Il reste quatre places non attribuées dans l’équipe de Russie, dont une pour Nikita Nesterov qui finit sa quarantaine. La Sbornaïa n’a pas attendu plus longtemps et a dévoilé les noms des trois renforts de NHL : le gardien Ilya Samsonov et le défenseur Evgeni Orlov (Washington) ainsi que l’attaquant Vladimir Tarasenko (Saint Louis). Pour une fois, Ovechkin – blessé – ne débarquera donc pas aux championnats du monde par le premier avion. Tarasenko, lui-même revenu de blessure peu avant la fin de saison régulière, est néanmoins lui aussi un buteur de grande qualité, même si ses multiplies opérations de l’épaule ont haché sa carrière.
Certains médias russes auraient préféré Kaprizov en attaque. Il pourrait être disponible dès la nuit prochaine, de même que Bobrovsky, alors que Samsonov est le moins coté et le moins expérimenté des gardiens russes en play-offs NHL. Mais le staff russe ne veut pas passer des nuits blanches à attendre une élimination qui n’a rien de sûr. Chaque jour compte avec les règles sanitaires qui imposent un délai de cinq jours sur place avant de pouvoir jouer : Samsonov et Tarasenko ont l’avantage d’avoir déjà un visa, ce qui évite une escale à Moscou pour s’en faire un. Il n’est pas impossible qu’ils soient présents lundi prochain pour le match contre la Suède… qui sera peut-être celui de la dernière chance pour la Tre Kronor.
Certaines équipes n’attendent pas pour prendre des points, à commencer par la Slovaquie et la Russie qui ont commencé par deux victoires avant leur affrontement du jour. Craig Ramsay a mis ses deux joueurs de 17 ans au repos face aux gros gabarits russes et a fait rentrer tous ses remplaçants. Du côté de la Sbornaïa, après les blessures d’Okulov et de Grigorenko (a priori moins grave pour ce dernier), le premier trio est encore modifié avec l’ailier physique Dmitri Voronkov dans un rôle de complément sans doute provisoire. La vraie première ligne attendra peut-être Tarasenko. Dans l’immédiat, Valeri Bragin aligne toujours au coup d’envoi sa quatrième ligne (Timkin – Kamenev – Shvets-Rogovoy) pour neutraliser les meilleurs joueurs slovaques. Cela ne fonctionne pas : dès la première minute, le palet retombe juste à côté du poteau sur une jolie déviation aérienne de Marek Hrivik.
Les meilleures occasions restent ensuite en faveur de la Slovaquie. La plus belle est obtenue grâce à une action très intelligente du capitaine slovaque Marek Daloga qui, en passant derrière la cage, donne le palet en retrait à Michal Kristof. Le revers du centre des Kärpät est repoussé de justesse par le bouclier d’Aleksandr Samonov. Même si ce premier tiers-temps ne lui est pas favorable, il se termine bien pour la Russie : Cehlarik commet une faute en zone offensive à 14 secondes de la fin en accrochant Kuzmenko qui a intercepté sa passe. De quoi décupler les attentes pendant la pause avant ce premier powerplay… qui n’arrivera même pas à s’installer.
La Russie réussit de bonnes séquences en zone offensive à 5 contre 5, mais c’est la Slovaquie qui ouvre le score sur une action installée. Grigori Dronov sauve pourtant une première fois le palet sur sa ligne de but, mais ses coéquipiers de l’attaque ne finissent pas le travail : la passe d’Ivan Morozov arrive dans les patins d’Anton Burdasov qui n’arrive pas à dégager hors de sa zone. Milos Roman lui prend la rondelle et la donne en retrait à un des nouveaux entrants du jour, Miloš Kelemen, qui marque d’un tir flottant du poignet pour son tout premier match en championnat du monde (1-0). Skalický se fait néanmoins pénaliser sur la mise au jeu en levant sa crosse au visage de Timkin. La Sbornaïa égalise sur cette supériorité numérique : Anton Slepyshev passe de derrière la cage à Sergei Tolchinski dont le one-timer est soulevé en lucarne par le pied d’Aleksandr Barabanov (1-1). Comme le dégagement préalable de Rosandic avait été intercepté du gant par Shalunov et repris par Provorov, l’action aurait toutefois dû être arrêtée pour passe à la main.
Le score nul est logique jusqu’ici mais la Russie prend de plus en plus la possession. Elle ne réussit toutefois pas à concrétiser, à l’image de son capitaine Anton Slephysev qui n’arrive pas à lever le palet face au gardien Július Hudáček en début de troisième période. Les Slovaques, eux, se sacrifient face aux assauts rouges, tel Studenic qu’il faut aider à marcher jusqu’au vestiaire après avoir pris un slap de Shalunov dans le pied. Non seulement la Russie ne fructifie pas sa longue occupation de la zone offensive, mais elle y prend même une pénalité : une charge avec la crosse de Shalunov dans le dos de Janosik à sept minutes de la fin. Le slap à ras glace de Martin Gernat est alors dévié par le patin de Shvets-Rogovoy (2-1). Pour la seconde fois de la soirée, un pied russe dévie un palet en lucarne, mais cette fois c’est contre son camp !
Même les lignes russes modifiées (Voronkov est retourné en deuxième ligne et le treizième attaquant Galimov a pris sa place sur le premier bloc) ne peuvent renverser la situation en fin de match. Au contraire, la Sbornaïa a perdu son élan depuis le but slovaque et n’est plus du tout dangereuse. Quand elle sort son gardien, Cehlárik fait une politesse à son capitaine Ďaloga en lui donnant le palet en retrait pour le dernier but dans les filets déserts (3-1). Bragin demande à vérifier un potentiel hors-jeu, mais Cehlárik avait gardé le patin sur la ligne. La pénalité coûtée par ce « challenge » perdu n’a plus d’importance, il aurait été difficile de remonter les deux buts de retard en une minute.
Cette défaite russe met en lumière des limites de l’attaque russe qu’un seul joueur ne saurait corriger, avec tout le respect qu’on doit à Tarasenko. On posera le problème différemment : la défense ayant déjà eu sa dose de renforts de NHL, pourquoi les Russes ont-ils appelé Orlov – qui n’a pas de visa et devra faire escale à Moscou – au lieu d’attendre un second attaquant supplémentaire ? L’avenir dira si cette stratégie était la bonne. La blessure en cours de partie de Kuzmenko, si elle s’avère sérieuse, pourrait la compliquer un peu plus.
En attendant, la Slovaquie, qui bat régulièrement la Russie aux Jeux olympiques, y parvient de nouveau aux championnats du monde après 17 ans d’attente. Elle se retrouve ainsi avec un bilan parfait et 9 points au compteur. Si elle se qualifie pour les quarts de finale, et si la Suisse en fait autant, cela signifie qu’au moins un grand pays de hockey va forcément vivre une gifle mémorable. On va beaucoup s’amuser cette semaine avec ces Mondiaux de Riga. Mais dans les camps suédois, tchèque, voire russe, on va beaucoup moins rire…
Désignés joueurs du match : Július Hudáček pour la Slovaquie et Aleksandr Samonov pour la Russie.
Commentaires d’après-match :
Martin Gernat (défenseur de la Slovaquie) : « On s’est dit dans le vestiaire après la deuxième période qu’un tir peut décider du match. C’est arrivé. Je suis content d’avoir été le buteur. Je suis extrêmement heureux pour la victoire et pour les trois points. Le groupe est fort, on a essayé de jouer dur et simple. Nous avons gagné un gros match pour la Slovaquie. »
Slovaquie – Russie 3-1 (0-0, 1-1, 2-0)
Lundi 24 mai 2021 à 16h15 à l’Olimpiskais sporta centrs de Riga. Huis clos.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Kristian Vikman (FIN) assistés de Lauri Nikulainen et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Slovaquie 4′ (2′, 2′, 0′) ; Russie 6′ (2′, 0′, 4′).
Tirs : Slovaquie 27 (12, 6, 9) ; Russie 25 (11, 9, 5).
Évolution du score :
1-0 à 30’00 : Kelemen assisté de Roman
1-1 à 31’06 : Barabanov assisté de Tolchinsky et Slepyshev (sup. num.)
2-1 à 53’19 : Gernát assisté de Hrivík et Cehlárik (sup. num.)
3-1 à 58’59 : Ďaloga assisté de Cehlárik et Hrivík (cage vide)
Slovaquie
Attaquants :
Peter Cehlárik (+1, 2′) – Marek Hrivík (A, +1) – Robert Lantoši (+1)
Kristián Pospíšil – Michal Krištof (A) – Adrián Holešinský
Miloš Kelemen (+1) – Miloš Roman (+1) – Marián Studenič (+1)
Adam Liška – Matúš Sukeľ – Pavol Skalický (2′)
Défenseurs :
Mislav Rosandič – Martin Gernát
Marek Ďaloga (C, +1) – Martin Bučko
Michal Ivan – Daniel Gachulinec
Adam Jánošík (+2) – Samuel Kňažko (+1)
Gardien :
Július Hudáček
Remplaçant : Adam Húska (G). En réserve : Branislav Konrád (G), Šimon Nemec, Mário Grman (D), Juraj Slafkovský, Martin Faško-Rudáš, Dávid Buc (A).
Russie (2′ pour retard de jeu)
Attaquants :
Aleksandr Barabanov (-1) – Maksim Shalunov (-1, 2′) – Dmitri Voronkov
Anton Slepyshev (C, -1) – Pavel Karnaukhov – Sergei Tolchinsky
Andrei Kuzmenko (-1) – Ivan Morozov (-2) – Anton Burdasov (A, -2)
Evgeny Timkin – Vladislav Kamenev (2′) – Artyom Shvets-Rogovoy
Emil Galimov
Défenseurs :
Nikita Zadorov – Artyom Zub
Vladislav Gavrikov (A) – Ivan Provorov (-1)
Grigory Dronov (-1) – Igor Ozhiganov (-1)
Rushan Rafikov
Gardien :
Aleksandr Samonov [sorti de 58’38 à 58’59]
Remplaçant : Ivan Bocharov (G). En réserve : Mikhail Grigorenko (blessé), Konstantin Okulov (acromio-claviculaire).