Relégué sans que le championnat ait pu se finir

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Si l’attribution du titre a fait polémique en France, la controverse est encore plus forte en Norvège : le championnat a été attribué à la moyenne de points, et même la relégation a été confirmée… alors que le hockey sur glace est à l’arrêt depuis près de trois mois, avec un championnat du monde à préparer.

La Norvège avait commencé son championnat dans une certaine euphorie. Le Covid-19 avait annulé les play-offs comme partout l’an passé, mais l’État avait largement aidé les clubs de première division avec 2,2 millions d’euros au printemps 2020. Pour la nouvelle saison, la compagnie d’électricité Fjordkraft a déboursé 1,4 millions d’euros pour le « naming » de l’ancienne « GET »-ligaen.

Les restrictions prises à l’automne n’ont pas tardé à frapper. Storhamar, limité à 200 spectateurs, a réclamé l’aide de l’État pour survivre. Mais il avait déjà pris la grosse part de l’aide au printemps… parce qu’il était déjà en dessous de son budget avant la pandémie de Covid-19. C’est l’ancien directeur du club, Njål Berge, responsable du redresssement des affluences et des finances de Storhamar, qui a critiqué le modèle économique du club dans le Hamar Arbeiderblad : le club vit au-dessus de ses moyens en comptant sur les recettes aux guichets y compris dans un long parcours en play-offs. Storhamar s’est alors défendu en disant que les salaires ont diminué et que personne ne gagne plus au-dessus de 28 000 euros. Or, la star Patrick Thoresen dément lui-même ce chiffre ! Le club explique alors qu’il s’agit de primes, sans doute pas difficiles à atteindre si Thoresen les tient pour acquises…

La vraie douche froide est intervenue début janvier avec l’arrêt forcé du championnat en raison des conditions sanitaires. Les clubs ont longtemps espéré reprendre, Vålerenga en respectant les mesures strictes dans la capitale Oslo, c’est-à-dire en s’entraînant par groupes de huit, avec distanciation et en plein air (par des températures descendant parfois en dessous de -10°C). Mais fin février, le gouvernement a reporté au dernier moment la reprise du sport au haut niveau.

Mercredi 17 mars, le monde du hockey prend acte de l’impossibilité de reprendre : la fédération arrête la saison après dix semaines d’arrêt. Le titre sera attribué à la moyenne de points. Frisk Asker, qui avait un point de retard sur Storhamar, est donc sacré champion de Norvège puisqu’il comptait aussi un match en moins. Mais le plus malheureux fut Narvik, qui doit descendre avec 1 point de plus mais 7 matches de plus que Grüner. La Norvège est un des rares pays en Europe à avoir maintenu la relégation, or l’équité est en question avec l’arrêt abrupt de la saison.

Narvik a présenté des arguments : le club situé au nord du cercle polaire joue ses matches par paire pour limiter les longs déplacements vers le reste du pays, et il a donc joué 19 de ses 27 rencontres contre les équipes du Top-5. Pourrait-on envisager un repêchage, quitte à jouer la prochaine saison à 11 équipes ? La décision a été prise cette semaine par la fédération norvégienne, la NIHF, qui a maintenu sa position : « Le Conseil Fédéral a clarifié que la décision prise avant le début de saison était prise. C’est une question de prévisibilité pour les clubs et nous croyons que sportivement il est mieux pour le hockey norvégien d’avoir 10 équipes en Fjordkraft liga. Cette décision signifie que Narvik est relégué en division 1 alors que Ringerike est promu. »

Ringerike avait une courte avance sur son concurrent Lørenskog (1 point en plus et 1 match en moins) au moment où les rideaux ont été tirés sur les compétitions sportives début janvier.

Alors même que les Britanniques ont créé exprès une mini-compétition, la Norvège est le seul pays représenté aux prochains Mondiaux dont le championnat national ne se sera pas joué dans les mois précédents. Or, la moitié des internationaux joue au pays. Le vétéran Patrick Thoresen s’est déclaré pas sûr de se maintenir en forme jusqu’en mai… Son père Petter Thoresen, qui vient de prolonger son contrat de sélectionneur, assemblera l’équipe le 6 avril, ce qui fera 7 semaines de préparation commune avant les Mondiaux. Il faudra bien ça pour remettre dans le rythme de joueurs qui n’auront plus joué depuis trois mois.

Le championnat de Norvège 2020/21.

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