HA
top

NHL : Les trophées de mi-saison de la rédaction

322

Nos trois rédacteurs NHL se sont creusés la tête pour vous livrer leurs bulletins de vote à mi-parcours de la saison NHL. Certains choix font l’unanimité, d’autres ont la majorité, mais le trophée le plus important demeure indécis…

 

Meilleur joueur

Nicolas Leborgne : Mon vote ira à Nikita Kucherov. Certes, il dispose à Tampa Bay d’une armada extraordinaire derrière lui, mais avec 27 buts et 59 pts, il contribue chaque soir, et a marqué au moins un point dans 35 des 42 matchs disputés.

Sur le podium, je placerai John Tavares, qui n’a jamais la reconnaissance qu’il mérite. Difficile de choisir un 3e car Steven Stamkos bénéficie autant de Kucherov que l’inverse, et que les performances de Nathan MacKinnon et Claude Giroux sont un peu des îlots dans des déserts.

Thibaud Châtel : Je suis très partagé. Nikita Kucherov est pour l’instant une tête au-dessus des autres en termes de production, mais cela ne fait pas tout. Pour reprendre l’intitulé du Trophée Hart : il désigne le joueur le plus utile à son équipe. Or, quand Kucherov est sur la glace, Tampa obtient moins la possession du palet que sans lui, accordant surtout 4 tirs de plus à l’adversaire par heure de jeu (c’est beaucoup). C’est pire pour les buts anticipés. Avec Kucherov, Tampa obtient tout juste 50,2% des buts anticipés. Sans lui ? 54,4%. Le Russe était déjà en feu l’an passé et Tampa n’avait pas fait les séries pour autant. Le retour de son capitaine Steven Stamkos, par contre, a tout changé. Non content de mettre des points, lui a un impact positif sur le jeu collectif de l’équipe (51 points, possession relative de + 1,6%, buts anticipés relatifs de + 3%). C’est aussi valable pour Nathan MacKinnon au Colorado (52 points, possession relative de + 3,1%, buts anticipés relatifs de + 3,4%) et encore plus pour Claude Giroux (52 points, possession relative de + 6,9%, buts anticipés relatifs de + 8,8%, dans le top 10 de la ligue sur ces deux mesures). Sans oublier le rôle de John Tavares aux Islanders. Alors, qui est le plus utile à son équipe ? Steven Stamkos, parce que sa présence change le visage du Lightning. Le reste du podium est trop petit pour Kucherov, Giroux et MacKinnon.

Germain Fanchtein : Pour moi, le choix est simple : John Tavares. C’est l’un des joueurs les plus complets – Top 3 – de la Ligue. Malgré sa position de centre, et donc certaines tâches plus ingrates en défensive, il est capable de faire produire ses partenaires de trios comme jamais auparavant. Sans lui, cette équipe n’irait nulle part, enfin n’aurait plutôt aucune chance de faire les séries. Son impact sur la glace change la donne à chaque match. Il est assez solide sur les mises au jeu, il marque, il alimente ses coéquipiers et il défend – un peu plus que les autres. S’il jouait dans un gros marché (Montréal, Chicago ou les Rangers) son exposition médiatique serait bien plus importante. Les équipes connaissent sa valeur et il sera intéressant de voir ce qui va se passer dans un futur proche pour le capitaine des Islanders. La décision finale lui appartient, mais peut-il se permettre de continuer de « gâcher » son talent pour une organisation qui peine à être en playoffs sur une base régulière. Mon deuxième vote irait à Nathan MacKinnon. Il est le cœur et l’âme de l’Avalanche. Je terminerais par donner mon dernier vote à Connor Hellebuyck. Oui, vous avez bien lu. Sans lui et ses ajustements durant la saison morte, les Jets seraient en milieu de peloton et finiraient par manquer les séries.

 

Meilleur défenseur

Nicolas L :  Je pense que Victor Hedman remportera son premier trophée Norris. Il joue presque 26 minutes par match face aux meilleurs trios adverses et continue d’accumuler les points et de porter le jeu vers l’avant.

En 2e, je citerai Alex Pietrangelo et en 3e Drew Doughty. Eux aussi affichent des temps de jeu considérables et restent très solides défensivement.

Thibaud C : Drew Doughty. Son premier Norris était usurpé tant Karlsson le méritait cette année-là, mais celui pour 2017-18 serait pleinement mérité. Le défenseur des Kings joue plus de 27 minutes par match (plus haut total de la ligue), et son impact sur le jeu est astronomique : possession relative de + 7%, buts anticipés relatifs de + 9,7%, dans le top5 des défenseurs dans les deux catégories. Si l’on ajoute sa production personnelle, 30 points, le trophée est à lui.

Mais mine de rien, Erik Karlsson est juste un cran en dessous de Doughty : possession relative de + 7%, buts anticipés relatifs de + 7%, au sein d’une équipe moribonde. Avec 30 points en seulement 35 matchs, il pourrait même finir meilleur compteur parmi les défenseurs. En 3e, je mettrai Victor Hedman, pour la dynamique collective de Tampa. Il y assume toutes les tâches ingrates.

Germain F : Drew Doughty est mon choix sans l’ombre d’un doute. C’est le défenseur le plus utilisé dans la LNH. Son intelligence de jeu, sa vision, et son très bon coup de patin lui permettent de répéter les performances de haut vol. Il est le catalyseur des Kings aussi bien offensivement que défensivement. Il transporte la rondelle d’un bout à l’autre de la patinoire avec tellement d’aisance que cela en est déconcertant des fois. Son jeu défensif est excellent, surtout avec son bâton. Il coupe les passes et harponne ses adversaires très facilement. Il n’est pas parfait, mais il est le défenseur le plus complet. Victor Hedman est mon deuxième choix. Même si son équipe est une machine très bien huilée, son jeu avec et sans la rondelle apporte un grand plus. Il prend beaucoup de minutes contre les meilleures lignes adverses, et il trouve quand même le moyen de s’impliquer offensivement. Je donne mon dernier vote à John Klingberg. Il faut souligner son retour au sommet. Mention honorable à Alex Pietrangelo.

 

Meilleur gardien

Nicolas L : On va dire que je me répète avec Tampa Bay, mais je vois mal comment Andrei Vasilevskyi pourrait être privé du Vezina. Il mène la ligue avec 26 victoires, 93,5% d’arrêts et seulement 2.04 buts encaissés…

En 2e, une pièce sur Connor Hellebuyck, grand responsable du succès des Jets de Winnipeg, et en 3e Corey Crawford : 92,9% d’arrêts avec une défense de Chicago en difficulté, c’est remarquable. Il tient à bout de bras les Hawks dans la course aux playoffs.

Thibaud C : Andrei Vasilevskyi a sauté sur le trône laissé libre par la dégringolade de Bobrovsky. Le gardien de Tampa confirme tout son potentiel cette saison. Il est le seul titulaire au-delà des 93% d’arrêts (93,5%), premier également à 5 contre 5 (94,4%) et mène aussi la ligue pour les buts sauvés à 5 contre 5 à son équipe avec 15.

Derrière, Corey Crawford continue de garder Chicago dans la course aux séries, comme il les a portés en tête de la division l’an passé. Deuxième taux d’arrêts toutes situations confondues, il est toujours dans le top5 sur tous les autres indicateurs, et excelle contre les chances très dangereuses et en infériorité. Difficile de donner un 3e nom entre d’autres sauveurs de leur équipe : Jonathan Quick à Los Angeles, Henrik Lundqvist qui renaît de ses cendres et John Gibson à Anaheim.

Germain F : Il est impossible de ne pas choisir Andrei Vasilevskyi. Dominant serait le mot le plus juste pour le décrire depuis le début de la saison. Tout a été dit ou presque à son sujet. Une des caractéristiques de son jeu les plus impressionnantes est son agilité compte tenu de sa taille. Il paraît plus petit qu’il ne l’est en réalité. Après lui, Connor Hellebuyck est bien là. Mais c’est assez serré. Je donne mon troisième vote à Frederik Andersen. Avec la présence des jeunes loups talentueux en avant de lui, il ne reçoit pas autant de crédit qu’il le devrait. John Gibson et Henrik Lundqvist comble beaucoup de lacunes de leurs équipes respectives.

 

Meilleur rookie

Nicolas L :  Avantage Brock Boeser qui est bien moins entouré aux Canucks que Matthew Barzal aux Islanders. Boeser compte déjà 22 buts, ce qui en fait l’un des rookies les plus prolifiques en 40 matchs de ces dernières années. Il a le meilleur total de points par match de tous les rookies et tient le choc défensivement. Barzal en deux donc, l’un des passeurs les plus prometteurs de la ligue. Je placerai en 3e Charlie McAvoy, un défenseur qui joue près de 23 minutes par match sur la première paire à Boston. Il compte 21 pts et un ratio de +14 (oui, je sais, le +/-…). Il y a une cuvée de rookies formidable cette année : Keller, Gourde, Heinen, DeBrincat, le trio des Devils Hischier-Bratt-Butcher, mais aussi Sergachev, Connor, Tuch, Dubois, Kerfoot, Frk, Vrana, Kempe… magnifique !

Thibaud C : Charlie McAvoy des Bruins. De loin le meilleur défenseur de Boston, jouant face aux meilleurs trios adverses. Pour son âge, son rendement est extraordinaire. Avec 21 pts, il est aussi le 3e compteur parmi les défenseurs rookies, derrière Sergatchev et Butcher, des joueurs beaucoup plus protégés que lui dans le jeu.

Matthew Barzal vient en 2e, pour sa production offensive (39pts) mais surtout pour son impact au centre du 2e trio des Islanders. Avec lui sur la glace, NYI est plus efficace offensivement et défensivement, ce n’est pas rien. Brock Boeser serait 3e. Au final, il n’a qu’un point de plus que Barzal et si ses talents de sniper sont indéniables, il a encore beaucoup à apprendre sans la rondelle.

Germain F : Qui choisir entre un attaquant qui se dirige vers une saison de 40 buts et un défenseur 2.0 qui est très mature dans son jeu malgré son âge ? Charlie McAvoy. Sa position est bien plus complexe à apprivoiser et surtout à jouer que celle de Brock Boeser. Le jeune Bruins réussit quelque chose de rare : être constant. Jumelé à Zdeno Chara, il apprend les rudiments de son poste à ses côtés. Boeser, quant à lui, est une très belle surprise cette saison. Il aide les jumeaux Sedin à rester jeunes. Son atout numéro un est son lancer du poignet, à la fois rapide et précis. Clayton Keller est mon troisième choix. Malgré le fait de jouer dans une équipe moribonde, il s’inscrit au pointage de façon régulière. Yanni Gourde et Danton Heinen sont les joueurs que l’on attendait le moins à ce niveau-là.

 

Meilleur coach

Nicolas L : Comment ne pas le donner à Gerard Gallant ? Il reçoit un effectif de bric et de broc et transforme Vegas en machine à gagner. Personne n’aurait misé un dollar sur Vegas 1er de la conférence Ouest à mi-saison. Ils ont 60 pts et certains ne leur donnaient même pas ça après 82 matchs ! En 2e, je placerai John Hynes : je n’aurais jamais pensé dire ça après la saison pitoyable de l’an dernier, mais il a tiré de très bonnes leçons de cet exercice et fait évoluer son coaching. Ses choix ont aidé New Jersey à se mêler à la lutte aux playoffs de manière inattendue. En 3e, Jon Cooper, parce que gérer Tampa Bay aussi bien, c’est grandiose.

Thibaud C : Gerard Gallant sans hésitation. Reconnu pour être un meneur d’hommes aimé dans la chambre, le mettre à la tête d’une bande de joueurs revanchards prêts à jouer à fond chaque soir est un cocktail parfait. Plus que ça, Gallant a su identifier les forces et faiblesses de l’équipe au fil de la saison pour faire de Vegas une équipe dominante. On verra si le collectif s’essouffle en deuxième partie de saison et, curieusement, je reste sceptique sur ses habilités en tant que coach s’il était placé à la tête d’une armada type Tampa, mais ici le mariage est réussi.

Derrière, John Hynes a su « revamper » les Devils et Ken Hitchcock construit méthodiquement à Dallas une équipe qui pourrait être un outsider de choix en playoffs.

Germain F : Le coach des Jets, Paul Maurice, est mon choix pour ce trophée. Personne ne les voyait en séries, et encore moins aussi haut dans la hiérarchie avant de le début de la saison. C’est un travail de longue haleine pour l’entraîneur et la franchise. Connor Hellebuyck apporte enfin la stabilité nécessaire devant le filet pour permettre à l’équipe de jouer plus libérée. Son travail auprès des jeunes est très bon, mais celui avec ses vétérans est excellent. Blake Wheeler, son capitaine, est l’exemple le plus probant. Gerard Gallant fait un boulot fantastique. Le repêchage des Golden Knights a été très intelligent et réfléchi pour donner l’opportunité au coach de s’exprimer à son plein potentiel. Bruce Cassidy (Boston) et Bill Peters (Caroline) font des miracles avec leur formation. Deux équipes très identiques dans leur construction : un noyau de vétérans, et beaucoup de jeunes. Le punch offensif des Bruins passe par leur attaque alors que pour les Hurricanes, c’est leur brigade défensive qui aide beaucoup pour générer de l’attaque. Il faut choisir, et je donne mon vote à Cassidy. Jared Bednar (COL), Dave Hakstol (PHI) et John Stevens (LAK) ne sont pas très loin derrière.

 

Meilleur GM

Nicolas L :  Du coup, George McPhee peut recevoir tout le crédit du monde pour avoir effectué des choix remarquables et tiré le meilleur parti de la draft d’expansion. Le GM de Vegas est sans aucun doute l’homme de l’année.

En 2e, je placerai David Poile qui gère superbement Nashville et a réalisé un maître-coup avec l’acquisition de Turris. En 3e, Ray Shero, qui en 3 ans a transformé de vieillissants Devils aux mauvais contrats en une équipe jeune, dynamique, rapide et explosive, exploitant parfaitement les soucis de salary cap des autres équipes. Et bien sûr, Steve Yzerman sera aussi dans la conversation car il a bâti en Tampa Bay une mécanique de précision tout en réussissant l’exploit de conserver tous ses atouts à des tarifs attractifs.

Thibaud C : Si les Devils se maintiennent en playoffs, Ray Shero devrait recevoir les honneurs. Il a réalisé les bons coups cet été en chipant Marcus Johansson et Will Butcher, a fait confiance aux jeunes lors du camps d’entrainement et n’a pas eu peur de passer à l’action pour aller chercher Sami Vatanen. Sans oublier Taylor Hall même si cela date de l’an passé.

Ensuite, je placerais David Poile, pour sa faculté à combler les trous de son effectif sans se dégarnir en échange. Bonino 3e centre, l’échange de Kyle Turris et il sera certainement actif d’ici fin février en vue des séries. Puis Steve Yzerman pour l’ensemble de son talent, la gestion des prospects et le développement des talents.

Un mot sur George McPhee qui sera le candidat légitime compte-tenu de l’aspect médiatique de l’histoire de Vegas. Mais je me garderais une petite gêne car je reste persuadé que McPhee n’avait pas choisi ces joueurs-ci dans l’optique de faire les playoffs… De plus, nombre de ses bons choix (Colin Miller, Nate Schmidt, James Neal, David Perron, Marc-André Fleury, etc.) étaient plus que logiques. Florida lui a offert Jonathan Marchessault sur un plateau d’argent. Sans oublier le fiasco Shipachyov et son surplus de défenseurs qu’il était incapable de revendre en début de saison… Au final, son vrai bon coup est d’avoir obtenu Shea Theodore des Ducks. Oui l’histoire est belle mais en est-il responsable ?

Germain F : Ray Shero a remis les Devils sur le devant de la scène d’une façon impressionnante. Il a prouvé ses talents de bâtisseurs avec la première version des Pingouins de Crosby et Cie. Il a su tirer avantage du marché pour s’améliorer de manière significative sans trop dépenser. Taylor Hall, Marcus Johansson, Sami Vatanen, et Kyle Palmieri sont des acquisitions très peu coûteuses mais qui sont en train de rapporter gros. Les arrivées de Will Butcher, Jasper Bratt et Nico Hischier ne sont pas que de son fait, mais ça ressemble bien à son style. Mon deuxième est David Poile. Après une première finale, les Preds ont appris et effectué des changements nécessaires. Homme des premiers instant, la route aura été longue mais sa ténacité lui a permis de transformer la franchise en référence ou presque. Solide 3ème, Steve Yzerman a su faire preuve de patience et d’ingéniosité pour modeler cette équipe dominatrice à tous point de vue. Les signatures de Kucherov et Vasilevskiy à des prix dérisoires comparé à leur rendement sont très bonnes pour la franchise. Depuis son arrivée en 2010, le Lightning repêche bien, très bien même. N’oublions pas Joe Sakic, qui a réussi à maximiser la valeur de Matt Duchene au maximum.