La DEL organise un Winter game dans le stade du Dynamo à Dresde où les Eislöwen accueillent le champion en titre Berlin, en match avancé de la 39e journée. Dresde est habitué des matchs en plein air, car déjà en 2016 et 2020, le stade avait accueilli les Winter games de DEL2.
Maik Walsdorf, directeur général des Dresdner Eislöwen : « Pendant longtemps, ce match n’était qu’une idée, un rêve, et maintenant, le DEL Winter Game est sur le point de devenir réalité. Voir ces premières idées se transformer en un événement majeur à guichets fermés nous remplit d’une immense fierté. L’organisation s’est déroulée sans accroc, tous les corps de métier collaborent parfaitement et nous sommes même en avance sur le calendrier. Ces derniers jours, nous ressentons très clairement le soutien dont bénéficient les Eislöwen. Surtout en cette période extrêmement difficile pour l’équipe, cet engagement sans faille des fans, des partenaires et de toute la ville est vraiment exceptionnel. Ce DEL Winter Game est donc bien plus qu’un simple événement sportif : c’est un projet commun, soutenu par Dresde et Berlin, et un message fort pour le hockey sur glace allemand. »
Gerry Fleming, entraîneur-chef de Dresde : « Bien sûr, le DEL Winter Game est un événement majeur qui attire énormément l’attention, mais c’est aussi un match de championnat important. Il est essentiel de savourer pleinement ce moment particulier. Ce genre de rencontre libère une énergie supplémentaire, pour les joueurs, le staff et tous ceux qui y participent. Si l’on s’imprègne de cette ambiance et qu’on la canalise positivement, elle peut nous donner de l’énergie. Nous voulons jouer de manière compacte, disciplinée et en équipe. Les Eisbären de Berlin sont les champions en titre ; ils possèdent beaucoup de qualité et d’expérience ; nous nous attendons donc à un duel intense où nous devrons être prêts dès le coup d’envoi. »
Le club a réussi à atteindre l’élite du hockey allemand pour la première fois de son histoire mais éprouve des difficultés à ce niveau, même si l’abnégation est présente. L’équipe a été monté avec des joueurs d’expérience comme le défenseur américain Justin Braun qui comptabilise plus de 800 matchs NHL avec San José et Philadelphie et qui vient de passer deux saisons à Straubing. On retrouve également le suédois Emil Johansson qui a évolué trois années à Munich après son long parcours au HV71 Jönköping. En attaque on reconnait bien les têtes des joueurs qui ont marqué la DEL comme Drew LeBlanc, Austin Ortega, Travis Turnbull et Trevor Parkes. Enfin c’est un gardien germano-suisse qui garde les cages avec Janick Schwendener, formé à Davos mais qui est entré au club des Eislöwen 2021 en DEL2. Les dirigeants ont du mal à faire décoller leur équipe de la dernière place du championnat. Pourtant le staff est « monté » avec d’anciens Berlinois comme l’entraineur-chef depuis le mois dernier Gerry Fleming, qui a œuvré comme assistant pendant trois saisons, tout comme Craig Streu (5). Enfin Jens Baxmann, actuel manager, est un Eisbär de sang qui a fait toute sa carrière sur la glace et derrière le banc.
Ce soir, ce sont donc les Eisbären qui se présentent et il faut bien dire que le groupe de Serge Aubin a du mal à suivre le rythme des meilleurs. L’équipe éprouve quelques difficultés pour trouver une régularité en perdant des points contre les leaders du championnat mais également contre des équipes de bas de classement (2-3 contre Francfort et 4-3 à Iserlohn). Alec McCrea annonce : « Jouer en plein air, dans un stade plein à craquer, contre les champions en titre, c’est exactement le genre de défi qui nous fait vibrer. On ne vit pas souvent des matchs comme celui-ci dans une carrière. L’ambiance sera exceptionnelle, et c’est précisément de là que nous voulons puiser notre énergie. Au final, ce qui compte pour nous, c’est de jouer en équipe, de collaborer et d’offrir aux supporters un match mémorable. »
Les deux équipes arrivent sur la glace dans un show lumineux incroyable mais à y regarder de plus près, les deux effectifs sont dans le même état de forme avec quatre défaites sur les cinq derniers matchs pour Dresde, soit 9 points pris sur 30 possibles, alors que Berlin n’a conquis que 10 points sur 30. Ce défi s’annonce comme une bataille psychologique pour se relancer !
Le coup d’envoi fictif est lancé avec la présence de l’attaquant de l’équipe nationale de para-hockey et également joueur à Dresde, Christian Pilz.
Berlin capte la rondelle et envoie beaucoup de vitesse. Les premiers shoots à la cage sont l’œuvre de l’Anglais berlinois Liam Kirk et du Tchèque naturalisé Sebastian Gorčík pour les Dresde. On assiste à un gros combat de conquête de la rondelle. Pendant la pénalité de Tomáš Andres, les lions sont bien organisés et partent même en contre avec Austin Ortega et Rourke Chartier qui fait la reprise devant le gardien Jake Hildebrand (4’10). Sans avoir pu concrétiser cette supériorité, les ours polaires continuent la pression en zone offensive. Les joueurs de Dresde reprennent la main et effectuent un gros travail d’évacuation de la zone défensive, pour ensuite se projeter vers l’avant.
Johansson est pénalisé pour un retard de jeu. Ce qui n’empêche pas Chartier de passer la bleue, décocher un puissant tir. Hildebrand est stoïque et efficace, ne laissant aucun rebond. Les Eislöwen entreprennent bien ce moment faible mais subissent ensuite le feu nourri des Berlinois. Ces tirs ne sont pas concrétisés. Tiffels est sanctionné pour une crosse haute mais voit son équipe tenir le choc en infériorité. On ne constate aucun danger majeur sur la cage de Hildebrand. Au retour à cinq, c’est de nouveau Tiffels qui s’exprime avec un tir tendu que capte Janick Schwendener. Les Eislöwen sont acculés en zone défensive. Schwendener subit deux tirs successifs à bout portant et ferme la porte. À ce moment de la partie, c’est bien le gardien davosien qui tient son équipe. Berlin met une grosse pression, et en conséquence, les joueurs de la Saxe réagissent en gagnant des duels parvenant à desserrer l’étau. On assiste à une fantastique bataille de lutte pour le palet avec une technique impressionnante et du petit jeu dans des espaces fermés. C’est là que la qualité de conservation et de conduite de palet font leur œuvre des deux côtés. Yannick Veilleux s’avance mais Schwendener dévie son tir avec la crosse au sol (15’47). En fin de période, le tir d’Alec McCrea passe au ras du montant, avec la cage ouverte et du trafic devant Hildebrand (17’10). Tout le monde rentre au vestiaire avec un nuage de vapeur qui s’élève de la tête des joueurs, car le thermomètre affiche -10°C.
En deuxième période, Hildebrand détourne un puissant one timer d’Oliver Granz. La récupération de la rondelle est pour les locaux et les Berlinois ne parviennent pas capter le puck. L’action se poursuit et c’est le duo tchèque qui s’exprime. Sebastian Gorčík renvoie le palet sur le portier et Tomáš Andres, au rebond, contourne Hildebrand (1-0). Le public explose de joie et de chaleur !
Les champions d’Allemagne réagissent et remettent la puissance de feu avec plusieurs tirs dont ceux de Jean Sébastien Déa – arrivé en cours de saison de KHL de Nizhnekamsk – et Marcel Noebels. En infériorité, Schwendener repousse le tir de Blaine Byron, qui part dans les airs (31’05). Les lions des glaces tiennent le coup et tuent la pénalité. Ils tentent même de doubler la mise avec une remontée de palet de Trevor Parkes qui se conclut par un tir dévié de l’épaule par Hildebrand (31’40). C’est sur une bataille pour le palet, derrière la cage de Schwendener, que Berlin gagne la rondelle, fait tourner. Veilleux envoie à la cage et Liam Kirk reprebd un rebond aérien (1-1). Tout est relancé.
Les champions ont relancé la machine, nous présentent un jeu de passes rapides hallucinant et les locaux doivent s’accrocher pour tenir le rythme. Par contre il n’y a plus aucun danger pour les deux gardiens respectifs avec des tirs sans écran à gérer.
La troisième période commence avec un premier geste important de Schwendener qui écarte un un tir de Freddy Tiffels, côté « cage ouverte » (41’00). Berlin est dans un momentum, J.S. Déa se dégage du marquage adverse et tire côté droit (42’10). Ce sont bien les Eisbären qui sont dans les meilleures dispositions et imposent un pressing étouffant. Dresde vacille mais tient encore. Schwendener est hallucinant sur un double arrêt dans le slot avec le premier tir de Noebels que Ronning récupère et transmet à Liam Kirk (45’20). Passé ces coups de chaud, le jeu se recentre avec de nombreux combats. Schwendener est encore sollicité sur un tir de Yannick Veilleux, avec une mitaine fragile qui ne capte pas le palet mais le dévie (49’40). C’est dans ce moment plus difficile que Chartier fait un tour de cage rapide et rabat le palet sur les bottes du gardien. Hildebrand donne un coup de patin dans la rondelle. Le palet repart et McCrea le renvoie à la cage d’un shoot puissant (2-1). Les écharpes des supporters de Dresde virevoltent.
Dresde a réussi à tenir durant les moments de tempête polaire et a fait basculer le match. Maintenant le jeu est porté vers l’avant avec un pressing fort. On assiste à une puissante prestation des locaux avec un gros travail pour évacuer la zone défensive, des duels intenses remportés et une projection du jeu en zone offensive. Mais c’est sans compter sur l’expérience des Berlinois. On arrive en fin de match, Liam Kirk tire, de loin, côté droit sur le portier. Ty Ronning a été plus vite que tout le monde pour être au rebond et envoie le palet dans les filets (2-2). C’est la folie pour les Berlinois et la consternation dans le stade. Même si on entend l’immense kop de supporters des Eisbären. On en reste là et la victoire qui se présentait s’est évaporée pour Dresde qui va devoir jouer en surtemps.
La mort subite débute et là, Berlin nous gratifie d’un jeu collectif sensationnel en gagnant la mise au jeu. Ty Ronning repart de la zone défensive pour remonter la glace, passe la bleue, fait une passe abandon pour Liam Kirk qui tire de loin sur le gardien. Pendant ce temps, Ty Ronning fait écran sur Schwendener pour le gêner et Liam Kirk déboule pour prendre le rebond. Dresde est crucifié en 14 secondes (2-3).
Berlin a donc démontré une nouvelle fois que même en difficulté, l’équipe savait trouver des ressources pour gagner. Et cela ne s’invente pas ! C’est bien l’expérience de la victoire qui pèse avec des joueurs de très haut niveau également, capables de débloquer une situation. À noter la formidable prestation de Liam Kirk auteur d’un doublé et d’une assistance. L’international britannique est 4e marqueur du championnat avec 44 points.
Pour les joueurs de Dresde, difficile digestion mais des étoiles dans les yeux après ce formidable évènement. Sur la glace, le groupe a démontré de sacrées valeurs et du niveau pour espérer mieux dans l’avenir.
Les joueurs berlinois ont envahi la tribune visiteurs pour partager l’ambiance survoltée. Ty Ronning engageant une bataille de boules de neige avec ses coéquipiers tout en joie d’avoir remporté un événement déjà mémorable… sous les sifflets des supporters adverses.
Concernant le championnat, après les deux tiers de la saison écoulée, Cologne vient de prendre le leadership, en caracolant en tête avec onze victoires consécutives. Mannheim, Straubing et Munich suivent à dix longueurs. Dresde, dernier, est à douze points de Francfort et le réalisme du maintien en DEL commence à sérieusement se poser.
Réactions d’après match :
Serge Aubin (entraîneur-chef de Berlin) : « C’était un bon match ; Dresde nous a donné du fil à retordre. Nous étions prêts dès le début, mais nous avons dû nous adapter aux circonstances inhabituelles. Les joueurs se sont bien amusés. Les Eislöwen de Dresde ont réussi à prendre l’avantage en fin de troisième période. Je suis fier de mes joueurs qui n’ont pas baissé les bras et sont revenus dans le match. Tout peut arriver en prolongation. Je suis content que nous ayons pu obtenir le point supplémentaire. Ce fut une expérience extraordinaire pour tous les participants. C’était une expérience formidable et incroyablement amusante. »
Liam Kirk (attaquant de Berlin) : « Le Winter game a été une expérience fantastique. Je m’en souviendrai toute ma vie. L’intensité était très élevée, comparable à celle d’un match éliminatoire. Je suis content de mes buts, mais mes coéquipiers y ont grandement contribué. »
Gerry Fleming (entraîneur-chef de Dresde) : « Quel événement ! Du point de vue de l’entraîneur, pour nos joueurs, leurs familles et nos partisans, c’était formidable. Je suis extrêmement fier de notre organisation et de tous ceux qui ont rendu cet événement possible grâce à leur dévouement et leur travail acharné. Faire partie de cette organisation aujourd’hui est une grande fierté. L’ambiance était électrique ; je n’ai jamais rien vécu de tel dans ma carrière d’entraîneur. Je tiens à remercier sincèrement tous les participants. Sur le plan sportif, les gars ont travaillé dur et ont appliqué toutes nos consignes. Même si une erreur a été immédiatement sanctionnée, l’équipe a encore une fois fait preuve d’un grand engagement et d’un fort caractère, et méritait certainement mieux. »
Dresde – Berlin 2-3 après prolongation (0-0, 1-1, 1-1, 0-1)
Samedi 10 janvier 2026 à 17h00 à Rudolf-Harbig-Stadion. 32 248 spectateurs.
Arbitres : Marian Rohatsch et Sirko Hunnius assistés de Maksim Cepik et Dominic Kontny.
Pénalités : Dresde 8’ (4’, 4’, 0’, 0’) ; Berlin 6’ (2’, 2’, 2’, 0’).
Tirs : Dresde 30 (8, 10, 12, 0) ; Berlin 30 (12, 9, 8, 1).
Évolution du score :
1-0 à 24’30” : Andres assisté de Gorčík et Granz
1-1 à 33’25” : Kirk assisté de Veilleux et Hördler
2-1 à 53’17” : McCrea assistés de Chartier et Johansson
2-2 à 58’06” : Ronning assisté de Kirk et Mik
2-3 à 60’14” : Kirk assisté de Ronning et Müller
Dresdner Eislöwen
Attaquants :
Austin Ortega (-1) – Rourke Chartier (-1) – Trevor Parkes
C.J Suees (-1) – Drew Leblanc (-1) – Lance Bouma (-1)
Sebastian Gorčík (+1) – Tomáš Andres (+1, 2’) – Travis Turnbull (+1)
Ricardo Hendreschke – Niklas Postel – Matthias Pischoff
Défenseurs :
Emil Johansson (-2, 4’) – Alec McCrea
Tariq Hammond – Justin Braun
Oliver Granz (+1, 2’) – David Suvanto
Bruno Riedl
Gardien
Janick Schwendener
Remplaçant : Juho Olkinuora (G). Absents : Simon Karlsson, Dane Fox, Connor Korte, Tomas Sykora, Andrew Yogan.
Eisbären Berlin
Attaquants :
Liam Kirk (+3) – Leonhard Pföderl (+1) – Ty Ronning (+2)
Marcel Noebels (-1) – Blaine Byron (-1) – Frederik Tiffels (-1, 4’)
Lean Bergmann (-1) – Andreas Eder (-1) – Jean Sébatsien Déa (-1)
Eric Hördler (+1) – Matej Leden – Yannick Veilleux (+1)
Défenseurs :
Jonas Müller (+1) – Lester Lancaster (+1)
Markus Niemeläinen (-1) – Mitch Reinke
Korbinian Geibel – Erik Mik
Norwin Panocha
Gardien :
Jake Hildebrand
Remplaçant : Jonas Stettmer (G). Absents : Kai Wissmann (opéré du tendon d’Achille), Patrick Khodorenko (genou), Markus Vikingstad (genou), Manuel Wiederer (jambe), Adam Smith (étranger surnuméraire)









































