Bulletin NHL : Qui sont les plus efficaces ?

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Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.

 

Le point sur la ligue

Voici deux semaines que nous n’avons pas fait de point sur la ligue. Certaines évolutions sont plus qu’intéressantes.

En termes de systèmes de jeu : Il devient difficile de faire bouger les curseurs de semaines en semaines arrivé à mi-saison. En vrac : Anaheim s’améliore de partout, Boston, Colorado et Tampa défendent mieux. Edmonton et les Rangers ajoutent de l’offensive sans que ça paye vraiment. Montréal plonge dans le FUN.

Dans la réalité : Anaheim s’améliore à vue d’œil. Le collègue Germain Fanchtein en parlait hier, mais les Ducks ont amélioré leur taux de buts anticipés de 45,2% à 46,7% en deux semaines ! Combiné à un PDO toujours très haut, grâce à la paire Gibson-Miller dans les cages, voici les Ducks proches de la Wild card et de notre Yakuline. Nous étions encore récemment peu optimistes pour l’équipe, et elle risque de souffrir si les gardiens baissent le pied, mais force est de constater que les retours des ténors a fait énormément de bien collectivement.

Colorado a aussi fait un joli bon en avant, leur taux de buts anticipés passant de 44,6% à 46,4%. Les Avs restent sur 4 victoires. Tiré par un Nathan MacKinnon qui semble enfin à l’aise, Colorado est à 2 points des séries avec des matchs en retard. Pas si mal alors que la banque de prospects est pleine derrière.

Nul besoin de rappeler que Montréal est passé du mauvais côté de la Yakuline. Les Islanders s’en rapprochent dangereusement, comme Columbus qui semble perdu sans un Bobrovsky au top de sa forme. Les Jackets ont un différentiel de buts à -2 et leur coussin d’avance sur les Wild-card diminue rapidement, surtout que Carolina va de l’avant.

Vegas et sa série de victoires sont solidement installés dans le bon cadran. Minnesota se donne un peu d’air en avançant vers la droite du graphique. Et Nino Niederreiter va revenir au jeu. Dallas prend aussi du mieux. Tampa bay s’envole complètement. Leur PDO dépasse de nouveau 103. C’est à se demander si trop de succès en saison régulière n’appellera pas une mauvaise surprise en séries. À la Washington, qui avait vu Holtby s’écrouler et des tireurs en panne au printemps 2017. Boston continue sa belle lancée. Tukka Rask a retrouvé son jeu et tout va bien. Les Bruins sont deuxième dans l’Atlantique et les playoffs semblent quasi assurées. Tout ça en trois grosses semaines…

Ottawa, Buffalo et Arizona semblent former le trio des favoris pour la loterie du repêchage… Pittsburgh est toujours bloqué à un PDO de 95,2… Non, je ne changerai pas l’échelle du graphique pour eux.

 

Parlons efficacité

Penchons-nous aujourd’hui sur l’efficacité des équipes en zone offensive et défensive. Par efficacité, nous entendons : savoir se procurer un maximum de chances de marquer en attaque et limiter celles de l’adversaire en défense. Ces observations permettent donc de voir quelles équipes maximisent leur présence en zone offensive, et celles qui brassent beaucoup de vent pour rien. Et celles qui tiennent l’adversaire en respect défensivement, ou au contraire ouvrent un peu trop les portes de la bergerie aux loups.

Vous l’aurez compris, nous parlons ici intrinsèquement de qualité, ce qui plaira aux critiques du bombardement inoffensif dont sont friands certaines équipes. La ligue semble amorcer un tournant depuis la saison dernière, alors que les statistiques avancées sont désormais admises de (presque) tous et que le lien entre un important volume de tirs et les victoires a été mis en évidence. Mais, comme tout écosystème en constante évolution, la réponse de la ligue a été de mettre l’accent en défense sur la qualité des chances. Si la mode est de tirer à tout va, on va s’assurer que les tirs ne sont pas dangereux… Comme d’habitude, la NHL a tendance à tuer le fun dans l’œuf.

La dernière décennie a vu les équipes de quantité soulever la coupe (les Kings, Boston, Chicago, Pittsburgh), avant que les Pens version 2017 ne changent la donne. Il est absolument nécessaire aujourd’hui de pouvoir conjuguer quantité et qualité pour se hisser au sommet. Faisons donc un tour d’horizon :

Offensivement :

Sans surprise, les Rangers sont les plus efficaces en zone offensive, alors que 53,8% de leurs tirs tentés sont des chances de marquer. Rien d’étonnant ici tant le jeu des Blueshirts repose sur la contre-attaque. Et qui dit contres, dit danger, des 2 contre1, des 3 contre 2… Les hommes d’Alain Vigneault s’offrent ainsi peu de chances mais des chances dangereuses.

Deuxième, Tampa renforce ici son image d’ogre en puissance. Non seulement les Bolts dominent leurs adversaires en quantité mais leurs tirs sont, en plus, majoritairement dangereux. Un cocktail effrayant pour n’importe quel adversaire. Offensivement, la machine des Leafs n’a plus besoin de présentation. Le talent permet de se placer très souvent en bonne position. Washington n’a plus grand-chose à voir avec les années précédentes. Moins en contrôle de la rondelle qu’avant, les Caps maximisent néanmoins leur temps en zone offensive. Et le talent de leurs tireurs permet de grapiller nombre de points au classement.

Vegas confirme sa bonne tenue. Comme les Rangers, le jeu de transition rapide des Knights leur donne moult situations de contres qui permettent de s’approche des cages adverses. Ça, plus la vista du trio Marchessault-Smith-Karlsson qui se trouvent les yeux fermés.

Dans les mauvais élèves, on retrouve Ottawa, Buffalo, la Floride, mais aussi les Sharks, toujours aussi prompt à faire tirer leurs défenseurs, ce qui n’est pas assez productif. Calgary, Montréal et Philadelphie trouvent aussi ici une bonne partie de leurs problèmes offensifs : pas suffisamment de tirs des zones dangereuses. Enfin, bon dernier se trouve Nashville. Les Preds occupent la dernière place quasiment depuis le début de la saison. Chantres du bombardement à tout va, les Preds ne produisent pas suffisamment de chances de marquer. Cette faiblesse a été masquée par une réussite heureuse des attaquants mais cela reste inquiétant pour la suite. Ce n’est pas sans rappeler leur domination stérile face à Pittsburgh en finale. Kyle Turris a aidé mais il faut encore améliorer la situation. Pittsburgh, quant à eux, bon premier l’an passé pour l’efficacité offensive, n’est que 20e pour l’instant. De quoi susciter des questions.

 

Défensivement

Pour l’aspect défensif, nous regardons quel pourcentage de tirs tentés accordés sont des chances de marquer « très dangereuses », à proximité immédiate du but. Grand habitué de cette catégorie : le Wild du Minnesota. Spécialiste de la qualité avant tout, la troupe de Bruce Boudreau privilégie depuis l’an dernier de laisser le palet à l’adversaire mais cadenasse les alentours de la cage de Devan Dubnyk. Il est plus surprenant de voir au deuxième rang les Devils.

New Jersey a encore du mal à garder longtemps la rondelle en sa possession mais protège efficacement son but afin de limiter les dégâts. De quoi, ensuite, relancer des contre-attaques meurtrières.

Winnipeg confirme sa robustesse défensive. Tampa se place aussi très haut défensivement (ont-ils des failles?), comme Vegas, qui semble s’améliorer à chaque fois que l’on dit du mal d’eux…

San José se trouve, comme pour l’offensif, dans le bas de la liste. Voilà un double problème qui explique certainement que les Sharks ne parviennent pas à décoller plus que ça. Pittsburgh est toujours en mode gruyère et les Rangers sont adeptes du grand écart, offrant autant à l’adversaire qu’ils provoquent offensivement.

La défense de Chicago continue à se faire du mouron et peut bâtir une statue à Corey Crawford qui colmate les brèches ces dernières années. Les Hawks étaient déjà 24e l’an passé.

Enfin, Washington ferme la marche, eux qui étaient déjà 28e en 2016-17. Cependant, il se pourrait que les raisons soient différentes. À trop monopoliser la rondelle l’an passé, les Caps accordaient surtout des contre-attaques. Donc peu de chances mais des chances dangereuses. Cette saison, Washington n’a plus la possession du palet, accorde beaucoup de chances ET des chances dangereuses. Un cocktail explosif et la statue de Braden Holtby est elle-aussi en construction.

 

 

Qui sera disponible à la limite des échanges ?

Mine de rien les équipes qui peuvent abandonner tout espoir cette saison commencent à voir la réalité en face. Et, dans la frénésie hivernale, la date limite du 26 février va vite arriver. Le temps de passer des appels à travers la ligue, de faire monter les enchères, de laisser mariner les prétendants, certains noms semblent déjà affichés sur le tableau des ventes. Max Pacioretty semble bien destiné à changer d’équipe, mais pour un joueur de cette envergure, Montréal voudra attendre que le prix voulu soit offert, possiblement jusqu’à la draft. Il est certain que des prétendants à la coupe en manque d’offensive vont y regarder de près, alors que les Habs voudront éviter de l’échanger au sein de leur division. Nashville ? San José ? Minnesota ? St Louis ? Los Angeles ?

Ottawa a visiblement l’intention de couper du salaire et Mike Hoffman serait le premier sur la liste. À 28 ans, il lui reste 2 saisons de contrat après celle-ci, autant dire que c’est une affaire à long terme qui pourrait rapporter gros aux Sens. Hoffman a signé dernièrement des saisons de 30, 27, 29 et 26 buts. Du côté de Buffalo, c’est Evander Kane qui devrait faire ses valises. Agent libre cet été, le prix sera moindre mais avec 34 points en 39 matchs, l’ailier connait une très bonne saison, surtout vu la situation de son équipe. Une location de luxe pour un prétendant. Enfin, Anthony Duclair quittera certainement l’Arizona. À 22 ans, un nouveau départ pourrait très bien éclore sur de belles choses.

 

La recette de Joe Thornton pour repousser le poids des ans…

Le joueur de 38 ans est encore une fois le meilleur compteur des Sharks cette saison et semble parfaitement remis de son opération au genou cet été. Il a tout de même modifié certaines habitudes pour pouvoir continuer à suivre le rythme. Notamment en coupant le nombre de soirées, préférant le confort de son lit, quitte à laisser ses petits camarades s’amuser sans lui sur la route. Thornton est surtout un bourreau de travail, qui ne prend jamais un jour de repos. Même lorsque l’équipe a congé (une fois par semaine selon la convention collective), il vient à la salle de sport faire du vélo et soulever des poids, un mal nécessaire selon lui pour entretenir sa condition. Une discipline de vie qu’il a néanmoins appris à aimer car elle lui permet de continuer à vivre son rêve de gosse.

Thornton, plus léger de quelques kilos après que Nazem Kadri lui ait arraché une poignée de barbe hier soir…

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