Grenoble prend le large

Les deux équipes se sont déjà affrontées sur la glace de Pôle Sud cette saison et Grenoble s’était imposé 3-2 dans le cadre de la Ligue Magnus. Une rencontre serrée qui était tout près de basculer en prolongation, c’est dire si les débats s’annoncent intenses entre deux équipes assez proches. Samedi, les Ducs se sont bien préparés en disposant de Villard (4-1) à domicile tandis que les Brûleurs de Loups se sont frottés à d’autres Ducs, ceux d’Angers, qui sont finalement sortis vainqueurs d’un match extrêmement disputé (3-2). Mais cette rencontre constituera une bonne préparation, à condition que la fatigue n’ait pas trop pesé sur les organismes. Seul Suzzarini manque à l’appel côté grenoblois tandis que les Ducs seront heureux de compter sur un effectif au complet avec le retour de Thomas Decock, enfin de retour sur la glace après sa maladie.

Crowder essaie de sonner le réveil dijonnais mais Raibon veille et Grenoble se contente de gérer son avance en maintenant le palet en zone offensive. Les occasions se font rares dans ce premier tiers qui est loin d’avoir l’intensité de la première période de samedi face à Angers. M. Colleoni réveille tout le monde avec un coup de sifflet à l’encontre de Kévin Igier, coupable d’un accrocher un peu stupide dans sa zone offensive. Pas très concentrés, les Grenoblois manquent de peu de se faire surprendre en contre et peinent à installer leur jeu de puissance. Tillanen a un arrêt dangereux à effectuer avant le retour d’Igier sur la glace. En fin de tiers, c’est Nicolas Antonoff qui est sanctionné à son tour pour un cinglage. Dijon saisit sa chance : Skinnars derrière la cage centre pour Nicolas Ritz dont la reprise croisée à ras de glace surprend Raibon pourtant pas spécialement masqué (2-1, 19’13 »). Ce but relance Dijon dans la partie mais Hardy se fait pénaliser juste avant le retour au vestiaire. Malgré tout les Ducs s’en sortent bien au tableau d’affichage après un départ catastrophique.

Dijon essaie de reprendre les commandes du jeu mais les attaques dijonnaises manquent souvent de tranchant. Une percée de Vas provoque tout de même une pénalité appelée contre Antonoff et Dijon parvient à jouer avec un sixième joueur pendant près de trente secondes avant que le palet ne soit touché par une crosse grenobloise. Mais cette fois l’avantage numérique ne sourit pas aux Ducs incapables de se montrer dangereux.
I
Deux buts d’avance, c’est bien, mais ce n’est peut-être pas suffisant pour le match retour. C’est sans doute ce qu’ont dû se dire les Grenoblois dans le vestiaire car ils attaquent le troisième tiers pied au plancher. Un gros travail de la première ligne grenoblois est bonifié par Desrosiers qui se trouve seul face à la cage pour reprendre une passe parfaite de Vaskivuo bien placé derrière les buts (4-1, 41’50 »). Malgré ce confortable avantage, les Brûleurs de Loups continuent de se mettre en difficulté avec deux nouvelles pénalités d’Arrossamena puis McGrane. Le power-play dijonnais campe dans la zone grenobloise et pense même avoir trouvé la faille mais Raibon s’en sort miraculeusement sur un tir de Short repris au rebond dans la mêlée par une crosse dijonnaise.

Les Ducs sont passés à côté de leur entame avec ces deux buts encaissés en cinq minutes et ils ne s’en sont finalement jamais remis. Approximatifs sur le repli défensif, ils ont encaissé trois buts sur des contre-attaques grenobloises, et surtout ils n’ont pas su profiter de l’indiscipline grenobloise avec seulement un but marqué en plus de onze minutes à cinq contre quatre. Tillanen a fait ce qu’il a pu, étant souvent laissé seul par ses défenseurs. L’attaque a déçu à l’image de Crowder, peu visible sur ce match. Dijon semble avoir déjà hypothéqué ses chances pour le match retour mais devra rebondir dès samedi à Mulhouse en Ligue Magnus.
Une fois n’est pas coutume, Grenoble a fait preuve de réalisme ce soir en marquant rapidement sur ses deux premières occasions et en laissant Dijon à distance tout au long de la partie. Tout a réussi aux Brûleurs de Loups ce soir : un système défensif sérieux et efficace, notamment en infériorité numérique, un gardien bien présent et une attaque efficace à l’image de François Ouimet, auteur de son premier match plein depuis le début de la saison avec un doublé à la clé, ou de Joris Bedin qui a fait mal à la défense dijonnaise sur deux accélérations conclues par deux buts. Son influence sur le jeu offensif grenoblois est de plus en plus important et son temps de jeu devrait aller grandissant au cours des prochaines semaines. La réussite de Ouimet et Bedin a permis à McGrane et Vaskivuo de souffler même s’ils ont encore une fois été précieux sur les buts de Desrosiers et Le Blond. Avec quatre buts d’avance en vue du match retour, Grenoble peut voir venir, il reste à gagner à Caen samedi pour passer la trêve internationale bien au chaud.
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Compte-rendu signé Christophe Laparra
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On n’a pas reculé. On savait qu’on pouvait les contenir. On a été opportuniste au bon moment, même si on a fait preuve de trop d’indiscipline. Je suis globalement satisfait, même si avec l’expérience, je sais que rien n’est joué. »
Nicolas Antonoff (défenseur de Grenoble) : « On voulait poursuivre cette dynamique. Je pense qu’on était prêt mentalement à entrer dans cette partie, eux non. »
Grenoble – Dijon 5-1 (2-1, 1-0, 2-0)
Mardi 30 octobre 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2850 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Matthieu Barbez et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 14′ (2′, 8′, 4′), Dijon 12′ (4′, 6′, 2′)
Tirs cadrés : Grenoble 36 (11, 12, 13), Dijon 33 (6, 15, 12)
Évolution du score :
1-0 à 03’26 » : Bedin assisté de Antonoff et Dusseau
2-0 à 05’11 » : Ouimet assisté de Tardif
2-1 à 19’13 » : Ritz assisté de Skinnars et Vas (sup. num.)
3-1 à 23’50 » : Le Blond assisté de McGrane et Desrosiers (sup. num.)
4-1 à 41’50 » : Desrosiers assisté de Vaskivuo et McGrane
5-1 à 51’33 » : Ouimet assisté de Bedin et Tardif
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon.
Défenseurs : Nicolas Antonoff (4′) – Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) – Kévin Dusseau ; Jason Crossman (A).
Attaquants : Julien Baylacq (C) – Christophe Tartari – Nicolas Arrossamena (4′) ; Mike Vaskivuo (2′) – Ed McGrane (2′) – Francis Desrosiers ; Luc Tardif Jr (2′) – Mathieu Le Blond – François Ouimet ; César Joffre – Mathieu Briand – Joris Bedin.
Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Jordan Perret, Mathieu Pons. Absent : Maxime Suzzarini (commotion).
Dijon
Gardien : Kai Tillanen
Défenseurs : Benoît Quessandier (4′) – Rodi Short (2′) ; Kyle Hardy (C) (4′) – Kévin Igier (2′) ; Andrej Mrena – Cédric Custosse.
Attaquants : Johan Skinnars – Janos Vas – Tim Crowder ; Peter Valier – Nicolas Ritz – Henric Andersen ; Thomas Decock (A) – Alexandre Mulle – Aram Kevorkian (A) ; Gabriel Da Costa – Stephen Dugas – Vincent Kara.
Remplaçants : Joffrey Pingrit (G), Quentin Mahier.






































