Si deux ou trois mondes semblent séparer les adversaires de ce samedi soir, on peut relever certains points communs, faute de ressemblances.
La situation déjà, avec deux défaites lors de la rencontre inaugurale de cette Champions Hockey League : une défaite frustrante en fin de match pour Briançon face aux Autrichiens de Villach (1-2), une autre dessinée dans une entame manquée par Frölunda sur la glace de Genève (4-3). Autre point de convergence, la confiance attribuée en ce match pour l’autre gardien de l’effectif, sans employer le terme de « back-up » : Linus Fernström succède à Lars Johansson devant le filet, continuité logique d’une saison passée où les deux cerbères s’étaient déjà partagés le temps de jeu en SHL. Et qui sait peut-être des idées à donner à Edo Terglav, tant la hiérarchie des gardiens semble une notion abstraite pour une qualité similaire de ses forces en présence. Cette fois-ci, c’est le jeune transfuge de Grenoble, Antoine Bonvalot, qui gardera la cage, une sacrée expérience à tout juste 20 ans.

Briançon ne souhaite pas s’inscrire dans un attaque-défense et parvient dans l’ensemble à rallier la zone des indiens, mais aucune position de lancer n’est trouvée. Jusqu’à la 15e minute de jeu où Bernier tient la première réelle opportunité des Diables, mais son lancer se heurte au sacrifice de Max Görtz, qui rejoint le banc un peu chancelant. Reste que, sur l’action, Christian Bäckman se rend coupable d’un faire trébucher. La formation française pourrait enfin prendre le jeu à son compte. Il n’en sera rien car mis à part un lancer de Labrecque captée par Fernström, Briançon ne parviendra à installer son jeu de puissance. Toutefois, cela aura eu le mérite de faire remonter clairement les lignes, et les joueurs de Terglav osent plus de choses.
La deuxième période débute à nouveau sur la grande supériorité technique de Frölunda. Pour le moment, la défense des champions de France ne rompt pas, mais plie bien trop pour que cela ne reste sans conséquences… Norbert Abramov est pénalisé pour avoir accroché son adversaire, et on craint alors la supériorité numérique pour les joueurs de Göteborg. Crainte légitime puisque dès la première opportunité, Mathis Olimb trouve le défenseur Elias Fälth. Celui-ci est parfaitement seul, il prend le temps de régler la mire et d’ajuster un Antoine Bonvalot pour le coup délaissé (0-1, 23’45 »).
Piqués à vif, les Diables Rouges tentent de réagir immédiatement par l’intermédiaire de sa première ligne, mais ils butent sur un vigilant Fernström. Cela n’aura eu pour effet que de retarder l’échéance, puisqu’une minute plus tard et suite à un tir à la cage sur lequel le jeune portier suédois laisse un rebond, la défense scandinave se montre un peu attentiste et l’expérimenté Damien Raux est plus prompt sur la rondelle qu’il pousse au fond des filets pour l’égalisation (1-1, 25’42 »).
La rencontre est lancée dans tous les sens du terme, car dans la foulée, Szelig est rattrapé par la patrouille pour interférence. Il faut d’abord que Bonvalot s’emploie d’un superbe réflexe pour éviter le retour à 5 contre 5 anticipé, mais les Suédois sont bien décidés à convertir en or toutes ces possibilités offertes. Dès lors, la prochaine sera la bonne, il est vrai sur un coup du sort : emporté par son élan, Görtz balaye tout sur son passage et fauche Chakiachvili. Bien que non intentionnel, ce geste a tout de même pour conséquence d’empêcher le défenseur français de jouer son rôle. Mathis Olimb hérite du palet seul au second poteau, et marque sans difficulté (1-2, 27’07 »).
Le rythme ne décélère pas vraiment et Frölunda montre une grande volonté de creuser l’écart rapidement. On pense qu’ils y parviennent grâce à Oscar Fantenberg dont le tir trouve la lucarne, seulement Anton Axelsson se trouve clairement dans la zone du portier français, et le but est très logiquement refusé.
La pression reste plus que jamais en faveur des joueurs de Göteborg, tandis que Kévin Igier et Robin Figren s’échangent quelques amabilités et sont priés par les arbitres à un repos forcé. Au retour au complet, c’est pourtant Marc-André Bernier qui se met en évidence, mais c’est sans compter sur Fernstrom qui remporte le duel. On pense alors se diriger tranquillement vers ce score à la sortie de glace, mais la dernière minute de jeu sera fatale pour les Briançonnais : suite à une mauvaise relance, le « Top Scorer » Andreas Johnsson trouve Pontus Wideström en position idéale pour creuser l’écart (1-3, 39’37 »). Les Suédois ne relâchent aucunement leur étreinte et Mathis Olimb s’engage sur le côté et transmet le puck dans l’axe pour Max Görtz. Ce dernier est bien libre et a tout juste le temps de marquer sur la sirène, condamnant les Français à une addition plus lourde pour leur retour aux vestiaires (1-4, 39’59 »).

Si Briançon tente de réagir notamment sur une présence du joueur du quatrième bloc Cédric Di Dio Balsamo, la domination demeure exclusivement suédoise, et il faut un miracle du gardien des Diables Rouges sur sa ligne pour anéantir une remontée fulgurante du palet à trois contre un. Cela aura au moins eu le mérite de relancer le portier natif d’Épinal, car s’il ne peut empêcher la démonstration de puissance des visiteurs, il parvient tout de même à faire en sorte que l’addition ne soit plus corsée sur quatre lancers consécutifs. En revanche il ne peut rien faire sur une accélération de Nyberg et d’un palet dont hérite finalement Johnsson qui se fait plaisir en gonflant un peu plus ses statistiques (1-6, 48’28 »).
Les Diables Rouges doivent commencer à trouver le temps long tant ils sont légitimement en souffrance dans tous les compartiments du jeu. Cela se traduit par de l’agacement et quelques chahuts sur les coups de sifflet, mais le jeu ne se ferme pas. Sur un lancer puissant, Christoffer Ehn trouve le haut du filet. Cela insinue le doute pour l’arbitre allemand Brüggeman qui s’offre une petite séance vidéo, le temps de constater qu’effectivement le palet n’est pas rentré. Bonvalot parvient encore à faire des prouesses avec un réflexe de la jambière sur un lancer d’Olimb, puis par deux fois devant l’intenable Johnsson. Mais tout ceci ne fait que retarder une échéance inévitable. Wikstrand est trouvé à la bleue et lance puissamment en direction du but. Bonvalot est gêné par l’écran réalisé par Görtz, et le défenseur s’offre le dernier but du soir (1-7, 57’43 »).
La fin de rencontre est plus calme pour les pensionnaires de Magnus. Ils bénéficient d’une pénalité d’Olimb pour interférence, et même d’un faire trébucher de Blidh, offrant ainsi 45 secondes de double supériorité. On espère alors une réduction de la marque pour la forme, mais Fernström intervient sur les deux dernières tentatives et le match prend fin sur ce score cruellement logique.
Les Diables Rouges seront parvenus à tenir la première période, avant de céder sur une domination incontestable de cette équipe suédoise de très haut vol. D’aucuns considèrent que l’addition est salée et que cette CHL pourrait peut-être faire plus de mal que de bien au représentant français. Mais cette vision est peut être réductrice, car c’est en jouant ce type de matchs de très haut niveau, au contact de ce genre de formations, que le club et plus généralement le hockey français si cette compétition devient pérenne, pourra progresser sur le long terme. Car l’expérience ne s’invente pas, elle se crée.
Briançon – Frölunda 1-7 (0-0, 1-4, 0-3)
Samedi 23 août 2014 à 19h45 à la patinoire René-Froger.
Pénalités : Briançon 8′ (0′, 6′, 2′), Frölunda 12′ (2′, 4′, 6′).
Évolution du score :
0-1 à 23’45” : Fälth assisté d’Olimb et Gustafsson (sup. num.)
1-1 à 25’42” : Raux assisté de Ankerst et Jensen
1-2 à 27’07” : Olimb assisté de Johnsson et Fälth (sup. num)
1-3 à 39’37” : Wideström assisté de Johnsson et Lasu
1-4 à 39’59” : Görtz assisté de Olimb et Johnsson
1-5 à 44’25” : Johnsson assisté de Gustafsson et Fernström (sup. num)
1-6 à 48’28” : Johnsson assisté de Bäckman et Görtz
1-7 à 57’43” : Wikstrand assisté de Johnsson et Fälth
Briançon
Attaquants :
Ian McDonald (-1) – Dave Labrecque (-1, 2′) – Marc-André Bernier (-1)
Jimmy Jensen (-1) – Damien Raux (-1) – Jaka Ankerst (-1)
Lionel Tarantino (-1) – Norbert Abramov (-1, 2′) – Pierre-Antoine Devin (-1)
Cédric Di Dio Balsamo
Défenseurs :
Florian Chakiachvili (-1) – Mathieu Gagnon (-1)
Kevin Igier (-1, 2′) – Cory Pritz (-1)
Viktor Szelig (-1, 2′) – Cédric Custosse (-1)
Gardien :
Antoine Bonvalot
Remplaçants : Shane Madolora (G), Thibaut Farina, Guillaume Michelon, Gasper Cerkovnik, Kevin Hamon.
Frölunda
Attaquants :
Anton Axelsson – Niklas Lasu (+1) – Pontus Wideström (+1)
Mattias Janmark – Magnus Kahnberg (-1) – Anton Blidh (-1, 2′)
Max Görtz (+3) – Mathis Olimb (+3, 2′) – Andreas Johnsson (+4)
Sebastian Stalberg (-1) – Christoffer Ehn – Erik Karlsson
Défenseurs :
Oliver Bohm (+2) – Oscar Fantenberg (+1, 2′)
Christian Bäckman (+2, 2′) – Elias Fälth (+2)
Mikael Wikstrand – Erik Gustafsson
Gardien :
Linus Fernström
Remplaçants : Lars Johansson (G), Emil Djuse, Robin Figren (4′, substitution). Absents : Joel Lundqvist (pied), Mats Rosseli Olsen (genou).









































