Une issue fatale pour les Lions
Six mois et six jours après s’être disputé le titre honorifique de champion de Division 2, les deux promus, séparés d’un petit point et de… 6 places, cherchent tous deux à récupérer les points perdus récemment à domicile après avoir chacun remporté deux des trois premiers matchs de la saison. Seulement, les Lyonnais ont dilapidé au cours d’un deuxième tiers délicat la courte avance qu’ils disposaient sur Anglet, au moment où Dunkerque sombrait à Montpellier.
Cet affrontement entre convalescents s’annonce d’autant plus indécis que les Gones n’ont plus empoché la victoire à l’extérieur depuis leur visite en Champagne pour l’ouverture de la saison et que Dunkerque est apparu sonné face à Cergy pour sa dernière sortie à Raffoux. Chacun souffrant en outre d’absences, seuls neuf défenseurs sont alignés au départ.
Décimée par le forfait du capitaine Millerioux, alors que Dubaj et Sabol attendent toujours d’être à 100% de leurs capacités, la défense rhodanienne est épargnée pour environ huit minutes, grâce entre autres au travail de la troisième ligne, efficace dans le pressing. Le talent de Bastien est à l’origine des premières frayeurs sur la cage de Martel, contraint à intervenir in extremis devant Piras. Sur une pénalité différée provoquée par une percée de To-Landry, Désérable prend le temps de fixer le dernier rempart adverse, mais échoue lui aussi. En rodage, le jeu de puissance des Lions est enrayé par une passe ratée du jeune Étienne Chiappino, qui s’affirme de plus en plus dans les rangs rouges et bleus, et un hors-jeu.
La faute de Maurice Rozenthal offre vite l’opportunité à l’attaque massive de gagner en percussion. Le danger se précise par Deshaies et surtout Roch de la bleue, pour une bonne intervention du gant de son compatriote. Chaud, le défenseur québécois commet dans la foulée un cinglage (07’48 ») et voit Deshaies le rejoindre pour méconduite. Son effectif alors limité à deux arrières, Pascal Margerit fait entrer le jeune Arthur Guinche en ces temps difficiles où Guillaume Richard fait face avec brio aux premiers assauts dirigés contre lui. Il ne laisse ainsi aucun rebond à Maurice Rozenthal et Clément Thomas et si Destoop, d’un lancer haut, l’oblige à repousser le disque, Tkac ne peut reprendre.
Sur un deuxième tir puissant de Thomas, l’ancien Angloy se demande où se trouve la rondelle, dégagée par un défenseur, mais le danger demeure au retour à forces égales, sur une action de Wikström. Le premier bloc est d’ailleurs à l’origine de l’ouverture de la marque. Dans la neutre, Petr Zich confie le palet à François Rozenthal, qui accélère sur la gauche, repique au centre et trouve la lucarne (1-0 à 13’59 »). Si Destoop est puni pour avoir envoyé de sa zone le palet en dehors des limites de jeu, Lyon n’en profite toujours pas : Olsson s’isole dans l’étau et Chiappino est dépossédé du disque par Maurice Rozenthal, sur qui Dany Roch est contraint à la faute, laquelle s’ajoute à une nouvelle méconduite (15’47 »).

Sur une passe de Combe, le discret Toivo Suursoo rate une bonne occasion d’égaliser, dans une position comparable (25’25 »). Désireux de recoller au plus vite, Lyon pousse sur la cage de Martel, vigilant devant Alexander Olsson, au rebond d’un tir de l’Estonien, mais laisse beaucoup d’espaces. Guillaume Pelletier, peu de temps avant de quitter le jeu, tente d’en profiter sur un 2 contre 1, puis Martin Croguennec envoie Bécuwe à la cage. Accroché, le généreux ancien Avignonnais s’élance pour le tir de pénalité, échoué dans les bottes d’un Richard toujours inflexible (26’12 »).
Dunkerque risque de regretter ces deux opportunités de se détacher, en voyant To-Landry revenir à la charge pour un arrêt réflexe de la crosse de Martel, mais dans la continuité de l’action François Rozenthal s’engouffre à son tour dans la brèche et loge le caoutchouc dans la lucarne droite (3-1 à 26’58 »). Ces deux buts d’avance ne sont pas de trop pour la troupe de Marc Leroux, car si les Gones perdent plusieurs rondelles ils n’abdiquent pas. Profitant à son tour d’un revirement, Arnaud Magallon croit même réduire l’écart dans un angle fermé (31’00 »), le palet n’ayant pas plus franchi la ligne fatidique que le missile suivant de Suursoo.
Dubois libère Dunkerque
Trois fautes nordistes dans les cinq dernières minutes de la période intermédiaire permettent aux Lions d’asseoir peu à peu leur domination. Bien en place, Martel contribue à retarder l’échéance face à Olsson, le rebond étant dirigé hors cadre par Dany Roch, dans un angle extrêmement difficile. Suite à un surnombre et à un retard de jeu sanctionnant un mouvement de cage du cerbère québécois, Lyon termine le tiers en double supériorité. Roch se heurte encore à la plaque de l’ancien Scorpion, puis Folcke plonge pour sortir le disque avant le deuxième coup de sirène.

Une énième perte de palet des bleus en zone défensive les expose un peu plus, mais Combe et Olsson s’emmêlent les pinceaux… Grégory Dubois colmate une nouvelle brèche devant To-Landry, dont la tentative du revers échoue à son tour. Cette longue séquence de poussée lyonnaise est ponctuée d’une faute de Wikström. Les siens toujours en possession du palet, Guillaume Richard prend la direction de son banc, mais une charge trop appuyée de Deshaies sur Destoop annule ce possible déséquilibre des forces (56’47 »).
Malheureux quelques minutes plus tôt, Olsson et Combe retrouvent leur efficacité à quatre contre quatre : avec moins de deux minutes à faire, une tergiversation dunkerquoise au centre du glaçon leur permet de partir défier Folcke, ultime défenseur. Le Suédois abandonne la rondelle à son numéro 71, qui ne tremble pas et égalise en force (3-3 à 58’37 »).
Les hommes de Pascal Margerit sont ainsi sur le chemin d’un point mérité, dans une conjoncture difficile pour eux… C’est sans compter sur la présence dans les rangs nordistes de Grégory Dubois, défenseur intraitable et encore décisif dans la dernière minute. Piqué au vif, Dunkerque se rue à l’attaque, à l’image de son numéro 4, à la réception d’une passe de François Rozenthal, qu’il expédie sous la barre (4-3 à 59’09 »).
Reste aux Corsaires à tenir dans les ultimes instants car l’auteur de ce filet inespéré est renvoyé au banc à quinze secondes de la sirène finale. La mise au jeu en zone offensive est remportée par David Bastien, mais Roch manque le cadre. Passés par tous les états au cours des deux dernières minutes, le public et le banc exultent de concert. L’issue est cruelle pour les Lions, très méritants, à l’image de leurs quelques irréductibles partisans. Les motifs d’espoir sont réels pour l’escouade, diminuée, de Pascal Margerit, mais la vérité du classement est lourde, alors que trois nouveaux déplacements se dressent à l’horizon…
Commentaires d’après-match :
Pascal Margerit (entraîneur de Lyon) : « Nous avons beaucoup de regrets car l’équipe travaille tout le match pour recoller mais nous ne sommes pas capables de tenir lors de la dernière minute. Il a fallu évoluer à quatre défenseurs, dont deux pénalisés au premier tiers, ce qui m’oblige à faire entrer un jeune, Arthur Guinche. C’est compliqué avec tous les blessés, d’autant que l’équipe a fait un super match et méritait un point, mais elle avait déjà la tête aux prolongations. Le manque d’expérience, en l’absence de Martin Millerioux, a été flagrant dans cette fin de match. On travaille pour relever la tête, l’ambiance est bonne dans le groupe. La série de trois déplacements d’affilée sera compliquée, surtout si l’on ne récupère pas des blessés. J’espère récupérer un ou deux défenseurs avant la semaine prochaine. »
Dunkerque – Lyon 4-3 (2-0, 1-1, 1-2).
Samedi 22 octobre 2011 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 050 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Thomas Caillot et Steve Bataillie.
Pénalités : Dunkerque 24′ (10′, 10′, 4′), Lyon 30′ (6’+2×10′, 2′, 2′).
Tirs : Dunkerque 36 (19, 7, 10), Lyon 49 (13, 21, 15).
Évolution du score :
1-0 à 13’59 » : F. Rozenthal
2-0 à 18’19 » : Wikström assisté de Zich (sup. num.)
2-1 à 24’42 » : Piras assisté de Bastien et To-Landry (sup. num.)
3-1 à 26’58 » : F. Rozenthal
3-2 à 42’12 » : Roch
3-3 à 58’37 » : Combe assisté de Olsson
4-3 à 59’09 » : Dubois assisté de F. Rozenthal
Dunkerque
Gardien : Marc-André Martel.
Défenseurs : Grégory Dubois (A) – Petr Zich ; Martin Croguennec – Martin Tkac ; Ghislain Folcke.
Attaquants : Maurice Rozenthal – Kim Wikström – François Rozenthal (C) ; Clément Thomas (A) – Guillaume Pelletier [Wikström ou N’Guyen après environ 30′] – Loïc Destoop ; Benjamin N’Guyen – Matthieu Becuwe – Antoine Houque.
Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Benjamin Denis. Absents : Éric Rousseau (épaule), Clément Derepper, Yann Marez, Arnaud Péan, Aurélien Zajac.
Lyon
Gardien : Guillaume Richard (sorti de 59’09 » à 59’16 » et de 59’20 » à 60’00 »).
Défenseurs : Dany Roch – Étienne Chiappino ; Nicolas Deshaies – François-Henri Désérable (A) ; Arthur Guinche (au premier tiers-temps).
Attaquants : Jonathan Piras – David Bastien (A) – Vikhaël To-Landry ; Alexander Olsson – Mathieu Combe (C) – Toivo Suursoo ; Quentin Wilhelm – Arnaud Magallon – Frédéric Figon ; Dorian Duchosal (au premier tiers-temps).
Remplaçants : Quentin Wargnier (G), Charly Cirgues. Absents : Vladimir Sabol (convalescence), Martin Dubaj (dos), Éric Medeiros (côtes), Martin Millerioux (clavicule).








































