Les Ducks vont-ils enfin prendre leur envol ?

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Les Ducks ont dû digérer leur défaite hâtive lors des dernières séries et surtout amorcer la saison sans des membres importants de l’équipe. Après deux participations en trois ans à la finale d’association, Anaheim peut-il aller chercher cette deuxième Coupe Stanley dès cette année ?

Un été chirurgical

Après une fin de saison crève-cœur due à une élimination aux mains des Prédateurs, certains cadres des Ducks sont passés sous le bistouri pendant l’intersaison. Ryan Kesler, Hampus Lindholm et Sami Vatanen ont joué amochés pendant les séries, et les dommages étaient assez important pour nécessiter une opération. C’est arrivé avant même le repêchage d’expansion. Lors de ce processus. Les rumeurs allaient à bon train. Anaheim devait protéger beaucoup de défenseurs mais n’avait pas de place pour tout le monde. L’état-major a préféré garder Josh Manson plutôt que Shea Theodore qui faisait des allers-retours entre la ligue Américaine et le grand club. C’est un casse-tête de luxe auquel bien d’autres équipes aimeraient avoir à faire face. L’émergence du jeune Jacob Larsson – également défenseur – a définitivement pesé dans la balance au moment de prendre la fameuse décision.

La direction n’avait pas besoin de métamorphoser son alignement pour aspirer à remporter la Coupe Stanley dès cette saison. Patrick Eaves et l’équipe se sont entendus sur un nouveau contrat pendant la saison morte pour permettre à Randy Carlyle d’avoir la profondeur nécessaire pour gagner. L’attaquant venait de connaître la saison la plus prolifique de sa carrière et voulait s’inscrire dans la durée avec l’organisation. Malheureusement, il a été diagnostiqué avec le syndrome Guillain-Barré. C’est une maladie inflammatoire du système nerveux périphérique. La maladie se présente par une absence ou réduction des réflexes et de troubles sensitifs. Résultat : une carrière remise en question.

À noter, la signature tardive du vétéran et ancien membre de l’organisation : le défenseur François Beauchemin. Contrat peu coûteux qui va dans le sens du style de l’équipe et qui vient combler les trous dans la brigade défensive. Ryan Miller a accepté un dernier défi en espérant mettre la main sur le trophée.

Retour vers le futur

Le retour derrière le banc de Randy Carlyle avait créé la surprise. Sa relation avec Ryan Getzlaf et Corey Perry n’était, semble-t-il, pas au beau fixe et sa philosophie paraissait dépassée. Force est de constater que la chimie du passé a l’air de renaître de ses cendres. L’entraîneur prône un style « Old School Hockey », très intense sur l’échec-avant, et dur aux abords des filets aussi bien en attaque qu’en défense. Il peut demander à ses attaquants de faire ça car sa défensive est très mobile. La ligne bleue des Ducks est un savant mélange de talent, de hargne, et de vision. Elle représente une des meilleures à travers la ligue, seule celle de Nashville est mieux garnie – et encore.

La formation californienne a connu un début de campagne moyen, en grande partie à cause des blessures aux joueurs clés. Réussir à gagner sans deux défenseurs de top 4, les deux premiers joueurs de centre, et deux ailiers du top 9, c’est assez compliqué. Mais ils se sont plutôt bien débrouillés aux vues des circonstances et sont toujours dans la courses aux séries. Cependant le DG Bob Murray a été forcé de procéder à une transaction pour arrêter la glissade au classement. Sami Vatanen est parti pour le New Jersey, et en retour les Ducks ont reçu Adam Henrique et Jospeh Blandisi. Une fois en santé, et s’il le reste, cet alignement est taillé pour avoir du succès en séries d’après-saison.

Jettons un coup d’œil rapide :

Corey Perry* – Ryan Getzlaf – Rickard Rakell

Andrew Cogliano – Ryan Kesler – Jacob Silfverberg

Nick Ritchie – Adam Henrique – Ondrej Kase*

Chris Wagner – Antoine Vermette – Logan Shaw / Kevin Roy

 

Hampus Lindholm – Josh Manson

Cam Fowler – Kevin Bieksa

Korbinian Holzer – Brandon Montour

François Beauchemin*

 

John Gibson

Ryan Miller

*Joueur actuellement blessé

Le retour des Getzlaf, Kesler, et l’arrivée Henrique a eu le double bénéfice de réduire le temps de jeu de ceux qui étaient forcés de les remplacer… Les Chris Wagner ou Derek Grant, qui voyaient beaucoup de glace en novembre sont revenus à une place qui leur sied davantage. De la même manière, Adam Henrique peut désormais piloter le 3e trio, ce qui le décharge d’affronter les meilleures lignes adverses, ce qui, disons, dépasse ses compétences défensives.

L’impact sur la qualité du jeu est indéniable. Équipe moribonde depuis le début de saison et qui devait beaucoup à la performance de John Gibson, les Ducks sont en constante amélioration depuis un mois. Et chaque retour au jeu d’une vedette accélère la remontée. Si la barre des 50% n’est atteinte pour la possession comme les buts anticipés que lors des dernières semaines, la dynamique est clairement visible.

C’est encore loin d’être dominant mais c’est suffisant pour se rapprocher dans une division Pacifique moribonde

La Coupe de retour en Californie ?

Ces Ducks sont plus armés que jamais pour espérer aller loin, voire très loin au printemps. De plus, l’âge « avancé » de Getzlaf, Perry, Kesler, et surtout Vermette & Bieksa laisse croire que la fenêtre est ouverte dès cette année. Mais pour combien de temps ? Pour au moins trois bonnes saisons. La relève contribue et donne un second souffle aux joueurs qui prennent de l’âge. Le seul problème qui pourrait venir gâcher l’équilibre dans le futur est le cap salarial, ou pas.

Pour gagner, cela prend un peu de chance, de la profondeur, éviter les blessures, et un gardien dominant. Anaheim possède la moitié de ses ingrédients – les deux autres sont incontrôlables – et John Gibson est une aubaine à 2,3M$ par année. Son seul « défaut » est – ou était – son aptitude à rester en santé sur toute une campagne. Jusqu’à présent, tout va pour le mieux pour le cerbère américain qui a sauvé son équipe plus d’un fois. Il a notamment connu une soirée de 50 arrêts pour offrir la victoire aux siens. C’est aussi la manière spectaculaire avec laquelle il empêche l’adversaire de compter qui marque les esprits.

Quoi de mieux qu’une deuxième Coupe, onze ans après la première, avec le même entraîneur, et lors de la saison où les deux légendes de la franchise (Teemu Selänne et Paul Kariya) sont introduites au Temple de la Renommée ? Une histoire digne d’Hollywood. Mais les Preds de Smashville vont venir saboter ce plan presque parfait, et vont éliminer les Ducks pour une deuxième année consécutive en finale de l’Ouest.

En vrac :

Manson-Lindholm sont excellents en 1ère paire

Montour sur la 3e c’est du luxe

Silfverberg-Cogliano et Getzlaf-Kase sont des duos moteurs, quel que soit le 3e larron

Andrew Cogliano est sur une série de 827 (!!) matchs consécutifs en saison régulière (plus 60 matchs de playoffs). Il n’a pas manqué un seul match depuis le début de sa carrière.

Avec tous ses joueurs en santé, les Ducks ont leur première unité de jeu de puissance composée uniquement de droitiers : Perry, Kesler, Rakell, Getzlaf et Montour.

Bonus : La science inexacte du repêchage

Depuis la conquête de la Coupe Stanley il y a dix ans, l’organisation n’a eu que deux choix de première ronde dans le top 10. Ils ont choisi Hampus Lindholm – 6e – et Nick Ritchie au 10e rang lors de deux différentes années. Les Ducks ont accompli quelque chose de rare lors de l’encan 2011. Tous les joueurs sélectionnés (7) ont joué au moins 4 matchs dans le circuit Bettman. Même si ce n’est pas une science exacte, la franchise connaît beaucoup de succès à ce niveau pour 10 saisons maintenant. Une grande partie de la réussite des Ducks se résume en un nom : Martin Madden Jr. Arrivé en poste avant la draft de 2008, sa vision a permis à l’organisation de rester compétitive et aussi d’être capable de monnayer certains jeunes pour ajouter des pièces manquantes à l’échiquier. Un exemple à suivre !

Voici une liste des joueurs repêchés par Anaheim depuis 2007 mais qui ont quitté la Californie : Frederik Andersen (TOR, 3e ronde, rang 87), Shea Theodore (VGK, 1re ronde, rang 26), William Karlsson (VGK via CLB, 2e ronde, rang 53), Sami Vatanen (NJD, 4e ronde, rang 106), Kyle Palmieri (NJD, 1re ronde, rang 26), Devante Smith-Pelly (WSH, 2e ronde, rang 42), Jake Gardiner (TOR, 1re ronde, rang 17), Justin Schultz (PIT via EDM, 2e ronde, rang 43). Mentions honorables pour Emerson Etem (ARI en AHL, 1re ronde, rang 29) et Peter Holland (NYR en AHL, 1re ronde, rang 15). Ils ont également récupéré par transaction, les droits de Nick Bonino alors qu’il n’arrivait pas à s’entendre avec les Sharks.

Au passage n’oublions pas Bobby Ryan (OTT), choix de 1re ronde en 2005 (2e au total) et aussi Matt Beleskey (BOS en AHL) choisi au 112e rang l’année suivante.

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