Olivier Dimet (Bordeaux) sans détours

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L’été pointe le bout de son nez et comme tous les clubs français, les Boxers de Bordeaux sont en vacances. Au menu, le bilan, le projet de la saison prochaine, le recrutement, tout ça sur fond d’interrogation. Cette année, COVID oblige, la situation sanitaire et la réalité économique viennent apporter une contrainte supplémentaire. Hockeyarchives est donc allé prendre des nouvelles d’un Olivier Dimet confiné mais motivé.

Sans détours, incisif, avec une philosophie de jeu, une vision d’avenir et aussi une remise en question sur certains choix. Entretien fleuve avec un technicien passionné, qui anticipe également l’avenir malgré les incertitudes.

Bonjour Olivier, tout d’abord comment ça va ?

OD : Bien, confiné comme tout le monde, et on fait attention.

Bien, rentrons donc dans le vif du sujet, avec le recul quelle est l’analyse de la saison dernière ?

OD : Le plus rageant reste de s’être fait sortir 4-0, puisque ça ne reflétait pas spécialement la physionomie de ce quart de finale, hormis le match 1 où on s’est fait largement dominer par Angers, en résistant uniquement grâce à une prestation XXL de Fouquy. Je crois que nous étions en capacité de remporter les 3 autres matchs, et ça ne s’est pas joué à grand-chose.

Il n’y a pas de hasard, c’est sans doute aussi le résumé de notre saison, on était proche et loin à la fois. C’est sûr que si l’on fait un bilan global de la saison, cela reste correct. Remettons les choses dans leur contexte, avec un effectif avec moins de talents que les années précédentes et une masse salariale fortement diminuée, pour revenir dans les clous suite au déficit d’il y a deux ans.

À partir de là, on a eu une équipe homogène, avec 4 lignes sensiblement égales. Le bilan est correct, on finit à la 6e place, comme la saison précédente, on a 20v/20d, l’année d’avant c’était 21v/23d, on a une meilleure attaque (7e cette année, 8e l’année dernière). Le point négatif est une bonne moins défense (6e / 4e), mais on a de meilleures unités spéciales. On ne peut pas dire que ce soit beaucoup moins bon.

En revanche, le point noir est à la maison. On a eu du mal à gagner des matchs, et il y a eu environ 9 matchs perdus avec un but d’écart, d’où le sentiment d’être près et loin à la fois. On n’a pas été efficaces à des moments-clés, on a manqué de tueurs devant la cage.

On a des questions un peu tactiques sur certains choix d’utilisation de joueurs, notamment sur Robin Colomban, et Charles-Eric Légaré, leur présence, leur rôle sur les supériorités et dans l’alignement.

OD : Je ne suis pas à la base quelqu’un qui aime changer ses lignes. Une fois la formule trouvée, on la garde. Mais il est vrai qu’au vu de la saison, on pourrait dire que ça n’a pas fonctionné comme on voulait. On en revient aux profils des joueurs, on n’avait pas de joueurs ultra-dominants, on avait un effectif homogène donc on avait choisi d’être réguliers sur toutes les lignes, donc on a choisi de redescendre Légaré pour donner un équilibre à l’équipe.

On a aussi été obligés de remettre Aïna Rambelo derrière après la blessure de Mitch Ferguson. Contre Angers, on savait que leur qualité offensive allait faire qu’ils nous domineraient, Rambelo faisait malheureusement un gros travail en attaque avec la ligne de Julien Guillaume et Mathias Arnaud, ça a même été la meilleure ligne sur plusieurs matchs cette année.

Les choix sont faits en fonction des disponibilités de joueurs, des formes et méformes. C’est ma décision, je l’assume sans regrets, mais l’idée était de tenir tête à Angers avec les 4 lignes. On savait qu’ils avaient 2 grosses lignes, on a tenté de faire la différence sur les 2 autres. Comme je l’ai dit, ça aurait pu tourner autrement, on a tué leur powerplay qui était le meilleur de la ligue. Sur les 2 matchs à la maison, on touche plusieurs fois les poteaux et la transversale. Il nous a manqué cette petite étincelle.

Robin Colomban est un joueur en devenir, plein d’espoirs, il a eu des hauts et des bas. Il a eu une grosse période en fin d’année vers novembre / décembre, et a subi le contrecoup après son passage en équipe de France. C’est un jeune joueur, l’objectif était de le monter en puissance sur quelques saisons. Tout le monde était d’accord, il serait d’ailleurs resté sans cette offre non refusable à l’étranger [NDLR : RoKi Rovaniemi en Mestis]. On a compris sa décision même si nous étions sur le point de prolonger. Ça fait partie des aléas.

Je ne vais pas me défausser des choix faits et des erreurs parce que l’on en fait tous, mais c’est difficile de dire qu’avec untel ou untel ça aurait été mieux ou moins bien. Sur le moment, c’est ce qui nous paraissait le plus opportun.

L’irrégularité de l’équipe n’a pas aidé…

OD : C’est certain, mais appelons un chat un chat. Avec 30% de masse salariale en moins, le niveau global est moins bon. On a eu du foie gras à Bordeaux pendant des années en vivant au-dessus de nos moyens, avec un recrutement de Top players. Aujourd’hui, pour raisons économiques, la voilure a été revue à la baisse.

Après, c’est simple, est-ce que l’on préfère remettre les choses dans le bon sens, et repartir de l’avant, ou tout cramer et se retrouver en D3 comme Lyon ou Épinal ? J’aurais aimé avoir d’autres moyens mais soyons lucides. Je conviens que les gens attendaient mieux, plus de victoires à la maison. Je sais qu’il y a des critiques, et ça fait partie du lot, d’ailleurs on les entend, on les prend en compte parce que l’on ne peut pas rester dans sa bulle, mais c’est difficile et parfois injuste quand les choses sont différentes à l’intérieur.

Ce qui est important, c’est d’en tirer les conséquences, et de ne pas refaire les mêmes erreurs à l’avenir. On avait une équipe homogène qui nous a rendu irréguliers parfois, maintenant on est aussi à notre place par rapport aux budgets de la ligue. Mais on n’a pas fait bien pire en termes de classement. Vu le budget, les choses reviennent à la normale après des années au-dessus de nos moyens.

Ça va prendre sans doute plus de temps, mais ça assurera l’avenir de Bordeaux en Ligue Magnus. Hormis Grenoble et Rouen qui sont des machines, quels autres clubs ont réussi à gagner tout de suite, du jour au lendemain ? Les choses doivent se construire, on doit donner une identité. Il y a eu beaucoup de joueurs talentueux mais le club a été rattrapé par l’aspect financier, il faut s’en servir pour construire l’avenir.

C’était ma première année au club, il fallait que je voie comment ça se passe, l’objectif n’était pas de tout révolutionner, il y avait de très bonnes choses mises en place mais il faut mettre sa patte maintenant. On a la même vision avec Stéphan Tartari, avec qui on se connaît très bien, on sait où on veut aller. Ça prendra peut-être un peu plus de temps que certains espèrent.

Le gros point noir de la saison, c’est quand même la coupe de France.

OD : Ah oui, ça on ne va pas se cacher, on s’est plantés. Je l’avais dit à ce moment-là, c’est une faute professionnelle. On est allés voir la finale à Bercy avec le Président et Stéphan Tartari, et on a vu l’évènement, ça donne encore plus de regrets, c’était énorme. On s’est vraiment dit qu’on voulait y venir. C’était un objectif, on s’est raté mais ça sera de nouveau un objectif les saisons prochaines.

Niveau effectif, prolongations, départs, arrivées, des choses se passent, on en est où ?

OD : Disons que nous sommes dans la recherche de l’équilibre entre l’amélioration de l’équipe et le financier. Certains joueurs n’ont pas répondu à nos attentes, ou pas fait la différence. Il y a beaucoup d’équipes avec une ligne forte, mais des joueurs que l’on ne peut pas se payer, français ou étrangers.

Il faut donc essayer d’aller chercher mieux, en respectant les contraintes et l’institution. On a dû se séparer de joueurs qui comptaient beaucoup humainement, et ça c’est le plus dur. On prend l’exemple de Jonathan Janil. Il a beaucoup donné pour le club, il a fait beaucoup d’efforts, et humainement c’est dur de dire à un mec que l’on ne va pas le reconduire. Mais par rapport à la construction du groupe, bon… ça fait mal, on s’en rend pas forcément compte de l’extérieur, ça je peux le comprendre. Mais il faut regarder la globalité, et l’ensemble. Choix difficile mais on l’assume.

On a aussi dû faire des choix avec Jonathan Lessard par exemple. Super personne, qui a toujours bossé, jamais triché, toujours à l’écoute de ses coéquipiers, qui se donnerait corps et âme pour son équipe.

L’idée va être d’avoir 2 lignes offensives plus percutantes, et un « bottom six » très travailleur pour l’équipe.

3 grosses arrivées à noter pour le moment.

OD : Mark Hurtubise a de l’expérience et va nous être utile pour être plus efficaces. C’est un joueur qui a fini dans les meilleurs pointeurs de son équipe partout où il est passé, il remplit 3 critères importants. Joueur de centre expérimenté, si on veut avoir la possession du palet, c’est mieux de le gagner aux face-offs, et pareil en powerplay.

On a déjà vu des joueurs de 35/36 ans être encore performants. On en a un qui est encore au club qui l’a prouvé il y a 2 ans [NDLR : Julien Desrosiers].

Puis on ramène Andrew Johnston. C’était un des gros joueurs du championnat, avec une constance au niveau de ses points, qui aime avoir le palet et nous aidera pour la possession. On garde Labelle et Poudrier. Je sais que Loïk Poudrier a eu un début de saison difficile à l’allumage, mais sa seconde partie de saison est vraiment bonne. Si on voit ce Poudrier une saison entière, on sera bien contents. Il est efficace en powerplay notamment.

On a aussi signé le meilleur pointeur du championnat danois, Johan Skinnars, un Suédois connu à Angers. Ça va amener une autre approche du jeu, du collectif et de la possession. On a réussi à le recruter, c’est bien. Avec Johnston ça devrait bien marcher, les profils sont complémentaires. Skinnars, c’est un joueur assez intelligent pour faire briller les autres, il est collectif et sait se faire oublier. Il va moins subjuguer les yeux que d’autres, il profitera d’un trou de souris, il aura la crosse sur la glace au bon moment, et à la fin du match il peut terminer avec un but et deux passes, et là tu te dis : ah oui, tiens.

On cherche un autre ailier et un défenseur n°1. On a Louis Belisle, aussi, top défenseur offensif de la ligue. On voudrait un autre défenseur solide, pour compléter un top 5 avec Jules Lefebvre en plus. Jules a joué environ 22 matchs, défenseur en devenir, vrai bon potentiel, bon coup de patin, bonne vision du jeu, il a un bon shoot, maintenant il a besoin de prendre conscience que pour réussir il faut être encore plus consciencieux, plus rigoureux, et qu’il trouve de la constance, qu’il prenne la mesure du jeu et pour ça il faut lui donner l’expérience. C’est comme Jules Gallet, c’est bien de garder ces deux jeunes, et de montrer qu’à Bordeaux on peut faire confiance à des jeunes.

Et puis il faut de tout dans une équipe. Aujourd’hui une équipe est faite de joueurs de rôles, pas que des stars, des buteurs. On a aussi des joueurs qui font des efforts, des sacrifices, qui mouillent le maillot. Des joueurs comme Aïna Rambelo, Julien Guillaume, Mathias Arnaud sont parfois critiqués parce que pas assez clinquants. Tu as autant besoin de ceux qui se jettent sur un palet en infériorité numérique que ceux qui vont mettre le but en supériorité numérique. Ce n’est pas ce que l’on leur demande et ils sont essentiels dans ce qu’ils amènent. Construire une équipe, c’est aussi ça.

En revanche, je vois aussi arriver les critiques sur le recrutement. Une fois que ce sera fini, la masse salariale n’augmentera pas par rapport à l’an passé. Non, Bordeaux ne recasse pas la tirelire. Le club a une bonne réputation, on a eu énormément de CV, visionné énormément de matchs de chaque joueur pour essayer de ne pas se tromper sur les profils des joueurs. On cherche aussi une mentalité. On m’en avait parlé avant que j’arrive, mais le « bien-vivre » à Bordeaux est vraiment là, si bien qu’à un moment donné on s’installe dans un confort, et on fait moins d’efforts.

À nous d’être malins, d’utiliser ce que l’on a à disposition. Stéphan Tartari a amené son réseau, j’ai le mien aussi, on essaie de faire matcher les deux.

Et les gardiens du coup ?

OD : On garde Clément Fouquerel qui reste l’un des meilleurs gardiens du championnat. On a proposé une évolution à Julian Junca, avec une promesse de temps de jeu supérieure à cette année, sachant qu’il a débuté 13 fois, ce qui n’était pas le cas l’année d’avant. Il a joué des Grenoble, des Rouen, et le match 4 des playoffs. C’était fait en accord avec l’entraîneur des gardiens mais Julian a opté pour le projet de Gap, on respecte et on lui souhaite bonne chance. Ce qui a été intéressant, c’est que Julian avait permis à Fouquy de souffler à des moments de la saison, c’est ce qui a en partie fait que Fouquy a été bon.

Avec Gaëtan Richard, on a le même projet, on a eu d’excellents échos, on va essayer de le faire progresser aussi. On essaiera de lui donner entre 7 et 10 matchs suivant comment ça se passe.

Je sais que certains n’ont pas compris pourquoi j’ai mis Junca dans le match 4. Faut savoir que Fouquy avait beaucoup donné avec 3 matchs en 4 jours, et à un moment donné quand tu perds 3-0, tu tentes quelque chose. C’était aussi une façon de montrer que l’on avait aussi confiance en Julian. La dépense d’énergie sur les 3 matchs nous a fait prendre cette décision.

Du coup on voulait parler de l’évolution du « projet Dimet », ça a été en partie évoqué, qu’est-ce qu’il manque encore ?

OD : J’essaie de beaucoup échanger avec mes joueurs, car le système c’est bien, mais si les joueurs n’adhèrent pas, ça ne marchera pas. Alors des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. Je leur dis aussi que, autant défensivement, je veux de la rigueur et un système appliqué à la lettre par tous, autant à l’offensive, il y a des principes de jeu, mais ce qui fera la différence c’est le talent individuel.

Si on commence à les brider, leur mettre des restrictions, à un moment donné ça devient difficile. Si le troisième homme est à la bleue et que le défenseur doit supporter l’attaque, hé bien qu’il supporte l’attaque. Le but n’est pas de faire n’importe quoi, et de respecter un schéma, pas aller n’importe où, n’importe quand, mais plutôt faire, quand et si on doit le faire, mais ne pas (s’)empêcher de le faire.

Si on commence à empêcher des McDavid de faire ce qu’ils font, quand il prend le palet à la rouge, qu’il met un café, 2 cafés, ce n’est pas de la tactique, c’est du talent individuel. Si aujourd’hui, tu lui dis que tactiquement ce n’est pas possible, qu’il doit rentrer par la bande, ou mettre le palet au fond, tu perds l’essence même du jeu.

C’est plutôt comme ça que je vois les choses. J’ai essayé d’amener ça cette année, toutes proportions gardées. Un joueur comme Andrew Johnston est dans cet esprit-là, et je sais qu’il s’est renseigné sur notre staff et notre philosophie de jeu avant de revenir. La créativité offensive c’est important, c’est ce qui fait la différence dans la zone de vérité. Si tu as l’option vas-y.

En tout cas, personne ne peut dire que l’on ne travaille pas, pour le bien de l’institution, parce que c’est ce qui est plus important. On est tous de passage, mon objectif est de rendre Bordeaux meilleur que quand je suis arrivé, mais y compris en termes de structure.

Alors, pour que ce soit pérenne, cela passe par la formation. Un grand club, ça passe par un centre de formation fort, et aujourd’hui Bordeaux est en retard. Une des missions du club est que le hockey mineur grandisse, et devienne à moyen terme pourvoyeur de joueurs. Pour Bastien Lemaître et Vince Tartari, on essaiera de donner du temps de jeu, ça dépendra de ce qu’ils donnent, c’est la continuité de Jules Gallet et Lefebvre. Petit à petit ils ont pris leurs marques, ont saisi leur chance.

Maintenant, on doit continuer aussi avec les licences bleues, avec Nantes notamment, pour que ces joueurs-là puissent passer les paliers entre les U20 et la Magnus. Ce n’est pas évident de lancer un jeune venant des U20, le fossé est important.

L’idée reste vraiment de travailler sur un projet global, que l’équipe sénior soit la plus performante et à moyen terme remporte un trophée, et que les jeunes grandissent. La stabilité économique des clubs est difficile, et si l’on peut se permettre que tous les ans un ou deux jeunes viennent intégrer l’effectif, ce ne sera pas un luxe dans quelques temps.

Le projet part même de plus bas. Pour amener des jeunes en U17/U20 élite, il faut qu’il y ait une formation solide en amont. Et cela part de l’école de hockey. Franchir les étapes les unes derrière les autres, c’est du travail de longue haleine. On avait essayé de le mettre en place à Anglet, et ils sont en train d’en récolter les fruits petit à petit, avec des U17 et U20 régulièrement dans le top 5 national, et des jeunes qui intègrent de plus en plus l’équipe première. Quand les moyens sont limités c’est une bouffée d’oxygène. Chez les Boxers il y a du boulot, mais on s’y attelle car c’est d’une importance capitale pour le futur.

Parlons du coup de l’été, et de la préparation. Comment on s’y prend quand on ne sait pas comment et quand la saison va reprendre, et surtout comment préparer l’équipe sans pouvoir réunir les joueurs ?

 OD : On attend de savoir quand ça débutera pour prévoir. On sait que le huis clos ne serait pas idéal. Cela fait un mois, un mois et demi, que notre préparateur physique, Brice Lefébure, a fait un programme individuel pour chaque joueur. À partir de demain, on commence des séances collectives en extérieur pour faire du lien avec les gars.

Il y a 2 profils en ce moment, ceux qui sont restés à Bordeaux et ceux qui n’y sont pas. Depuis le début du confinement, Brice envoie 6 séances par semaine aux joueurs avec « poids de corps ». En étant déconfinés, on a programmé 2 séances supplémentaires pendant les 15 premiers jours, en reprise collective en extérieur. On respecte évidemment le nombre de 10 personnes, et les règles sanitaires.

On va monter crescendo en juin et juillet, en attendant le début du championnat pour programmer et faire un rétroplanning.

Côté Ligue Magnus, on voit qu’Angers a fait un gros recrutement, quel est le sentiment ?

OD : Ils viennent vraiment s’ajouter à la hiérarchie avec Grenoble et Rouen. On part sur un trio de favoris, Rouen reste Rouen, on l’a bien vu cette année avec un début de saison compliqué, ils sont montés en puissance dans la 2e phase.

Angers affiche des ambitions pour aller chercher un titre, avec le recrutement d’un des meilleurs duos (Giroux/Halley) plus Kevin Dusseau, Nicolas Ritz, Maurin Bouvet. C’est dans la suite logique de ce qu’ils ont mis en place avec leur nouvelle patinoire. Maintenant il faut espérer pour eux que ce soit calculé financièrement et les incertitudes au niveau des partenariats.

Au niveau des analyses statistiques, on sait que vous avez suivi un peu ce que faisait Magnus Corsi, mais avez-vousprévu  des choses en interne chez les Boxers ?

OD : On a des choses depuis 4/5 ans, un travail statistique avec Didier Hecquet qui est en Suisse. Il a mis en place un logiciel et est venu à Bordeaux par l’intermédiaire de Philippe Bozon. Il m’avait proposé son aide quand j’étais à Anglet donc naturellement on a continué ce travail. On connaît tout ce qui est Iceberg ou InStat, mais en toute franchise on n’a pas les moyens.

À mon sens c’est très important. Ça ne change pas l’homme, mais ça apporte un œil différent, ça confirme ou infirme notre façon de voir les choses. On a échangé avec Thibaud Châtel, que je remercie au passage. C’est complémentaire, et je pense qu’à moyen terme, chaque club aura besoin d’une cellule statistique et vidéo performante.

Il est aussi important d’avoir les personnes compétentes derrière les manettes. Aujourd’hui, donner un chiffre pour donner un chiffre, on peut leur faire dire n’importe quoi, il faut que ce soit le plus pertinent possible. Si la NHL, SHL, Liiga, LNA le font, ce n’est pas par hasard. Si les grands clubs d’autres sports ont des staffs dédiés, ce n’est pas pour rien. En France, je ne dirais pas que nous sommes en retard, il y a aussi une histoire de moyens financiers, et humains, maintenant ça doit devenir une volonté de vouloir s’améliorer en se servant des moyens à disposition pour être le plus performant possible.

Je le redis, la vision qu’a apportée Magnus Corsi cette saison nous a été bénéfique à des moments-clés et nous a rassuré sur certaines choses lorsque l’on doutait, ça nous a incité à continuer aussi. À l’inverse, on a changé notre fusil d’épaule sur d’autres situations, pour moi tout est complémentaire dans le sport de haut niveau. La décision finale reste toujours humaine mais si vous avez tous les paramètres, c’est quand même plus facile de prendre la bonne décision.

Je regarde aussi un peu la NHL, mais surtout les situations spéciales, les face-offs, les sorties de zones, les powerplays, parce qu’ils sont aussi avant-gardistes malgré tout. Ils ont de tels moyens aussi…

On parlait de relations entre les joueurs, ce serait un bonheur de pouvoir analyser cela. Brice est assez avancé là-dessus, me fournit des bouquins aussi sur les stats avancées, sur les relations, on va essayer de le mettre en place aussi. Mais il faudrait quelqu’un qui ne fasse que ça. C’est moi qui vois les matchs, déjà que j’y passe 4 heures par match, en plus il y a ceux des adversaires, si en plus je dois faire de la stat je n’aurais pas assez de journées de 24h (rires). Avec 2/3 matchs par semaine, on ne peut pas.

On ne peut pas non plus externaliser car nous n’avons pas les moyens financiers ni le budget pour. La priorité est donnée à l’humain, aux joueurs. Maintenant on sait aussi que le développement de ce sport en France passe par la télévision.

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