La nouvelle formule de Superfinale de Coupe Continentale à 6 clubs ne laisse quasiment pas le droit à l’erreur. Avec deux poules de trois, perdre le premier match est quasiment interdit. Surtout quand celui-ci oppose deux prétendants qui espèrent affronter le club-hôte Nottingham en finale.
Deuxième il y a deux ans à Cardiff, Herning fait figure de favori de la poule. C’est une équipe au complet, sans blessé, qui écrase le championnat danois en ce moment avec 23 points d’avance. Elle compte trois joueurs sélectionnés pour les prochains Jeux olympiques, les attaquants Mathias Bau et Morten Poulsen ainsi que le défenseur letton Oskars Cibuļskis. Rappelons qu’Angers n’en a qu’un seul, Nicolas Ritz, un temps incertain à cause de douleurs au dos mais bel et bien aligné.
Pas de Matt O’Connor en revanche, car le gardien en protocole commotion ressent encore des symptômes. C’est le gardien italien Jacob Smith, recruté après sa blessure, qui prend place dans les cages. Les Ducs alignent une autre recrue de décembre, le gros marqueur canadien Olivier Archambault, un créateur qui lit bien le jeu offensif mais a été écarté de son club slovaque pour son manque d’investissement défensif.
Les supporters danois se sont tous coiffés de casques à cornes, une allusion à l’invasion de l’Angleterre par les Vikings il y a mille ans. Les supporters angevins n’ont que des maillots et écharpes mais sont plus bruyants.
Angers met de l’impact dès le début du match, à l’instar d’une grosse charge du capitaine Gaborit qui laisse Terrance Amorosa au sol dans le coin de la zone danoise. L’international transalpin (candidat aux JO comme le gardien angevin Jake Smith puisque l’Italie est le seul pays à ne pas avoir divulgué son équipe) reste sur le banc mais ne remonte pas sur la glace au cours de ce tiers.
Herning défend de manière assez dense en zone neutre, alors pourquoi ne pas… passer par dessus ? La passe de Jonathan Charbonneau lobe la défense et lance Nicolas Ritz seul au but, mais le tir du centre de l’équipe de France vise à droite du poteau.
Les Danois se créent leur meilleure occasion après six minutes : un revers du défenseur Kasper Larsen dans le cercle gauche est repoussé au loin par Jacob Smith, mais le palet est renvoyé par Emil Kristensen pour la déviation de Morten Poulsen qui passe tout près de la cage. À partir de cette séquence, Herning commence à se procurer plus de séquences installées. Cody Donaghey y commet la première faute en attrapant le cou de Kyle Maksimovich pour protéger son gardien. Angers défend de manière compacte en infériorité… et continue de le faire au complet jusqu’à la sirène.

Disons-le franchement, ce match est assez tactique et peu spectaculaire. Il faudrait un but pour le débloquer. Et quel but ! Nicolas Ritz intercepte une relance de Patrick Bjorkstrand, puis le dribble pour retourner en zone offensive. Sa passe transversale du revers passe entre les jambes d’Olivier Archambault qui la dévie jute ce qu’il fait pour faciliter la reprise directe de Jonathan Charbonneau dans le cercle gauche (1-0, 21’37”).
Deux minutes plus tard, Terrance Amorosa, revenu au jeu pour cette deuxième période, se fait contrer à la ligne bleue par Orrin Centazzo qui s’échappe en solitaire. Il feinte bien Janis Fecers mais le jeune gardien letton de 20 ans pare quand même joliment le tir du revers. Jacob Smith répond en captant dans son gant un dangereux tir en angle de Bjorkstrand.
Angers ne profite pas de sa première supériorité numérique et le paie cher. Juste après, Hjalte Tomsen efface Manning le temps que le défenseur se retourne et sert Josh Prokop dont la passe devant la cage est déviée contre son camp par le malheureux Vincent Llorca (1-1, 28’28”).
En phase de reprise, Kale Kerbashian a un rôle réduit à la portion congrue en quatrième ligne. Il est pourtant un protagoniste-clé du match en… accrochant Nick Pastujov. Un passage en prison aussi court que lourd de conséquence, car ce même Pastujov marque à 5 contre 4 d’un tir masqué du haut du cercle gauche (1-2, 32’11”). Ne plus mener au score, cela change tout dans une telle partie d’échecs entre deux systèmes défensifs.

C’est ensuite au tour du centre de la quatrième ligne danoise, Joachim Linnet, de se faire déborder par Romain Gutierrez, ce qui envoie Amorosa en prison. En avantage numérique, Charbonneu tente encore deux one-timers dans le cercle gauche : le premier est contré et le second raté. Ses partenaires n’arrivent même pas jusqu’à ce accomplir ce dernier geste, pâtissant de petits défauts techniques. Les unités spéciales font la différence. Manning brise la crosse de Thomsen au moment où celui-ci tire et la pénalité évidente pour cinglage. Kristensen lance juste sur la barre transversale et c’est finalement Mathias Bau Hansen, isolé dans le cercle droit, qui convertit ce powerplay d’une reprise en cage ouverte (1-3).
Les deux buts de retard s’annoncent mal pour le système de jeu angevin. Charbonneau montre la voie sur un centre au second poteau de Ritz. Le genre d’action qu’il faudra répéter en troisième période.
Ce ne sera pas le cas. Herning sait également verrouiller le jeu et a encore une installée en zone offensive. À travers le trafic, Jacib Smith ne voit rien du tir anodin du revers à mi-distance de Joachim Linnet, sinon que le palet est au fond de ses filets (1-4).
Avec un écart de trois buts, il faudrait un petit miracle pour qu’Angers accède à la finale. Le système défensif de Jonathan Paredes était en place mais des petits détails et quelques indisciplines ont coûté très cher. Avec exactement 2 buts encaissés par match dans son championnat, Herning a une défense solide et l’a démontré en confisquant le palet au fur et à mesure du match. Les Ducs n’ont jamais trouvé la clé.
Désignés joueurs du match : Jonathan Charbonneau pour Angers et Janis Fecers pour Herning.
Angers – Herning 1-4 (0-0, 1-3, 0-1)
Mercredi 14 janvier 2026 à 14h30 à la Nottingham Arena. 3381 spectateurs.
Arbitres : Joonas Kova (FIN) et Loic Ruprecht (SUI) assistés de Sebastian Bedynek (AUT) et Davids Rozitis (LET).
Pénalités : Angers 6′ (2′, 4′, 0′) ; Herning 6′ (0′, 4′, 2′).
Tirs : Angers 22 (4, 8, 10) ; Herning 30 (10, 11, 9).
Évolution du score :
1-0 à 21’37” : Charbonneau assisté d’Archambault et Ritz
1-1 à 28’28” : Prokop assisté de Thomsen
1-2 à 32’11” : Pastujov assisté de Kristensen et Bau (sup. num.)
1-3 à 37’33” : Bau assisté de Kristensen et Maksimovich (sup. num.)
1-4 à 49’28” : Linnet assisté de Kristensen et Hansson
Angers
Attaquants :
Orrin Centazzo (-1) – Philippe Halley (A) – Robin Gaborit (C)
Jonathan Charbonneau – Nicolas Ritz – Olivier Archambault (+1)
Téo Sarliève – Romain Gutierrez (-1) – Jordan Hervé
Cédric Di Dio Balsamo – Kale Kerbashian (-1, 2′) – Noa Besson
Défenseurs :
Jere Rouhiainen – Lucien Onno
Neil Manning (-2, 2′) – Vincent Llorca (-1)
Cody Donaghey (+1, 2′) – Matt Prapavessis
Gardien :
Jacob Smith
Remplaçants : Elliot Lévêque (G), Fiorenzo Villard (D), Ethan Gourbil (A). Absents : Matthew O’Connor (protocole commotion), Daniel Viksten (épaule), Marius Serer (genou), Sami Tavernier (genou), Ethan Cap (blessure récente).
Herning
Attaquants :
Morten Poulsen (C) – Nick Pastujov – Mathias Bau Hansen
Josh Prokop – Patrick Bjorkstrand – Hjalte Thomsen (+1)
Oliver Kiljunen (2′) – Artturi Toivola – Kyle Maksimovich
Magnus Carlsen (+1) – Joachim Linnet (+1) – Thomas Vilstrup Andersen (+1)
Défenseurs :
Kasper Larsen – Terrance Amorosa (4′)
Peter Hansson (A) – Emil Kristensen (A, +1)
Oskars Cibuļskis – Mads Larsen
Gardien :
Janis Fecers
Remplaçants : Mathias Seldrup (G), Ian Glinski (D).










































