dans la figure au moment de se présenter devant la cage. Grenoble bénéficie d’une opportunité de reprendre les devants mais se montre trop statique et n’arrive pas à trouver de décalage. Sauvé ne cadre pas son tir alors qu’Hardy voit le sien dévié. Mais sur une passe mal assurée entre Hardy et Aleardi, Di Dio Balsamo parvient à s’échapper pour se présenter seul face à Horak qui réalise un superbe arrêt de la mitaine qui fait se lever Pôle Sud. Les Grenoblois sont passés tout près de la correctionnelle et ne font plus rien de bon sur le reste de la supériorité numérique.

L’issue du match est incertaine mais sur une action en zone offensive, une charge avec la crosse de Manavian dans le dos de Farnier lui vaut deux minutes de pénalité. Brennan Sonne sent que c’est le bon moment pour faire la différence et demande un temps mort. Une belle inspiration car Campbell parvient à passer à Botten devant le slot. Ce dernier tire en se retournant et surprend Horak d’un tir du revers croisé à ras de glace (2-3, 54’10). Coup de froid dans Pôle Sud. Les Brûleurs de Loups peinent à relancer la machine après ce but coup de massue mais ils campent vite dans la zone offensive en faisant circuler le palet sans trouver de réelle position de tir. La défensive angevine, admirable d’efficacité, parvient à se dégager et Maxime Lacroix se trouve même en excellente position, profitant des espaces laissés dans la défense grenobloise tout comme Di Dio Balsamo quelques instants plus tard. Horak repousse à chaque fois le palet alors que Grenoble lance toutes ses forces dans la bataille en sortant son gardien pour jouer à six joueurs de champ. Un lancer de Treille à bout portant n’est pas cadré, un tir de Fleury vient s’écraser sur le poteau. Sur un palet mal maîtrisé par Grenoble, Lacroix envoie finalement Masson marquer dans la cage vide, mettant fin au suspense (2-4, 59’48).

Désignés meilleurs joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Patrick Coulombe (Angers)
(Photos de Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On dit toujours que les cinq premières et les cinq dernières minutes de chaque période sont importantes… Ça fait depuis quelques matchs maintenant qu’on fait beaucoup de fautes, qu’à la ligne bleue on ne sort pas le palet ou on ne rentre pas le palet en zone offensive. Les équipes profitent de ces erreurs-là, on prend un but sur leur avantage numérique, on savait qu’il était très bon… On leur donne une chance à la fin de la deuxième période pour revenir dans le match et c’est là que pour moi le match s’est joué. On cherche les solutions en supériorité numérique, on a encore changé aujourd’hui, on va chercher encore pour trouver les bons joueurs qui peuvent faire la différence et accepter leur rôle. C’est un peu dommage parce qu’on a les chances sur les power-plays mais on ne crée pas assez de trafic, pas assez de deuxièmes ou troisièmes chances et on n’arrive pas à marquer ces buts qui font la différence. On a parlé beaucoup d’intensité, il n’y a rien à dire de ce côté-là. Après, les choses ne tournent pas pour nous, on sort d’une semaine assez difficile… Quand on voit les occasions qu’on a en troisième période, on frappe le poteau deux trois fois, à la fin un slap de Damien frappe le poteau. Il faut rester positif, c’est dans des périodes comme ça qu’on voit ce que cette équipe peut faire. C’est facile d’aller chercher les excuses, au contraire il faut qu’on reste soudés et s’en sortir tous ensemble. Si quelqu’un pensait que ça allait être une saison où on allait marcher sur tout le monde, ça ne marche pas comme ça. Les bonnes équipes nous attendent, tout le monde veut nous battre. Pour beaucoup de personnes, je pense que cette semaine est un choc mais il faut traverser ça aussi. Si on fait comme il faut tous ensemble, ça nous rendra meilleurs. »
Olivier Latendresse (attaquant d’Angers) : « On avait eu deux fois des matchs serrés avant, on n’était pas sortis gagnants mais ce soir on voulait prouver à tout le monde à travers la ligue qu’on est là aussi, qu’on est une belle équipe. On est content d’être revenu d’un déficit de 2-0, on savait que malgré les deux premiers buts, on jouait quand même bien et je pense qu’une de nos forces, c’est qu’on a beaucoup d’expérience donc on ne panique pas sur le moment. On sait que si on continue de faire des bonnes choses, tôt ou tard ça va virer. Et c’est arrivé ce soir, on a été chanceux mais on a beaucoup de leadership, beaucoup d’expérience, donc on n’est pas énervé dans ces moments-là. Notre avantage numérique est très bon aussi, on le sait mais ça fait du bien d’aller chercher un but en fin de deuxième période et ensuite en début de troisième. C’est gros pour le momentum du match, ça nous a donné un élan. Après ça, on a joué selon notre identité, on n’a pas essayé de forcer les choses et on a attendu nos chances et puis on a réussi à marquer deux autres buts. On joue comme ça depuis le début de l’année, on a peut-être eu un ou deux matchs où on a été moins bien. Pour nous aussi, c’est un match très important pour mettre les points sur les i et les barres sur les t comme on dit. C’est sûr que si on peut envoyer un message à tout le monde, on va le faire et on est content de la victoire. »
Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : « On doit être meilleurs quand on mène au score surtout chez nous. On tenait le match, on jouait de la bonne façon et encore une fois on se fait avoir sur les pénalités, le match se joue un peu là-dessus. On se fait battre sur notre infériorité et notre supériorité n’a pas fait la différence non plus, donc encore un même constat que sur les derniers matchs, on sait qu’on doit travailler ça encore plus. Je pense que ce soir si on arrive à gommer ces deux buts pris à quatre contre cinq, le calcul est vite fait… On s’est peut-être vu un peu trop beau à 2-0. En tout cas le score le démontre donc Angers a monté son jeu d’un cran et on a dû le baisser. C’est sûr que si on finit le deuxième tiers à 2-0, c’est différent. On sait très bien avec l’expérience que les fins de tiers sont clés dans un match. Prendre un but alors qu’il reste une minute dans le tiers, c’est un moment clé du match. Inconsciemment on prend un petit coup sur la tête même si on savait qu’on était encore bien dans le match, et ils ont poussé, poussé et ça fait ce résultat. On va se relever par le travail. À nous de relever la tête dès vendredi parce qu’on a un déplacement très compliqué à Mulhouse, c’est une équipe en forme. On n’est pas encore au fond mais ces trois défaites de suite étaient trois matchs importants pour nous, la coupe de France et deux grosses écuries du championnat… C’est sûr qu’avant ces trois matchs, on avait d’autres feelings et d’autres ambitions. Maintenant, c’est passé, à nous de relever la tête le plus vite possible. »
Grenoble – Angers 2-4 (2-0, 0-1, 0-3)
Mardi 3 décembre 2019 à 20h00 à Pôle Sud. 3136 spectateurs.
Arbitrage de Julien Peyre et Laurent Garbay assistés de Joris Barcelo et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Grenoble 16’ (8’, 4’, 4’), Angers 12’ (8’, 2’, 2’).
Tirs : Grenoble 29 (10, 7, 12), Angers 36 (11, 11, 14).
Évolution du score :
1-0 à 02’31 : Aleardi
2-0 à 12’28 : Dair assisté de Rohat et Baylacq
2-1 à 38’38 : Bouchard assisté de Coulombe et Lacroix (sup. num.)
2-2 à 41’27 : Coulombe assisté de Masson
2-3 à 54’10 : Botten assisté de Campbell et Coulombe (sup. num.)
2-4 à 59’48 : Masson assisté de Lacroix (cage vide)
Grenoble
Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) (2’) – Alex Aleardi (2’)
Sacha Treille – Damien Fleury (A) – Peter Valier
Vincent Kara – Sébastien Rohat – Maxime Legault (2’)
Julien Baylacq – Aurélien Dair (2’)
Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Yann Sauvé (4’) – Patrick McEachen
Teddy Trabichet (A) (2’) – Antonin Manavian (2’)
Gardien :
Lukáš Horák [sorti de 58’16 à 59’48]
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Christophe Tartari, Adel Koudri, Dylan Fabre (préparation Mondiaux U20).
Angers
Attaquants :
Danick Bouchard – Cody Campbell – Loïc Farnier
Cédric DiDio Balsamo – Olivier Latendresse – Julien Albert (A)
Alexander Botten – Maxime Lacroix (A) – Clément Masson
Kévin Tassery
Défenseurs :
Patrick Coulombe (C) (4’) – Riley Sweeney
Neil Manning (2’) – Vincent Llorca
Connor Hardowa (2’) – Riley Guenther (2’)
Gardien :
Florian Hardy
Remplaçants : Isaac Charpentier (G), Jérémy Aymard, Bruno Baldris. Absents : Robin Gaborit (rupture partielle du tendon d’Achille), Gary Levêque, Marius Serer.










































