Repassé deuxième au classement de la ligue Magnus après sa défaite en prolongation à Chamonix dimanche, on attendait une réaction de Rouen lors de cette cette 32e journée. Avec une fatigue potentielle liée au déplacement au pied du Mont-Blanc quelques jours plus tôt, ce sont les Rouennais qui accueillent un Bordeaux frais, n’ayant pas joué ce week-end. Le RHE76 était aussi attendu au tournant face à un adversaire robuste, qu’il pourrait recroiser en play-offs, et déjà vainqueur à l’Île Lacroix lors de la phase aller (2-3, TAB).
Si Dylan Yeo est absent – Rouen évoluera avec 5 défenseurs seulement – les Normands alignent un renfort offensif, Alexandre Lacroix, officialisé la veille du match. L’ancien Marseillais – il a commencé la saison avec les Spartiates avant de quitter l’organisation méridionale pour une différence de vue avec le staff – est d’abord un joueur tourné vers l’offensive et plus précisément vers le power-play. En ligue Magnus, le Canadien de 33 ans doit noircir une fiche d’un point par match et ainsi compenser ou aider certaines productions rouennaises en dessous des attentes.
Bordeaux a choisi d’aligner Papillon devant sa cage. Son homologue Dubeau, devenant l’étranger surnuméraire de l’équipe, n’a naturellement pas fait le déplacement. Tout comme Rambelo qui manque à l’appel d’Olivier Dimet. Toutefois, les Boxers disposent de profondeur car ils alignent 7 défenseurs et 12 attaquants pro, sans licence bleue.

Avant d’aborder la rencontre, les deux équipes semblent dans une forme similaire. Les Dragons de Rouen ont livré une prestation en deux temps, avant de renverser totalement les Boxers de Bordeaux dans un dernier tiers à sens unique, pour s’imposer largement et reprendre la tête de la Ligue Magnus tenue par Angers. Rouen a marqué son territoire.
Boxers et Dragons entrent très fort dans la rencontre, le rythme est imposant. Les deux équipes obtiennent des chances (Morin à 3’14, Rech à 6’01, Giroux à 9’57, Vigners à 11’36). Sur un tir de Tomasino (5’16). Les Normands sont bousculés. Mac Carruth, le gardien rouennais, maintient sa cage inviolée alors que ses coéquipiers jouent en infériorité numérique où Morin s’est montré imprécis sur une opportunité (4’15). Un peu plus tard, le portier local retarde l’ouverture du score, encore face à Morin qui a retrouvé de la précision (11’14). Outre Carruth, Chakiachvili (6’17) et Bouramman (10’46) doivent jouer les pompiers de service. Quand on pensait l’orage passé pour les Seinomarins, la sanction tombe. Rouen engage un power-play dans le rond droit. Détail : sans droitier à droite dans le rôle de receveur ! Le palet sort du face-off… à droite. Sous pression, le contrôle d’un gaucher est difficile à l’endroit et perd son duel dans la bande d’où s’extirpe Farnier. L’ailier bordelais part seul réussir sa feinte du revers (0-1 à 12’10). Rouen a plié mais n’abdique pas. Piqués au vif, les hommes de Carl Mallette sont dangereux. Phelan (14’26), Lampérier (15’13) sont frustrés par Papillon. Chase Gresock touche un poteau (17’05). Finalement leurs efforts aboutissent alors que Bordeaux est ordinaire. Les Dragons égalisent sur leur deuxième supériorité, un but libérateur signé Simonsen, qui reprend son propre rebond avec une crosse levée dans les limites autorisées (1-1 à 18’21).

Au retour des vestiaires, Rouen hausse clairement le curseur (Bouramman à 23’34). La domination est nette. Après deux occasions de Lampérier (25’39) et de Lavoie (26’36) en power-play, puis un nouveau montant atteins par Gresock (29’05), les Dragons passent devant grâce à but de Perret qui a saisi un long rebond (2-1 à 31’13). Mais les Boxers égalisent rapidement en supériorité obtenue sur une échappée de Tomasino. La première tardive offensive dangereuse de Bordeaux de ce tiers. Le tir de loin de Lamarche fait mouche (2-2 à 33’14), un peu contre le cours du jeu. Rouen paie cash ses erreurs. Bordeaux est opportuniste.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Bordeaux ne cadre que 5 tirs dans le tiers, mais le score nul à la fin du T2 n’est pas miraculeux car le RHE ne confirme pas en fin de période sa prédominance du début. Il manque un breakaway (Rech à 33’33). En avantage numérique, les Normands ne sont pas inspirés (de 34’36 à 36’36). Puis les locaux sont indisciplinés sans en payer le prix malgré quatre bonnes positions bordelaises (38’17, 38’51, 39’03, 39’30) dont deux sont déroutés par Carruth.

Rouen lâche les chevaux dans le dernier acte. Le danger viendra désormais de toutes les lignes rouennaises, avec une rotation à 4 véritables trios offensifs rendue possible avec l’alignement de 6 attaquants étrangers avec l’absence du défenseur Yeo.
Après les chances très souvent non cadrées de Vigners (42’42), Schmitt (44’48), Lampérier (45’51), Holway (48’06), Lafrance (48’17) et Simonsen (48’36), tout semblait réuni pour une soirée frustrante offensivement… jusqu’à ce que Regush délivre toute la foule après une passe de Lavoie dans le bon timing sur deux-contre-un (3-2 à 49’33). Les Dragons locataires de l’île Lacroix puis enchaînent. Tessier augmente l’avantage sur un tir pris en haut du cercle gauche (4-2 à 50’12). Chakiachvili marque un gros but (5-2 à 52’14) et Simonsen en supériorité pose la cerise sur le gâteau (6-2 à 53’48). Bordeaux a fortement décliné physiquement et mentalement à mesure que l’horloge avançait.
La stratégie rouennaise de rotation à quatre lignes complète a fait mal, très mal. Les Boxers, pourtant solides pendant 50 minutes, s’effondrent, déstructurés par le but de Regush porté par Lavoie, ils ont donné des espaces aux Dragons dans les 10 dernières minutes.
Victoire logique de Rouen sur l’ensemble du match. Les Dragons finissent beaucoup plus fort, malgré un match en moins de récupération. Lavoie, nouvelle recrue rouennaise, montre des débuts prometteurs. Papillon a longtemps retardé l’échéance. Rouen récupère la première place du classement (avec un match en moins que Grenoble et Angers). Bordeaux aura proposé un bon premier tiers, mais a ensuite été parfois largement dominé dans les deuxième et troisième périodes. Rouen, patient et structuré, a su faire le dos rond avant de dérouler son hockey. Une démonstration collective des Dragons, portée par leur profondeur offensive et une montée en intensité assez bien maîtrisée.

Commentaires (dans Paris-Normandie):
Carl Mallette (coach de Rouen) : « Au début du match, on n’était peut-être pas en jambes. C’était notre cinquième match assez rapproché, on a eu des difficultés à se mettre en rythme, mais on jouait pas un mauvais match. Notre gardien a été bon en première période, il nous a tenus dans le match, mais par la suite, on a commencé à retrouver notre rythme. On a dominé le troisième tiers, on a joué rapide, toutes les lignes se sont mises à produire, c’était beau à voir. De période en période, nous avons été meilleurs, la troisième période, c’est toute une période de hockey. On a été contraint de jouer avec 5 défenseurs. Mais on a assez de talent et assez de profondeur pour ça. Même avec cinq défenseurs, j’étais confiant. Ils ont joué tout un match de hockey. On a perdu quand même Dylan Yeo, qui est un gros morceau pour nous, les autres ont mis les bouchées doubles. De même les 13 attaquants ont eu un rôle ce soir. Tout le monde pousse dans la même direction, donc c’est plus facile pour moi. On est chanceux d’avoir Alexandre Lavoie. Qu’un joueur intelligent comme lui puisse venir en renfort à une équipe qui va bien… J’étais content de sa signature. C’est un joueur qui a toujours eu un point et plus par match, partout où il a joué. C’est une bonne personne. On a fait des appels un peu au Québec, à ses anciens coéquipiers, tout le monde n’avait que des beaux mots à dire de lui. C’est un joueur que j’apprécie, comme entraîneur, pour des petits détails offensifs. Il fait des passes que pas tout le monde réussirait. Il voit le jeu. Il met la partie à son rythme. C’est un gros premier match pour lui. Une passe sur le but de Mickael Regush, qui nous délivre. C’est le but qui a fait la différence ce soir. Bordeaux est une excellente équipe, sans leur début de saison un peu difficile ils seraient plus près dans le classement. J’aime bien leur système offensif, c’est une équipe très bien structurée, créative, rapide, avec des défenseurs qui font de bonnes relances. Beaudry est un excellent défenseur aussi. On a fait des changements depuis nos premières confrontations avec eux. Mais il faut se rappeler que leur gardien [NDLR : Dubeau] avait été excellent. Il avait presque volé le match à lui seul, lorsqu’ils sont venus ici. Ce soir, Papillon était très bon aussi, mais je pense qu’on a été plus efficaces et plus productifs offensivement. On a une semaine sans jouer, on va recharger les batteries, on va restructurer certaines choses aussi défensivement. Il n’y a rien de mieux que des entraînements pour corriger certains aspects de ton jeu collectif, puis c’est ce qu’on va faire pour revenir fort encore contre Chamonix le mardi prochain. Rouen est leader, on avait des matchs en main, on se devait de gagner ce soir, donc ça va être serré jusqu’à la fin de l’année. On s’est mis dans cette position-là, il faut continuer à tout faire pour rester là. »
Rouen – Bordeaux 6-2 (1-1, 0-1, 1-0, 0-0)
Mardi 13 janvier 2026 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat.
Arbitres : Cyril Debuche et Jeremy Métais assistés de Hugo Maillard et Joffrey Yssembourg
Tirs : Rouen 41 (12, 14, 15) ; Bordeaux 21 (12, 5, 4)
Pénalités : Rouen 6′ (2′, 4′, 0′) ; Bordeaux 10′ (4′, 4′, 2′)
Supériorités : Rouen 2/5 ; Bordeaux 1/3
Évolution du score :
0-1 à 12’10” : Farnier assisté de Guidoux (inf. num.)
1-1 à 18’21” : Simonsen assisté de Chakiachvili et Lafrance (sup. num.)
2-2 à 33’14” : Lamarche assisté de Giroux et Morin
3-2 à 49’33” : Regush assisté de Lavoie et Chakiachvili
4-2 à 50’12” : Tessier assisté de Schmitt et Perret
5-2 à 52’14” : Chakiachvili assisté de Nesa et Colomban
6-2 à 53’48” : Gresock assisté de Lafrance (sup. num.)
Rouen
Attaquants :
Loïc Lampérier (C) – James Phelan (A) – Tommy Perret
Anthony Rech – Simon Lafrance – Tomas Simonsen
Alexandre Lavoie – Michael Regush – Chase Gresock
Robin Colomban – Julien Tessier – Rolands Vigners
Vincent Nesa
Arrières :
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Charles Schmitt
Gardien :
Mac Carruth (19 arrêts)
Remplaçants : Lucas Mugnier (G). Absent : Dylan Yeo (blessé)
Bordeaux
Attaquants :
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin – Mathieu Pompei
Loïc Farnier – Loik Poudrier (C) – William Pelletier
Craig Puffer – Kaylian Leborgne – Quentin Tomasino
Tom Guidoux – Julien Guillaume (A) – Baptiste Bruche
Arrières :
Kevin Dusseau (A) – Maxim Lamarche
Jakub Kindl – Jeremy Beaudry
Ulysse Tournier – Nicholas Pageau
Gardien :
Quentin Papillon (36 arrêts)
Remplaçants : Ewan Barrier (G) et Alexis Dogemont. Absents : Alex Dubeau (étranger surnuméraire), Aina Rambelo (surnuméraire) et Enzo Carry (blessé).








































