Une nouvelle « bête noire » pour l’Étoile noire ?

Malgré cette « fatalité », Daniel Bourdages entend jouer le coup à fond. La Coupe de la Ligue débouchant sur un trophée que l’homme de banc strasbourgeois dit convoiter… tout en faisant évidemment du championnat sa grande priorité ! Aussi l’entraîneur québécois espérait-il voir les cordons de la bourse se délier pour finaliser son recrutement et engager ce sixième défenseur tant espéré. Un vœu récemment exaucé par l’arrivée du jeune arrière Cody Carlson (22 ans), originaire de l’Ouest canadien et bien connu d’un Sébastien Trudeau l’ayant côtoyé en ECHL l’an passé.
Cody Carlson a vu ses coéquipiers tomber samedi dans le piège morzinois (et sur un Andrew Hare de gala) et doit toujours patienter pour effectuer ses grands débuts français, qui n’auront donc pas lieu à Poissompré, sur les terres d’un adversaire briguant désormais le leadership de la poule B après sa victoire contre Amiens (3-1), dimanche, en match décalé. Et disputant son troisième match en quatre jours…
Sachant pertinemment qu’une victoire sur l’Étoile noire ouvrirait les portes du quart, les Spinaliens entendent faire fi des efforts dernièrement consentis pour asseoir leur « suprématie » sur ce derby. L’ICE s’étant toujours imposée depuis la rentrée. En pré-saison (5-2) comme à l’aller (8-5), où la « soirée portes ouvertes » à l’Iceberg fut favorable aux partenaires d’un Ján Plch déchaîné (et auteur 
Ne demandant qu’à faire mentir l’adage, les hommes de Daniel Bourdages rentrent bien dans la partie. Mais payent chèrement la première faiblesse d’un Gilles Beck relâchant le palet sur un lancer « anodin » de Yoann Chauvière, au grand bénéfice d’Anže Kuralt, qui s’avère être le plus prompt à exploiter ce rebond (1-0 à 01’38 »).
Touchés, mais pas coulés, les Bas-Rhinois réagissent sans toutefois parvenir à égaliser. C’est qu’ils confondent souvent vitesse et précipitation, ratant contrôles et lancers à l’image d’un Ján Pardavý étonnamment peu inspiré en ces premiers instants.
Le vétéran slovaque laisse plutôt la vedette à un Anže Kuralt survolté et à l’affût de chaque opportunité pour contre-attaquer. L’ailier slovène s’engouffre dans chèque brèche, chaque intervalle, jouant les dévoreurs d’espaces en misant sur son explosivité. Comme sur ce tir contré de Turcotte lui permettant de s’échapper pour s’en aller glisser la rondelle, du revers, entre le poteau et la jambière de Beck (2-0 à 04’01 »).
Épinal a pris les devants en un rien de temps. Mais c’est bien mal connaître les Alsaciens que de les croire déjà résignés. Aussi repartent-ils à l’attaque et arrivent-ils enfin à leurs fins grâce à l’abattage d’un Bourgaut parvenant à ressortir la rondelle (malgré le bon repli de Petrák) et à remettre dans l’enclave, vers un Turcotte s’essayant d’un revers qu’Hočevar ne pourra que repousser. Au bénéfice d’un Valentin Michel opportunément placé (2-1 à 07’19 »)…
L’Étoile noire reprend espoir mais le soulagement procuré par le fait d’avoir tué la première pénalité de la soirée (un faire trébucher de Cibuľa, qui s’était fait enrhumé par Petrák, 08’46 ») est vite estompé par une nouvelle « boulette » de son homme masqué. Steven Cacciotti, sur l’entrée en zone consécutive à une récupération de Benjamin Breault, adressant un lancer à mi-hauteur (et a priori sans grand danger) que Gilles Beck laisse inexplicablement filer au fond de ses filets (3-1 à 11’41 »).
S’il apparaît que Beck est l’un des « maillons faibles » de la soirée,
Autant d’avertissements sans frais rappelant que l’Étoile noire n’a pas abdiqué dans ce derby malgré ses difficultés passagères à l’arrière, où la paire Stříž-Turcotte se voit malmenée par l’incessante activité Kuralt-Petrák-Plch plein de bonne volonté…
Des buts comme s’il en pleuvait
Daniel Bourdages, qui espérait voir ses protégés « ne pas se faire surprendre en contre et concrétiser leurs occasions », n’a sûrement pas dû apprécier la manière dont s’est déroulé ce premier tiers. Et l’histoire se répète au retour des vestiaires, avec cette interception du toujours combatif Benjamin Breault. Le centre québécois coupe une passe de Česnek pour mieux remonter la rondelle et orienter, sur sa gauche, vers Cacciotti. Ainsi lancé, l’Italo-canadien peut entrer en zone par le côté et servir Perna au centre, pour une habile conclusion du revers (4-1 à 21’20 »).
C’en est trop pour Gilles Beck, dont la responsabilité est engagée sur deux des trois premiers buts spinaliens, qui regagne alors son banc pour laisser les clés du filet à son aîné Vladimír Hiadlovský. Toujours aussi imprévisible et communicatif, interpellant tout particulièrement ses défenseurs, qu’il reprend souvent sur leurs placements. Le Slovaque pourra notamment leur reprocher d’avoir été particulièrement exposé une reprise à bout portant d’Hordelalay (25’53 ») consécutive à un excellent pressing de Rapenne sur Bourgaut (qui verra ensuite Leroy lui subtiliser le puck derrière la cage pour remiser au centre).

L’Étoile noire semble refaire surface après cette action collective ultra-rapide et sublimée par la vista d’un Pardavý tentant d’acélérer le mouvement. Sans qu’Édouard Dufournet ou Sébastien Trudeau ne parviennent à profiter de ses inspirations. Valentin Michel et Peter Bourgaut se montrant bien plus dangereux qu’eux sur cette séquence nécessitant une double intervention d’Andrej Hočevar (31’13 »).

La menace se précise et Petrák, en décalant Plch sur sa droite, amorce une triangulation finalisée par Ouimet, totalement démarqué dans l’enclave. Le Québécois, pas franchement réputé pour sa qualité de lancer, s’essaye tout de même d’un tir des poignets qui génère un rebond confus exploité par Ján Plch (5-2 à 36’02 »). L’ICE tient le bon bout, surtout qu’Hočevar reste hermétique aux assauts alsaciens, comme sur ce centre d’Élie Marcos coupé par Peter Bourgaut (38’18 »).
Si l’acte médian s’est clôturé sur un « slalom géant » de Petrák entre les poteaux (ou plutôt Cruchandeau…), l’ultime période s’ouvre sur un festival de Correia. Le « feu follet » manœuvre côté droit avant de repiquer vers la cage (dribblant Chauvière au passage) pour glisser son palet au ras du montant (5-3 à 42’07 »). Un but aussi génial qu’anecdotique pour l’Étoile noire, incapable de poursuivre sur cette lancée et de déjouer la vigilance d’Hočevar, toujours aussi solide au poste. Un gardien que Yan Turcotte manque d’assommer avec son slap surpuissant (43’10 »)…

Le Slovène s’offre ainsi son premier triplé « français », qu’il assortit d’une belle passe décisive dans la foulée. Une longue ouverture, depuis son camp, en direction d’un Perna suffisamment « oublié », côté droit, pour mener le deux-contre-un. Le « lutin » italo-canadien préfère ensuite ignorer son coéquipier pour marquer, dans un angle très fermé (7-3 à 51’53 »).
Défendant suffisamment bien pour tuer une double infériorité (54’20 et 55’20 »), les Vosgiens, désormais assurés de remporter cette poule B, parviennent à enfoncer un huitième clou dans le « cercueil » alsacien. Meilleur, après avoir empêché Trudeau de scorer (55’32 »), décochant un lancer repoussé sur Hordelalay, bien placé à la gauche d’Hiadlovský (8-3 à 57’52 »). Pour le plus grand bonheur d’un public reprenant, en chœur, les plus grands classiques de Poissompré… en attendant l’ultime « surprise » de cette soirée ! La diffusion sur écran géant d’un montage vidéo présentant Mario Larocque… dont l’arrivée fut officialisée en fin d’après-midi, sur les ondes d’une radio partenaire !
Grâce à l’apport d’un nouveau sponsor (un investisseur décrit, par Anthony Maurice, comme un « entrepreneur vosgien qui était dans le Sud de la France et qui revient »), les dirigeants spinaliens ont donc pu ajouter du poids (104 kg), de la taille (1,90 m) et de l’expérience (35 ans) à leur défense. Avec cet arrière très physique et sachant se faire respecter, il ne fait aucun doute qu’Andrej Hočevar sera bien protégé. Mais attention, gare aux pénalités !
Épinal – Strasbourg 8-3 (3-1, 2-1, 3-1).
Mardi 8 octobre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 350 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté de Sébastien Geoffroy et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 6′ (0′, 2′, 4′) ; Strasbourg 8′ (2′, 2′, 4′).
Tirs : Épinal 25 (7, 10, 8) ; Strasbourg 32 (14, 8, 10).
Évolution du score :
1-0 à 01’38 » : Kuralt assisté de Chauvière et Plch
2-0 à 04’01 » : Kuralt
2-1 à 07’19 » : Michel assisté de Turcotte et Bourgaut
3-1 à 11’41 » : Cacciotti assisté de Perna et Breault
4-1 à 21’20 » : Perna assisté de Cacciotti et Breault
4-2 à 27’56 » : Suchánek assisté de Pardavý et Česnek (sup. num.)
5-2 à 36’02 » : Plch assisté de Petrák et Ouimet (sup. num.)
5-3 à 42’07 » : Correia assisté de Cibuľa
6-3 à 49’30 » : Kuralt assisté de Meilleur et Breault (sup. num.)
7-3 à 51’53 » : Perna assisté de Breault et Kuralt
8-3 à 57’52 » : Hordelalay assisté de Meilleur et Mauffrey
Épinal
Gardien : Andrej Hočevar.
Défenseurs : Maxime Ouimet (A) – Francis Meilleur ; Peter Slovák – Yoann Chauvière ; Martin Charpentier – Gašper Sušanj ; Romain Mauffrey.
Attaquants : Steven Cacciotti (C) – Benjamin Breault – Dominic Perna ; Anže Kuralt – Michal Petrák – Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne – Pierre-Charles Hordelalay – Fabien Leroy ; Kevin Benchabane – Maxime Martin – Yannick Offret.
Remplaçant : Nicolas Ravel (G). Absents : Victor Pivron (lumbago), Pierre Mauffrey (gardien surnuméraire).
Strasbourg
Gardien : Gilles Beck, puis Vladimír Hiadlovský à 21’20 ».
Défenseurs : Michal Česnek – Jakub Suchánek ; Yan Turcotte – David Stříž ; Julien Burgert – Hugues Cruchandeau (A).
Attaquants : Ján Pardavý – Édouard Dufournet – Sébastien Trudeau ; Julien Correia – Matt Lyall – Ján Cibuľa (A) ; Peter Bourgaut – Élie Marcos (C) – Valentin Michel.
Remplaçants : Pierrick Hoehé, Julien Baeumlin, Damien Bourguignon, Romain Schmitt. Absent : Cody Carlson (en attente de licence).







































