Après deux évacuations consécutives de tous les spectateurs dues à deux alarme « incident » (sans doute un début d’incendie dans des locaux limitrophes vers lequel on a vu les pompiers se diriger), le match n°2 de la série de quart de finale entre les Dragons de Rouen et les Gothiques d’Amiens a finalement pu débuter, après 1h15 de retard, à 21h15.
Dans une rencontre tendue et disputée jusqu’au bout, Rouen s’est incliné face à Amiens aux tirs au but (1-2) samedi soir à la patinoire sur l’île Lacroix. Après 70 minutes de jeu très équilibrées conclues sur un score de 1-1, les Gothiques ont fait la différence lors de la séance décisive.
Un début de match explosif
La rencontre démarre sur un rythme très élevé et un premier incident intervient dès la 17e seconde lorsque Kieran Craig est exclu pour une crosse au visage sur Tommy Perret. Malgré cinq minutes de supériorité, Rouen ne parvient pas à concrétiser immédiatement. Les Gothiques, pourtant en difficulté, frappent les premiers. Profitant d’un revirement rouennais en zone offensive, Janis Svanenbergs part en contre et surprend le gardien Mac Carruth d’un tir précis du haut du cercle droit (0-1 à 3’38).
La réaction des Dragons ne se fait toutefois pas attendre. En supériorité numérique, Simon Lafrance sert Tomas Simonsen qui déclenche un tir puissant du haut du cercle gauche pour égaliser sous la barre (1-1 à 4’24).
La suite du premier tiers est marquée par un temps fort amiénois, mais Carruth multiplie les arrêts décisifs devant Bastien Maïa ou Gauthier Gibert pour maintenir les deux équipes à égalité.
Les gardiens prennent le dessus
Le deuxième tiers est dominé par un duel de gardiens. Rouen pousse mais se heurte à un excellent Taran Kozun, impérial face à Holway, Vigners ou Colomban.
Le moment clé survient à la 24e minute lorsque Rouen se retrouve à trois contre cinq pendant près de deux minutes après les pénalités de Dylan Yeo et James Phelan. Amiens multiplie les tirs dangereux, notamment par Sean Richards et Anthony Beauchamps, mais Carruth réalise plusieurs arrêts majeurs pour préserver l’égalité.
La fin de la période reste équilibrée, les deux équipes se créant plusieurs occasions sans parvenir à faire la différence.
Une troisième période sous tension
Le troisième tiers voit Amiens se montrer particulièrement dangereux. Carruth vole notamment un but à Ilies Djemel en contre-attaque et Bouramman sauve même un palet sur sa ligne après une frappe de Maïa.
Rouen réagit en fin de période mais Kozun reste intraitable devant Lafrance, Gresock et Regush. Les deux équipes rejoignent finalement la prolongation sur ce score de 1-1.
Rouen tout près de l’emporter
La prolongation à trois contre trois offre de larges espaces. Rouen croit tenir la victoire lorsque Kozun tente un poke-check loin de sa cage. Le palet revient dans l’enclave pour Lafrance face au but ouvert, mais un retour défensif de Bastien Maïa empêche le but in extremis.
Malgré une supériorité numérique dans les dernières minutes de la prolongation, les Dragons ne parviennent pas à tromper Kozun.
Amiens plus efficace aux tirs au but
La décision se fait finalement lors de la séance de tirs au but. Après une tentative réussie de Svanenbergs et une réponse de Chase Gresock, c’est Virgile Gauffriau qui inscrit le tir victorieux pour Amiens.
Rouen s’incline donc 2-1 aux tirs au but malgré une prestation solide de Carruth et un volume de tirs légèrement supérieur.
Un duel très équilibré
Les statistiques illustrent parfaitement l’équilibre de la rencontre : Rouen a tiré 43 fois au but contre 31 pour Amiens. Les deux gardiens ont réalisé une prestation de très haut niveau, transformant cette confrontation en véritable duel.
Rouen pourra toutefois regretter son manque d’efficacité en supériorité numérique (1/7) et quelques occasions manquées, notamment en prolongation. Amiens, malgré un nombre important de pénalités, repart avec une victoire précieuse grâce à la solidité de Kozun et à son sang-froid lors de la séance finale.
Commentaires (dans Paris-Normandie):
Carl Mallette (entraîneur de Rouen):
Ce que je retiens, c’est notre manque de réalisme autour de leur filet. Nos marqueurs doivent marquer. Ce soir, c’est vraiment ça qu’il a manqué : du réalisme. Ils ont gagné aux tirs aux buts. C’est à nous d’être plus réalistes. On leur a laissé aussi plus de chances de marquer. Ce n’est pas notre identité normalement. Défensivement, on se doit d’être meilleurs. C’est un match qu’il faut oublier rapidement.
Ca faisait cinq fois de suite qu’on les battait. A un moment donné, la loi de la moyenne revient. C’est dur de battre une équipe six fois de suite. Leur gardien était très bon. C’est une équipe qui travaille extrêmement fort de l’autre côté, qui n’a rien à perdre et qui joue physique.
Ca fait deux fois que plus le match avance, mieux on est.
Les deux équipes trichent sur les mises au jeu. Rarement le palet tombe à terre avant qu’on y touche. Il tombe rarement sur le point de mise au jeu.
On a un avantage numérique de cinq minutes. Après ça, on leur demande d’être… D’être bon, de faire des bonnes passes. À la défense des joueurs, ça fait une heure qu’ils attendent dans la chambre.
On s’en va à Amiens. On a eu du succès cette année à Amiens. On sait que ça va être chaud avec leurs partisans qui n’y ont pas cru de l’année, mais là qu’ils vont se mettre à y croire Tant mieux pour eux et c’est correct. C’est à nous de se préparer et de se retrouver en équipe. On va tout faire pour gagner le prochain match.
Kevin Bergin (entraîneur d’Amiens):
Après une longue attente comme ça, je ne voulais pas qu’on ait un départ flat. On a fait un très bon premier tiers. On a trouvé une façon de gagner ce soir. On a défendu, on a payé le prix, on leur a laissé moins de chance, notre désavantage numérique a été incroyable ce soir. On s’est sacrifiés, on a bloqué des tirs.
Kozy a fait des arrêts incroyables. On n’a pas donné de buts gratuits. On a trouvé une façon de marquer un but. Maintenant, on va pouvoir trouver des façons d’en marquer deux, trois, quatre. Il va falloir trouver une façon de marquer en avantage numérique.
C’est ça les play-off, c’est une remise à zéro à chaque match que ce soit 1-1, 2-0, 3-0, 3-1, 3-2. Tant qu’il n’y a pas une équipe qui a gagné quatre matchs, tu reviens à zéro tout le temps, parce que tu es toujours en vie.
On n’avait pas gagné un shoot-out de l’année. Il y a eu un Amiens-Rouen en U20. Gauffriau est allé au tir au but et il avait marqué un beau but. Je lui ai demandé si il était chaud. Il m’a dit oui, je suis chaud. Je l’avais vu marquer contre Rouen, je me suis dit pourquoi pas une deuxième fois. Pas nécessairement avec la même feinte. Il était confiant. Ça prend des gars qui sont confiants dans ces situations-là, parce qu’il n’y a pas de système. C’est souvent la confiance qui joue en ligne de compte dans ces situations-là. Le kid était confiant, il est très heureux. »

Rouen – Amiens 1-1 (1-1, 0-0, 0-0, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 14 mars 2026 à 20h00, à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Jeremy Rauline assistés de Quentin Cady et Thomas Simon
Pénalités : Rouen 16′ (6′, 6′, 4′, 0′) ; Amiens 41′ (4+5+20′, 6′, 4′, 2′)
Tirs : Rouen 41 (10, 14, 16, 3) ; Amiens 31 (7, 14, 9, 1)
Supériorités : Rouen 1/7 ; Amiens 0/6
Évolution du score :
0-1 à 03’39 : Svanenbergs
1-1 à 04’24 : Simonsen assisté de Lafrance et Bouramman (sup.num.)
Tirs au but :
Rouen : Rech (manqué), Regush (manqué), Lafrance (manqué), Gresock (réussi), Lavoie (manqué)
Amiens : Maia (manqué), Svanenbergs (réussi), Djemel (manqué), Magovac (manqué), Gauffriau (réussi).
Rouen
Attaquants:
Anthony Rech puis Lampérier à 6’17] – James Phelan (A) – Tommy Perret
Rolands Vigners – Robin Colomban – Vincent Nesa
Loïc Lampérier [puis Rech à 6’17] – Michael Regush – Chase Gresock
Alexandre Lavoie – Simon Lafrance – Tomas Simonsen
Arrières :
Dylan Yeo (A) – Patrick Holway
Charles Schmitt – Noa Goncalves-Nivelais [sorti blessé à 40’00]
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Gardien :
Mac Carruth
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absents : Florian Chakiachvili (?) et Julien Tessier (blessé).
Amiens
Attaquants :
Sean Richards – Kieran Craig [exclu à 0’17 puis] Anthony Beauchamps – Bastien Maïa (A)
Matéo Bussat – Virgile Gauffriau – Ilies Djemel
Zachary Lavigne – Janis Svanenbergs – Antonin Plagnat
Gauthier Gibert
Arrières :
Kristjan Cepon – Aleksandar Magovac (C)
Mathieu Mony – Bastien Lemaitre
Justin Bergeron (A) – Félix Larose
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçants : Clément Fouquerel (G), Anatole De Mali et Guillaume Roussel. Absent : William Lemay (?).











































