Dans une série de quart de finale parfaitement équilibrée avant ce cinquième acte (2-2), ce 9e derby de la saison est peut-être un match charnière. Et dans une patinoire Nathalie-Pechalat de l’île Lacroix chauffée à blanc, les Dragons de Rouen ont frappé un grand coup en dominant largement les Gothiques d’Amiens (8-1), prenant ainsi un avantage précieux avant un match 6 en terre picarde pas moins sulfureux
Un premier tiers rugueux, Amiens opportuniste
Carl Mallette veut que son équipe prenne le momentum de la robustesse. Il aligne le défenseur Dylan Yeo à l’aile gauche et Regush à droite du point d’engagement où se trouve Phelan. Si ça dumpe en fond de territoire, le message passera. Il a été mis là-bas… Le début de rencontre est haché – ça brasse après chaque sifflet – engagé, avec une intensité virile. Rouen met rapidement la pression, notamment en supériorité, mais bute sur un bloc amiénois discipliné malgré une première infériorité. Simonsen (3’46 & 9’48), Rech (poteau à 4’44), ou encore Nesa (10’46) se procurent des occasions franches, sans les concrétiser.
En face, les Samariens, pourtant diminués (avec seulement cinq défenseurs car Cepon est absent), restent dangereux en contre. Et ce sont eux qui frappent les premiers. Bastien Maïa, cherche une déviation en power-play met le palet à la cage et… ouvre le score (0-1 à 17’01). Un coup dur pour les Normands… mais de courte durée. Dans la foulée, Tommy Perret reprend un rebond dans le slot et égalise après un travail de Phelan et Rech (1-1 à 18’51). Après vingt minutes, tout reste à faire.
Le tournant : un deuxième tiers à sens unique
Dès la reprise, le match bascule complètement. Rouen ne joue plus dans le registre samarien. Le RHE76 retourne à son identité de jeu de passes, accélère, joue les secondes chances, impose un tempo infernal et exploite parfaitement les pénalités amiénoises. Florian Chakiachvili donne l’avantage en supériorité. Lampérier travaille fort dans le slot, l’arrière est servit plus haut dans l’enclave par une petite passe en retrait de Rech (2-1, 20’33). Ensuite Pier-Olivier Roy présent sur un long rebond enfonce le clou dans un filet ouvert à peine une minute plus tard. Un forechek courageux de Lavoie subissant un osoto-gari de Lemaître (non sifflé) et un duel gagné par Lampérier (encore) ont libéré la rondelle pour le tir frappé de Bouramman dont le long retour est saisi par son binôme défensif (3-1 à 21’43).
À partir de là, Svanenbergs ne monte plus sur la glace. Malgré le retour de Lemay, la défection du Letton n’arrange rien au manque de profondeur du banc de Kevin Bergin (Djemel est absent). Quand Maïa ne sort pas le palet de son territoire, les Dragons génèrent du déplacement et des décalages à l’extérieur du carré défensif des Gothiques. Craig perd son homme. Cela fini sur Gustav Bouramman qui fouette un tir croisé sur le côté mitaine, ouvert par Kozun (4-1 à 27’08).
Les Gothiques accusent le coup défensivement (la fatigue liée à une rotation limitée en défense ?). Les Dragons déroulent. Simon Lafrance (5-1 à 29’34) creuse l’écart face à un Taran Kozun chassé et remplacé (contre son gré) après le cinquième but local par Clément Fouquerel.
Rouen domine dans tous les compartiments : intensité, transitions, efficacité. Avec 16 tirs dans ce tiers, les Seinomarins étouffent complètement des Picards indisciplinés (28 minutes de pénalité au total dans le match).
Une fin de match maîtrisée et sans appel
Le troisième tiers confirme la tendance. Rouen gère tout en continuant d’appuyer quand il le faut là où ça fait mal. Chase Gresock s’offre un doublé (6-1 à 49’20 puis 7-1 en supériorité à 54’18), illustrant la domination offensive normande. Tomas Simonsen parachève la démonstration avec un huitième but (8-1 à 55’35).
Malgré quelques sursauts, notamment de Lavigne (50’23) ou Maïa (53’11), Amiens ne parvient jamais à limiter la gifle. Mac Carruth, solide avec 26 arrêts, sécurise tranquillement l’arrière-garde rouennaise.
Rouen prend l’ascendant mental
Au-delà du score, c’est l’impression laissée qui peut marquer. Après un premier tiers rugueux et âpre parfaitement assumé, Rouen a imposé son rythme et a totalement pris le dessus, notamment dans le deuxième tiers décisif. C’est ce qui a fait la différence.
Pour Amiens, cette lourde défaite s’explique en partie par les absences (Cepon, Djemel, puis Svanenbergs) et un système défensif énergivore voire trop sollicité dans la série malgré 72 heures de repos entre les match 4 et 5.
Cependant, les deux équipes devront rapidement tourner la page avant le match 6 au Coliseum, Amiens sous peine de voir la saison s’arrêter brutalement, Rouen à défaut de devoir tout risquer lors d’un match 7.
Commentaires (dans Paris Normandie) :
Carl Mallette (entraîneur de Rouen) : « Je voulais qu’on sorte extrêmement fort, physiquement car j’ai trouvé qu’on était deuxième sur la rondelle au match 4. Je voulais mettre le ton à la maison. On voulait montrer à nos partisans qu’on était prêts à jouer. Après ça, on a joué tout un match de hockey. On a eu une réaction d’orgueil. Amiens a eu des buts chanceux au dernier match mais ils avaient envie le plus de gagner le match. Ça, ça m’a déplu. En série, tu peux perdre des matchs, mais tu dois respecter l’adversaire et tu dois respecter le match.
Amiens fait un job incroyable pour nous contenir, de travailler fort. C’est une très bonne équipe de hockey qui joue avec fierté. Ça prend de se salir le nez, il faut aller aux buts en séries. Ce soir, on a joué à notre façon, c’est ce qui m’a plu le plus. On a marqué huit buts en jouant de la bonne façon et en jouant physique.
On a joué dans la norme, dans les règlements. Mais on a fini nos mises en échec. Ça m’avait déplu, encore une fois au quatrième match. Physiquement, on était deuxième. Ce soir, on était premier. On avait de l’agressivité sur chaque ligne. On avait des marqueurs sur chaque ligne. Bref, ce soir, je me dois d’avouer qu’on a joué tout un match de hockey.
Maintenant, il reste à conclure. C’est vraiment loin d’être fait. La preuve, c’est que nos trois matchs, on a gagné par un grand écart mais la série n’est que 3-2. Donc, ce n’est pas fini. Ils vont tout donner. Ils n’ont rien à perdre. Ils sont chez eux. Mais nous, on s’en va là pour conclure la série, évidemment. »
Rouen – Amiens 8-1 (1-1, 4-0, 3-0)
Samedi 22 mars 2026 à 20h00 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Adrien Ernecq et Yann Furet assistés de Viny Bergamelli et Éric Briolat.
Tirs : Rouen 39 (15, 16, 8) ; Amiens 27 (5, 8, 14)
Pénalités : Rouen 12′ (10′, 2′, 0′) ; Amiens 28′ (10′, 6′, 2+10′)
Supériorités : Rouen 2/5 ; Amiens 1/2
Évolution du score :
0-1 à 17’01 : Maïa (sup.num.)
1-1 à 18’51 : Perret assisté de Rech et Phelan
2-1 à 20’33 : Chakiachvili assisté de Rech et Lampérier (sup. num.)
3-1 à 21’43 : Roy assisté de Bouramman et Lampérier
4-1 à 27’08 : Bouramman assisté de Rech et Roy
5-1 à 29’34 : Lafrance assisté de Regush
6-1 à 49’20 : Gresosck assisté de Lavoie et Lampérier
7-1 à 54’18 : Gresosck assisté de Simonsen et Regush (sup. num.)
8-1 à 55’35 : Simonsen assisté de Lafrance et Regush
Rouen:
Attaquants:
Anthony Rech – James Phelan (A) – Tommy Perret
Loïc Lampérier – Alexandre Lavoie – Chase Gresock
Simon Lafrance – Michael Regush – Tomas Simonsen
Rolands Vigners – Robin Colomban – Vincent Nesa
Arrières:
Florian Chakiachvili (A) – Patrick Holway
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman
Dylan Yeo – Charles Schmitt
Noa Goncalves-Nivelais [à 40’00]
Gardien:
Mac Carruth (26 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absent : Julien Tessier (blessé).
Amiens
Attaquants :
Sean Richards – Janis Svanenbergs [puis Gauffriau à 21’43] – Antonin Plagnat
Zachary Lavigne – Kieran Craig – Bastien Maïa (A)
Gauthier Gibert – Anthony Beauchamps – William Lemay
Matéo Bussat – Virgile Gauffriau puis à 29’34 Thomas Boisson
puis à 36’47 Anatole De Mali
Arrières :
Justin Bergeron (A) – Félix Larose
Mathieu Mony – Bastien Lemaitre
Aleksandar Magovac (C)
Gardien :
Taran Kozun (18 arrêts) puis à 29’35 Clément Fouquerel (13 arrêts)
Absents : Guillaume Roussel, Ilies Djemel et Kristjan Cepon (?).








































