Battue pour la première fois face au pays organisateur après six victoires, la Finlande reste à Zurich avec sa deuxième place de poule mais ne récolte pas un adversaire si facile en quart de finale. Les Tchèques ont peiné face aux équipes supposées inférieures mais ils ont été bons face aux grosses écuries et restent donc dangereux dans ces phases finales. Ils ont aussi récupéré leur premier gardien Josef Kořenář, qui a passé deux jours dans sa chambre d’hôtel en début de semaine parce qu’il était malade.
Le match débute en beauté avec une fantastique passe aveugle de Konsta Helenius qui sert Aleksander Barkov arrivant devant le but, mais le capitaine échoue dans les jambières de Kořenář. Les Tchèques répondent par un bon une-deux Alscher-Kubalik. La domination est donc plutôt blanche, avec un bon soutien offensif des défenseurs.
C’est alors que l’un d’entre eux, Jiří Ticháček, se lance dans des dribbles pas très avisés en zone neutre et se fait prendre le palet par Jesse Puljujärvi. L’ailier droit déboule et centre en retrait pour Sakari Manninen qui bat Kořenář côté plaque (1-0).
Ce but atteint le moral des Tchèques qui ont perdu tout le bénéfice de leur bon départ et ne tentent plus aucun tir sur Annunen pendant sept minutes. Sans spécialement forcer, la Finlande ajoute même un deuxième but. Lenni Hämeenaho prend un lancer excentré en entrée de zone et Kořenář lâche un rebond dans l’axe dont profite Anton Lundell pour placer le palet entre ses jambes (2-0).

Les Tchèques poussent dès le début du deuxième tiers-temps, mais sur la première transition de la Finlande initiée par Lehtonen, une passe géniale de Mikael Granlund, face à la bande et dans son dos, lance ses collègues de la première ligne en 2 contre 1. Le timing de la passe de Barkov est parfait et Helenius peut reprendre en cage ouverte (3-0). L’affaire n’est même pas loin d’être pliée quand un tir en angle fermé de Granlund frôle l’épaule de Kořenář et la transversale.
On ne voit rien qui pourrait remettre les Tchèques dans le match… sauf une charge incorrecte de Puljujärvi qui arrive dans le dos de Sedlák et fait voler son casque ! Voženílek fait ensuite son pénible devant la cage, Olli Määttä lui donne un coup de poing et les Tchèques rendent le palet pour jouer à 5 contre 3 le plus longtemps possible. 1’34” exactement. Ou plutôt 36 secondes car il n’en faut pas plus à Filip Hronek pour envoyer un slap dans la lucarne d’Annunen (3-1, photo ci-dessous). Le gardien n’est pas coupable d’avoir concédé ce tir sur réception parfait, mais il l’est de ne pas avoir dégagé le palet qu’il avait à portée de crosse cinq secondes plus tôt mais a laissé Sedlák lui prendre.
Le jeu se poursuit à 5 contre 4. Dominik Kubalík, venu en position idéale au poteau droit, n’arrive pas à reprendre la passe en pivot de Voženílek qui lui passer entre les jambes. La dynamique tchèque naissante est interrompue par une crosse haute de Tomášek et Cibulka donne de sa personne pendant cette infériorité numérique en se sacrifiant devant un lancer de Hämeenaho. La Finlande garde deux buts d’avance à la seconde pause.
Les Tchèques n’ont d’autre choix que de mettre une pression intense au troisième tiers, et c’est ce qu’ils font. Depuis le cercle gauche, le tir de Tomáš Cibulka fait trembler la passe transversale. Puis c’est le poteau qui repousse un tir de David Tomášek. Même la chance semble avoir choisi son camp…
À sept minutes et demie de la fin, Sedlák tient mal sa crosse qui se lève au visage de Lehtonen en milieu de glace. Une pénalité bête à un très mauvais moment. Elle est tuée mais le sentiment d’urgence grandit. Les Tchèques se précipitent et Filip Hronek perd le palet au milieu de la glace face à Sakari Manninen. C’est alors une échappée solitaire pour Lenni Hämeenaho qui marque exactement entre les jambes de Kořenář (4-1).
Grâce à leur qualité de passe et à leur vision du jeu, les Finlandais ont su concrétiser avec une efficacité maximale des situations de jeu presque anodines… tout comme des pertes de palet coupables des défenseurs tchèques Ticháček et Hronek.
Désignés joueurs du match : Sakari Manninen pour la Finlande et Jakub Flek pour la Tchéquie.
Trois meilleurs Tchèques du tournoi selon leur coach : Roman Červenka, Filip Hronek et Lukáš Sedlák.
Commentaires d’après-match :
Lukáš Sedlák (attaquant de la Tchéquie) : « Je ne savais même pas qui m’avait chargé. Je me fiche de qui c’était. Ce n’était pas une si mauvaise charge, je n’étais juste pas prêt pour une charge que je n’ai pas vue venir. [Puljujärvi] est un joueur gros et puissant. Quand il est sur la glace, il faut faire attention. […] Maintenant, je suis fatigué. Ce fut un match difficile. Les deux équipes évitaient les erreurs au début, on aurait dit un jeu d’observation. Nous avons commis quelques erreurs et ils ont marqué. Après, c’est difficile de courir après le score contre la Finlande parce qu’ils défendent si bien. Amener le palet en zone nous demandait beaucoup d’énergie. Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions à 5 contre 5. En troisième période, nous avons eu quelques poteaux presque sortis de nulle part. C’était frustrant. Si l’un d’eux était entré, cela aurait soudain fait 2-3 et l’approche aurait été différente. »
Antti Pennanen (entraîneur de la Finlande) : « Bon départ, jusqu’à ces deux pénalités. Une première période très solide. On a eu un peu de chance, mais nous étions clairement la meilleure équipe. Nous n’aurions pas dû laisser passer un but à 3 contre 5. Sinon, nous avons bien joué, avec de la variété en attaque. Quand on mène, la clé est d’attaquer. Sinon, 20 minutes, ça risque d’être long. Pendant la pause, nous avons insisté sur la nécessité d’obtenir de longues offensives. Nous avons réussi autant que possible. J’ai bien aimé la ligne Puistola-Lundell-Hämeenaho. Très bien. Bien sûr, il y a eu des séquences importantes de la ligne d’Aleksander Barkov, qui a su conserver le palet et le porter jusqu’à l’autre bout de la patinoire. Dans l’ensemble, une très bonne performance de toute l’équipe. J’ai eu une grande confiance dans l’équipe toute la journée. »
Finlande – Tchéquie 4-1 (2-0, 1-1, 1-0)
Jeudi 28 mai 2026 à 16h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 10 000 spectateurs.
Arbitres : Christoffer Holm (SUE) et Sean MacFarlane (USA) assistés de Shane Gustafson et John Rey (USA).
Pénalités : Finlande 6’ (2’, 4’, 0’) ; Tchéquie 6’ (2’, 2’, 2’).
Tirs : Finlande 28 (8, 9, 11) ; Tchéquie 26 (10, 11, 5).
Évolution du score :
1-0 à 07’33” : Manninen assisté de Puljujärvi
2-0 à 14’32” : Lundell assisté de Hämeenaho et Vaakanainen
3-0 à 21’35” : Helenius assisté de Barkov et Granlund
3-0 à 30’51” : Hronek assisté de Kubalík et Červenka (double sup. num.)
4-1 à 55’31” : Hämeenaho assisté de Manninen
Finlande
Attaquants :
Mikael Granlund (A, +1) – Aleksander Barkov (C, +1) – Konsta Helenius (+1)
Patrik Puistola (+1) – Anton Lundell (+1) – Lenni Hämeenaho (+2)
Sakari Manninen (+2) – Aatu Räty (+1) – Jesse Puljujärvi (+1, 2’)
Saku Mäenalanen – Hannes Björninen – Waltteri Merelä
Défenseurs :
Ville Heinola – Urho Vaakanainen (+1)
Mikko Lehtonen (+2, 2’) – Henri Jokiharju (+2)
Olli Määttä (A, +2, 2’) – Nikolas Matinpalo (+2)
Vili Saarijärvi
Gardien :
Justus Annunen
Remplaçants : Joonas Korpisalo (G), Janne Kuokkanen (A). Non équipés : Harri Säteri (G), Mikael Seppälä (D), Sami Päivärinta (A). Blessés : Teuvo Teräväinen, Eemil Erholtz (A).
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C, -2) – Lukáš Sedlák (A, -1, 2’) – Daniel Voženílek (-2)
Matěj Blümel – David Tomášek (4’) – Jakub Flek (-1)
Dominik Kubalík – Matyáš Melovský (-1) – Martin Kaut
Ondřej Beránek (-2) – Jiří Černoch (-2) – Jaroslav Chmelař (-1)
Défenseurs :
Michal Kempný – Filip Hronek (A, -1)
Libor Hájek (-1) – Tomáš Cibulka (-2)
Jiří Ticháček (-1) – Marek Alscher
Tomáš Galvas (-2) – Jan Ščotka (-1)
Gardien :
Josef Kořenář
Remplaçant : Dominik Pavlát (G). Non équipés : Petr Kváča (G), Michal Kovařčík, Jan Mandát (A)








































