La défaite contre l’Autriche a remis beaucoup de choses en question pour la Lettonie. Les scénarios sont nombreux pour la qualification en quart de finale, et pas tous favorables. Un point face à la Finlande est toujours difficile à prendre (la victoire de 2014 commence à dater), mais il ferait beaucoup de bien.
Aussi est-il surprenant de voir le gardien Kristers Gudlevskis en tribune, avec un jour de repos avant et après. L’entraîneur letton Harijs Vītoliņš envoie Mareks Mitens jouer son premier match de championnat du monde. Il est vrai qu’il faut bien le lancer dans le grand bain un jour, surtout à 28 ans après plusieurs compétitions internationales passées sur le banc. Cela peut aider sa carrière, lui qui n’avait pas retrouvé de club avant décembre. Mais dans ce cas, pourquoi avoir fait jouer quatre des cinq dernières rencontres de préparation à Gudlevskis. Mitens a joué 20 minutes en match sur les cinq dernières semaines…
La Finlande a quant à elle eu deux jours sans match après un début de tournoi idéal. S’est-elle trop détendue ? A-t-elle laissé sa concentration au vestiaire ? Elle ne peut pas en tout cas démarrer plus mal. C’est rien moins que la star Aleksandr Barkov qui laisse échapper derrière sa cage le premier palet envoyé sans danger en fond de zone. Sandis Vilmanis le passe alors du revers dans son dos à son capitaine Rudolfs Balcers qui reprend à ras glace sans même avoir besoin de croiser jusqu’au poteau opposé (1-0). Le gardien Justus Annunen n’était franchement pas bien positionné et a l’air dépité. On joue depuis… 10 secondes !
En capitaine exemplaire, Barkov est le plus actif pour rattraper sa propre erreur et se procure les deux premières occasions. Mais c’est la quatrième ligne finlandaise qui égalise. Un palet balancé au fond fait le tour de la balustrade, Henri Jokiharju le renvoie à la cage, Mareks Mitens le repousse en l’air avec l’épaule gauche mais le perd de vue. Pas Hannes Björninen, qui le reprend du revers dans les airs (1-1).
À mi-période, alors que la Lettonie vient de tuer une pénalité d’Andžāns pour obstruction, Patrik Puistola centre du revers pour Jokiharju qui trouve une lucarne presque parfaite à mi-distance (1-2). Le tir est beau, mais la vue était dégagée et la mitaine de Mitens n’a quasiment pas bougé…
Mareks Mitens se rassure un peu par quelques arrêts, notamment en infériorité après un cinglage de Filips Buncis sur Puljujärvi. Son équipe s’installe en zone offensive, mais après un tir repoussé, Björninen envoie directement Saku Mäenalanen en échappée. L’ailier marque au meilleur endroit pour détruire la confiance du gardien, exactement entre les cuisses (1-3). La mitaine de Mitens rate aussi un tir en angle de Lundell qui tape ensuite à l’extérieur du poteau. Sans conséquence, mais la scène ne restaure pas la confiance que son équipe peut lui vouer…
Les débuts de tiers ne sont décidément pas favorables à Barkov, qui fait trébucher Smirnovs. Pas grave. Face à un gardien qui s’est pourtant planté d’entrée, la Lettonie ne veut pas se résoudre à prendre un lancer, que ce soit en supériorité ou égalité numérique. Le pire exemple est une situation 3 contre 2 où Skrastins et Balcers rivalisent d’altruisme dans leurs passes latérales. Tout ça pour que que le tir de Cibulskis se fasse contrer par le sacrifice du défenseur Seppelä… le palet ne va donc même pas jusqu’à la cage et Annunen n’a donc eu que 4 arrêts à faire en 30 minutes après sa bourde initiale.
La quatrième ligne finlandaise continue en revanche de faire simple efficace. Un bon vieux palet balancé dans la balustrade par Björninen, une passe de derrière la cage de Mäenalanen, et voilà servi Waltteri Merelä, le seul membre du trio à ne pas encore avoir marqué ce soir (1-4).
Comme si ça ne suffisait pas comme ça, les Lettons prennent deux pénalités dans les dernières secondes du tiers, un cinglage de Krastenbergs puis une crosse haute de ZIle sur la sirène. On imagine bien Mitens réjoui à l’idée de retourner dans l’arène en configuration de 3 contre 5.
La suite est prévisible. Après un lancer de Granlund masqué par Puljujärvi, le palet est juste derrière Mitens, qui s’en rendra compte trop tard et essaiera maladroitement de le récupérer. Anton Lundell sera le plus rapide (1-5, photo ci-dessus). La célébration des Finlandais est très modeste, comme si eux-mêmes avaient pitié du gardien letton. Le jeu reprend à 5 contre 4 : slap dans l’axe de Mikko Lehtonen, rebond en cage ouverte de Patrik Puistola (1-6).
C’est alors, enfin, que Vītoliņš montre un peu de commisération pour Mareks Mitens en mettant fin à son calvaire. Gustavs Grigals sait ce que c’est : l’an passé, il a été laissé pendant 60 minutes pour ses propres débuts et en avait pris sept… Cette année, il va céder sur le premier tir affronté, après deux minutes d’avantage numérique infructueuses. Et c’est encore un but qui fait peine à voir. Grigals n’arrive pas à se saisir d’un lancer d’Aaku Räty qui s’envole dans les airs et retombe dans son dos (1-7).
Pour une fois que la Lettonie a été efficace tout de suite alors qu’elle avait du mal à marquer. Mais la nervosité de son gardien débutant a tout gâché. Elle devra donc tout miser sur le prochain match, face aux Américains. On peut déjà parier sur le nom du gardien qui jouera les trois prochaines rencontres : Gudlevskis…
Pour la Finlande, tout aurait pu mal se passer après un but en dix secondes… et tout va finalement pour le mieux, merci. Mikael Granlund a eu un match de rodage pour débuter. Et elle a enregistré l’arrivée supplémentaire de Konsta Helenius. Arrivé dans la journée, l’attaquant de Buffalo était en tribune pour regarder ses coéquipiers. On le verra sans doute demain soir contre la Grande-Bretagne.
Désignés joueurs du match : Renars Krastenbergs pour la Lettonie et Hannes Björninen pour la Finlande.

Lettonie – Finlande 1-7 (1-3, 0-1, 0-3)
Jeudi 21 mai 2026 à 16h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 8677 spectateurs.
Arbitres : Cedric Borga (SUI) et Sean MacFarlane (USA) assistés de Danny Beresford (GBR) et Dominik Schlegel (SUI).
Pénalités : Lettonie 12’ (4’, 6’, 2’) ; Finlande 14’ (0’, 4’, 10’).
Tirs : Lettonie 15 (3, 7, 5) ; Finlande 37 (17, 8, 12).
Évolution du score :
1-0 à 00’10” : Balcers assisté de Vilmanis
1-1 à 05’11” : Björninen assisté de Jokiharju et Merelä
1-2 à 10’19” : Jokiharju assisté de Puistola et Lehtonen
1-3 à 15’22” : Mäenalanen assisté de Björninen
1-4 à 28’55” : Merelä assisté de Mäenalanen et Björninen
1-5 à 40’58” : Lundell assisté de Granlund et Barkov (double sup. num.)
1-6 à 41’25” : Puistola assisté de Lehtonen et Kuokkanen (sup. num.)
1-7 à 45’36” : Räty assisté de Hämeenaho et Lehtonen
Lettonie
Attaquants :
Rudolfs Balcers (C) – Deniss Smirnovs (-2) – Sandis Vilmanis (-1)
Mārtiņš Dzierkals (-2, 2’) – Oskars Batņa (-1) – Renars Krastenbergs (-1, 2’)
Kristaps Skrastiņš (-1) – Haralds Egle – Oskars Lapinskis
Filips Buncis (-1, 2’) – Gļebs Prohorenkovs (-1) – Olivers Mūrnieks (-1)
Défenseurs :
Oskars Cibuļskis (+1) – Alberts Šmits (+1)
Ralfs Freibergs (A, -2) – Artūrs Andžāns (-3, 2’)
Kristofers Bindulis (-1) – Roberts Mamčics (-3, 2’)
Kristaps Zīle (A, -1, 2’) – Miks Tumānovs (-1)
Gardien :
Mareks Mitens puis à 41’25” Gustavs Davis Grigals
Non équipés : Kristers Gudļevskis (G), Toms Andersons (A).
Finlande
Attaquants :
Mikael Granlund – Aleksander Barkov (C, -1, 2’) – Lenni Hämeenaho (2’)
Sakari Manninen (+1) – Anton Lundell (4’) – Jesse Puljujärvi
Patrik Puistola (+1) – Aatu Räty (+1) – Eemil Erholtz (+2) puis à 20’00” Janne Kuokkanen
Saku Mäenalanen (+3) – Hannes Björninen (+3, 2’) – Waltteri Merelä (+2, 2’)
Défenseurs :
Ville Heinola – Henri Jokiharju (+1, 2’)
Mikko Lehtonen (A, +4) – Vili Saarijärvi
Olli Määttä (A, +2) – Nikolas Matinpalo (+1)
Mikael Seppälä
Gardien :
Justus Annunen
Remplaçant : Joonas Korpisalo (G). Non équipés : Harri Säteri (G), Urho Vaakanainen (D), Konsta Helenius (A). Blessé : Teuvo Teräväinen (A).







































