Quand les CRS doivent être appelés à l’île Lacroix
Tychy s’est fixé un défi : devenir le premier club de Pologne à se qualifier pour la finale de Coupe Continentale, et illustrer ainsi la renaissance du hockey sur glace dans ce pays. Pour l’occasion, les (fortes) rivalités entre clubs sont mises de côté, et tous les fans du pays soutiennent le GKS grâce à la retransmission internet. Il s’agit, n’est-ce pas, de donner une bonne image du hockey polonais…

Le plus difficile sera de digérer la fatigue d’hier soir. L’ex-Amiénois Jaroslaw Rzeszutko ne pourra plus effectuer des doubles présences comme il l’avait face à Rouen après la blessure rapide de Kartoshkin. Les lignes de Tychy ont donc été modifiées. Par contre, le gardien tchèque Stefan Zigardy garde la confiance de son entraîneur et compatriote Jiri Sejba. Pas d’alternance non plus dans les cages biélorusses où l’on retrouve Malyutin, blanchi mais peu sollicité hier.
Le match commence dans les tribunes qui se font face. Les supporters biélorusses colorés en orange ont un tambour pour appuyer leurs applaudissements en rythme. Les Polonais, qui sont plus d’une centaine, utilisent leurs voix pour démontrer l’étendue de leur répertoire (où l’on retiendra une version polonaise de Porque te vas dont on préfère ne pas connaître les paroles).

Le premier temps fort polonais, au quart d’heure de jeu, aboutit à une pénalité de 2’+10′ contre Andrei Karev, sans que le powerplay de Tychy ne se montre aussi percutant. La première période aura donc été à l’avantage de Soligorsk, mais le score y reste vierge.
Vu ce qui s’est produit pendant l’unique pénalité polonaise, il vaut mieux que Tychy se tienne à carreaux. Or, Rzeszutko fait trébucher un adversaire dès sa première présence du deuxième tiers-temps. La sanction est immédiate. L’autre numéro 13, le buteur Viktor Andrushchenko, est idéalement placé au rebond après un tir à l’opposé d’Artyom Levsha (1-0, photo ci-dessous).
Tychy a une occasion immédiate de se relancer à la faveur d’une crosse haute de Vadim Sushko, mais son powerplay ne fonctionne décidément plus. La partie semble mal engagée pour les champions de Pologne, privés de palet et qui n’arrivent pas à changer assez vite dans cette deuxième période à cause de la distance du banc.
Une faute anodine de Bartosz Ciura, qui fait trébucher Durnov en zone neutre, n’arrange rien. Mais Khlebnikov vient alors commettre une obstruction sur le gardien qui en perd son casque. On joue donc à 4 contre 4, et Tychy conserve enfin le palet, mais la séquence est gâchée par de criants déchets techniques. Kambovich file même en contre-attaque, et subit un cinglage de Kotlorz en arrivant devant la cage. Pendant vingt secondes à 4 contre 3, le lancer axial de Durnov provoque encore une action chaude au rebond. Tychy tue finalement la pénalité grâce notamment à un bon sacrifice de Baginski.

L’ambiance devient alors moins bon enfant, car deux provocateurs polonais – vite suivis de certains autres ultras – viennent au pied des 18 supporters du Shakhtior scander des insultes et déclencher une échauffourée… juste sous le mot « fraternité » de la banderole installée après les évènements de Paris. Le public normand essaie de calmer ces invités peu pacifiques d’un « ici c’est Rouen ».
Les policiers viennent se placer derrière les plexis pour couper la communication entre les deux tribunes opposées, et les CRS – une première dans l’histoire de la patinoire rouennaise – arrivent pendant la pause pour les remplacer. Comme tout est entré dans l’ordre, ils regarderont attentivement le troisième tiers-temps pour se distraire.
Sur la glace, Soligorsk a toujours le contrôle de la situation, hormis une obstruction d’Andrushchenko lors d’une mise au jeu en zone offensive. Les Biélorusses mettent plus d’activité physique, et ils monopolisent le palet. Mais voilà que Tychy réduit son alignement pour tenter le tout pour le tout…

Le Shakhtyor Soligorsk, qui était tout en contrôle sans forcer depuis hier, est soudain incapable de passer la vitesse supérieure, et de réagir à ce sort contraire.
Alors que tout envoyait Rouen et Soligorsk vers une qualification anticipée, cette victoire de Tychy relance complètement l’intérêt de la poule. Les Polonais doivent maintenant se muer en supporters de Rouen le dernier jour. De gentils supporters, on l’espère… Pas les provocateurs d’aujourd’hui qui sont allés mettre le bordel dans les vestiaires, et nager habillés dans la piscine une fois expulsés pour avoir harangué le public adverse… Les fans de Soligorsk, choqués, ont demandé une escorte policière pour les raccompagner à leur hôtel.
Désignés joueurs du match : Roman Malinovski pour Soligorsk et Mateusz Bepierszcz pour Tychy.
Commentaires d’après-match
Mateusz Bryk (défenseur de Tychy) : « Nous avons été forts dans notre tête. Le Shakhtior a marqué le premier but, mais nous y avons cru. Nous sommes trop forts pour notre ligue, donc nous jouons notre tactique, peu importe l’adversaire. Nous avons donc fait pareil. Nous savions que Soligorsk a de bons patineurs et a un bon jeu de passes et un bon powerplay. Nous les connaissions déjà, nous avons juste préparé notre jeu en infériorité numérique. Rouen est plus physique, le Shaktyor plus rapide. Ce sont deux équipes différentes. »
Shakhtyor Soligorsk – GKS Tychy 1-2 (0-0, 1-0, 0-2)
Samedi 21 novembre 2015 à 16h30 à la patinoire de l’île Lacroix. 2017 spectateurs.
Arbitrage de Roy Stian Hansen (NOR) et Sirko Hunnius (ALL) assistés de Matthieu Barbez et Clément Goncalves (FRA).
Pénalités : Soligorsk 20′ (4’+10′, 4′, 2′) ; Tychy 10′ (2′, 6′, 2′).
Tirs : Soligorsk 35 (14, 12, 9) ; Tychy 23 (8, 7, 8).
Évolution du score :
1-0 à 23’45 » : Andrushchenko assisté de Levsha et Demkov (sup. num.)
1-1 à 50’21 » : Komorski assisté de Bepierszcz
1-2 à 54’33 » : Bepierszcz assisté de Kolarz
Shakhtyor Soligorsk
Attaquants :
Aleksandr Levko – Igor Karabanov – Roman Malinovski
Viktor Andrushchenko (-2, 2′) – Aleksandr Usenko (A, -2) – Artyom Demkov (-2, 2′)
Valeri Khlebnikov (2′) – Ilya Kambovich – Yaroslav Chupris (C)
Artyom Levsha – Kirill Brikun – Yevgeni Kuntsevich
Défenseurs :
Yaroslav Maslennikov – Yevgeni Goranin
Vadim Sushko (A, -2, 2′) – Andrei Karev (-1, 2’+10′)
Oleg Stanevich – Konstantin Durnov (-1)
Ilya Letov
Gardien :
Maksim Malyutin
Remplaçants : Mikhaïl Shibanov (G), Vladislav Novik.
GKS Tychy
Attaquants :
Adam Baginski (A) – Radoslaw Galant – Jakub Witecki
Marcin Kolusz – Kamil Kalinowski – Mikolaj Lopuski
Josef Vitek (+2) – Filip Komorski (+2) – Bartlomiej Jeziorski
Mateusz Bepierszcz (+2) – Jaroslaw Rzeszutko (A, 2′) – Patryk Kogut
Défenseurs :
Michael Kolarz (+1) – Bartosz Ciura (+1, 2′)
Jaroslav Hertl – Bartlomiej Pociecha (+1)
Mateusz Bryk (2′) – Michal Kotlorz (C, +1, 4′)
Gardien :
Stefan Zigardy
Remplaçants : Kamil Kosowski (G), Dawid Majoch. Absents : Lukasz Sokol (clavicule), Maxim Kartoshkin.










































