La surprise passée d’avoir lâché un deuxième match dans ce quart de finale, mercredi dernier (2-4), le presque intouchable leader de la saison régulière – Rouen – a repris sa marche en avant à domicile lors d’un match 5 à sens unique (8-1) où les Gothiques ont chuté dans les grandes largeurs en plus de perdre Janis Svanenbergs sur blessure. Pour tenter d’arracher une ultime manche décisive, Kevin Bergin peut néanmoins compter sur le retour de suspension de Kristjan Cepon, de blessure d’Ilies Djemel ainsi que du deuxième match de William Lemay tandis que Sean Richards est indisponible.
Symbole d’une série extrêmement chaude et intense à tous points de vue, Djemel et son ancien coéquipier James Phelan en venaient aux mains dès l’échauffement, laissant fou de rage le rouennais retenu par ses partenaires pour éviter tout autre débordement, avant que Félix Larose ne vienne de nouveau l’asticoter avant même le retour aux vestiaires, sans réelle réponse cette fois-ci. Le décor était – déjà – planté pour un match 6 électrique dans un Coliséum plein à craquer.
Des bagarres et des buts
Le match commencé depuis vingt-six petites secondes seulement que Larose et Phelan partageaient des coups de poings et étaient chassés pour deux minutes tandis que, sur les bancs, Henri-Corentin Buysse avertissait le staff rouennais que les Gothiques « pouvaient faire ça toute la soirée ». Les prémices d’une nouvelle soirée endiablée et physique, dépassant parfois la limite. Sur le plan du jeu, seul un lancer de Patrick Holway au ras de la glace qui passait de peu à côté (3’15) était réellement à signaler et ce, malgré une première supériorité normande. La deuxième s’avérait presque concluante sur une tentative de la bleue de Chakiachvili sur laquelle Kozun contrôlait mal le rebond mais voyait Mony dégageait la rondelle avant qu’elle ne glisse au fond (7’).

Dans une partie très âpre et agrémentée d’énormément de coups de part et d’autre, Amiens décrochait une première puis une deuxième supériorité… mais n’en faisait rien, voyant comme situation la plus dangereuse un lancer de Djemel depuis l’axe atterrir dans les filets protecteurs (12’). En manque de réalisme, les locaux se faisaient même punir sur un coup du sort quand Chakiachvili, le long de la bande, mettait le palet devant le but et bénéficiait d’une déviation pour surprendre Kozun (0-1, 13’15). Un coup de massue qui n’était finalement qu’un réveil. Beauchamp contrait un palet à la bleue offensive, Plagnat récupérait et trouvait Lemay au deuxième poteau dont le « one timer » laissait Carruth de marbre (1-1, 14’43).
Rouen prend le dessus…
Revigorés physiquement par ce but, les Picards pouvaient cependant remercier Kozun auteur d’un double arrêt devant Chakiachvili puis Nesa, au rebond (15’30) pour rentrer aux vestiaires à égalité, à la fin d’une période notamment marquée par les quatre pénalités de James Phelan, dont la dernière – qui semblait plus due à sa réputation qu’à une réelle faute – avait le don de le faire sortir de ses gonds. Les esprits quelque peu calmés par la pause, le jeu pouvait reprendre avec une première alerte pour les Samariens. Lemay mettait le palet devant le but, Beauchamp déviait et forçait Carruth à un arrêt de classe (21’45). La réponse normande se faisait en supériorité numérique quand Lavoie trouvait une sublime passe pour un Simonsen esseulé dont la reprise manquait le cadre (23’55) avant que ce dernier ne se fasse – quelques instants plus tard – subtilisé le palet dans la crosse par Bergeron qui tentait de le glisser entre les jambières d’un Carruth vigilant pour maintenir l’égalité (25’).

Malgré un net contrôle dans le jeu, les Rouennais s’exposaient donc sur les rares situations picardes, à l’image d’un bon tir masqué de Beauchamp qui filait vers la lucarne et obligeait Carruth à un nouvel arrêt (26’20). Mais malgré ces opportunités repoussées, c’était bel et bien Kozun qui s’avérait être le gardien qui « tenait la baraque » tant les Dragons avaient le contrôle du palet et du rythme. Et quand ce dernier n’était pas sur la trajectoire, Lampérier manquait la cage vide après une subtile déviation de sa part (28’30). L’opportunité de prendre l’avantage d’une mise hors de position passée, Kozun se remontrait aussitôt à son aise en réalisant un sublime arrêt de près devant Lavoie (29’30) puis sur une puissante reprise de Chakiachvili en supériorité (35’). Quelques instants plus tard, toujours à un de plus, le deuxième cité trouvait le premier près du but mais la déviation du Québécois manquait le cadre (36’).
… et se qualifie au bout du suspense
Une alerte chaude à laquelle seul un lancer en pivot de Plagnat de peu à côté (38’) pouvait servir de réponse dans une période globalement dominée par les Rouennais. Sur les rotules, les Gothiques offraient un sens du sacrifice hors pair dans la dernière mais continuaient de subir la domination de Dragons bien décidés à ne pas se laisser pousser dans un match 7 où tout peut arriver. Toutefois un obstacle de taille se dressait devant eux : l’intenable Taran Kozun. Auteur d’un arrêt plutôt tranquille sur Gresock en début de période (42’), il réalise une parade d’exception sur une reprise de Lafrance, parfaitement décalé sur un powerplay par Chakiachvili (44’). Et à l’image du tiers précédent, quand Kozun semblait battu, un coup de pouce du destin lui était adressé : le poteau venait le sauver sur un lancer balayé depuis la bleue de Simonsen (47’30).
Lucide face à Lafrance, encore lui, qui repiquait pour tenter de la surprendre (50’), Kozun s’avérait être le héros d’une troisième période où son homologue Mac Carruth était vigilant sans être réellement en danger, à l’image d’un geste intéressant de Plagnat après un engagement qu’il stoppait tranquillement (52’). De plus en plus en délicatesse pour tenir le choc, les Picards se mettaient même à la faute à trois minutes du terme, mais cette septième infériorité numérique de la soirée tenait bon pour des Amiénois à bout de souffle qui prenaient un grand bol d’air au moment du buzzer signifiant la prolongation. À 3 contre 3, Phelan prenait l’engagement et les Rouennais ne laissaient aucune possibilité à leurs hôtes de toucher la rondelle. Exténués face à la vitesse et à la technique normandes, les Amiénois se montraient passifs sur une transmission de Holway pour Lavoie qui – malgré un tir qui ne restera pas dans les annales – parvenaient à trouver un trou de souris pour envoyer les siens dans le dernier carré (1-2, 61’34).

Malgré un Kozun héroïque, les protégés de Kevin Bergin voient donc leur difficile saison prendre fin au Coliséum face à un adversaire tout simplement supérieur dans beaucoup trop d’aspects pour espérer refaire l’exploit de l’an dernier. Place désormais à une reconstruction à prévoir pour un groupe qui a fortement déçu sous les ordres d’un coach qui n’aura plus autant de largesses en 2026-2027 si les résultats ne s’améliorent pas. Pour le rival rouennais, la quête d’un doublé coupe-championnat est toujours d’actualité et passe désormais par Bordeaux avec deux premières manches à la maison, dès ce week-end. Avec ou sans Tessier et Regush ? Telle est désormais la question pour Carl Mallette et son staff.
Élus meilleurs joueurs du match : Taran Kozun (Amiens) et Alexandre Lavoie (Rouen)
Amiens – Rouen 1-2 (1-1, 0-0, 0-0, 0-1)
Lundi 23 mars 2026 à 20h15 au Coliséum. 3220 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Crégut et Romain Herbault assistés de Thomas Simon et Quentin Cady
Pénalités : Amiens 26’ (12’, 10′, 4’, 0’) ; Rouen 18′ (12′, 6’, 0’).
Tirs : Amiens 27 (10, 8, 9) ; Rouen 54 (18, 16, 18, 2).
Évolution du score :
0-1 à 13’15’’ : Chakiachvili assisté de Lafrance et Simonsen
1-1 à 14’43’’ : Lemay assisté de Plagnat et Beauchamp
1-2 à 61’34’’ : Lavoie assisté de Holway et Gresock
Amiens
Attaquants :
Bastien Maïa (A, 2’) – Kieran Craig (2’) – Zachary Lavigne (2’)
William Lemay – Anthnoy Beauchamp (+1, 4’) – Antonin Plagnat
Gauthier Gibert (4’) – Virgile Gauffriau (-1, 2’) – Ilies Djemel
Matéo Bussat (-1) – Thomas Boisson – Guillaume Roussel (-1)
Défenseurs :
Kristjan Cepon (4’) – Aleksandar Magovac (C, -1)
Justin Bergeron (A, 2’) – Félix Larose (2’)
Mathieu Mony – Bastien Lemaître (2’)
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçants : Clément Fouquerel (G), Anatole de Mali. Absents : Gaspard Vanwormhoudt (choix), Janis Svanenbergs (malade), Sean Richards
Rouen
Attaquants :
Simon Lafrance (+1) – James Phelan (10’) puis Lavoie à 40’00 – Tomas Simonsen (+1)
Loïc Lampérier (C, 2’) – Alexandre Lavoie (+1) puis Phelan à 40’00 – Chase Gresock (+1) puis Rech à 40’00
Anthony Rech puis Gresock à 40’00 – Robin Colomban (-1) – Tommy Perret (-1)
Rolands Vigners – Vincent Nesa – Johannèes Avonde
Défenseurs :
Florian Chakiachvili (A, +1, 2’) – Patrick Holway (+2, 2’)
Pier-Olivier Roy – Gustav Bouramman (-1)
Dylan Yeo (A) – Charles Schmitt (-1, 2’)
Noa Goncalves
Gardien :
Macmillan Carruth
Remplaçant : Lucas Mugnier (G). Absents : Julien Tessier, Michael Regush








































