Bulletin NHL: Bye week et bye bye Edmonton

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Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.

 

Le point sur la ligue

En termes de systèmes de jeu : La moitié des équipes n’a joué qu’un match cette semaine en raison de la Bye week. Ottawa a connu un certain regain offensif, qui n’est pas étranger avec le fait d’avoir enfin mis Thomas Chabot aux côtés d’Erik Karlsson sur la première paire défensive. Matt Duchene voit ses chances rentrer avec 6pts à ses 4 derniers matchs. Cela ne va pas sauver les Sens pour autant. Ottawa a battu Tampa Bay avant de prendre une volée face aux Blackhawks.

Les Rangers perdent, eux un peu de mordant, est-ce l’absence de Chris Kreider qui se fait sentir ? Souffrant d’un caillot sanguin au bras, il a été opéré mais son absence reste d’une durée indéterminée.

Dans la réalité : Pittsburgh progresse un peu et avait même brièvement retrouvé une place en Wild-card cette semaine, mais reste en dehors du graphique en raison d’un PDO toujours inférieur à 96 (95,4). Pour rappel, en 10 ans, aucune équipe n’a eu au final un PDO en dessous de 96. Seules 13 (sur 300) étaient en dessous de 98. Le calendrier des Pens est par contre assez compliqué d’ici fin février (voyage en Californie la semaine prochaine, puis Carolina, Minnesota, Wsh, NJ, Vegas, Dallas, StL…).

Les Islanders sont officiellement du mauvais côté de la Yakuline, et à 2 points de la Wild Card au classement. Et sont devancés par Pittsburgh et Philadelphie qui sont sur une bonne lancée. Jaroslav Halak et Thomas Greiss ont le 28e taux d’arrêts de la ligue, ce qui ne va pas sauver la situation.

Edmonton recule jusqu’à la Yakuline. La défaite face aux Predators mardi soir a certainement scellé la saison des Oilers. Ils comptent 8 points de retard sur l’équipe devant eux au classement et 11 points sur la Wild card.

Carolina recule aussi, la faute aux deux affrontements de la semaine face à Tampa et Boston… Les Canes ont repris leur marche en avant hier en battant Washington chez eux. Dès que les gardiens tiennent la route, Carolina gagne ses matchs.

Enfin Montréal joue à donner de l’espoir à ses partisans. Deux bons matchs et deux victoires contre Tampa et Vancouver entretiennent un semblant de chance, sacré mirage. Les Habs jouent 5 matchs en 8 jours, dont 3 contre Boston (sic). S’il n’y a pas 8 points à la clé, c’est fini.

 

Bye week, quézaco ?

Cette semaine avait lieu le premier volet de la bye week. Chaque équipe dans la ligue recevra ainsi 5 jours de congé complet (pas d’entraînement, rien), la moitié des équipes cette semaine, l’autre moitié la semaine prochaine). Cette formule a été mise en place l’an passé pour permettre aux équipes de souffler un peu au cours de la saison. L’an passé, les bye week savaient cependant été dispersées sur une longue période de temps, créant des décalages monstres en termes de matchs joués au classement. Et on n’est pas sans penser que regrouper les bye weeks sur 2 semaines était aussi à l’origine une manière de composer avec une présence des joueurs NHL aux Jeux Olympiques, si cela avait été le cas…

 

Brent Seabrook en tribune

La nouvelle a un peu secoué la NHL mardi lorsque les Blackhawks de Chicago ont annoncé que le défenseur Brent Seabrook regarderait le match du jour depuis les tribunes. Le message de l’entraîneur Joel Quenneville a été transmis par le joueur lui-même face aux micros de la presse : « je dois être meilleur que ça ». Le but était davantage de faire passer un message et Seabrook a retrouvé la glace dès le lendemain (marquant le seul but des siens) mais l’avenir s’annonce difficile pour le joueur et un casse-tête pour ses patrons. Cela fait déjà quelques temps que le jeu va un peu vite pour le vétéran de 32 ans, élément essentiel des trois sacres de son équipe. Hormis Gustav Forsling, c’est avec Seabrook que Chicago obtient le moins de tirs au but en attaque et en accorde aussi le plus en défense ! Dangereux cocktail. Il lui reste des qualités en zone offensive mais les choses ne vont pas aller en s’arrangeant et son contrat de 6,875 millions de $ par an court jusqu’en 2024 ! La rançon de devoir récompenser monétairement après coup les acteurs des sacres. De plus, son contrat n’était pas structuré en prévision d’un potentiel rachat, comme c’est souvent le cas désormais. Résultat, racheter son contrat cet été par exemple pèserait quand même entre 3,3 et 6,8 millions par an suivant les années jusqu’en 2024, puis 944 444$ par an jusqu’en… 2030 ! C’est potentiellement le pire contrat de la ligue à l’heure actuelle. La solution serait de se servir d’une raison médicale pour le placer sur la liste des blessés à long terme. Comme pour Marian Hossa…

 

Anthony Duclair arrive à Chicago

Nous évoquions son nom la semaine passée, Anthony Duclair a déjà trouvé preneur. Le jeune attaquant s’en va donc aux Blackhawks de Chicago en retour notamment de Richard Panik. Ses 44 points de la saison 2015-16 avec les Rangers devaient beaucoup à une grosse dose de réussite aux tirs (19% !) et au jeu de contres de New-York. Arrivé en Arizona, au sein d’un collectif moribond, à la rue défensivement et sans grande solution devant, son profil assez unidimensionnel offensif paraissait mal en raison d’une réussite en berne (6,6% aux tirs l’an passé). Avec 15 points en 33 matchs cette saison, il est certainement enfin à son véritable niveau mais pourrait largement bénéficier du système de jeu de Chicago pour produire davantage. Le mariage semble au moins prometteur.

 

All-star game

Les sélections pour All-star game sont tombées. Avec le format à 3 contre 3 et la nécessité d’avoir un joueur de chaque équipe, il a forcément des déçus. Rappelons tout de même que le All-star game est désormais un évènement marketing et qu’il y faut des noms attractifs. On peut y voir une acceptation dans le vedettariat de la NHL plutôt qu’une récompense pour la saison en cours. Au moins, le format à 3 contre 3 est bien plus divertissant que les éditions précédentes qui se menaient à un rythme de sénateurs du dimanche après-midi…

 

Le modèle suédois

La Suède vient de perdre en finale des championnats du monde juniors, compétition où l’équipe n’a perdu aucun match de poule en 11 ans ! Élu au sein de l’équipe étoile du tournoi, Rasmus Dahlin semble le candidat indéniable pour être choisi en premier lors de la prochaine draft NHL. Un intéressant point de vue a justement été donné cette semaine concernant les vagues incessantes de jeunes prodiges suédois qui semblent déferler à chaque draft. Anders Hedberg, un des premiers Européens à avoir joué en Amérique du Nord, déclarait que Dahlin ne serait jamais sorti du programme de formation suédois il y a 20 ans. « Après la génération Forsberg, Sundin, Lindstrom, il y a eu une période de 10 ans où nous n’avions produit que très peu de joueurs en Suède – Zetterberg, Lundqvist, les Sedin – vraiment peu. Nous n’avons pas développé de joueurs talentueux à cause du jeu qui était pratiqué alors, un jeu très conservateur, négatif, sans risque, sans vitesse. Du hockey de possession sans imagination ou créativité. » Heureusement pour le spectacle, les pensées ont évolué et la Suède peut largement prétendre être à ce jour la seconde nation de hockey au monde derrière le Canada. Avec une défense composée par exemple de Karlsson, Hedman, Klingberg, Lindholm, Ekman-Larsson, Ekholm…

 

Échanger Auston Matthews ?

Voilà l’exercice philosophique auquel s’est prêté le gourou des statistiques Rob Vollman (l’auteur de Stat shot) cette semaine pour ESPN. Il partait du principe que le prochain contrat de la star des Maple Leafs avoisinerait les 12 millions de $ et que cela impacterait la possibilité de conserver tous les autres jeunes vedettes de l’équipe. Il faisait également le parallèle avec le précédent Eric Lindros. Vu comme le futur Gretzky ou presque, Lindros, repêché par les Nordiques de Québec, avait finalement été échangé aux Flyers de Philadelphie contre : Peter Forsberg (6e choix de la draft 1991, 885pts en 708 matchs de NHL, Steve Duchesne (marqueur de 60pts à l’époque, alors à l’apogée de sa carrière), Mike Ricci (4e choix de la draft 1990, 605pts en 1099 matchs), le gardien Ron Hextall (alors co-titulaire aux Flyers), Chris Simon, Kerry Huffman et deux choix de 1re ronde utilisés pour le gardien Jocelyn Thibault et Nolan Baumgartner. Lindros a été un joueur dominant jusqu’à ses multiples commotions cérébrales mais le retour reçu par Québec était astronomique. La franchise a d’ailleurs gagné deux coupes Stanley une fois déménagée au Colorado avec Forsberg et Ricci dans ses rangs et s’était servi de Jocelyn Thibault pour acquérir Patrick Roy. Philadelphie ne fera qu’une finale perdue en 1997.

L’article de Vollman était un simple exercice intellectuel (que nombre de fans ont pris au premier degré…) mais on peut sérieusement se poser la question : vaut-il mieux Matthews ou ce qu’il rapporterait ? À savoir assurément un défenseur numéro 1 qui manque aux Leafs, un centre top6 et au moins un très bon espoir. Mettons : Oliver Ekman-Larsson, Clayton Keller et ++.

 

Poids et taille dans la NHL

Tous les ans, certains médias font le point sur les moyennes dans la NHL. Cette fois-ci, c’est The Athletic qui s’y est collé (article en lecture libre ici).

La moyenne d’âge des équipes est de 27 ans, Colorado et Columbus étant les plus jeunes (25 ans), Los Angeles, Ottawa et Détroit dépassent les 28 ans.

En taille ? 1m83. Winnipeg, St Louis et Dallas sont les plus grandes. Les plus petites ? Montréal, Tampa Bay et Boston.

En poids ? 91kg. Dallas et St Louis sont également les plus grosses, Tampa la plus légère. Après Chicago qui a gagné ses coupes en étant parmi les équipes les moins physiques de la ligue, le Lightning prouve une fois de plus que l’obsession pour le volume physique de certains dirigeants et observateurs n’a plus vraiment raison d’être aujourd’hui.

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