Victoire à l’arrivée… top 4 assuré !
C’est une affiche longtemps disparue du paysage hockeyistique français qui attend Poissompré, où Bordeaux ne s’était plus déplacé depuis de très longues années. Vingt saisons séparent, en effet, cette confrontation du dernier duel disputé en terre vosgienne. Un bien mauvais souvenir pour tous les spectateurs présents ce soir-là, témoins d’un large (11-2) succès des Baillard, Tartari, Trebaticky et autres Goïcoechéa.

On n’attendait pourtant pas l’ICE à pareille fête cette saison. Mais s’ils ont fait le plein de confiance et de points depuis leur victoire arrachée à l’aller (2-1 a.p.), les Gamyo ne sont pas encore assurés de terminer dans les quatre premiers. Il leur reste bien sûr un match à retard à disputer (une panne d’autocar, ce vendredi, les ayant mis dans l’impossibilité de rallier Briançon dans les délais). Mais engranger face aux Bordelais apparaît nécessaire pour rester aussi bien placé dans ce haut de tableau très serré.

Décidés à entretenir leurs maigres espoirs de qualification, les Boxers ont tout de même fini par renouer avec le succès. Mieux encore, ils restent sur trois victoires d’affilée. Une dynamique positive retrouvée qu’ils mettent à l’épreuve de Poissompré, où bat le cœur d’un « peuple orange » suivant assidûment ses favoris dans (presque) tous leurs déplacements. Un public de passionnés rancunier envers Peter Valier, qui fit le choix en juin dernier (et au mépris de ses deux dernières années de contrat) de quitter les vice-champions de France pour l’ambitieux promu bordelais.
L’art de se mettre en difficulté

Seul « frisson » ressenti durant ce round d’observation dénué d’occasions, ce poteau ne va pas franchement « réveiller » des Gamyo incapables de prendre le moindre lancer. Perdant trop rapidement le palet, les hommes de Stéphane Barin paraissent même empruntés.
Il faut dire que les Bordelais, très appliqués défensivement, laissent peu d’espaces à exploiter. Solides derrière, ils remportent même l’essentiel des duels. Kuralt réussit pourtant à trouver Vinatier (bien placé sur la droite d’un portier couvrant parfaitement son angle droit, 05’51 ») avant d’hériter d’une bonne situation devant le filet (toutefois gâchée par un contrôle mal assuré, 06’10 »).

Battant le fer tant qu’il est chaud, les Boxers bénéficient dans la foulée d’une nouvelle opportunité. Radim Valchař ne peut toutefois reprendre le caviar distillé par Julien Desrosiers (09’15 »). Un avertissement sans frais pour les Spinaliens, qui reprennent aussitôt l’entier contrôle du palet. Mais sur un long dégagement, Jean-Christophe Gauthier fait parler sa vivacité et s’échappe au détriment de Gašper Sušanj et Thibaut Farina, qui ne pourront le rattraper.
Une chance, pour Épinal, qu’Andrej Hočevar ait bien suivi le mouvement du Québécois pour fermer son angle droit et ainsi l’empêcher de glisser la rondelle au ras du montant (11’13 »). Mais n’allez pas imaginer que l’action soit terminée. Le palet ressort à la pointe gauche sur Majerčák, qui envoie directement… sur Lafrancesca (en train de se placer devant le portier). Une chance inespérée pour l’ex-Angloy, totalement démarqué, qui glisse la rondelle entre les bottes de l’homme masqué (0-2 à 11’29 »).

Peinant à se montrer dangereux (alors que les Boxers n’ont aucun mal à se montrer menaçants), les Gamyo finissent par bénéficier d’une supériorité. L’obstruction d’Andrei Esipov (15’00 ») active un powerplay cherchant la faille… sans jamais la trouver. Seul un slap lointain de Klouček (qu’Ylönen détourne de la botte, 16’12 ») met à contribution le fils du grand Petri. Un jeune gardien pouvant compter sur ses défenseurs, toujours bien placés et suffisamment bien organisés pour tuer cette première pénalité.
Repoussant de l’épaule un tir puissant de Charland (17’19 »), Hočevar répond lui aussi présent. Mais c’est Sebastian Ylönen qui a le plus fort à faire en cette fin de premier tiers. Une combinaison Le Blond – Vinatier, rondement menée, alerte le Franco-finlandais (17’56 »), qui doit ensuite jouer du bouclier devant Sabatier (19’07 »). Anthony Rapenne complète son tour de cage sans parvenir à marquer (19’18 »), dans les instants précédents un faire trébucher de Jean-Christophe Gauthier (19’48 »). Une faute permettant aux Gamyo d’amorcer l’acte médian en supériorité.

S’il faut un excellent repli d’Offret pour stopper l’avancée de Desrosiers (bien servi par Petit, 24e), une nouvelle infraction d’Esipov (coupable d’une obstruction sur Rapenne, 23’09 ») renvoie l’ancien défenseur du Lada Togliatti sur le banc d’infamie.
L’homme aux 521 matchs d’élite russe (Superliga et KHL) y sera bientôt rejoint par Valier, lancé aux trousses d’un Ograjenšek qu’il finira par déséquilibrer (23’39 »). S’ensuit une double supériorité marquée par de nombreux lancers bloqués et deux tentatives de Moisand, qui voit son premier one-timer dévié par Petit au-dessus du filet et son second finir bien au chaud, entre les jambières du cerbère (24’18 »). Mais trop de palets perdus auront surtout empêché les Gamyo d’exploiter pleinement cette opportunité.
Un scenario renversant
Laissant de plus en plus de brèches dans lesquelles s’engouffrer, les Bordelais ont très chaud sur une frappe non cadrée de Klouček qu’Ylönen a vu revenir dans son dos (25’36 »). La menace se précise malgré François Paquin, sur lequel s’empale Pierre-Charles Hordelalay. Le danger revient sous la forme d’un deux-contre-un mené côté gauche par Sabatier, qui feinte parfaitement le tir pour mieux décaler Hordelalay. Ce dernier reprend victorieusement à bout portant (1-2 à 27’25 »).

Tout bascule sur une longue ouverture de Fujerik à destination de Le Blond, qui entre en zone côté droit et temporise avant d’adresser un centre plongeant imparablement coupé, au second poteau, par ce diable de Moisand (2-2 à 29’06 »).
Lentement mais sûrement, les Bordelais perdent pied. Stephan Tartari, sentant le match lui échapper, prend alors un temps mort. Le co-entraîneur bordelais (avec Martin Lacroix), très énervé, en profite pour passer une belle soufflante à ses joueurs, sans se douter que la suite des événements ne lui donnerait pas l’occasion de se calmer. Une décision arbitrale contraire suffit à lui faire « péter les plombs » (Tartari passera ses nerfs en frappant, à plusieurs reprises, un panneau publicitaire situé derrière lui)…

Envoyés dans les cordes par des Spinaliens ayant retrouvé toute leur agressivité, les Boxers semblent au bord du KO. Proches de la rupture, ils manquent même d’être mis au tapis par Cacciotti, dont la reprise trouve la botte d’Ylönen (31’03 »).
Yannick Offret et Peter Valier en viennent ensuite aux mains (31’28 »). Il découle de cet accrochage un quatre-contre-quatre libérant des espaces, ce dont profite Gašper Sušanj, bien lancé par Ján Plch. L’arrière slovène repique vers la cage pour mieux servir Farina, qui voit Ylönen refermer l’angle droit (32’07 »). Une passe mal assurée de Klouček profite à Lafrancesca, qui s’échappe en deux-contre-un mais choisit de tirer, poussant Hočevar à dévier du bouclier (34’27 »).

Revenus au score contre le cours du jeu, les Boxers profitent ensuite d’une pénalité de Dominik Fujerik (36’34 »). Leur jeu de puissance, bien installé, fait circuler jusqu’à ce que Charland ne remise à la pointe sur Besch, qui envoie dans le trafic. Un tir sur réception repoussé dans la mêlée, où Paquin (pourtant aux prises avec Klouček), parvient à glisser la rondelle entre les jambières du portier (3-4 à 37’15 »). Pour la première fois depuis de longs mois, trois buts auront donc été marqués par un adversaire d’Épinal au cours d’une seule et même soirée…
Un coup dur pour les Gamyo, qui réagissent promptement, portés par la vitesse de patinage et d’exécution de leurs attaquants. On pense notamment au remuant trio Hordelalay-Sabatier-Ograjenšek, qui combine bien et trouve des ouvertures. Hordelalay parvient ainsi à décaler Ograjenšek, qui rate une première fois la cible (38’09 »). Florian Sabatier, lancé plein gaz, enrhume ensuite Jonathan Janil pour mieux servir le Slovène… qui ne peut cadrer (38’25 »).

Mais l’élan spinalien se voit rapidement freiné par une pénalité suscitant l’incompréhension de Poissompré. Vojtěch Kloz a emmené le palet dans son gant avant de relancer. Une prise en main n’ayant pas duré plus d’une seconde, mais suffisant à expédier la « tour de contrôle » tchèque sur le banc des pénalités (40’50 »)… où Klimíček ne tarde pas à être envoyé (40’55 »).
Un troisième tiers payant… comme souvent !
S’appuyant sur le trident Petit-Desrosiers-Charland, le powerplay bordelais, bien en place, multiplie les lancers. Andrej Hočevar doit donc plus d’une fois s’interposer, quitte à y laisser un peu de sa santé. Un choc subi lors d’un double arrêt en grand écart devant Valchař réveillant des douleurs dorsales nécessitant l’intervention du kiné (42’22 »). Mais plus de peur que le mal pour le gardien spinalien qui, remis de ses émotions, enchaîne par un bel arrêt sur une reprise de Janil (42’32 »).

Arrive ensuite le tournant de la soirée. Une grosse charge dans le dos assénée par Kevin Dusseau sur Dorian Peca, qui regagne son banc en se tenant le bras (45’49 »). Une action permettant à Moisand de marquer en supériorité. Le capitaine spinalien, servi en retrait près du banc bordelais, se recentre pour envoyer, dans le trafic, un tir du poignet à mi-hauteur filant sous le bras gauche d’un Ylönen n’ayant rien vu arriver (5-4 à 46’09 »).
Sous l’impulsion d’un trio Desrosiers-Petit-Charland reformé à plein temps, les Boxers tentent de riposter. Une crosse haute de Majerčák (47’40 ») les freine toutefois dans leur élan, sans que le jeu de puissance spinalien, installé sans être très dangereux, n’arrive à ses fins. Bien lancé par Vojtěch Kloz, Ken Ograjenšek prendra pourtant de vitesse les défenseurs. Mais désaxé, le Slovène ne pourra tromper Ylönen dans un angle trop fermé (48’43 »). L’exploit individuel de la soirée est plutôt à mettre au crédit de Florian Sabatier, parti de son camp, accélérant jusqu’à déborder sur le côté. Prenant l’extérieur sur Janil et Dusseau, le Rémois parvient à contourner les défenseurs pour repiquer au centre avant de brillamment loger la rondelle dans le haut du filet (6-4 à 52’50 »).

Subissant le feu nourri bordelais, les Spinaliens vont plier sans jamais craquer, bien aidés par un Hočevar des grands soirs. L’intéressé stoppe, en grand écart, la reprise appuyée de Janil (55’38 ») avant de détourner celle de Charland (56’30 »). L’étreinte finit par se desserrer au profit d’un Ograjenšek se retrouvant lancé dans la profondeur par Sabatier. Une échappée que Besch semble illicitement avorter. L’ailier slovène, accroché par l’international français, finit par s’écrouler, ce qu’Adrien Ernecq perçoit comme un acte simulé (58’11 »). De quoi faire gronder Poissompré, qui s’enflammera une dernière fois malgré l’ultime forcing bordelais. Gašper Sušanj ressort le palet par le côté avant de parachever sa remontée d’un tir gagnant dans une cage vidée de son occupant (7-5 à 58’47 »)…
Pourtant mal embarqués, les Spinaliens ont encore su faire le nécessaire pour l’emporter. L’avantage de la glace au premier tour des play-offs est donc assuré, tout comme la présence des Girondins en poule de maintien. Une victoire à Poissompré n’aurait de toute façon pas suffi à maintenir les Boxers dans la course aux play-offs (Amiens ayant, dans le même temps, remporté le succès qui lui manquait pour se qualifier)…
Alp’Arena, les voilà !
Un duel aux allures de finale attend désormais les Gamyo, partis défier le leader gapençais pour un choc au sommet pouvant déterminer l’issue du championnat régulier…
Épinal – Bordeaux 7-5 (0-2, 3-2, 4-1)
Dimanche 31 janvier à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 688 spectateurs.
Arbitrage d’Adrien Ernecq assisté de Gwilherm Margry et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : Épinal 14’ (0’, 4’, 10’) ; Bordeaux 14’ (4’, 6’, 4’)
Tirs : Épinal 34 (7, 14, 13) ; Bordeaux 31 (9, 8, 14)
Évolution du score :
0-1 à 09’01 » : Decock assisté de Charland et Paquin
0-2 à 11’29 » : Lafrancesca assisté de Majerčák et Cadren
1-2 à 27’25 » : Hordelalay assisté de Sabatier
2-2 à 29’06 » : Moisand assisté de Le Blond
3-2 à 30’46 » : Ograjenšek assisté d’Hordelalay et Sabatier
3-3 à 36’19 » : Desrosiers assisté de Petit
3-4 à 37’15 » : Paquin assisté de Besch et Charland (sup. num.)
4-4 à 43’56 » : Sabatier assisté d’Ograjenšek et Kloucek
5-4 à 46’09 » : Moisand assisté d’Ograjenšek et Fujerik (sup. num.)
6-4 à 52’50 » : Sabatier assisté d’Ograjenšek et Hordelalay
6-5 à 55’00 » : Valchař assisté de Decock et Janil (sup. num.)
7-5 à 58’47 » : Sušanj assisté de Farina (inf. num., cage vide)
Épinal
Attaquants :
Steven Cacciotti (C) – Yannick Offret (A) – Dorian Peca
Anthony Rapenne – Dominik Fujerik – Ján Plch (A)
Anže Kuralt – Hugo Vinatier – Matthieu Le Blond
Pierre-Charles Hordelalay – Florian Sabatier – Ken Ograjenšek
Défenseurs :
Maxime Moisand – Tomáš Klouček
Jiří Klimíček – Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj – Thibaut Farina
Martin Charpentier
Gardien :
Andrej Hočevar
Remplaçants : Lucas Savoye (G), Maxime Martin.
Bordeaux
Attaquants :
Thomas Decock [A, puis Desrosiers] – Mathieu Cyr [puis Petit] – Francis Charland
Radim Valchař – Félix Petit [puis Cyr] – Julien Desrosiers [A, puis Decock]
Aïna Rambelo – Lionel Tarantino – Peter Valier
Gautier Lafrancesca – Jean-Christophe Gauthier – Nicolas Mariage
Vincent Cadren
Défenseurs :
Andrei Esipov – Nicolas Besch
Jonathan Janil – Kevin Dusseau
Ján Majerčák – François Paquin (C)
Gardien :
Sebastian Ylönen (sorti de sa cage de 58’40 » à 58’47 »)
Remplaçant : Mickaël Gasnier (G). Absents : Aymeric Gillet (malade), Romain Horrut.









































