Brian Boyle met le premier but et le premier coup de p…

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Huit ans après, la Slovaquie revient enfin en quart de finale des championnats du monde. En 2013, elle était portée par ses vétérans en fin de carrière, mais aujourd’hui elle retourne à ce niveau avec une équipe très jeune, dont deux joueurs mineurs qui portent encore une grille (Slafkovský et Nemec). Les Américains ont eux aussi une formation assez jeune, mais ils ont fait preuve plus de maturité, avec la meilleure défense du tournoi et des gardiens solides. Tout le contraire d’une Slovaquie qui reste sur un match « portes ouvertes » sans enjeu face aux Tchèques (3-7). Puisque Branislav Konrád est blessé et que le style de Július Hudáček est parfois déconseillé aux cardiaques, le staff slovaque titularise le gardien numéro 3, l’inexpérimenté Adam Húska, qui joue depuis six ans aux États-Unis.

Le début de match est décevant : les Slovaques patinent mollement, les Américains pressent peu, mais les défenseurs blancs leur font quand même des cadeaux, dont une passe douteuse de Miloš Roman qui offre le premier tir cadré à Donato. Après trois minutes de cet acabit, Robert Lantosi commet une faute paresseuse en zone offensive, puis Mario Grman accroche Conor Garland près du but 14 secondes plus tard. Les États-Unis bénéficient d’une situation idéale et la passe devant le but de Garland donne un but presque fait à Trevor Moore… qui n’arrive pas à lever le palet et tire dans la botte d’Adam Húska ! Après six minutes, les Américains mènent donc 8 tirs à 0 mais donnent surtout le sentiment d’un grand gâchis alors que leur adversaire a tendu tous les bâtons pour se faire battre !

La scoumoune semble ensuite s’abattre sur l’équipe américaine : elle perd sur blessure Matt Roy, secoué par une charge épaule contre épaule pleine glace de Mario Grman, puis Matty Beniers, qui se tord la cheville dans un choc avec la balustrade. Mais la chance revient après 13 minutes sous la forme d’un rebond favorable : un lancer slovaque non cadré de Marian Studenic frappe la balustrade et revient sur Brian Boyle qui a le champ libre sur l’aile gauche car le défenseur de 17 ans Nemec est monté trop haut alors que ses coéquipiers changeaient de ligne. Le capitaine remplaçant prend alors un lancer excentré qu’Adam Húska laisse passer au-dessus de sa mitaine (1-0).

2021 06 03 usa svk2Sur une nouvelle contre-attaque, Eric Robinson déborde Lantoši et centre pour la remise de Kevin Labanc – fils d’un ancien hockeyeur slovaque qui a encore de la famille au pays – vers Colin Blackwell qui fusille Huska au niveau de sa botte droite (2-0, image de droite). Deux buts assez moyens pour le jeune gardien slovaque…

Les Slovaques ont quelques occasions, mais sans trouver la faille d’un Cal Petersen serein. Miloš Kelemen passe devant le gardien mais n’arrive pas ensuite à conclure dans la cage ainsi ouverte, gêné par le retour défensif. Trente secondes avant la pause, Conor Garland aggrave encore la situation : il contourne Marek Ďaloga qui s’est couché un peu vite pour empêcher un centre et place le palet au-dessus de la botte droite de Huska (3-0). Puis, juste avant de rentrer aux vestiaires, Miloš Roman reste étendu en se tenant l’entrejambe, où Brian Boyle a levé sa crosse. Ce coup vicieux a échappé aux arbitres, qui demanderont ensuite aux joueurs de ne pas chercher à se venger pour éviter que le match ne dégénère.

Ce n’est pas l’esprit de la Slovaquie qui revient sur la glace avec de bonnes intentions, en se mettant enfin à patiner. Elle réussit 7 tirs à 1 en huit minutes, dont deux lancers très dangereux depuis l’enclave par Roman, sur passe en retrait de Kelemen, et par Gernát en déviation. L’unique tir américain, sur un 2 contre 1 de Moore et Labanc, donne lieu à un bon déplacement latéral de Húska. Celui-ci se rassure, d’autant qu’il n’a pas l’exclusivité des mauvais buts…

2021 06 03 usa svk3Alors que les arbitres viennent d’indiquer une pénalité différée, Cal Petersen bouche mal son angle et laisse passer un lancer très excentré de Peter Cehlárik entre son bras et son poteau (3-1). Pour ne pas laisser croire à leurs adversaires qu’ils peuvent revenir, les États-Unis mettent alors une grosse pression en zone offensive pendant plusieurs minutes. Colin Blackwell concrétise cette domination en reprenant dans une cage grande ouverte une passe transversale de Robinson (4-1). Un but entaché d’une crosse haute non sifflée qui avait atteint Liška au visage.

Les fautes qui ont échappé aux arbitres sont sans influence sur le résultat car la Slovaquie a perdu le match avant, en entrant dans ce match à l’envers. Les Américains sont dans un fauteuil pour se qualifier. En troisième période, Brian Boyle en haut d’enclave initie un jeu en triangle, Sacha Chmelevski et Craig Wolanin redoublent les passes transversales devant la cage (5-1). Un lancer de Kristián Pospíšil frappe la barre transversale sur une contre-attaque. C’est donc Conor Garland qui met le dernier but d’un slap lointain (6-1).

2021 06 03 usa svk4Le plus surprenant n’est peut-être pas tant la victoire des Américains que la méthode employée. Ils n’ont pas toujours utilisé un jeu à haute intensité (sauf au moment de leur réaction impressionnante après le but slovaque) mais ont plutôt abandonné la possession en exploitant cruellement les ingénuités de la Slovaquie dans les transitions défensives. Le coach Jack Capuano semble parfaitement identifier les faiblesses de son adversaire. Pour la première fois de leur histoire, les États-Unis aborderont une demi-finale de championnat du monde en position de nets favoris.

D’ici là, il faudra certainement que Capuano se trouve un nouveau capitaine. Alors qu’Abdelkader est en béquilles sur le banc, on voit mal comment le second choix Brian Boyle pourrait sortir indemne de la prochaine commission de discipline après ce très vilain geste qui n’a rien faire dans le hockey international (et dans le hockey tout court).

Désignés joueurs du match : Colin Blackwell pour les États-Unis et Adam Jánošík pour la Slovaquie.

Commentaires d’après-match :

Ján Pardavý (entraîneur-adjoint de la Slovaquie) : « La clé de ce match a été le premier tiers-temps. Nous avons joué à 3 contre 5 au début, nous avons bien joué cette situation, mais cela a semblé fixer l’orientation du premier tiers. Les Américains étaient bien plus rapides et plus forts dans les duels individuels, c’est pourquoi ils méritent de se qualifier en demi-finale. Nous avons laissé une bonne impression dans ce tournoi parce que nous avons bien joué la plupart des matches en termes de mouvement et d’agressivité. Nous n’avons pas réussi trois matches, contre la Suisse où nous avons pris beaucoup de pénalités, contre la République Tchèque et aujourd’hui contre les États-Unis où nous avons raté le premier tiers. »

Craig Ramsay (entraîneur de la Slovaquie) : « Je voulais que nos joueurs entrent dans le match avec détermination et émotion. Ce fut le contraire. Nous avons débuté sous pression, puis il y a eu deux pénalités. Sur la première, notre joueur était accroché mais l’Américain n’a pas été en prison. Nous avons bien défendu en double infériorité, malheureusement nous avons pris deux buts par la suite. Le geste de Boyle est typique d’un Américain qui s’en prend à un Slovaque. En plus, il a choisi un joueur de petite taille pour montrer sa force. Il ne pourrait jamais se permettre ça en NHL, il devait le montrer dans ce match. Triste et pathétique. »

 

États-Unis – Slovaquie 6-1 (3-0, 1-1, 2-0)
Jeudi 27 mai 2021 à 16h15 à l’Arena Riga.
Arbitres : Andre Schrader (ALL) et Michael Tscherrig (SUI) assistés de Jonas Merten (ALL) et David Obwegeser (SUI)
Pénalités : États-Unis 6′ (0′, 2′, 4′) ; Slovaquie 6′ (4′, 0′, 2′).
Tirs : États-Unis 33 (16, 10, 7) ; Slovaquie 28 (7, 12, 9).

Évolution du score :
1-0 à 13’08 : Boyle
2-0 à 15’25 : Blackwell assisté de Labanc et Robinson
3-0 à 19’30 : Garland assisté de Moore et Jones
3-1 à 32’12 : Cehlárik assisté de Lantoši
4-1 à 36’50 : Blackwell assisté de Robinson et Labanc
5-1 à 45’15 : Chmelevski assisté de Wolanin
6-1 à 58’45 : Garland assisté de Wolanin et Moore

États-Unis

Attaquants :
Jason Robertson (+1) – Trevor Moore (+2, 2′) – Conor Garland (+2)
Matti Beniers puis Eric Robinson (+2) – Colin Blackwell (A, +2) – Kevin Labanc (+2)
Ryan Donato (-1) – Jack Drury (-1) – Tage Thompson (-1)
Kevin Rooney (+3) – Brian Boyle (C, +2) – Sasha Chmelevski (+2)

Défenseurs
Christian Wolanin (+4) – Matt Roy (A)
Zac Jones (+4, 4′) – Matt Tennyson
Matt Hellickson – Connor Mackey (+1)
Chris Wideman (+1)

Gardien :
Cal Petersen

Remplaçant : Jake Oettinger (G). En réserve : Anthony Stolarz (G, cheville), Drew Commesso (G), Ryan Shea, Adam Clendening (D), Justin Abdelkader (A, genou).

Slovaquie

Attaquants :
Peter Cehlárik (C) – Marek Hrivík – Robert Lantoši (2′)
Marián Studenič (-2) – Michal Krištof (A, -1) – Juraj Slafkovský (-1)
Kristián Pospíšil (-2) – Miloš Roman (-3) – Miloš Kelemen (-2)
Adam Liška (-2) – Matúš Sukeľ (-2) – Dávid Buc (-3)

Défenseurs :
Samuel Kňažko (A, -1) – Martin Gernát (-1)
Mislav Rosandič (-1) – Šimon Nemec (-4)
Adam Jánošík (A, 2′) – Mário Grman (2′)
Marek Ďaloga (C, -3) – Martin Bučko

Gardien :
Adam Húska

Remplaçant : Július Hudáček (G). En réserve : Branislav Konrád (G, blessé), Daniel Gachulinec, Michal Ivan (D), Martin Faško-Rudáš, Adrián Holešinský (A), Pavol Skalický (A, mariage).

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