Un premier tiers-temps de rêve
La Swiss Life Arena de Zurich, comble avec 10 000 spectateurs (dont l’ancien international Mark Streit et le skieur Marco Odermatt en tribunes), n’a pas eu le temps de s’installer. Après seulement 40 secondes de jeu, Dominik Egli arme un centre-tir astucieusement dévié par Attilio Biasca au-dessus de l’épaule de Justus Annunen (1-0, 00’40”). C’est le tout premier but du Fribourgeois dans ce Mondial, récompensant ses efforts sur le premier trio aux côtés de Nico Hischier et Timo Meier.
La Finlande tente de réagir immédiatement par Jesse Puljujärvi, qui se présente seul face à Reto Berra – préféré ce soir à Leonardo Genoni –, mais le portier zurichois remporte ce duel crucial. Dans la foulée, la Suisse double la mise : Tim Berni s’offre une superbe percée plein axe, attire trois défenseurs et lance au but ; le rebond accordé par Annunen n’est pas dégagé proprement par les finlandais et est converti par Ken Jäger qui nettoie la lucarne (2-0, 03’59”). Dominateurs, les hommes de Jan Cadieux manquent de corser l’addition par Sven Andrighetto ou Calvin Thürkauf, tandis que Berra fait bonne garde devant Mikko Lehtonen et Patrik Puistola. En fin de tiers, Hannes Björninen doit même concéder une pénalité sur Biasca pour avorter un deux-contre-un initié par Hischier.
Le réveil des Lions et le show Barkov
Le deuxième tiers-temps montre un tout autre visage. Moins incisive, la Suisse recule, subit le forecheck nordique et ne parvient à cadrer que deux lancers durant ces vingt minutes. Pourtant, la Nati passe tout près de tuer le match, d’abord en supériorité numérique où Nico Hischier dévisse sa tentative face au but ouvert, puis sur un lancer excentré de Meier qui rebondit sur le patin du capitaine des Devils sans trouver le cadre.
La sentence est immédiate. Le capitaine finlandais Aleksander Barkov, de retour au jeu après une saison régulière perturbée par les blessures, sonne la révolte. Après un duel gagné le long de la bande et un relais avec Henri Jokiharju, il conclut en deux temps au second poteau (2-1, 32’48”). La Suisse réagit et passe à quelques millimètres du break : Meier et Dean Kukan combinent pour servir Nino Niederreiter dans le slot. Le tir du joueur des Jets glisse entre les jambières d’Annunen, mais Urho Vaakainen réalise un sauvetage miraculeux sur sa ligne. Sur le contre immédiat, Konsta Helenius lance une transition létale et sert Barkov – patient pour mettre Berra à terre – pour le doublé (2-2, 35’18”). En l’espace de trois minutes, la Finlande a refait son retard.
Le réalisme helvétique en supériorité numérique
L’ultime période bascule dans un défi purement physique, où les Finlandais haussent le ton face à des Suisses qui ne reculent. Le jeu se durcit, la zone neutre se verrouille et les accrochages se multiplient après chaque coup de sifflet, à l’image d’une explication tendue entre Hischier et Aatu Räty suite à un cinglage sur Meier.
Le tournant du match intervient à la 57e minute : sous la pression du forecheck, Mikko Lehtonen envoie le palet directement en tribune, écopant d’une pénalité mineure pour retard de jeu. Le jeu de puissance helvétique, redoutable depuis le début du tournoi, ne laisse pas passer sa chance. Théo Rochette (utilisé comme 13e attaquant mais précieux en avantage numérique) et Timo Meier permutent rapidement pour déstabiliser le carré finlandais et servir Jäger dans le slot, qui inscrit le but de la délivrance à bout portant (3-2, 56’47”). Malgré la sortie d’Annunen pour un sixième joueur de champ, la Suisse reste sereine. Jäger intercepte et sert idéalement Hischier qui parachève le succès suisse dans la cage vide (4-2, 59’05”).
Cap sur les quarts de finale
Avec ce septième succès de rang, l’équipe de Suisse valide avec panache son statut de leader du Groupe A. Capables de répondre au défi physique et de se montrer particulièrement « clutch » en fin de match, les Helvètes héritent cependant de la Suède en quarts de finale, programmés jeudi soir (20h20) à la Swiss Life Arena. Si la Tre Kronor déçoit depuis le début du tournoi, elle reste historiquement la bête noire de la Nati. De leur côté, les Lions finlandais terminent deuxièmes et affronteront la République Tchèque.

Déclaration d’après-match
Ken Jäger (attaquant, Suisse): « C’est très cool d’avoir marqué ces 2 buts et c’est plaisant d’avoir pu aider l’équipe. On a bien entamé la partie en marquant 2 buts. Puis les Finlandais ont retrouvé leur jeu en 2e période et ont pu égaliser. Mais on est restés patients et calmes sur le banc. Et on a pu faire la différence au final. On savait que ce serait une rencontre serrée. Nous sommes prêts pour les quarts de finale. La Suède a une bonne formation lors de chaque Mondial. Leur jeu est rapide ».
Damien Riat (attaquant, Suisse): « C’était bien de finir cette phase de groupes avec un match plus difficile. C’était un test pour montrer le meilleur de nous-mêmes. On a été capables de mettre la 2e vitesse sur la fin, avec ce but en power-play qui nous a fait du bien. La Finlande est une bonne équipe. Si tu leur laisses un peu d’espace, ils le mettent à profit. Mais dans l’ensemble, on a super bien tenu le coup. Les nombreux accrochages et débuts de bagarres? Les arbitres auraient pu siffler quelques pénalités supplémentaires afin de calmer les esprits. Maintenant, les choses sérieuses commencent. L’historique défavorable contre la Suède? Il n’y a que vous, les journalistes, pour regarder ce genre de choses. Si on veut aller jusqu’au bout, il faut battre n’importe qui ».
Mikael Granlund (attaquant, Finlande): « Nous aurions pu gagner. Évidemment, tout est une question de petits détails. Ils ont marqué leur but en supériorité numérique à la fin. On a assisté à une partie entre 2 bonnes équipes. Cela aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre ».
Suisse – Finlande 4-2 (2-0, 0-2, 2-0)
Mardi 26 mai 2026 à 20h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 10 000 spectateurs.
Arbitres : Nolan Bloyer (USA) et Andre Schrader (GER) assistés de Shane Gustafson (USA) et John Rey (USA).
Pénalités : Suisse 8’ (2’, 2’, 4’); Finlande 14’ (4’, 4’, 6’).
Tirs : Suisse 24 (10, 4, 10); Finlande 26 (8, 8, 10).
Évolution du score :
1-0 à 00’40” : Biasca assisté de Egli
2-0 à 03’59” : Jäger (sans assistance)
2-1 à 32’48” : Barkov assisté de Jokiharju et Heinola
2-2 à 35’18” : Barkov assisté de Helenius et Jokiharju
3-2 à 56’47” : Jäger assisté de Meier et Rochette (sup. num.)
4-2 à 59’05” : Hischier assisté de Jäger et Meier (cage vide)
Suisse
Attaquants :
Timo Meier (+3) – Nico Hischier (A, +2, 2’) – Attilio Biasca (+1)
Nino Niederreiter (-1) – Nicolas Baechler (-1) – Christoph Bertschy (2’)
Sven Andrighetto (A) – Denis Malgin – Calvin Thürkauf (-1)
Simon Knak (+1) – Damien Riat (2’) – Ken Jäger (+2)
Théo Rochette
Défenseurs :
Dominik Egli – Roman Josi (C, +1)
Dean Kukan (-1) – Christian Marti
Tim Berni (0, 2’) – Janis Moser (A, +2)
Sven Jung
Gardien : Reto Berra (24/26, 92,31%)
Remplaçant : Leonardo Genoni (G). Non équipés : Sandro Aeschlimann, Lukas Frick, Pius Suter.
Finlande
Attaquants :
Mikael Granlund (A) – Aleksander Barkov (C) – Konsta Helenius
Patrik Puistola – Anton Lundell (-1, 2’) – Lenni Hämeenaho (-1)
Jesse Puljujärvi (-1) – Aatu Räty (-1, 2’) – Sakari Manninen (-1)
Waltteri Merelä – Hannes Björninen (2’) – Saku Mäenalanen (2’)
Défenseurs :
Henri Jokiharju (+1, 2’) – Ville Heinola (+1)
Mikko Lehtonen (-1, 2’) – Vili Saarijärvi
Olli Määttä (A, -1) – Nikolas Matinpalo (-1)
Urho Vaakanainen (2’)
Gardien : Justus Annunen (20/23, 86,96%)
Remplaçant : Joonas Korpisalo (G), Janne Kuokkanen . Non équipés : Sami Päivärinta, Harri Säteri, Mikael Seppälä.







































