Battu à Anglet (0-4) sept jours auparavant, Amiens a pu se mettre au repos et récupérer physiquement, mais également un cadre en Janis Svanenbergs enfin de retour de blessure. Et si l’on se disait que cette semaine “off” – avec notamment impossibilité de monter sur la glace durant le week-end pour cause de gala de MMA prenant place dans la grande arène du Coliseum – les nouvelles se sont retrouvées finalement mauvaises pour l’effectif de Mario Richer. Initialement absent pour cause de Mondiaux U20 avec les Bleuets, Noa Besson a dû se résoudre à déclarer forfait pour une blessure à la main… et manquera une semaine de plus que prévu à l’origine.
Mais le plus gros coup dur est arrivé en ce lundi puisque Justin Bergeron, qui avait déjà eu une alerte à Strasbourg selon la presse picarde, doit mettre sa saison sur “pause” pour des problèmes cardiaques et doit passer une batterie de tests comme le désormais entraîneur-adjoint des Gothiques, Joey West, il y a un an de cela, ou encore Matt Prapavessis, défenseur d’Angers, adversaire du soir, il y a trois semaines.
Face aux Samariens, les Ducs, donc, ont connu un week-end en dents de scie, d’abord battus par Grenoble (1-3), vendredi, avant de s’offrir Marseille (4-1), dimanche, à chaque fois à l’Iceparc. Solidement installés à la deuxième place, les protégés de Jonathan Paredes – privés de Valier pour la deuxième rencontre consécutive – vont surtout tenter de mettre fin à l’inconstance dans les résultats depuis quatre matches sur une glace où ils avaient dominé mais s’étaient inclinés (2-5) en octobre dernier.

Angers, en toute logique
Malgré une tentative de possession d’entrée par les Gothiques, les premières frayeurs étaient à mettre au crédit des Ducs, et de la plus belle des manières. Wilkins lançait un contre, donnait à Shaw sur la droite qui remettait devant le but et trouvait une déviation de Wilkins pour une ouverture du score éclair (0-1, 1’29). Légèrement amorphes malgré le repos, les Samariens tentaient de répliquer sur une rapide remontée de glace sur la gauche de Larinmaa. Le Finlandais mettait au deuxième poteau pour Maïa qui ratait totalement le cadre (8’). Dans la foulée, le palet parvenait à Roussel qui tentait un tir dans le trafic, sans danger pour O’Connor (8’10).
Sans être réellement en danger mais sans vraiment être dangereux outre mesure, les Angevins s’avéraient toutefois menaçants en contre. À ce petit jeu, Shaw effaçait brillamment Cepon en contre, couchait Fouquerel mais voyait le Français réaliser un très bel arrêt (9’30). Dans les instants qui suivaient, c’était à Gibert d’obtenir une occasion en or, le palet revenant dans sa crosse dans le slot mais – de près – il manquait la cible (9’50).

Dans un match au manque de rythme évident et pas aidé par un niveau technique relativement bas, les Ducs conservaient tranquillement leur avantage, sans oublier de tenter de piquer à l’occasion, à l’image d’un lancer de Cap à la bleue repoussé par Fouquerel (17’30) ou encore d’un énième contre, cette fois pour Kandergard – qui en profitait pour déshabiller Lepage à l’occasion – toujours sans succès (18’). En infériorité suite à une faute de Brittain pour finir la période, les Gothiques donnaient une impression d’être dans le rouge, sans être capable de réellement réagir autrement que par à-coups. Et sans un nouvel arrêt de classe de Fouquerel dès le début du tiers médian, sur un slap de Wilkins bien décalé par Manning (20’30), la mission aurait semblé presque impossible. Mais que dire de la parade de près face à Halley, qui semblait déjà presque convaincu de marquer après avoir récupéré une offrande de Svanenbergs (24’) !
Des buts sans spectacle
Un arrêt salvateur qui donnait quelque peu des ailes à des Gothiques toujours aussi fébriles techniquement, mais dont l’intensité était enfin montée après vingt minutes dans une légère apathie. Coupable sur le “presque” but et sauvé par son gardien, Svanenbergs s’attelait à se racheter, lançait l’offensive qui suivait, donnait à Plagnat qui transmettait immédiatement à Matima esseulé au deuxième poteau. Ce dernier ne se faisait pas prier et égalisait (1-1, 24’30).
Revenus dans le match grâce à un sursaut d’orgueil, les joueurs de Mario Richer s’en remettaient bien trop souvent à un excellent Fouquerel, auteur d’un nouvel arrêt sur une déviation de près de Gaborit (26’30). Dominateur mais incapable de faire le break, Angers s’exposait à la dure loi du sport et payait le prix fort. Le “top scorer” picard Magovac décochait un lourd lancer frappé qui ne trouvait pas le cadre, Svanenbergs était le plus prompt à réagir, récupérait le palet, faisait le tour de la cage et mettait le palet au fond (2-1, 29’35). Exaspéré par la performance défensive des siens, Jonathan Paredes prenait son temps mort pour bouger ses troupes.

Simple coïncidence ou véritable effet bénéfique ? Toujours est-il que deux minutes plus tard, Di Dio Balsamo prenait un bon lancer, et forçait Fouquerel à un arrêt compliqué. Ce dernier voyait également le palet filet dans les airs et atterrir juste à côté de son but (31’30). Un véritable coup de chaud suivi d’une réussite pour ce même Di Dio Balsamo qui – bien servi par Halley – armait un “one timer” puissant, laissant Fouquerel de marbre (2-2, 32’55).
En difficulté techniquement, les deux formations ne se montraient pas à leur avantage offensivement et ne se créaient que peu d’occasions franches. Pour autant, les rares situations faisaient vibrer les filets. Gibert réalisait un très gros travail près du but, partait derrière la cage mais réalisait une superbe passe pour Maïa dans le slot qui trompait O’Connor de près (35’56). De nouveau en tête, les Picards payaient leur fébrilité technique peu de temps après quand Mony perdait la rondelle à côté de son but. Tavernier en profitait, réalisait une belle feinte et glissait le palet entre les jambes de Fouquerel (3-3, 39’00).
Matima et Fouquerel en héros
Coupables d’une nouvelle erreur défensive – cette fois dans le marquage – les Gothiques craquaient d’entrée de troisième tiers sur une percée de Fauvel le long de la bande qui trouvait un Sarliève étrangement seul devant le but. Ce dernier déviait le puck au fond, profitant au passage d’un déplacement très lent de Fouquerel (3-4, 41’54). Mieux dans l’intensité mais toujours loin de briller dans l’aspect technique, les Samariens ne semblaient pas en mesure de revenir. Pour autant, c’est un coup de sort qui relançait totalement les débats. Battu sur une mise au jeu en zone offensive, Julien Tessier voyait le palet glisser doucement et passer la ligne de but (4-4, 51’49). Incompréhensible mais de quoi donner un surplus de motivation aux locaux.
Sur un contre, Matima faisait parler sa vitesse le long de la bande, tentait sa chance en angle fermé… et trouvait le fond des filets (5-4, 54’08). Un rebondissement qui faisait se lever le Coliseum pour les dernières minutes, les plus intenses de la partie. Si O’Connor se mettait en évidence peu de temps après le coup de massue en faisant un gros arrêt devant Gibert (55’), la pression était bel et bien angevine sur la fin de partie.

Ne laissant pas respirer leurs hôtes et sortant leur gardien à un peu plus de deux minutes du terme, les Ducs butaient néanmoins sur une défense de fer, à l’image du sacrifice de Cepon alors que Charbonneau, esseulé au deuxième poteau, semblait n’avoir plus qu’à mettre la rondelle au fond (57’50). Malgré quelques tentatives de loin vers le filet déserté par O’Connor, les Gothiques étaient surtout sur la défensive et pouvaient profiter d’un nouvel arrêt déterminant de Fouquerel devant Di Dio Balsamo (59’30) pour sceller leur succès.
Pas le plus brillant ni le plus agréable à voir, mais ô combien important dans une période loin d’être idéale pour des Picards qui reprennent la cinquième place à Marseille à l’aube d’un affrontement entre les deux formations dans la cité phocéenne. Pour les Ducs, l’inconstance est plus que jamais d’actualité. Battus pour la troisième fois sur les cinq dernières rencontres, les Angevins comptent désormais douze points de retard sur le leader grenoblois et seulement une petite unité d’avance sur Bordeaux, leur adversaire vendredi soir, dans un match à six points qu’il ne faudra pas rater pour ne pas glisser encore un peu plus.
Élus meilleurs joueurs du match : Antonin Plagnat (Amiens) et Philippe Halley (Angers)

Amiens – Angers 5-4 (0-1, 3-2, 2-1)
Mardi 10 décembre 2024 à 20h15 au Coliséum. 3151 spectateurs.
Arbitres : Adrien Ernecq et Julien Peyre assistés de Thomas Simon et Nicolas Messier
Pénalités : Amiens 4’ (2′, 0’, 2′) ; Angers 4′ (0′, 2’, 2′).
Tirs : Amiens 32 (10, 11, 11) ; Angers 32 (10, 10, 12).
Évolution du score :
0-1 à 01’30” : Wilkins assisté de Shaw
1-1 à 24’30” : Matima assisté de Plagnat et Svanenbergs
2-1 à 29’35” : Svanenbergs assisté de Magovac et Lavigne
2-2 à 32’55” : Di Dio Balsamo assisté de Halley et Manning
3-2 à 35’56” : Maïa assisté de Gibert et Magovac
3-3 à 39’00” : Tavernier assisté de Sarliève
3-4 à 41’54” : Sarliève assisté de Fauvel et Cap
4-4 à 51’49” : Tessier
5-4 à 54’08” : Matima assisté de Plagnat et Fouquerel
Amiens
Attaquants :
Rudy Matima (+3) – Janis Svanenbergs (+2) – Antonin Plagnat (+2)
Zachary Lavigne (C, -2) – James Phelan (-2) – Gauthier Gibert (-1)
Jesper Larinmaa (+1) – Julien Tessier (A, -1) – Bastien Maïa (A, +1)
Ilies Djemel (+1) – Rafael Duvallon – Raphaël Opoma
Défenseurs :
Aleksandar Magovac (+4) – Kristjan Cepon (+1)
Josh Brittain – Jordan Lepage (-3)
Guillaume Roussel (-1) – Mathieu Mony
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Taran Kozun (G). Absents : Justin Bergeron (problème cardiaque), Noa Besson (main).
Angers
Attaquants :
Jonathan Charbonneau – Philippe Halley (A) – Cédric Di Dio Balsamo
Sami Tavernier (-1) – Matt Wilkins (-1) – Brady Shaw (-1)
Téo Sarliève (+2) – Nicolas Ritz (+1) – Robin Gaborit (C, +1)
Marius Serer (-1) – Jesper Kandergard (-1) – Maxime Orlov (-1)
Défenseurs :
Jere Rouhiainen (-2) – Lucien Onno (-1)
Neil Manning (-1) – Vincent Llorca (-3)
Ethan Cap (+3) – Kylian Fauvel (+1)
Gardien
Matt O’Connor
Remplaçant : Elliot Lévêque (G). Absents : Matt Prapavessis (alerte cardiaque), Parker Colley (opéré du poignet), Thomas Suire (ligaments croisés), Peter Valier (épaule).









































